Affichage des articles dont le libellé est Lumière. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lumière. Afficher tous les articles

mercredi 5 juin 2013

Le corps selon saint Grégoire Palamas





Le corps n'est pas mauvais en soi
C'est aux hérétiques, frère, qu'il sied de parler ainsi, aux hérétiques qui disent que le corps est une chose maligne, qu'il est une confection du Malin. Quand à nous, nous pensons que le mauvais esprit est dans les pensées corporelles, mais qu'il n'y a pas de mauvais esprit dans le corps, puisque le corps n'est pas une chose mauvaise. (...)
Extrait de : Triade, I,1,1.

Corps spirituels
Avec la victoire de l'esprit, leur corps deviendra tellement subtil qu'il n'apparaitra plus du tout comme matériel et ne s'opposera plus aux énergies intellectuelles. C'est pourquoi, ils jouiront de la lumière divine avec leurs sens corporels eux-mêmes.
Triade, I,3,36.

Le corps peut devenir Esprit
De même la joie spirituelle qui vient de l'esprit dans le corps n'est pas du tout corrompue par la communion au corps, mais transforme le corps et le rend spirituel, parce qu'alors il rejette tous les mauvais appétits de la chair, ne tire plus l'âme vers le bas, mais s'élève avec elle, de sorte que l'homme tout entier devient Esprit, suivant ce qui est écrit : Celui qui est né de l'Esprit est Esprit (Jean, III, 6,8). Et tout cela est évident par expérience.
Extrait de : Triade II,2,8.

samedi 2 mars 2013

Les Portes de l'Enfer : poème spirituel

Poème extrait, avec l'autorisation de l'auteur, Sébastien Morgan, que je remercie, de l'ouvrage que j'ai présenté dans mon billet du 28 février : "Devenir soi-même".



Les Portes de l’Enfer

Sébastien Morgan


Le Christ rebelle mourut un jour sur la Croix, pour avoir apporté la Lumière dans un monde de ténèbres.
Dans un ultime geste d’Amour, le sang divin coula et lava le monde de l’obscurité, un cri de rage déchira l’Univers.
Le Prince des Ténèbres ne s’avoua pas vaincu, ses griffes gigantesques et corruptrices s’étendirent à l’infini,
Inspirant les âmes faibles, les tyrans, les oppresseurs, les inquisiteurs et les légions noires qui déferlèrent à travers l’espace et le temps.
Le glas résonne ! L’acier grince contre les os et les portes de l’enfer vomissent !

L’Epée Lumière fut maintes et maintes fois forgée, comme elle fut maintes et maintes fois portée.
Sur son pommeau, sur sa lame, on peut lire qu’elle ne peut être brandie que par ceux qui ont purifié leur cœur.
Les champions de la Lumière luttent toujours pour ceux qui les dénigrent car l’aveuglement et la stupidité
Sont les poisons dont Satan use le mieux, ceux qui imprègnent le plus facilement l’esprit humain.
Le glas résonne ! L’acier grince contre les os et les portes de l’enfer vomissent !

L’étoile du berger n’est pas qu’un signe pour les mages des civilisations disparues recherchant le Messie,
Elle est un fanal pour la Chevalerie et pour ceux qui se laissent imprégner par l’Esprit illuminateur.
Mais des nasaux du Prince sort un brouillard nauséabond, cachant la Lumière éternelle comme un linceul opaque,
Voile à la trame malsaine, tissé par les araignées infernales aux noms bien connus : peur, médiocrité, injustice, préjugés et ignorance.
Le glas résonne ! L’acier grince contre les os et les portes de l’enfer vomissent !

A chaque instant, à chaque endroit, la mer de l’évolution vient frapper les digues de la stagnation.
A chaque instant, à chaque endroit, la Source Père chante et les notes s’envolent comme des perles de cristal.
A chaque instant, à chaque endroit, la Fleur de l’âme tente de percer la neige des illusions afin de s’épanouir à la chaleur du Soleil invaincu.
A chaque instant, à chaque endroit, on tente de repousser la gangue de boue informe et chaotique et de se vêtir de l’armure de Lumière. Le glas résonne ! L’acier grince contre les os et les portes de l’enfer vomissent !

