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mercredi 27 août 2014

Sans la résurrection, pas de christianisme

Saint Justin (Popovitch): Condamné à l'immortalité!





Les gens ont condamné  Dieu à mort ; par Sa résurrection, Il les a condamnés à l'immortalité. Pour L'avoir frappé, Dieu les a étreint en retour ; pour les insultes, [Il a donné en retour] des bénédictions, pour la mort, l'immortalité.

Jamais les hommes n'ont montré plus de haine envers Dieu que quand ils L'ont crucifié ; et Dieu n'a jamais montré Son amour envers les gens plus que quand Il est ressuscité. L'humanité a voulu faire que Dieu soit mort, mais Dieu, par Sa résurrection, a rendu les gens vivants ; le Dieu crucifié est ressuscité le troisième jour et ainsi Il a tué la mort!  Il n'y a pas plus de mort. L'immortalité entoure l'homme et le monde entier.

Par la résurrection de l'Homme-Dieu, la nature de l'homme est irréversiblement dirigée vers la route de l'immortalité, et la nature de l'homme devient destructive de la mort elle-même. Car jusqu'à la résurrection du Christ, la mort était destructrice pour l'homme ; depuis la résurrection du Christ, la nature de l'homme devient destructive dans la mort.

Si l'homme vit dans la foi en l'Homme-Dieu ressuscité, il vit au-dessus de la mort, il est inaccessible pour elle ; la mort est sous les pieds de l'homme. Mort, où est ton aiguillon? Enfer, où est ta victoire? Et quand un homme qui croit en Christ meurt, il ne laisse que son corps comme ses vêtements, dans lequel il sera habillé de nouveau au jour du Jugement Dernier.

Avant la résurrection de l'Homme-Dieu, la mort était la seconde nature de l'homme ; la vie était la première et la mort seconde. L'homme s'est habitué à la mort comme à quelque chose de naturel. Mais après sa résurrection, le Seigneur a tout changé, et il était naturel, jusqu'à la résurrection du Christ, que les gens deviennent mortels, donc après la résurrection du Christ, il était naturel que les gens soient devenus immortels.

Par le péché, l'homme devient mortel et temporel ; par la résurrection de l'Homme-Dieu, il devient immortel et éternel. C'est là que réside la force, en cela que réside le pouvoir, en cela que réside la puissance de la résurrection du Christ.

Sans la résurrection, il n'y a pas de christianisme. De tous les miracles, c'est le plus grand ; tous les autres miracles commencent et finissent avec lui. De là a germé la foi et l'amour et l'espoir et la prière et l'amour envers Dieu.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archimandrite Dr. Justin Popovic
Condemned to Immortality
A meditation on the Resurrection

mercredi 11 décembre 2013

S'il n'y avait la vie éternelle...

S'il n'y avait la vie éternelle, notre chagrin serait sans limite

Sans limite et sans consolation serait notre chagrin lors de la perte d'êtres chers, si le Seigneur ne nous avait donné la vie éternelle. Notre vie serait sans but si elle se terminait par la mort. Quel bénéfice y aurait-il alors à la vertu et aux bonnes œuvres ? Alors il serait plus approprié de dire : « Buvons et mangeons, car demain nous mourrons ! »

Mais l'homme a été créé pour l'immortalité, et par sa résurrection le Christ a ouvert les portes du royaume céleste, de la béatitude éternelle pour ceux qui auront cru en Lui et auront vécu dans la droiture. Notre vie terrestre est une préparation pour la vie future, et cette préparation s'achève avec notre mort. "Les hommes ne meurent qu’une fois, après quoi il y a un jugement" (Héb. 9,27). 

Alors l'homme quitte tous ses soucis terrestres ; le corps se désagrège, afin de se relever à la résurrection universelle. Souvent cette vision spirituelle commence chez les mourants même avant leur mort, et tout en voyant encore ceux qui les entourent et même en parlant avec eux, ils voient ce que les autres ne peuvent voir.

Saint Jean de San Francisco (Maximovitch)


Repris (avec modifications) de http://stmaterne.blogspot.fr


lundi 1 avril 2013

Christ est ressuscité des morts !


LAUDES DE LA SEMAINE PASCALE
(EXTRAITS)





ALLELUIA


Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la vie. Alleluia, alleluia, alleluia.


