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mercredi 15 octobre 2014

Anniversaire royal et national

Mémoire d'un événement vieux de 221 ans et toujours présent dans la conscience coupable du pays de France :

Le 16 octobre 1793 : martyre de Marie-Antoinette, dernière reine de France et de Navarre, à l'âge de 38 ans.

Née Marie-Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine (en allemand, Maria Antonia Josepha Johanna von Habsburg-Lothringen), archiduchesse d’Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohême, fille de l'impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg et de l'empereur François Ier de Lorraine. 
Veuve du roi Louis XVI, martyrisé le 21 janvier 1793, à presque 39 ans.
(La Révolution aimait les jeunes victimes !)

exécution de Marie-Antoinette


Cette malheureuse princesse a payé bien cher, trop ! ses étourderies. Elle a été victime, notamment au cours de son "procès",  d'un sadisme sans exemple jusque-là, mais imité depuis lors, par exemple en Russie...


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Mémoire (oubliée) d'un événement national vieux de 1305 ans :


Le 16 octobre 709, dédicace par saint Aubert, évêque d'Avranches, du sanctuaire dédié à saint Michel sur le Mont Tombe, appelé désormais le Mont Saint-Michel au Péril de la Mer.

L'évêque reçut en songe par trois fois de saint Michel l'ordre d'édifier ce sanctuaire ; et comme il était rétif, la troisième fois, l'archange qui lui enfonça le doigt dans le crâne...

Cette fête devrait être la véritable fête française de saint Michel , celle du 8 mai étant la commémoration de son apparition au Mont Gargan, en Italie. Mais celle du 29 septembre est sa fête personnelle.


chef de saint Aubert d'Avranches











mardi 16 octobre 2012

la reine Marie-Antoinette, saint Michel & la France

Marie-Antoinette, dernière reine de France

Je tiens à rappeler qu’aujourd’hui 16 octobre sera commémoré le 215e anniversaire de la mise à mort de la reine Marie-Antoinette, qui a marqué la fin de son martyre. Pourquoi la fin ? Parce que ce martyre avait commencé dès le 11 août 1792, date de l'incarcération de la famille royale au Temple, et n'avait cessé de gagner en cruauté depuis lors : 21 janvier 1793, le roi Louis XVI est guillotiné sur la place dite de la Révolution, dénommée depuis comme par exorcisme place de la Concorde ; 13 juillet 1793, le dauphin, âgé de huit ans, lui est arraché non sans violences ; 2 août 1793, elle est transférée à la Conciergerie ; 3 au 16 octobre, son procès est mené d'une manière qui anticipe sur les procès staliniens par le sinistre Fouquier-Tinville ;16 octobre environ midi elle est guillotinée sur la même place de la Révolution. 

Elle avait seulement 38 ans, mais paraissait une vieille femme tant les épreuves l’avaient affectée : ses cheveux avaient entièrement blanchi. Louis XVI, pour sa part, avait 39 ans lors de sa mise à mort.

La reine martyre, durant longtemps, n'a pas joui de la même "aura" que le roi martyr dans les milieux royalistes. On lui a fait grief de sa vie insouciante et légère durant les quinze première années du règne, sans prendre en considération qu'elle avait 19 ans (et le roi 20 ans) quand elle est devenue reine de France, on lui a reproché ses dépenses, ses fréquentations, ses imprudences - qu'il n'est pas question de nier : sa mère l'impératrice Marie-Thérèse et son frère l’empereur Joseph II lui en faisaient eux-même remontrance... Mais de là à y voir la cause de l'effondrement de la monarchie ! Les historiens modernes, retenant ce que la méthode historique marxiste a de bon en ce qui concerne les faits matériels : économiques sociaux, etc. ont fait justice des romans que l’historiographie romantique avait bâtis autour des seuls individus. Romans qui se nourrissaient en partie de la phraséologie révolutionnaire. Il n'est que de citer quelques lignes de son acte d'accusation :« Examen fait de toutes les pièces transmises par l’accusateur public, il en résulte qu’à l’instar des Messaline, Frédégonde et Médicis, que l’on qualifiait autrefois de reines de France et dont les noms à jamais odieux ne s’effaceront pas des fastes de l’histoire, Marie-Antoinette, veuve de Louis Capet, a été, depuis son séjour en France, le fléau et la sangsue des Français. » Elle est « la cause des troubles qui agitent depuis quatre ans la nation et ont fait tant de malheureuses victimes. »
Tout cela est aussi risible que mensonger. Il n'empêche : il en demeure quelque chose dans l'inconscient collectif, et il est des royalistes pour penser qu'elle a été la perte irresponsable du roi.