Et nous, nous galopons avec panache, portés par le vent de l’Infini…










mercredi 6 juin 2012

Par le baptême, nous devenons parfaits (par Jean-Baptiste Willermoz)


Par le baptême, nous devenons parfaits
Par Jean-Baptiste Willermoz

Initiés, à l’instant que nous sommes régénérés, nous entrons dans la vie, nous recevons la lumière et nous connaissons Dieu qui est la source de toute vérité, de toute science et de toute perfection. Par le baptême, nous devenons parfaits ; l’Esprit-Saint nous sanctifie et la foi nous éclaire. Je leur ai dit : Vous êtes les dieux de la terre, vous êtes les enfants du Très-Haut (Ps. LXXXI). Cette opération de l’esprit s’appelle œuvre, grâce, illumination, perfection, baptême. C’est un baptême qui nous purifie, une grâce qui nous justifie, une illumination qui nous remplit de lumière et qui nous fait connaître les choses divines. Ce sont là les dons accomplis de l’Etre souverainement parfait. A sa voix, tout, en nous, est sorti des ténèbres ; il a anticipé les temps en notre faveur par sa toute-puissance, et nous vivons parce que J.-C. nous a délivrés de la mort. Dieu a créé l’univers par sa volonté, et par sa volonté il a fait le salut des hommes. Celui donc qui est acquitté par J.-C. sort aussitôt des ténèbres, il est au moment même rempli d’une céleste lumière comme ceux qui se réveillent sortent des liens du sommeil. La taie qui l’aveuglait est enlevée, l’obstacle qui l’empêchait de voir est écarté. Ainsi, notre régénération par le Saint-Esprit dissipe à l’instant les ténèbres épaisses qui nous dérobaient la lumière divine, elle enlève le bandeau qui couvrait l’œil de notre âme et la met en état de voir les vérités célestes.

Initiés, nous étions autrefois ensevelis dans les ténèbres, nous sommes maintenant la lumière du Seigneur ; c’est pourquoi les anciens appelèrent l’homme d’un nom qui signifie lumière.[1] Ainsi l’espérance de ceux qui ont cru n’a point été trompée ; ils reçoivent dès à présent les arrhes de la vie éternelle ; car le Maître leur a dit : qu’il soit fait selon votre foi.[2]  Voilà l’effet de cette œuvre divine en nous : nous ne sommes plus les mêmes hommes. La grâce de J.-C. a brisé nos liens, notre esprit a reçu une lumière éclatante ; mais les hommes qui sont encore dans les ténèbres ne peuvent concevoir comment la grâce nous a éclairés par la foi. Ils ne peuvent concevoir qu’étant ainsi dégagés de la servitude de la loi, nous sommes devenus esclaves du Verbe qui est la lumière du libre-arbitre : Je vous rends gloire, mon Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, et que vous les avez révélées aux simples et aux petits : oui, mon Père, cela est ainsi parce que vous l’avez voulu.[3] Que celui donc qui veut obtenir ce prix dompte la concupiscence et ses désirs charnels, qu’il abjure l’orgueil de la science humaine. C’est par cette victoire qu’il obtiendra la foi qui régénère l’esprit, éclaire l’intelligence et embrase le cœur par le feu et la lumière céleste (Clément d’Alexandrie dans son Pédagogue, chap. 6).

Jean-Baptiste Willermoz, Mes pensées et celles des autres, mises au jour et publiées pour la première fois par Robert Amadou, pensée 27, Renaissance Traditionnelle, n° 30 avril 1977, pp. 103-104.


[1] Fώς (terme poétique) = homme ; fῶς = lumière. Les deux se prononcent phôs.
[2]Matthieu 9, 29,  etc.
[3]Luc 10, 21.

jeudi 17 mai 2012

Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ

Extraits de la liturgie de l'Ascension selon le rite des Gaules


EXTINCTION DU CIERGE PASCAL

Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu tout-puissant, Celui qui était, qui est, qui vient.

Non, la Lumière ne s'éteint pas : Christ notre Lumière a promis d'être invisiblement présent parmi nous jusqu'à la fin des temps.
Non, la flamme de son amour ne s'éteint pas, elle s'allume dans nos cœurs par la descente du Paraclet.
C'est pourquoi toutes les nations, battant des mains, jubilent devant Dieu en clamant d'une voix forte :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu tout-puissant, Celui qui était, qui est, qui vient.

Le péché nous a jetés au sol, précipitant nos âmes dans l'abîme infernal.
Aujourd'hui, la nuée lumineuse dérobe notre nature et l'abîme de la Divinité la cache dans son cœur.
En des rondes joyeuses, chantons notre Libérateur et Dieu :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu tout-puissant, Celui qui était, qui est, qui vient.

Je ne vous laisse pas orphelins,
(O douce parole du Christ) un autre Paraclet viendra.
Si Je ne monte pas vers le Père, l'Esprit de vérité ne descendra pas sur vous.
J'étais la Lumière parmi vous, Je deviens la Lumière de votre intelligence.
Je vous guidais comme une colonne de feu, les temps sont accomplis pour que vous deveniez vous-mêmes des colonnes,
des verbes, des souffles, des vents impétueux, pour annoncer aux nations la Bonne Nouvelle,
afin qu'elles Me confessent dans des transports de joie.

Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu tout-puissant, Celui qui était, qui est, qui vient.

Les anges s'écartent, les archanges reculent, les principautés s'étonnent, les puissances s'inclinent,
les dominations tremblent, les forces se retirent, les chérubins se dérobent avec respect,
les séraphins poussent des cris d'émerveillement, volant autour, battant des ailes, couvrant et dévoilant leurs faces
devant Celui qui S'avance.

Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu tout-puissant, Celui qui était, qui est, qui vient.

Qui est cet Homme qui monte, le plus beau parmi les fils de l'homme ?
Pourquoi sommes-nous troublés, pourquoi la chair aveugle-t-elle notre esprit ?
C'est votre Roi, répond le Paraclet, c'est Le Fils unique. C'est Dieu Lui-même qui revient vers son Père, pour Lui offrir l'humanité sauvée. Prosternez-vous et adorez-Le, Il est, avec Moi et le Père, votre Dieu unique.

Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu tout-puissant, Celui qui était, qui est, qui vient.

Le diacre retire les grains d'encens et les pose sur la flamme du cierge pascal en disant :

Dia. Jésus fut enlevé dans les airs sous leurs regards, alleluia.

Ts. Et une nuée Le déroba à leurs yeux, alleluia, alleluia.

Le diacre éteint le cierge et dit :

Dia. Pourquoi fixez-vous vos regards au ciel, alleluia.

Il le replace sur le piédestal.

Ts. Ce Jésus qui fut enlevé au ciel, viendra de la même manière, alleluia, alleluia.

*********************************************************************************
PREFACE AUX FIDELES

Ayant accompli l'économie divine, Jésus-Christ notre Dieu et Seigneur, né de la Vierge Marie, baptisé par Jean, reçu par le publicain, écouté par la prostituée, haï par les prêtres de son peuple, confessé par les enfants, trahi par son apôtre, renié par Pierre, abandonné des siens, crucifié par ceux qu'Il aimait ; Il a brisé l'orgueil de l'ennemi, rempli de sa lumière l'enfer, libéré les prisonniers ; Il est ressuscité le troisième jour, et Il S'est manifesté pendant quarante jours à ses amis, les initiant aux mystères du salut. Aujourd'hui, Il revient vers son Père qu'Il n'a jamais quitté. L’anneau de feu se referme, tout est inondé par sa présence, le ciel, la terre et l'enfer ; partout est proclamé : Dieu est devenu homme, l'homme est déifié !

Bien-aimés frères, invoquez avec moi l'Esprit que le Christ nous a promis en exaltant notre nature par son Ascension, afin qu'Il me communique sa vertu ineffable, et que moi, prêtre indigne, j’ose apporter la sainte oblation de notre Seigneur Jésus-Christ, car en vérité c’est Lui qui offre et qui est offert, qui reçoit et qui Se distribue, Lui, co-éternel au Père et à l’Esprit-Saint, aux siècles des siècles.

*********************************************************************************
IMMOLATIO

Il est vraiment digne et juste, équitable et salutaire de Te rendre grâces en tout temps et en tous lieux, Seigneur saint, Père tout-puissant et éternel. Nous Te bénissons pour ta création, nous Te glorifions pour notre rédemption, nous T'adorons pour la richesse de ta gloire que Tu as réservée à tes saints et à tous ceux qui croient à la grandeur infinie de ta puissance ; en effet, Tu n'as pas dédaigné notre nature, que Tu as ressuscitée en Christ, la faisant monter à ta droite au-dessus de toutes dominations, toutes autorités, toutes forces, toutes dignités.
O étrange Ascension ! Les anges voient s'élever le Fils de l'homme et poussent des cris d'admiration. Ouvrez-vous, portes célestes, livrez passage avec révérence au héros puissant, au guerrier qui a fracassé les portes de la mort ! Son butin est avec Lui : celui qui a péché est sauvé, le dernier qui fut créé est le premier invité du Père ! Ouvrez-vous largement, portes célestes, ouvrez-vous à deux battants devant le Roi de gloire ! Il vient de Bosra, vêtu de rouge éclatant ; Dieu vêtu de chair vient pour régner éternellement.
Unis aux acclamations angéliques, nous Te supplions, Père, laisse-nous élever nos chants d'espérance et Te confesser en disant :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu Sabaoth. Les cieux et la terre sont remplis de ta gloire. Hosanna au plus haut des cieux. Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna au plus haut des cieux !

!

Cette fête est la fête du triomphe de l'humanité !

Cette humanité, notre nature humaine que le Fils de Dieu a faite sienne en prenant corps de la Toute Sainte Vierge Marie, cette nature contaminée et souillée par le péché, il l'a sauvée et libérée du péché et de la mort ; et non seulement cela, il l'a glorifiée ; et non seulement cela, il l'a déifiée en la replaçant amoureusement au coeur de la Divinité d'où elle était issue à la création du monde.

Oui, Satan est vaincu, il a perdu la partie

Mais il nous reste à réussir notre propre accomplissement, faire que nos individualités se réunissent chacune pour sa part à cette nature glorieuse qui nous est commune, et que d'individus multiples que nous sommes encore, nous devenions des personnes uniques devant la Face de Dieu.