PREMIER PSAUME

            ANTIENNE
Christ est ressuscité des morts, alleluia.
Christ est ressuscité des morts, alleluia.

            PSAUME
Purifions nos sentiments, et nous verrons le Christ resplendissant dans l'inaccessible lumière de sa résurrection, et nous l'entendrons clairement nous dire : soyez dans la joie, chantant l'hymne de la victoire.
Christ est ressuscité des morts, alleluia.

Il est digne que le ciel se réjouisse et que la terre soit en liesse, que le monde visible et invisible soit en fête, car le Christ est ressuscité, Lui, l'allégresse éternelle.
Christ est ressuscité des morts, alleluia.

Veillons dès la pointe du jour.
Au lieu d'aromates, présentons une hymne au Seigneur,     
et nous verrons le Christ, Soleil de justice, rayonner la vie pour tous.
Christ est ressuscité des morts, alleluia.

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
Comme il était au commencement, et maintenant et toujours, et aux siècles des siècles. Amen.

Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la vie. Alleluia, alleluia, alleluia.

DEUXIEME PSAUME

            ANTIENNE
Christ est ressuscité des morts, alleluia.
Christ est ressuscité des morts, alleluia.

            PSAUME
Voyant ta miséricorde sans mesure,
ceux que les chaînes de l'enfer tenaient prisonniers,
d'un pas joyeux, ô Christ, accourent vers la lumière, louant la Pâque éternelle.
Christ est ressuscité des morts, alleluia.

Flambeaux en main, accueillons comme un époux
le Christ sortant du tombeau.
Concélébrons par les rites solennels et joyeux,
la Pâque divine et salvatrice.
Christ est ressuscité des morts, alleluia.

Tu es descendu dans les entrailles de la terre,
Tu as brisé les cordes éternelles qui retenaient les captifs ;
tel Jonas sortant de la baleine, ô Christ,
Tu ressuscites le troisième jour du tombeau.
Christ est ressuscité des morts, alleluia.

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
Comme il était au commencement, et maintenant et toujours, et aux siècles des siècles, amen.

Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la vie. Alleluia, alleluia, alleluia.

CANTIQUE

            ANTIENNE
Bénissons le Christ ressuscité, louons-Le, alleluia.
Bénissons le Christ ressuscité, louons-Le, alleluia.

           

            PSAUME
Celui qui sauva les adolescents de la fournaise fut homme et souffrit comme un mortel.
Par sa passion, Il revêt notre mortalité de sa splendeur incorruptible,
seul béni, Dieu de nos pères, très glorieux.
Bénissons le Christ ressuscité, louons-Le, alleluia.

Nous célébrons la mort de la mort,
la destruction de l'enfer,
le principe éternel de la vie nouvelle,
en jubilant chantons son auteur,
seul béni, Dieu de nos pères, très glorieux.
Bénissons le Christ ressuscité, louons-Le, alleluia.

Venez, communions au jus neuf de la Vigne qui nous exalte divinement.
Dans les jours élus de la résurrection, participons au royaume du Christ,
seul béni, Dieu de nos pères, très glorieux.
Bénissons le Père, le Fils et le Saint-Esprit, louons-Le et exaltons-Le à jamais.

Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie. Alleluia, alleluia, alleluia.

MISSA

Père tout-puissant, Verbe et Esprit, Un en trois Personnes, unique nature, pré-essence et pré-divinité,             en Toi nous sommes baptisés.

CANTIQUE

Que Dieu se lève
Et ses ennemis seront dispersés, alleluia.

STROPHES

Portant des aromates de grand matin, les femmes accourent au tombeau du Donateur de vie, et trouvent assis sur la pierre un ange qui leur dit :
            "Pourquoi chercher parmi les morts le Vivant ?
            "Pourquoi pleurer l'Incorruptible ?
            "Allez porter la bonne nouvelle à ses disciples."
Ce jour, le Seigneur l'a fait,
            soyons dans la joie et dans l'allégresse, alleluia.
            O belle Pâque, ô Pâque, Pâque du Seigneur,
            Pâque très pure qui brille sur nous.
            O Pâque, terme de toute tristesse,
            car c'est aujourd'hui que le Christ resplendit, 
            sortant du tombeau comme du palais nuptial.
            Il a rempli de joie les femmes par cette parole :          
            "Annoncez aux apôtres."