Il faut lui rendre justice. Indépendamment de l'exécution de son mari, auquel elle était sincèrement attaché, qu'on imagine un peu la torture de celle qui (ayant lu Rousseau !) se voulait plus mère qu'épouse, à se voir arracher (c'est le mot) son fils chéri ; torture renouvelée (car on ne lui cachait rien) de savoir qu'on faisait de lui, à 8 ans ! une brute avinée (il n'y a pas de mots plus exacts) sous couleur d'en faire "un bon citoyen"; torture poussée au dernier degré de la sauvagerie lorsqu'on poussa le jeune enfant, entièrement mis sous condition, à venir témoigner devant le tribunal révolutionnaire que sa mère et sa tante avaient procédé sur lui à des caresses incestueuses... On connaît alors l’apostrophe de Marie-Antoinette : "J'en appelle à toutes les mères !", apostrophe saluée par les applaudissements de l'assistance au grand dépit de Fouquier-Tinville... Si ce calvaire n'a pas expié ses peccadilles, alors qu'exige-t-on de plus !

Marie-Antoinette en 1793
Condamnée à mort à 4 heures du matin pour être exécutée à midi, la reine rédigea ce texte qu'on appelle improprement "le testament de Marie-Antoinette", mais qui est une lettre adressée à sa belle-soeur Madame Elisabeth, soeur de Louis XVI et sa compagne de captivité au Temple (qui devait à son tour être guillotinée le 10 mai 1794). Cette lettre est moins connue que le "testament " de Louis XVI mais elle est fort édifiante. La voici :


LETTRE DE MARIE-ANTOINETTE A SA SŒUR MARIE-ELISABETH.

Paris le 16 Octobre 1793. 4h30 du matin.

« C'est à vous, ma soeur, que j'écris pour la dernière fois : je viens d'être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère, comme lui, innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers momens.
Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien ; j'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que  je n'existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez, par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse! J'ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas! la pauvre enfant, je n'ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre ; je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra : recevez pour eus deux ici ma bénédiction. J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins.
Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer : que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle en feront le bonheur. Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a elle doit toujours aider son frère par des conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer; que mon fils, à son tour, rende à sa sœur tous les soins, les services que l'amitié peut inspirer ; qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu'ils prennent exemple de nous : combien, dans nos malheurs notre amitié nous a donné de consolation; et dans le bonheur on jouit doublement, quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ? Que mon fils n'oublie jamais, les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : " qu'il ne cherche jamais à venger notre mort. »
J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine; pardonnez-lui, ma chère sœur ; pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas : un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore, mes dernières pensées; J'aurais voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n'en aurais réellement pas eu le téms.
Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée, et que j'ai toujours professée ; n'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop, s'ils y entraient une fois, je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe. J'espère que, dans sa bouté, il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis long-tems pour qu'il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurais pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J'avais des amis; l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant ; qu'ils sachent, du moins, que, jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux. Adieu, ma bonne et tendre sœur; puisse cette lettre vous arriver! Pensez toujours à moi; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfans : mon Dieu ! qu'il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu, je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre ; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger. »

La tradition assure qu'un  prêtre "réfractaire" (ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé) se tenait à une fenêtre d'un étage élevé d'un immeuble situé sur le passage de la charrette conduisant à la guillotine, immeuble marqué d'avance, et que la reine l'aperçut qui lui donnait l'absolution, ce qui la réconforta. Vraie ou non, cette anecdote est touchante.  

