Le christianisme n'a jamais méprisé le corps, créature de Dieu. Même l'ascèse la plus rigoureuse est une sorte d'hommage au corps ; elle tend à le rendre digne d'avoir part à la résurrection en gloire.
Longtemps, l'Orthodoxie a parlé à l'Occident en langages importés. Désormais, ce sont les langues maternelles occidentales qui "parlent orthodoxe". C'est un de ces parlers qu'on fera entendre ici, en souhaitant que ces paroles deviennent "verbe".Il faut verber, disait le Philosophe Inconnu. Pas d'équivoque ! Ces paroles sont miennes exclusivement, et n'engagent que moi : aucune Eglise, aucun organisme initiatique.
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mercredi 19 juin 2013
La rédemption et la glorification du corps selon saint Paul
Le christianisme n'a jamais méprisé le corps, créature de Dieu. Même l'ascèse la plus rigoureuse est une sorte d'hommage au corps ; elle tend à le rendre digne d'avoir part à la résurrection en gloire.
mercredi 22 mai 2013
L'homme et la nature à la Parousie
Staretz Ephrem: L'homme et la nature à la Parousie

La chute de l'homme, qui était la "couronne de la création", a provoqué la chute de toute la création qui "a gémi ensemble dans les douleurs de l'enfantement" (Romains 8:22). C'est ce qui explique le principal enseignement de notre Église, qui considère la création comme un tout, qui est guidé vers la perfection et la déification; homme et la nature ensemble. L'homme et la nature ne sont pas distincts dans la conception de la création. Donc l'homme a le devoir de maintenir une bonne relation avec le reste de la création. Le fait que l'homme reste dans la condition déchue prolonge dangereusement le monde qui supporte le même état. Ainsi, l'homme contribue à la perversion et à la dégradation de la nature. Par conséquent, la chute a non seulement déformé l'homme existentiel et moral, mais aussi même son environnement.
[…] Dans sa Parousie [seconde venue], le Christ non seulement restaure la nature humaine, mais aussi toute la création. Puisque le reste de la création est tombé à cause de l'homme, il sera régénéré par l'homme sanctifié. Quand l'homme atteint la sanctification, son environnement est aussi sanctifié. Nous trouvons de nombreux exemples dans la vie des saints. Un lion subvenait aux besoins de saint Gérasime du Jourdain; saint Séraphim de Sarov nourrissait un ours comme si c'était un agneau docile; le staretz Païssios du Mont Athos était connu pour avoir comme compagnie des serpents et d'autres animaux sauvages.
Avec la résurrection et la régénération de l'homme, la nature sera également exonérée de corruption. Selon saint Syméon le Nouveau Théologien, la nature deviendra immatérielle et éternelle. "Pendant la régénération, la nature devient une demeure morale, au-delà de la perception humaine" (saint Syméon le Nouveau Théologien: Questions morales, 1, 5).
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Libellés :
chute de l'homme,
corruption,
création,
nature,
Parousie,
sanctification
lundi 30 juillet 2012
Saint Irénée (19) : Epilogue
EPILOGUE
Inconsistance des systèmes hérétiques
Saint
Irénée, Contre les hérésies, livre V, chapitre 15, paragraphe 1,
chapitre
16, paragraphe 2, chapitre 19, paragraphe 1, chapitre 20, paragraphe 2
&
chapitre 36, paragraphe 3.
15, 1 [ …]Ainsi
donc, le Créateur vivifie dès ici-bas nos corps mortels, comme il est
loisible de le voir ; il leur promet, de surcroît, la résurrection et la sortie
hors des sépulcres et des tombeaux, et il leur accordera l'incorruptibilité
— car, est-il dit, «leurs jours seront comme l'arbre de vie» (Isaïe 65,
22)— : dès lors la preuve est faite que le seul Dieu c'est lui, qui fait ces
choses, et que lui-même est le bon Père qui, par pure bonté, accorde la vie aux
êtres qui ne la possèdent pas par eux-mêmes.
[…]
16, 2 La
vérité de tout cela apparut lorsque le Verbe de Dieu se fit homme, se rendant
semblable à l'homme et rendant l'homme semblable à lui, pour que, par la
ressemblance avec le Fils, l'homme devienne précieux aux yeux du Père.