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours, et aux siècles des siècles. Amen.
C'est le jour de la résurrection, rayonnons de joie en cette solennité. 
Embrassons-nous les uns les autres ;     
disons "frères" même à ceux qui nous haïssent ;         
pardonnons tout à cause de la résurrection, et clamons :

Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.
            Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.
            Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.


HYMNE A LA VIERGE

            L'Ange chanta à la Pleine de grâce :
            Réjouis-toi, Vierge très pure,
            Je répète, réjouis-toi.
            Ton Fils, en vérité, est ressuscité
            Après trois jours passés dans le tombeau,
            Et Il a redressé les morts,
            Fidèles, soyez dans l'allégresse.
            Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem,
            Car sur toi la gloire du Seigneur s'est levée.
            Réjouis-toi et exulte, Sion,
            Et toi, Mère de Dieu très pure,
            Réjouis-toi car ton Fils est ressuscité.
            Alleluia, alleluia, alleluia.

Ceci est le dernier message qu'A Tribus Liliis publie en tant que Grand Aumônier du Grand Prieuré des Gaules.

On conviendra qu'il n'a pas abusé de cette tribune, qui redeviendra ce qu'elle n'aurait jamais cessé d'être si certaines circonstances n'avaient pas conduit à transgresser cette règle de conduite : une tribune exclusivement personnelle, au service d'opinions et de positions exclusivement personnelles. D'où la fin, espérons-le, de polémiques mal venues.

Abandonnant bientôt sa charge, A Tribus Liliis a des remerciements à exprimer : à ceux qui l'ont soutenu et fortifié dans l'accomplissement de cette charge, en particulier le Grand Maître National du Grand Prieuré des Gaules ; tous les Aumôniers des Ordres qui y ont coopéré ; les Frères qui ont compris et toléré cette innovation ; ceux qui ne l'ont pas comprise ; et enfin ceux qui l'ont combattue. Car toute expérience même négative est enrichissante.

A tous Il dit :
QUE LA GLOIRE DE LA RESURRECTION ILLUMINE TOUTE VOTRE VIE !



mercredi 26 septembre 2012

Un sourire d'éternité


Pourquoi le sourire de l’Ancien Joseph est-il « de l’éternité » ? (French, Γαλλικά)

 Je livre tel quel ce récit prodigieux, extrait du site du monastère de Vatopédi au Mont Athos  http://vatopaidi.wordpress.com/

Honorable Monsieur Papanicolaou,
Quelques heures après l’ensevelissement de l’Ancien Joseph vous avez publié sur votre site internet un article ayant pour titre : « Les funérailles du bienheureux Ancien Joseph de Vatopaidi – Sourire de l’éternité » décrivant en peu de mots l’évènement illustré de quelques photographies. La photographie du défunt, souriant, non seulement des lèvres mais par toute l’expression de son visage, a fait grande impression dans le monde comme nous pouvons le constater d’après les articles et commentaires qui sont apparus sur de nombreux sites internet. Assurément, on rencontre des cas de défunts présentant un visage lumineux, avec une expression de profonde sérénité ; cependant où peut-on trouver un tel sourire ? D’une part, tous les Pères spirituels disent que l’heure de la mort est effrayante pour tout être humain, et d’autre part nous lisons dans les écrits patristiques que ceux qui sont les plus avancés dans la vie spirituelle, par humilité, ne se laissaient jamais gagner par une assurance présomptueuse de leur salut avant d’être passé dans l’autre vie, où il n’y a plus de danger. De plus, l’Ancien Joseph souffrait du cœur et était très accablé par la maladie. Pouvait-il donc mourir en souriant ?
La réponse est : NON, il n’est pas mort en souriant, mais IL A SOURI APRES SA MORT. Après en avoir discuté avec quelques Pères du Monastère, nous vous transmettons le récit de l’évènement en question.
Les deux moines qui se trouvaient avec lui jusqu’à ses derniers instants ont couru informer l’Higoumène, le “Géronda” Éphrem et les autres Pères et n’ont pas autrement prêté attention au défunt, lequel gisait assurément la bouche légèrement entrouverte.
Ils revinrent donc pour préparer le corps selon le rituel monastique. Le Géronda Éphrem donna l’ordre de laisser le visage découvert. Les Pères essayèrent de fermer la bouche du défunt, mais il était trop tard, la bouche demeurait ouverte. Qui plus est, ils lui nouèrent une bande de tissu autour de la tête pour maintenir la bouche fermée, mais après qu’ils l’eurent enlevée la bouche s’ouvrit à nouveau. Il s’était passé à peu près 45 minutes depuis sa mort.
– Géronda ! Il va paraître disgracieux comme ça avec la bouche, qu’est ce qu’on fait ?
– Laissez-le comme il est, ne lui couvrez pas le visage !
Ils le cousirent donc dans la chape monastique come le veut la tradition. Toute la procédure pour l’envelopper dans la chape et la coudre (un peu comme une momie) a duré a peu près encore 45 minutes. Ils découpèrent ensuite le tissu autour du visage pour le découvrir, conformément à l’ordre reçu, et trouvèrent alors l’Ancien comme tous le verront désormais, souriant. Peut-être les avait-il entendu protester et leur fit-il cette petite faveur afin qu’ils ne soient pas chagrinés ? Ou bien voulait-il nous donner une idée de ce qu’il contemplait et dans quel état spirituel se trouvait-il après son départ de cette vie ?
Le sourire de l’Ancien Joseph est le premier évènement surnaturel survenu après son repos et est devenu une grande consolation pour tous.
Panayiotis Koutsou