Marie-Antoinette dans la charrette (croquis par David)
Tel fut le martyre de l'épouse du roi très-chrétien. Leurs restes furent transportés et inhumés le 21  janvier 1815 dans la basilique de Saint-Denis, la nécropole royale, où un double monument leur fut élevé.
dernier billet de Marie-Antoinette

Saint Michel, protecteur de la France

 On a peu remarqué que ce même 16 octobre est une des trois fêtes de saint Michel.

La première, le 8 mai,  commémore l'apparition de saint Michel au pape saint Grégoire le Grand, en 590, sur ce qui devait ensuite devenir le "château Saint-Ange",
castel Sant'Angelo, à Rome. A cette commémoration fut associée à la même date celle de l'apparition du même archange sur le mont Gargan, dans les Pouilles. 

Vient ensuite la fête la plus connue, celle du 29 septembre, qui commémore la dédicace à saint Michel d'une église à Rome.

Et enfin, la troisième, celle du 16 octobre, quasiment oubliée de nos jours, est pourtant la fête spécifiquement française puisqu'elle célèbre l'apparition de saint Michel à l'évêque d'Avranches saint Aubert sur le mont Tombe, et la dédicace le 16 octobre 709 des prémices de ce qui deviendra au fil des siècles une des merveilles du monde, l'abbaye du Mont Saint-Michel, "Saint-Michel au péril de la mer", citadelle de prière demeurée inviolée à travers toutes les guerres.
Saint Michel combattant le dragon
flèche du Mont Saint-Michel
Or saint Michel est, on le sait (ou on ne le sait plus), le protecteur de la France. C'est lui qui, accompagné de sainte Marguerite et de sainte Catherine, est venu révéler à Jeanne d'Arc sa mission, et l'a accompagnée jusque dans sa prison, elle, autre martyre.

Comme rien ne survient par hasard, il n'est pas indifférent que l'archange protecteur et patron de la France ait accompagné la reine de France à sa demeure dernière. En effet, parmi ses fonctions, il a celle d'être "psychopompe" , accompagnateur des âmes, et nul doute qu'il a accompagné la reine de France à sa demeure céleste.

Saint Michel, chef des milices célestes, est aussi celui qui a précipité Satan, "le grand dragon" des hauteurs célestes et qui de même le vaincra à l'accomplissement des temps (Apocalypse 12, 9 et 20, 2). 

A cette fonction apocalyptique, la terre de France et la lignée royale de France demeureront-elles étrangères ? Il est permis de croire que non.

En tout état de cause,la reine Marie-Antoinette est et restera liée à l'archange saint Michel, comme le roi Louis XVI à saint Maxime le Confesseur.




vendredi 6 juillet 2012

Homélie pour Abel Chennouf, caporal parachutiste, mort pour la France


On se souvient de l’assassinat par un tueur fou, Mohamed Merah, de trois parachutistes à Montauban, le jeudi 15 mars 2012, succédant à l’assassinat à Toulouse d’un autre parachutiste, le dimanche 11 mars, et précédant la tuerie de l’école juive Ozar-Hatorah, toujours à Toulouse, le lundi 19 mars.

Lors de la cérémonie funèbre en l’honneur d’un de ces parachutistes, qui était  chrétien, le père Christian Vennard, aumônier du 17e régiment du génie parachutiste, a prononcé une très belle homélie que je désire partager avec mes lecteurs. 




"Abel, mon camarade parachutiste, mon frère, voilà une semaine, jour pour jour et presque heure pour heure, je tenais ta main, encore chaude de la vie que venait de te prendre un assassin. Je tenais ta main en priant pour toi, en pensant à ta maman et en te confiant à notre Maman du Ciel, la Vierge Marie. Je ne connaissais pas encore Caroline, mais si tel avait été le cas, je t’aurais aussi parlé pour elle et pour ce petit bébé que vous attendez.