Dans les temps antérieurs, en effet, on disait bien que l'homme avait été fait
à l'image de Dieu, mais cela n'apparaissait pas, car le Verbe était encore
invisible, lui à l'image de qui l'homme avait été fait : c'est d'ailleurs pour
ce motif que la ressemblance s'était facilement perdue. Mais, lorsque le
Verbe de Dieu se fit chair, il confirma l'une et l'autre : il fit
apparaître l'image dans toute sa vérité, en devenant lui-même cela même
qu'était son image, et il rétablit la ressemblance de façon stable, en rendant
l'homme pleinement semblable au Père invisible par le moyen du Verbe dorénavant
visible.
[…]
19, 1 Si
donc le Seigneur est venu d'une manière manifeste dans son propre domaine ;
s'il a été porté par sa propre création, qu'il porte lui-même ; s'il a
récapitulé, par son obéissance sur le bois, la désobéissance qui avait été
perpétrée par le bois ; si cette séduction dont avait été misérablement victime
Eve, vierge en pouvoir de mari, a été dissipée par la bonne nouvelle de vérité
magnifiquement annoncée par l'ange à Marie, elle aussi vierge en pouvoir de
mari — car, de même que celle-là avait été séduite par le discours d'un ange,
de manière à se soustraire à Dieu en transgressant sa parole, de même celle-ci
fut instruite de la bonne nouvelle par le discours d'un ange, de manière à
porter Dieu en obéissant à sa parole ; et, de même que celle-là avait été
séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader
d'obéir à Dieu, afin que, de la vierge Eve, la Vierge Marie devînt l'avocate;
et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge,
il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d'une vierge ayant été
contrebalancée par l'obéissance d'une Vierge — ; si donc, encore une fois, le
péché du premier homme a reçu guérison par la rectitude de conduite du
Premier-né, si la prudence du serpent a été vaincue par la simplicité de la
colombe et si par là ont été brisés ces liens qui nous assujettissaient à la
mort : ils sont stupides, tous les hérétiques, et ignorants de
l'«économie» de Dieu, et bien peu au fait de son œuvre relative à l'homme —
aveugles qu'ils sont à l'égard de la vérité —, lorsqu'ils contredisent
eux-mêmes leur propre salut, les uns en introduisant un autre Père en dehors du
Créateur, les autres en prétendant que le monde et la matière qui le constitue
ont été faits par des Anges […]. D'autres méprisent la venue visible du
Seigneur, n'admettant pas son incarnation. D'autres encore, méconnaissant l'«
économie » de la Vierge, le disent né de Joseph. Certains disent que ni leur
âme ni leur corps ne peuvent recevoir la vie éternelle, mais seulement
leur « homme intérieur », et ils prétendent identifier celui-ci avec
leur intellect, qu'ils jugent seul capable de s'élever jusqu'à la perfection.
D'autres admettent que l'âme soit sauvée, mais nient que le corps puisse
avoir part au salut venant de Dieu. Tout cela, nous l'avons dit dans notre
premier livre, où nous avons fait connaître leurs doctrines à tous, et nous
avons ensuite montré l'inconsistance de celles-ci dans notre second livre.