lundi 30 juillet 2012

Saint Irénée (19) : Epilogue


EPILOGUE

Inconsistance des systèmes hérétiques

Saint Irénée, Contre les hérésies, livre V, chapitre 15, paragraphe 1,
chapitre 16, paragraphe 2, chapitre 19, paragraphe 1,  chapitre 20, paragraphe 2
& chapitre 36, paragraphe 3.

15, 1 [ …]Ainsi donc, le Créateur vivifie dès ici-bas nos corps mortels, comme il est loisible de le voir ; il leur promet, de surcroît, la résurrection et la sortie hors des sépulcres et des tombeaux, et il leur accordera l'incorruptibilité — car, est-il dit, «leurs jours seront comme l'arbre de vie» (Isaïe 65, 22)— : dès lors la preuve est faite que le seul Dieu c'est lui, qui fait ces choses, et que lui-même est le bon Père qui, par pure bonté, accorde la vie aux êtres qui ne la possèdent pas par eux-mêmes.
[…]

16, 2 La vérité de tout cela apparut lorsque le Verbe de Dieu se fit homme, se rendant semblable à l'homme et rendant l'homme semblable à lui, pour que, par la ressemblance avec le Fils, l'homme devienne précieux aux yeux du Père. Dans les temps antérieurs, en effet, on disait bien que l'homme avait été fait à l'image de Dieu, mais cela n'apparaissait pas, car le Verbe était encore invisible, lui à l'image de qui l'homme avait été fait : c'est d'ailleurs pour ce motif que la ressemblance s'était facilement perdue. Mais, lorsque le Verbe de Dieu se fit chair, il confirma l'une et l'autre : il fit apparaître l'image dans toute sa vérité, en devenant lui-même cela même qu'était son image, et il rétablit la ressemblance de façon stable, en rendant l'homme pleinement semblable au Père invisible par le moyen du Verbe dorénavant visible.
[…]

19, 1 Si donc le Seigneur est venu d'une manière manifeste dans son propre domaine ; s'il a été porté par sa propre création, qu'il porte lui-même ; s'il a récapitulé, par son obéissance sur le bois, la désobéissance qui avait été perpétrée par le bois ; si cette séduction dont avait été misérablement victime Eve, vierge en pouvoir de mari, a été dissipée par la bonne nouvelle de vérité magnifiquement annoncée par l'ange à Marie, elle aussi vierge en pouvoir de mari — car, de même que celle-là avait été séduite par le discours d'un ange, de manière à se soustraire à Dieu en transgressant sa parole, de même celle-ci fut instruite de la bonne nouvelle par le discours d'un ange, de manière à porter Dieu en obéissant à sa parole ; et, de même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d'obéir à Dieu, afin que, de la vierge Eve, la Vierge Marie devînt l'avocate; et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d'une vierge ayant été contrebalancée par l'obéissance d'une Vierge — ; si donc, encore une fois, le péché du premier homme a reçu guérison par la rectitude de conduite du Premier-né, si la prudence du serpent a été vaincue par la simplicité de la colombe et si par là ont été brisés ces liens qui nous assujettissaient à la mort : ils sont stupides, tous les hérétiques, et ignorants de l'«économie» de Dieu, et bien peu au fait de son œuvre relative à l'homme — aveugles qu'ils sont à l'égard de la vérité —, lorsqu'ils contredisent eux-mêmes leur propre salut, les uns en introduisant un autre Père en dehors du Créateur, les autres en prétendant que le monde et la matière qui le constitue ont été faits par des Anges […]. D'autres méprisent la venue visible du Seigneur, n'admettant pas son incarnation. D'autres encore, méconnaissant l'« économie » de la Vierge, le disent né de Joseph. Certains disent que ni leur âme ni leur corps ne peuvent recevoir la vie éternelle, mais seulement leur « homme intérieur », et ils prétendent identifier celui-ci avec leur intellect, qu'ils jugent seul capable de s'élever jusqu'à la perfection. D'autres admettent que l'âme soit sauvée, mais nient que le corps puisse avoir part au salut venant de Dieu. Tout cela, nous l'avons dit dans notre premier livre, où nous avons fait connaître leurs doctrines à tous, et nous avons ensuite montré l'inconsistance de celles-ci dans notre second livre.
[…]