Puis je me suis penché sur ton camarade Mohamed Legouad qu’essayaient de maintenir en vie les remarquables équipes d’urgentistes. Enfin, j’ai assisté au départ vers l’hôpital de Loïc Liber, qui à cette heure même se bat, entouré de son papa et de sa maman, pour rester en vie. Que de souffrances. Que d’incompréhensions. Mais aussi que de solidarité, de soutien, d’hommages et, pour nous chrétiens, de foi (comme le rappelait hier l’évêque aux armées en la cathédrale de Montauban) et d’espérance, malgré tout !
Il y a deux mille sept cents ans, à Rome, au cœur même du forum, symbole et centre de la vie de la Cité, un gouffre s’ouvrit. L’oracle consulté livra cette réponse : pour combler ce gouffre, Rome devait y engloutir ce qu’elle avait de plus précieux. Chacun s’interrogeait encore sur ce qui pouvait être de plus précieux, quand un jeune cavalier, un jeune homme armée, Curtius, se jeta avec son cheval dans le gouffre qui se referma aussitôt. Oui, ce que Rome avait de plus précieux était un jeune militaire défenseur de la Cité. Le criminel terroriste qui a mené ces actions dans lesquelles tu as perdu la vie, Abel, a tenté d’ouvrir un gouffre. Le prix à payer pour le combler est bien sûr infiniment trop lourd ; mais mon ami Abel, tu es devenu, comme Curtius, symbole de ce que notre pays, la France, possède de plus précieux. Et désormais, c’est ainsi que tu nous apparaît : jeune caporal parachutiste, mort pour la France, dans un attentat terroriste qui voulait mettre à bas notre Patrie.

Abel, je veux aller encore plus loin. C’est parce que tu portais l’uniforme français, parce que tu étais fier de ton béret rouge, que ce criminel t’a visé. Ce que ce meurtrier ne pouvait savoir c’est aussi tout ce que tu représentes aujourd’hui pour notre Patrie. Issue d’une famille à la fois alsacienne (avec tout ce que cette région fait ressortir en notre pays des souffrances liées aux deux conflits mondiaux) et kabyle (et comment ne pas évoquer ici les douloureux événements d’Algérie), ta famille choisit la France avec (et je reprends les mots mêmes de ton cher papa), avec toutes ses traditions, y compris ses racines les plus profondes, qui sont chrétiennes. Comment ne pas voir, mon ami Abel, dans une telle accumulation de symboles, ce que nous avons de plus précieux cette capacité que possède notre Patrie française de prendre en son sein, tous ceux qui veulent devenir ses fils.

Au moment où nous allons te porter en terre, dans cette terre pétrie des ossements de nos pères (c’est cela la Patrie aussi), Abel, avec toute ta famille, tes amis, tes camarades parachutistes, je te fais le serment que nous soutiendrons Caroline et ton enfant. Que nous resterons présents auprès des tiens. Désormais c’est à Dieu que nous te confions, au travers des rites catholiques qui accompagnent nos défunts. Nous savons que tu es vivant auprès du Père. Tu as rejoint Jésus, ce Dieu fait Homme, cet innocent mort à cause de la méchanceté et la violence qui habitent trop souvent le cœur des hommes. Ton sacrifice se trouve comme enveloppé dans celui du Christ Jésus. En te retrouvant jeudi dernier, gisant sur le sol montalbanais, en prenant ta main et en voyant couler de tes blessures ce sang si rouge et si pur, je confiais au Seigneur de la Vie, cette vie qui s’écoulait de toi. Et si aucune larme ne sortait de mes yeux, comme tant de tes camarades, c’est mon cœur qui pleurait sur toute violence faite aux innocents sur cette pauvre terre. Et c’est à l’Innocent qui a versé son Sang pour nous réconcilier avec son Père, qui a versé son propre Sang en rançon pour toutes les violences, que je confiais ta belle âme. Abel, français d’origine alsacienne et kabyle, catholique par choix, parachutiste au service de la France, que notre grand saint patron, que l’Archange saint Michel t’accueille et te fasse entrer au sein du Père, avec le Fils et le Saint-Esprit. Amen."