[…]
20, 1 Ceux
donc qui délaissent le message de l'Église font grief aux presbytres de leur
simplicité, ne voyant pas combien un homme simple, mais religieux, l'emporte
sur un sophiste blasphémateur et impudent. Tels sont bien en effet tous les
hérétiques : s'imaginant trouver quelque chose de supérieur à la vérité en
suivant les doctrines que nous venons de dire, ils s'avancent par des chemins
bigarrés, multiformes et incertains, ayant au sujet des mêmes choses tantôt une
opinion et tantôt une autre ; ils sont comme des aveugles que guideraient des
aveugles et ils tombent à juste titre dans la fosse d'ignorance ouverte sous
leurs pas (Matthieu 15, 14), voués qu'ils sont à toujours chercher et à ne
jamais trouver la vérité (2 Timothée 3, 7). Il faut donc fuir leurs opinions
et nous mettre soigneusement en garde contre elles, afin de ne pas subir de
dommage par leur fait ; en revanche, il faut nous réfugier auprès de
l'Église, nous allaiter de son sein et nous nourrir des Ecritures du
Seigneur. Car l'Église a été plantée comme un paradis dans le monde. « Tu
mangeras donc du fruit de tous les arbres du paradis » (Genèse 2, 16) dit
l'Esprit de Dieu. Ce qui veut dire : Mange de toute Ecriture du Seigneur,
mais ne goûte pas à l'orgueil et n'aie nul contact avec la dissension des
hérétiques. Car eux-mêmes avouent posséder la connaissance du bien et du
mal (Genèse 2, 17), et ils lancent leurs pensées au-dessus du Dieu qui les a
créés. Ils élèvent ainsi leurs pensées au delà de la mesure permise. C'est
pourquoi l'Apôtre dit : « N'ayez pas des pensées plus élevées qu'il ne
convient, mais que vos pensées soient empreintes de modération » (Romains 12, 30), de peur que, goûtant à leur
gnose orgueilleuse, nous ne soyons expulsés du paradis de la vie. Car c'est
en celui-ci que le Seigneur introduit ceux qui obéissent à sa prédication, «
ayant récapitulé en lui-même toutes choses, celles qui sont aux cieux et celles
qui sont sur la terre». (Ephésiens 1, 10) Or celles qui sont aux cieux sont
spirituelles, tandis que celles qui sont sur la terre sont cet ouvrage qu'est
l'homme. Ce sont donc ces choses mêmes qu'il a récapitulées en lui, unissant
l'homme à l'Esprit et faisant habiter l'Esprit dans l'homme, devenant lui-même
la tête de l'Esprit et donnant l'Esprit pour qu'il soit la tête de l'homme
: car c'est par cet Esprit que nous voyons, entendons et parlons.
CONCLUSION
36, 3 Ainsi donc, de façon précise, Jean a
vu par avance la première résurrection (Apocalypse 20, 5-6), qui est celle des
justes, et l'héritage de la terre qui doit se réaliser dans le royaume ; de
leur côté, en plein accord avec Jean, les prophètes avaient déjà prophétisé sur
cette résurrection. C'est exactement cela que le Seigneur a enseigné lui aussi,
quand il a promis de boire le mélange nouveau de la coupe avec ses disciples
dans le royaume (Matthieu 26, 29) , et encore lorsqu'il a dit : « Des jours viennent où les morts qui sont
dans les tombeaux entendront la voix du Fils de l'homme, et ils ressusciteront,
ceux qui auront fait le bien pour une résurrection de vie, et ceux qui auront
fait le mal pour une résurrection de jugement » ( Jean 5, 25, 28-29) : il
dit par là que ceux qui auront fait le bien ressusciteront les premiers pour
aller vers le repos, et qu'ensuite ressusciteront ceux qui doivent être jugés.
C'est ce qu'on trouve déjà dans le livre de la Genèse, d'après lequel la
consommation de ce siècle aura lieu le sixième jour, c'est-à-dire la six
millième année ; puis ce sera le septième jour, jour du repos, au sujet duquel
David dit : « C'est là mon repos, les
justes y entreront » (psaume 131, 14 ; 117, 20) : ce septième
jour est le septième millénaire, celui du royaume des justes, dans lequel ils s'exerceront à l'incorruptibilité,
après qu'aura été renouvelée la création pour ceux qui auront été gardés dans
ce but. C'est ce que confesse l'apôtre Paul, lorsqu'il dit que la création sera
libérée de l'esclavage de la corruption pour avoir part à la
liberté glorieuse des enfants de Dieu. (Romains 8, 19-21)
Et en tout cela et à travers tout cela apparaît un seul et même Dieu Père : c'est lui qui a modelé l'homme et promis aux pères l'héritage de la terre ; c'est lui qui le donnera lors de la résurrection des justes et réalisera ses promesses dans le royaume de son Fils ; c'est lui enfin qui accordera, selon sa paternité, ces biens que l'œil n'a pas vus, que l'oreille n'a pas entendus et qui ne sont pas montés au cœur de l'homme (1 Corinthiens 2, 9). Il n'y a en effet qu'un seul Fils, qui a accompli la volonté du Père, et qu'un seul genre humain, en lequel s'accomplissent les mystères de Dieu. Ces mystères, «les anges aspirent à les contempler»(1 Pierre 1, 12) mais ils ne peuvent scruter la Sagesse de Dieu, par l'action de laquelle l'ouvrage par lui modelé est rendu conforme et concorporel au Fils (Romains 8, 29 et Ephésiens 3, 6) : car Dieu a voulu que sa Progéniture, le Verbe premier-né, descende vers la créature, c'est-à-dire vers l'ouvrage modelé, et soit saisie par elle, et que la créature à son tour saisisse le Verbe et monte vers lui, dépassant ainsi les anges et devenant à l'image et à la ressemblance de Dieu.