20, 1 Ceux donc qui délaissent le message de l'Église font grief aux presbytres de leur simplicité, ne voyant pas combien un homme simple, mais religieux, l'emporte sur un sophiste blasphémateur et impudent. Tels sont bien en effet tous les hérétiques : s'imaginant trouver quelque chose de supérieur à la vérité en suivant les doctrines que nous venons de dire, ils s'avancent par des chemins bigarrés, multiformes et incertains, ayant au sujet des mêmes choses tantôt une opinion et tantôt une autre ; ils sont comme des aveugles que guideraient des aveugles et ils tombent à juste titre dans la fosse d'ignorance ouverte sous leurs pas (Matthieu 15, 14), voués qu'ils sont à toujours chercher et à ne jamais trouver la vérité (2 Timothée 3, 7). Il faut donc fuir leurs opinions et nous mettre soigneusement en garde contre elles, afin de ne pas subir de dommage par leur fait ; en revanche, il faut nous réfugier auprès de l'Église, nous allaiter de son sein et nous nourrir des Ecritures du Seigneur. Car l'Église a été plantée comme un paradis dans le monde. « Tu mangeras donc du fruit de tous les arbres du paradis » (Genèse 2, 16) dit l'Esprit de Dieu. Ce qui veut dire : Mange de toute Ecriture du Seigneur, mais ne goûte pas à l'orgueil et n'aie nul contact avec la dissension des hérétiques. Car eux-mêmes avouent posséder la connaissance du bien et du mal (Genèse 2, 17), et ils lancent leurs pensées au-dessus du Dieu qui les a créés. Ils élèvent ainsi leurs pensées au delà de la mesure permise. C'est pourquoi l'Apôtre dit : « N'ayez pas des pensées plus élevées qu'il ne convient, mais que vos pensées soient empreintes de modération » (Romains 12, 30), de peur que, goûtant à leur gnose orgueilleuse, nous ne soyons expulsés du paradis de la vie. Car c'est en celui-ci que le Seigneur introduit ceux qui obéissent à sa prédication, « ayant récapitulé en lui-même toutes choses, celles qui sont aux cieux et celles qui sont sur la terre». (Ephésiens 1, 10) Or celles qui sont aux cieux sont spirituelles, tandis que celles qui sont sur la terre sont cet ouvrage qu'est l'homme. Ce sont donc ces choses mêmes qu'il a récapitulées en lui, unissant l'homme à l'Esprit et faisant habiter l'Esprit dans l'homme, devenant lui-même la tête de l'Esprit et donnant l'Esprit pour qu'il soit la tête de l'homme : car c'est par cet Esprit que nous voyons, entendons et parlons.

