Affichage des articles dont le libellé est chevalerie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est chevalerie. Afficher tous les articles

mercredi 13 mars 2013

L'Essence de la Chevalerie chrétienne





L’essence de la Chevalerie consiste en l’esprit de service du Chevalier et en sa capacité de sacrifice. Il sait qu’il est nécessaire de mettre son intelligence, sa volonté et sa force au service de la justice et de la vérité.

Reconnaissant et acceptant cette nécessité première, le Chevalier s’emploie à éviter qu’en agissant à l’inverse, la force et la valeur deviennent  des instruments au service des intérêts personnels, voire se transforment en moyens de renforcer son propre pouvoir et son propre orgueil au détriment d’autrui.

Par l’humble acceptation de ses limites humaines, le Chevalier réalise la plus grande expression de la créature humaine qui porte en elle la présence de Dieu. En étant conscient de cette limite et en la réalisant dans sa propre vie, il dépasse les limites de la nature humaine.

La Chevalerie est donc une Voie de sanctification moyennant la pratique du combat et des vertus militaires. 

Vu cette qualité spécifique, la Chevalerie prend à juste titre figure d’Ordre.

Elle est définie comme un Ordre parce qu’elle a été instituée directement par Dieu pour défendre l’ordre chrétien, même si, en tant qu’institution historique, elle précède le christianisme.

Elle est un Ordre parce qu’elle possède sa tradition propre  et ses règles propres fondées sur l’Evangile, au moyen desquelles le Miles atteint sa sanctification ; et en outre parce qu’au moyen du rite de l’investiture, la grâce agit sur la personne en en transformant la nature, faisant du Chevalier un combattant du Christ, doté de l’assistance divine nécessaire à l’accomplissement de sa fonction de Miles.

Emprunté à Domenico Errante
21 février 2013

Traduction A Tribus Liliis 

vendredi 20 janvier 2012

Chevalerie & christianisme

Chevalerie & christianisme aux XIIe et XIIIe siècles

sous la direction de Martin Aurell et Catalina Gîrbea
Presses universitaires de Rennes , Rennes, collection Histoire
(Parution : décembre 2011)
20,90 € à la Procure


[Quatrième de couverture]
Chevalerie et christianisme

La chevalerie présente deux acceptions, l'une sociale et l'autre idéologique. D'une part, le groupe aristocratique des combattants à cheval, et d'autre part les valeurs qui lui imposent des comportements spécifiques. Devons-nous la mêler inextricablement au christianisme ? Les penseurs des XIIe et XIIIe siècles justifient la prépondérance sociale des chevaliers par le péché d'Adam et la rupture de l'harmonie originelle qu'il entraîne. Ils considèrent que les miles - « élu parmi mille », selon l'étymologie d'Isidore de Séville - ont pour vocation divine de défendre le faible et de faire régner la justice, instaurant par les armes la paix. Cette théologie politique marque l'évolution de l'adoubement, qui emprunte alors à l'onction royale et aux sacrements chrétiens bien des éléments de son rituel. En recevant l'épée, dûment bénie, et la collée, le nouveau chevalier intègre un ordre, tout comme le clerc est ordonné. La prédication lui rappelle les devoirs spécifiques de l'état qu'il vient d'adopter, en particulier de mitiger sa violence et d'exercer sa puissance avec droiture et modération. Elle l'encourage à partir en croisade pour défendre la Chrétienté.

Jusqu'aux années 1990, dans leurs analyses sur la chevalerie, les historiens ont repris la trame du discours normatif des clercs, que nous venons brièvement de présenter. Ils ont tenu pour vraisemblable l'influence extérieure de l'Église dans la mitigation de la violence nobiliaire, grâce à l'influence sur le code chevaleresque de la Paix de Dieu et plus largement du message évangélique. Depuis les vingt dernières années, d'autres spécialistes remettent en cause ce modèle, remarquant la nature idéale des discours des clercs médiévaux sur la chevalerie, qu'il conviendrait de déconstruire. Ils adoptent l'anthropologie culturelle pour méthode afin de conclure que, tout au long du Moyen Âge et de façon endogène, la société guerrière produit ses propres codes de conduite pour épargner les vies de ses membres dans les combats, pour augmenter son honneur et pour affirmer sa domination sur la paysannerie. Toute superficielle, la religiosité des chevaliers ne serait donc pour rien dans l'autocontrôle de leur violence. Le débat apparaît en toile de fond du présent ouvrage, où les meilleurs spécialistes de la question se penchent sur les rapports complexes et paradoxaux entre le christianisme et les guerriers nobiliaires. Ils analysent ainsi autant la piété chevaleresque que la part de l'Église dans la guerre menée par l'aristocratie au cours d'une période charnière, où les normes, mentalités et conduites connaissent de profonds bouleversements.

Je n'ai pas encore lu l'ouvrage que je présente ici, mais la matière est trop importante pour retarder le moment de le signaler.

Je formulerai mon avis en son temps. Toutefois si un de mes lecteurs me devance, j'en serai heureux !