FINIS UNIVERSI OPERIS
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Verbe de Dieu,
vie éternelle,
vierge
mercredi 25 juillet 2012
Saint Irénée (13) : « Souffle de vie » et «Esprit vivifiant»
VÉRITABLE
SENS DE LA PHRASE :
« LA
CHAIR ET LE SANG NE PEUVENT HÉRITER DU ROYAUME DE DIEU »
(suite
3)
« Souffle de vie » et «Esprit vivifiant»
Saint
Irénée, Contre les hérésies, livre V, chapitre 12, paragraphes 1 à 3
12, 1 Car, comme la chair est capable de corruption, elle l'est aussi
d'incorruptibilité, et, comme elle
est capable de mort, elle l'est aussi de vie. Ces choses se cèdent mutuellement
la place, et l'une et l'autre ne sauraient demeurer au même endroit, mais l'une
est expulsée par l'autre et, du fait que l'une est présente, l'autre est
détruite. Si donc la mort, en s'emparant de l'homme, a expulsé de lui la vie et
a fait de lui un mort, à bien plus forte raison la vie, en s'emparant de l'homme, expulsera la mort et rendra l'homme
vivant pour Dieu. Car, si la mort a fait mourir l'homme, pourquoi la vie,
en survenant, ne le ferait-elle pas revivre ? Comme le dit le prophète Isaïe : « Dans sa puissance, la mort a dévoré »
; et encore : « Dieu essuiera toute larme
de tout visage. » (Isaïe, 25, 8)
Or la
première vie a été expulsée parce qu'elle avait été donnée par le moyen d'un
simple souffle et non par le moyen de l'Esprit. 12, 2 Car autre chose est le «
souffle de vie » (Genèse 2, 7), qui fait l'homme psychique, et autre chose
l'«Esprit vivifiant»,(1 Corinthiens
15, 45) qui le rend spirituel. Et c'est pourquoi Isaïe dit : « Ainsi parle le Seigneur, qui a fait le
ciel et l'a fixé, qui a affermi la terre et ce qu'elle renferme, qui a donné le
souffle au peuple qui l'habite et l'Esprit à ceux qui la foulent aux pieds »
(Isaïe 42, 5) : il affirme par là que le souffle a été donné indistinctement à
tout le peuple qui habite la terre, tandis que l'Esprit l'a été exclusivement à
ceux qui foulent aux pieds les convoitises terrestres. C'est pourquoi le même Isaïe,
reprenant la distinction que nous venons de dire, dit encore : « Car l'Esprit sortira d'auprès de moi, et
tout souffle c'est moi qui l'ai fait » (Isaïe 57, 16) : il range de la
sorte l'Esprit dans une sphère à part, aux côtés de Dieu, qui, dans les derniers
temps, l'a répandu' sur le genre humain par la filiation adoptive ; mais il situe le souffle dans la sphère
commune, parmi les créatures, et il le déclare chose faite. Or ce qui a été
fait est autre que Celui qui l'a fait. Le souffle est donc chose temporaire,
tandis que l'Esprit est éternel. Le souffle connaît un instant de vigueur, il
demeure un moment, puis il s'en va, laissant privé de souffle l'être en lequel
il se trouvait auparavant ; l'Esprit, au
contraire, après avoir enveloppé l'homme du dedans et du dehors, demeure
toujours avec lui et, dès lors, jamais ne l'abandonnera.