CONCLUSION

36, 3 Ainsi donc, de façon précise, Jean a vu par avance la première résurrection (Apocalypse 20, 5-6), qui est celle des justes, et l'héritage de la terre qui doit se réaliser dans le royaume ; de leur côté, en plein accord avec Jean, les prophètes avaient déjà prophétisé sur cette résurrection. C'est exactement cela que le Seigneur a enseigné lui aussi, quand il a promis de boire le mélange nouveau de la coupe avec ses disciples dans le royaume (Matthieu 26, 29) , et encore lorsqu'il a dit : « Des jours viennent où les morts qui sont dans les tombeaux entendront la voix du Fils de l'homme, et ils ressusciteront, ceux qui auront fait le bien pour une résurrection de vie, et ceux qui auront fait le mal pour une résurrection de jugement » ( Jean 5, 25, 28-29) : il dit par là que ceux qui auront fait le bien ressusciteront les premiers pour aller vers le repos, et qu'ensuite ressusciteront ceux qui doivent être jugés. C'est ce qu'on trouve déjà dans le livre de la Genèse, d'après lequel la consommation de ce siècle aura lieu le sixième jour, c'est-à-dire la six millième année ; puis ce sera le septième jour, jour du repos, au sujet duquel David dit : « C'est là mon repos, les justes y entreront » (psaume 131, 14 ; 117, 20) : ce septième jour est le septième millénaire, celui du royaume des justes, dans lequel ils s'exerceront à l'incorruptibilité, après qu'aura été renouvelée la création pour ceux qui auront été gardés dans ce but. C'est ce que confesse l'apôtre Paul, lorsqu'il dit que la création sera libérée de l'esclavage de la corruption pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. (Romains 8, 19-21)

Et en tout cela et à travers tout cela apparaît un seul et même Dieu Père : c'est lui qui a modelé l'homme et promis aux pères l'héritage de la terre ; c'est lui qui le donnera lors de la résurrection des justes et réalisera ses promesses dans le royaume de son Fils ; c'est lui enfin qui accordera, selon sa paternité, ces biens que l'œil n'a pas vus, que l'oreille n'a pas entendus et qui ne sont pas montés au cœur de l'homme  (1 Corinthiens  2, 9). Il n'y a en effet qu'un seul Fils, qui a accompli la volonté du Père, et qu'un seul genre humain, en lequel s'accomplissent les mystères de Dieu. Ces mystères, «les anges aspirent à les contempler»(1 Pierre 1, 12) mais ils ne peuvent scruter la Sagesse de Dieu, par l'action de laquelle l'ouvrage par lui modelé est rendu conforme et concorporel au Fils (Romains 8, 29 et Ephésiens 3, 6) : car Dieu a voulu que sa Progéniture, le Verbe premier-né, descende vers la créature, c'est-à-dire vers l'ouvrage modelé, et soit saisie par elle, et que la créature à son tour saisisse le Verbe et monte vers lui, dépassant ainsi les anges et devenant à l'image et à la ressemblance de Dieu.

FINIS UNIVERSI OPERIS

mercredi 25 juillet 2012

Saint Irénée (13) : « Souffle de vie » et «Esprit vivifiant»


VÉRITABLE SENS DE LA PHRASE :
« LA CHAIR ET LE SANG NE PEUVENT HÉRITER DU ROYAUME DE DIEU »
(suite 3)

« Souffle de vie » et «Esprit vivifiant»

Saint Irénée, Contre les hérésies, livre V, chapitre 12, paragraphes 1 à 3

12, 1 Car, comme la chair est capable de corruption, elle l'est aussi d'incorruptibilité, et, comme elle est capable de mort, elle l'est aussi de vie. Ces choses se cèdent mutuellement la place, et l'une et l'autre ne sauraient demeurer au même endroit, mais l'une est expulsée par l'autre et, du fait que l'une est présente, l'autre est détruite. Si donc la mort, en s'emparant de l'homme, a expulsé de lui la vie et a fait de lui un mort, à bien plus forte raison la vie, en s'emparant de l'homme, expulsera la mort et rendra l'homme vivant pour Dieu. Car, si la mort a fait mourir l'homme, pourquoi la vie, en survenant, ne le ferait-elle pas revivre ? Comme le dit le prophète Isaïe : « Dans sa puissance, la mort a dévoré » ; et encore : « Dieu essuiera toute larme de tout visage. » (Isaïe, 25, 8)

