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lundi 27 août 2012

Introduction à la théologie des IIe et IIIe siècles



















Introduction à la théologie des IIe et IIIe siècles
Volumes 1 & 2

Je viens de recevoir ce double pavé de 1676  pages au total... Pas spécialement le format d'un ouvrage à lire sur la plage !

Oeuvre d'un père jésuite espagnol réputé, mort il y a neuf ans à l'âge de 86 ans, elle avait été annoncée et recommandée en termes élogieux par Jean-Claude Larchet sur le site orthodoxie : tout arrive ! 

Le sujet est particulièrement passionnant : le christianisme primitif  dans toutes ses composantes, celles qui s'agrégèrent pour constituer ce qu'on appelle la Grande Eglise, et les autres non reçues par elle, qu'elles soient simplement déviantes ou franchement hérétiques. Bien évidemment, saint Irénée y occupe une place de choix : presque 200 occurrences ! Car c'est lui qui occupe le medium perfectum.

Une lecture cursive des titre des 49 chapitres et de leur sous-sections montre que 100 ou 200 ans après la vie terrestre du Sauveur étaient déjà posés, analysés et discutés tous les thèmes essentiels de la destinée de l'homme, thèmes toujours d’actualité comme le prouvent les controverses qui surgissent ici ou là sur les réseaux sociaux. Et l'on constate aisément que la discussion n'a guère avancé depuis 1 800 ans, elle aurait même plutôt régressé, de pair avec la baisse du niveau de la culture.

Je reviendrai assurément sur cet ouvrage, somme de toute une vie de labeur et qui fera date, j'en suis convaincu. En attendant, je vous invite à prendre connaissance de la présentation qui en faite par l'éditeur.


traduction de l'espagnol par Joseph M. Lopez de Castro
revue et complétée par Agnès Bastit et Jean-Michel Roessli
avec la collaboration de Bernard Jacob et Pierre Molinié
liminaire de Luis F. Ladaria
avant-propos de Jean-Michel Roessli
Cerf , Paris
collection Patrimoines
collection Introduction à la théologie des IIe et IIIe siècles , numéro 1
Parution :  juin 2012
Résumé
Cette somme englobe la littérature chrétienne des deuxième et troisième siècles, y compris gnostique et apocryphe. Elle s'inscrit dans une vision de la théologie de l'histoire : à chaque étape, les auteurs sont mis en relation dans une discussion qui éclaire les passages scripturaires, objet de cette confrontation. Leur première réception est ainsi éclairée, dessinant un christianisme pluriel.
Quatrième de couverture
Christianisme

Cette introduction est une somme qui englobe toute la littérature chrétienne des IIe et IIIe siècles, de quelque provenance que ce soit, y compris gnostique ou apocryphe. Elle s'inscrit dans une vision de la théologie de l'histoire et adopte donc un plan correspondant aux étapes du plan divin de salut, depuis le Dieu inconnu et son entreprise créatrice jusqu'à l'accomplissement final du cosmos et de l'humanité, en passant par l'action de l'Esprit dans le temps et l'incarnation du Verbe en Jésus. L'enjeu est cosmique, mais surtout anthropologique : il s'agit de comprendre quel salut est apporté par quel Sauveur.

À chaque étape, les auteurs chrétiens, qu'ils soient gnostiques ou « orthodoxes », sont mis en relation et inaugurent sous les yeux du lecteur une discussion féconde qui éclaire les passages scripturaires, objets de cette confrontation. Il en résulte une vision d'ensemble à la fois simple et riche, qui renouvelle en grande partie la représentation reçue du christianisme primitif et de son rapport au texte biblique. Les versets de l'Écriture ainsi commentés apparaissent sous un jour inédit, représentatif de leur toute première réception dans les communautés chrétiennes. Se dessine alors un christianisme pluriel, traversé de tensions, mais non éclaté, car partageant les mêmes problématiques.

vendredi 27 janvier 2012

A propos du Régime écossais rectifié : une citation apocryphe

Au sujet du Régime écossais rectifié, on voit se répandre une affirmation censée provenir des Actes du convent de Wilhelmsbad. On l’entend dans des discours, on la lit dans des études, on la voit même sur des sites de loges ou même sur des convocations. Cette phrase, la voici : “La vraie tendance du Régime Rectifié est et doit rester une ardente aspiration à l’établissement de la cité des hommes spiritualistes, pratiquant la morale du Christianisme primitif, dégagée de tout dogmatisme et de toute liaison avec une Eglise quelle qu’elle soit.” Quelquefois même, on l'attribue à Willermoz lui-même.
 