« Mais, dit l'Apôtre à l'adresse des hommes
que nous sommes, ce qui apparaît d'abord,
ce n'est pas le spirituel, mais d'abord le psychique, puis le spirituel» (1
Corinthiens 15, 46) Rien de plus juste, car il fallait que l'homme fût d'abord
modelé, qu'après avoir été modelé il reçût une âme, et qu'ensuite seulement il
reçût la communion de l'Esprit. C'est pourquoi aussi « le premier Adam a été fait âme vivante, mais le second Adam a
été fait Esprit vivifiant »(1 Corinthiens 15, 45). De même donc que celui qui avait été fait âme vivante, en
inclinant vers le mal, a perdu la vie, ainsi ce même homme, en revenant au bien et en recevant l'Esprit
vivifiant, retrouvera la vie.
12, 3 Car ce n'est pas une chose qui était morte et une autre qui est rendue à la
vie, de même que ce n'est pas une chose qui était perdue et une autre qui
est retrouvée, mais, cette brebis même qui était perdue, c'est elle que le
Seigneur est venu chercher.(Matthieu 18, 11) Qu'est-ce donc qui était mort ? De toute évidence, la substance de la
chair, qui avait perdu le souffle de vie et était devenue sans souffle et
morte. C'est elle que le Seigneur est venu rendre à la vie, afin que, comme
nous mourons tous en Adam parce que psychiques, nous vivions tous dans le
Christ parce que spirituels (1 Corinthiens 15, 22), après avoir rejeté, non
l'ouvrage modelé par Dieu, mais les convoitises de la chair, et avoir reçu
l'Esprit Saint.
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mercredi 18 juillet 2012
Saint Irénée (XII) :Œuvres de la chair et fruits de l’Esprit
VÉRITABLE
SENS DE LA PHRASE :
« LA
CHAIR ET LE SANG NE PEUVENT HÉRITER DU ROYAUME DE DIEU »
(suite
2)
Œuvres
de la chair et fruits de l’Esprit
Saint
Irénée, Contre les hérésies, livre V, chapitre 11, paragraphes 1 & 2
11, 1 Ces œuvres, qu'il nomme charnelles,
Paul a fait connaître quelles elles sont, prévoyant les sophismes des
incrédules et s'expliquant lui-même afin de ne pas laisser de sujet de
recherche à ceux qui scruteraient sa pensée avec incrédulité. Il s'exprime
ainsi dans l'épître aux Galates : « Les
œuvres de la chair sont manifestes : ce sont l'adultère, la fornication,
l'impureté, le libertinage, l'idolâtrie, la magie, les inimitiés, la discorde,
la jalousie, les emportements, les cabales, les dissensions, les factions, les
envies, les beuveries, les orgies et autres choses semblables : je vous
préviens, comme je l'ai déjà fait, que ceux qui commettent de telles actions
n'hériteront pas du royaume de Dieu. »(Galates 5, 19-21) Il proclame ainsi
de façon plus explicite, pour ceux qui veulent l'entendre, ce que signifie la
parole : « La chair et le sang
n'hériteront pas du royaume de Dieu » (1 Corinthiens 15, 50): car ceux qui commettent ces actions, se conduisant vraiment selon
la chair (Romains 8, 4 ; 2 Corinthiens 10, 2) , ne sauraient vivre pour
Dieu (Romains 6, 10). A l'opposé, il ajoute les actions spirituelles qui
donnent la vie à l'homme, autrement dit la greffe de l'Esprit, en disant : « Le fruit de l'Esprit, au contraire, c'est
la charité, la joie, la paix, la patience, la mansuétude, la bonté, la
fidélité, la douceur, la tempérance, la chasteté : contre de telles choses il
n'y a pas de loi. »(Galates 5, 22-23) De même donc que celui qui aura
progressé vers le meilleur et produit le fruit de l'Esprit sera sauvé de toute manière à cause de la communion de l'Esprit, de
même celui qui demeure dans les œuvres de la chair que nous avons dites sera
réputé vraiment charnel, puisqu'il ne reçoit pas l'Esprit de Dieu, et il ne
pourra en conséquence hériter du royaume des cieux.