Or la première vie a été expulsée parce qu'elle avait été donnée par le moyen d'un simple souffle et non par le moyen de l'Esprit. 12, 2 Car autre chose est le « souffle de vie » (Genèse 2, 7), qui fait l'homme psychique, et autre chose l'«Esprit vivifiant»,(1 Corinthiens 15, 45) qui le rend spirituel. Et c'est pourquoi Isaïe dit : « Ainsi parle le Seigneur, qui a fait le ciel et l'a fixé, qui a affermi la terre et ce qu'elle renferme, qui a donné le souffle au peuple qui l'habite et l'Esprit à ceux qui la foulent aux pieds » (Isaïe 42, 5) : il affirme par là que le souffle a été donné indistinctement à tout le peuple qui habite la terre, tandis que l'Esprit l'a été exclusivement à ceux qui foulent aux pieds les convoitises terrestres. C'est pourquoi le même Isaïe, reprenant la distinction que nous venons de dire, dit encore : « Car l'Esprit sortira d'auprès de moi, et tout souffle c'est moi qui l'ai fait » (Isaïe 57, 16) : il range de la sorte l'Esprit dans une sphère à part, aux côtés de Dieu, qui, dans les derniers temps, l'a répandu' sur le genre humain par la filiation adoptive ; mais il situe le souffle dans la sphère commune, parmi les créatures, et il le déclare chose faite. Or ce qui a été fait est autre que Celui qui l'a fait. Le souffle est donc chose temporaire, tandis que l'Esprit est éternel. Le souffle connaît un instant de vigueur, il demeure un moment, puis il s'en va, laissant privé de souffle l'être en lequel il se trouvait auparavant ; l'Esprit, au contraire, après avoir enveloppé l'homme du dedans et du dehors, demeure toujours avec lui et, dès lors, jamais ne l'abandonnera. 

« Mais, dit l'Apôtre à l'adresse des hommes que nous sommes, ce qui apparaît d'abord, ce n'est pas le spirituel, mais d'abord le psychique, puis le spirituel» (1 Corinthiens 15, 46) Rien de plus juste, car il fallait que l'homme fût d'abord modelé, qu'après avoir été modelé il reçût une âme, et qu'ensuite seulement il reçût la communion de l'Esprit. C'est pourquoi aussi « le premier Adam a été fait âme vivante, mais le second Adam a été fait Esprit vivifiant »(1 Corinthiens 15, 45). De même donc que celui qui avait été fait âme vivante, en inclinant vers le mal, a perdu la vie, ainsi ce même homme, en revenant au bien et en recevant l'Esprit vivifiant, retrouvera la vie. 

12, 3 Car ce n'est pas une chose qui était morte et une autre qui est rendue à la vie, de même que ce n'est pas une chose qui était perdue et une autre qui est retrouvée, mais, cette brebis même qui était perdue, c'est elle que le Seigneur est venu chercher.(Matthieu 18, 11) Qu'est-ce donc qui était mort ? De toute évidence, la substance de la chair, qui avait perdu le souffle de vie et était devenue sans souffle et morte. C'est elle que le Seigneur est venu rendre à la vie, afin que, comme nous mourons tous en Adam parce que psychiques, nous vivions tous dans le Christ parce que spirituels (1 Corinthiens 15, 22), après avoir rejeté, non l'ouvrage modelé par Dieu, mais les convoitises de la chair, et avoir reçu l'Esprit Saint.



mercredi 18 juillet 2012

Saint Irénée (XI) : la chair possédée en héritage par l'Esprit



VÉRITABLE SENS DE LA PHRASE :
« LA CHAIR ET LE SANG NE PEUVENT HÉRITER DU ROYAUME DE DIEU »
(suite 1)

La chair possédée en héritage par l'Esprit
Saint Irénée, Contre les hérésies, livre V, chapitre 9, paragraphe 4
& chapitre 10, paragraphe 2