D’emblée, elle m’a paru suspecte. Pour peu qu’on fréquente avec quelque assiduité les écrits du XVIIIe siècle, publics ou privés, il est clair qu’aucune plume de l’époque ne peut l’avoir tracée : la phraséologie, les idées, sont à l’évidence du XIXe finissant ou du XXe siècle commençant. Quant au fond, vu les sentiments profondément chrétiens du catholique Jean-Baptiste Willermoz et du luthérien Ferdinand de Brunswick, qu’ils eussent pu approuver pareille déclaration était pour moi d’une totale invraisemblance. Charles de Hesse, peut-être ; mais eux, sûrement pas.

Toutefois, puisqu’une date était mentionnée : le 16 juillet 1782, autant y aller voir. Il se trouve que j’ai à ma disposition l’intégralité des Actes du convent, minutes (procès-verbaux) et pièces annexes. La vérification fut donc aisée, quoiqu’un peu longue. Résultat : rien au 16 juillet, où se tint la séance d’ouverture, rien non plus dans les séances suivantes jusqu’au terme officiel du convent, le 29 septembre, ni jusqu’à son terme réel le 1er septembre.
 
Passons rapidement en revue la teneur des séances. Du 16 juillet au 23 juillet : examen des pouvoirs et « ordonnance des travaux ». Du 18 juillet au 24 juillet : lecture des résumés des (nombreuses : 30) réponses à la circulaire du Magnus Superior Ordinis, le duc Ferdinand de Brunswick. Début des discussions sur la filiation templière. Du 25 juillet au 26 juillet : suite des discussions sur la base d’une motion de Willermoz. Le 29 juillet : lecture et approbation du mémoire de Virieu sur la bienfaisance ; lecture par Willermoz de son « préavis ». Du 30 juillet au 2 août : poursuite des discussions sur la filiation templière ; lecture des résumés de différents membres ; votes. Le 3 août : constitution d’un « comité de la législation » et d’un « comité des rituels des grades ». Du 14 août au 29 août : présentation des travaux des comités et votes ; le 15 août : adoption de la règle maçonnique ; 16 août : lecture et approbation du catéchisme et de l’instruction morale du grade d’apprenti ; 17 août : confirmation de Ferdinand de Brunswick en sa qualité de Grand Maître des Loges et des Loges écossaises réunies et de Grand Supérieur de l’Ordre ; 19 août : suite de la lecture du nouveau Code ; 21 août : début de la discussion sur l’existence d’un grade de Maître écossais ; discussion et vote sur le maintien du Noviciat ; 22 août : vote sur le grade de Maître écossais ; lecture et adoption du rituel de compagnon ; 23 août et 24 août : discussion et vote sur le nombre maximum de membres d’une loge ; suite de la lecture du Code des loges ; 25 août : suite de cette lecture ; lecture et approbation du rituel de maître ; lecture de la règle en latin des Chevaliers de l’Ordre ; 26 août : décision d’ajouter des prières au début des travaux de loge et de banquet ; lecture du catéchisme du grade de maître ; adoption définitive des rituels des rituels des trois premier grades ; vote sur la dénomination des chevaliers : Chevaliers Bienfaisants (les provinces françaises continuent de pouvoir ajouter : de la Cité Sainte) ; début des discussions sur la matricule (i.e. dénomination, répartition et numérotation des provinces). 27 août : suite de ces discussions ; discussion sur les titulatures. 28 août : remise solennelle à Ferdinand de Brunswick de l’acte lui conférant la dignité de Grand Maître Général ; suite des discussions sur la matricule ; examen, discussion et approbation de l’ « esquisse » du rituel de Maître écossais ; lecture de la planche à tracer de la loge d’apprenti tenue la veille pour la réception selon le nouveau rituel du prince Frédéric de Hesse-Hombourg ; examen d’une lettre de la Grande Loge Ecossaise de Berlin ; lecture de la première partie du rituel de noviciat. 29 août : organisation de la rédaction du Code ; lecture de la suite du rituel de noviciat, approbation dudit ; lecture de l’esquisse du rituel de Chevalier, approbation de ladite, Jean de Turckheim désigné pour sa rédaction finale. Clôture officielle du convent.
Prorogation du 30 août au 1er septembre : affaires diverses.
 
Comme on voit, le convent n’a pas chômé, malgré quoi il n’a pas pu achever l’examen de tous les points de son ordre du jour, par exemple le Code. La question du christianisme primitif ou transcendant, puisque c’est de cela qu’il s’agit, christianisme réputé non confessionnel, n’a pas été abordée ni même posée. De même, notons-le en passant que celle de la Profession.
 
Donc il est patent que cette citation est apocryphe, c’est un faux. D’où vient-elle ? Mon sentiment est que sa source est l’Helvétie car sa teneur cadre bien avec les sentiments des Helvètes. Mais c’est pure conjecture.