«Les injustes n'hériteront pas du royaume de
Dieu »
L'Apôtre
lui-même en témoigne encore, lorsqu'il dit aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que les injustes
n'hériteront pas du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les
impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les
infâmes, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les médisants, ni
les rapaces n'hériteront du royaume de Dieu. Voilà ce que certains d'entre vous
ont été ; mais vous vous êtes lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous
avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et dans l'Esprit de notre
Dieu. » (1 Corinthiens 6, 9-11) Il montre ainsi très clairement ce qui perd
l'homme, à savoir de persévérer à vivre selon la chair (Romains 8, 13), et, à
l'opposé, ce qui sauve l'homme, à savoir — ce sont ses propres termes — « le nom de notre Seigneur Jésus-Christ et
l'Esprit de notre Dieu». 11, 2 De
la sorte, pour avoir ici même énuméré les œuvres de la chair, qui se font en
dehors de l'Esprit et qui donnent la mort, il pourra, en conséquence de ce
qu'il vient de dire, s'écrier à la fin de son épître en manière de résumé : « De même que nous avons porté l'image de ce
qui est terrestre, portons aussi l'image de ce qui est céleste. Car je vous le
déclare, frères : la chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu »
(1 Corinthiens 15, 49-50). La phrase « De
même que nous avons porté l'image de ce qui est terrestre... » a le même
sens que celle-ci : « Voilà ce que
certains d'entre vous ont été; mais vous vous êtes lavés, mais vous avez été
sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et
dans l'Esprit de notre Dieu». Quand donc avons-nous porté l'image de ce qui
est terrestre ? Lorsque les œuvres de la chair que nous avons dites
s'accomplissaient en nous. Et quand avons-nous porté l'image de ce qui est
céleste ? Lorsque, dit-il, « vous vous
êtes lavés », en croyant « au nom du
Seigneur » et en recevant son Esprit. Or, en nous lavant de la sorte, nous
nous sommes débarrassés, non de la
substance de notre corps ni de l'image qu'est l'œuvre modelée, mais de notre ancienne vie de vanité. Dans
ces membres donc en lesquels nous périssions du fait que nous accomplissions
les œuvres de la corruption, dans ces
mêmes membres nous sommes vivifiés dès lors que nous accomplissons les
œuvres de l'Esprit.
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mercredi 11 juillet 2012
Saint Irénée (VI) La chair ressuscitera incorruptible, glorieuse, spirituelle
La chair ressuscitera incorruptible,
glorieuse, spirituelle
Saint Irénée, Contre les hérésies, Livre V, chapitre 7, paragraphes 1 & 2
7, 1 (suite) C'est
pourquoi il dit à son sujet dans la première aux Corinthiens : « Ainsi en va-t-il pour la résurrection des
morts : semée dans la corruption, la chair ressuscitera dans
l'incorruptibilité. » (1 Corinthiens 15, 42) Car, dit-il, « ce que tu sèmes, toi, n'est vivifié que
s'il meurt d'abord». (1 Corinthiens 15, 36) Or qu'est-ce qui, à l'instar du
grain de froment, est semé et pourrit
dans la terre, sinon les corps qu'on dépose dans cette terre même où l'on jette
aussi la semence ? Et c'est pourquoi l'Apôtre dit : « Semée dans l'ignominie, elle ressuscitera dans la gloire. » (1
Corinthiens 15, 43) Quoi de plus ignominieux qu'une chair morte ? En revanche, quoi de plus glorieux que cette même chair
une fois ressuscitée et ayant reçu l'incorruptibilité en partage ? « Semée dans la faiblesse, elle ressuscitera
dans la puissance. » (1 Corinthiens 15, 43) La faiblesse dont il s'agit est
celle de la chair, qui, étant terre, s'en va à la terre; mais la puissance est
celle de Dieu, qui la ressuscite d'entre les morts. « Semée corps psychique, elle ressuscitera corps spirituel. » (1
Corinthiens 15, 44) Sans aucun doute possible,
l'Apôtre nous apprend par là que ce n'est ni de l'âme ni de l'esprit qu'il
parle, mais des corps morts. Tels
sont bien en effet les corps «psychiques», c'est-à-dire participant à une âme :
lorsqu'ils la perdent, ils meurent ;
puis, ressuscitant par l'Esprit, ils deviennent des corps spirituels, afin de
posséder, par l'Esprit, une vie qui demeure à jamais.
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