9, 4 A vrai dire, en effet, la chair n'hérite point, mais est possédée en héritage, selon ce que dit le Seigneur : « Bienheureux les doux, parce qu'ils posséderont la terre en héritage » (Matthieu 5, 5) : ainsi sera donc possédée en héritage, dans le royaume, la terre dont provient la substance de notre chair. C'est pourquoi il veut que le temple soit pur, pour que l'Esprit de Dieu puisse s'y complaire, comme l'époux dans son épouse. De même donc que l'épouse ne peut épouser, mais peut être épousée, quand l'époux vient la prendre, de même la chair comme telle et à elle seule ne peut hériter du royaume de Dieu, mais elle peut être reçue en héritage, dans le royaume, par l'Esprit. Car c'est le vivant qui hérite des biens du mort, et autre chose est hériter, autre chose être possédé en héritage : l'héritier est le maître, il commande, il dispose de son héritage à son gré ; l'héritage, au contraire, est soumis à l'héritier, il lui obéit, il est sous sa domination. Quel est donc le vivant ? L'Esprit de Dieu. Et quels sont les biens du mort ? Les membres de l'homme qui se dissolvent dans la terre. Ce sont eux qui sont reçus en héritage par l'Esprit,  en étant transférés par lui dans le royaume des cieux. C'est d'ailleurs pour cela que le Christ est mort, afin que le Testament de l'Evangile, étant ouvert et lu au monde entier, rende d'abord libres les esclaves du Christ,   puis les  constitue héritiers  de ses  biens,  par là même que l'Esprit les recevrait en héritage, comme nous venons de le montrer : car c'est le vivant qui hérite et c'est la chair qui est possédée en héritage. De peur donc que nous ne perdions la vie en perdant l'Esprit qui nous possède en héritage, et afin de nous exhorter à cette communion de l'Esprit, l'Apôtre dit à bon droit les paroles déjà citées : « La chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu. »(1 Corinthiens 15, 50) C'est comme s'il disait : « Ne vous y trompez pas ! Si le Verbe de Dieu n'habite pas en vous et si l'Esprit du Père ne vient pas  en vous,   et  si vous  menez une vie vaine et quelconque, alors, comme n'étant rien d'autre que chair et sang, vous ne pourrez hériter du royaume de Dieu. »
[…]
10, 2 De même de même l'homme qui est enté par la foi et reçoit l'Esprit de Dieu ne perd pas la substance de sa chair, mais change la qualité de ce fruit que sont ses œuvres et reçoit un autre nom qui signifie sa transformation en mieux, car il n'est plus et ne se voit plus appeler chair et sang, mais homme spirituel. Par contre, si l'olivier sauvage ne reçoit pas la greffe, il demeure sans utilité pour son propriétaire en raison de sa nature sauvage et, en tant qu'arbre stérile, «il est coupé et jeté au feu» (Matthieu 7, 19) : de même l'homme qui ne reçoit pas la greffe de l'Esprit qui s'opère par la foi demeure cela même qu'il était auparavant, à savoir chair et sang, et ne peut en conséquence hériter du royaume de Dieu.

« Vous n'êtes pas dans la chair, mais dans l'Esprit»

C'est donc avec raison que l'Apôtre dit : « La chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu » (1 Corinthiens 15, 50) , et encore : « Ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu » ( Romains 8, 8): par là, il ne rejette pas la substance de la chair, mais il attire l'infusion de l'Esprit — et c'est pourquoi il dit : « II faut que cet élément mortel revête l'immortalité, et que cet élément corruptible revête l'incorruptibilité » ( 1 Corinthiens 15, 53) —. Il dit encore : « Quant à vous, vous n'êtes pas dans la chair, mais dans l'Esprit, s'il est vrai que l'Esprit de Dieu habite en vous. »(Romains 8, 9) Et il montre cela plus clairement encore, en disant : « Le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l'Esprit est vie à cause de la justice. Et si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité le Christ d'entre les morts vivifiera aussi vos corps mortels à cause de son Esprit qui habite en vous. » (Romains  8, 10-11) Il dit encore dans cette même épître aux Romains : « Si, en effet, vous vivez selon la chair, vous mourrez... » (Romains 8, 13) Par là, il n'entendait pas repousser loin d'eux la vie dans la chair — lui-même était dans la chair, lorsqu'il leur écrivait —, mais retrancher les convoitises de la chair, qui donnent la mort à l'homme. Et c'est pourquoi il ajoute : «... mais si, par l'Esprit, vous faites mourir les œuvres de la chair, vous vivrez : car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. »(Romains 8, 13-14)



mardi 29 novembre 2011

la triple barrière



Aux hommes séparés de Dieu par une triple barrière : la nature, le péché et la mort, le Seigneur a accordé de le posséder pleinement et de s’unir à lui immédiatement, du fait qu’il a écarté un par un tout obstacle : celui de la nature par son incarnation ; celui du péché par sa mort ; celui de la mort par sa résurrection. Voilà pourquoi saint Paul écrit : le dernier adversaire qui sera réduit, c’est la mort (1 Corinthiens 13, 12).


Nicolas Cabasilas La Vie en Christ III, 7 (trad. différente dans « Sources chrétiennes » n° 355).






lundi 19 septembre 2011

Aphorismes spirituels (10)

Toute la métaphysique du monde est dans le rythme de mort et de résurrection.