Requiescat in pace.

jeudi 30 septembre 2010

Saint Michel archange

Le 29 septembre est la fête officielle de saint Michel ; on verra qu'il y en a d'autres.
En dépit de son appellation usuelle, saint Michel n'est pas du tout un archange - avant-dernier des cercles angéliques - mais il appartient au tout premier cercle, celui des séraphins flamboyants, qui sont au contact immédiat de la fournaise ardente de la gloire de Dieu. Il est "un des sept anges qui se tiennent devant la gloire de Dieu" (Tobie 12, 15 et Apocalypse 8, 2). On n'en connaît par leur nom que quatre : Michel (Mikaël), Gabriel, Raphaël et Uriel.
Michel est le premier de toutes les hiérarchies angéliques, le "chef des milices célestes", et cela depuis la chute de Lucifer, le premier et le plus beau des séraphins, décrite par le prophète Isaïe : "Te voilà déchu des cieux, astre brillant [= Lucifer], fils de l'aurore.(...) Tu te disais : j'escaladerai les cieux, au-dessus des étoiles j'érigerai mon trône (...) Je monterai sur les plus hautes nues, je deviendrai l'égal du Très-Haut(...) Eh bien, te voilà précipité au séjour des morts, dans les profondeurs de la fosse." (Is. 14, 12-14).
Mais ce n'est pas tout. Tout élément de la nature est porté et animé par un ange qui en est, dirait Martines de Pasqually, le "véhicule", toutes les pensées sont portées et inspirées par les anges, émissaires de Dieu ("Il a fait des souffles ses anges, des flammes de feu ses serviteurs", dit le psalmiste) et de même toutes les sociétés humaines constituées, nations, cités, familles, groupements, ont chacune un ange qui est leur patron et leur protecteur, comme chaque homme a son ange gardien et "bon compagnon". Chacun de ces anges est le défenseur de ceux qui ont été commis à sa garde et veille sur leur destinée. C'est ainsi qu'on voit, dans le Livre de Daniel, Michel "chef" d'Israël, lutter contre l'ange qui est "chef de la Perse" (Daniel, 10, 13 et 21). Michel est donc l'ange protecteur d'Israël.
Selon la tradition des Pères, c'est lui qui dicta à saint Jean, à Patmos, les révélations qui constituent le Livre le l'Apocalypse (= Dévoilement).
Il est aussi, selon la tradition nationale, l'ange protecteur de la France, et c'est en cette qualité qu' il est apparu à Jeanne d'Arc pour lui révéler sa mission. Ce pourquoi l'Ordre de Saint-Michel créé au XVe siècle par Louis XI fut le plus prestigieux de l'ancienne France.
Dans notre pays, S. Michel est fêté trois fois. La fête du 29 septembre est romaine : elle commémore la consécration au VIe siècle d'une église dédiée à S. Michel dans le Circus Maximus. Il est aussi fêté le 8 mai, et cette fête est italienne : elle commémore son apparition au mont Gargan. La fête proprement française de S. Michel est à  la date du 16 octobre : elle commémore la dédicace de la basilique dite désormais du mont Saint-Michel (anciennement le mont Tombe), à la suite de sa triple apparition à l'évêque d'Avranches, S. Aubert. On conte qu'il apparut à trois reprises à l'évêque dans son sommeil pour demander l'édification de cette basilique, et, comme l'évêque demeurait sceptique, il lui enfonça la troisième fois son index dans le crâne. On voit toujours au musée d'Avranches ce crâne avec un enfoncement.
Dans l'iconographie du Moyen-Age et ensuite, S. Michel est représenté dans le rôle du peseur des âmes avant qu'elles soient admises au paradis ou bien précipitées en enfer.