Chevalerie & christianisme aux XIIe et XIIIe siècles
sous la direction de Martin Aurell et Catalina Gîrbea
Presses universitaires de Rennes , Rennes, collection Histoire
(Parution : décembre 2011)
20,90 € à la Procure
[Quatrième de couverture]
Chevalerie et christianisme
La chevalerie présente deux acceptions, l'une sociale et l'autre idéologique. D'une part, le groupe aristocratique des combattants à cheval, et d'autre part les valeurs qui lui imposent des comportements spécifiques. Devons-nous la mêler inextricablement au christianisme ? Les penseurs des XIIe et XIIIe siècles justifient la prépondérance sociale des chevaliers par le péché d'Adam et la rupture de l'harmonie originelle qu'il entraîne. Ils considèrent que les miles - « élu parmi mille », selon l'étymologie d'Isidore de Séville - ont pour vocation divine de défendre le faible et de faire régner la justice, instaurant par les armes la paix. Cette théologie politique marque l'évolution de l'adoubement, qui emprunte alors à l'onction royale et aux sacrements chrétiens bien des éléments de son rituel. En recevant l'épée, dûment bénie, et la collée, le nouveau chevalier intègre un ordre, tout comme le clerc est ordonné. La prédication lui rappelle les devoirs spécifiques de l'état qu'il vient d'adopter, en particulier de mitiger sa violence et d'exercer sa puissance avec droiture et modération. Elle l'encourage à partir en croisade pour défendre la Chrétienté.
Jusqu'aux années 1990, dans leurs analyses sur la chevalerie, les historiens ont repris la trame du discours normatif des clercs, que nous venons brièvement de présenter. Ils ont tenu pour vraisemblable l'influence extérieure de l'Église dans la mitigation de la violence nobiliaire, grâce à l'influence sur le code chevaleresque de la Paix de Dieu et plus largement du message évangélique. Depuis les vingt dernières années, d'autres spécialistes remettent en cause ce modèle, remarquant la nature idéale des discours des clercs médiévaux sur la chevalerie, qu'il conviendrait de déconstruire. Ils adoptent l'anthropologie culturelle pour méthode afin de conclure que, tout au long du Moyen Âge et de façon endogène, la société guerrière produit ses propres codes de conduite pour épargner les vies de ses membres dans les combats, pour augmenter son honneur et pour affirmer sa domination sur la paysannerie. Toute superficielle, la religiosité des chevaliers ne serait donc pour rien dans l'autocontrôle de leur violence. Le débat apparaît en toile de fond du présent ouvrage, où les meilleurs spécialistes de la question se penchent sur les rapports complexes et paradoxaux entre le christianisme et les guerriers nobiliaires. Ils analysent ainsi autant la piété chevaleresque que la part de l'Église dans la guerre menée par l'aristocratie au cours d'une période charnière, où les normes, mentalités et conduites connaissent de profonds bouleversements.
Je n'ai pas encore lu l'ouvrage que je présente ici, mais la matière est trop importante pour retarder le moment de le signaler.
Je formulerai mon avis en son temps. Toutefois si un de mes lecteurs me devance, j'en serai heureux !
Longtemps, l'Orthodoxie a parlé à l'Occident en langages importés. Désormais, ce sont les langues maternelles occidentales qui "parlent orthodoxe". C'est un de ces parlers qu'on fera entendre ici, en souhaitant que ces paroles deviennent "verbe".Il faut verber, disait le Philosophe Inconnu. Pas d'équivoque ! Ces paroles sont miennes exclusivement, et n'engagent que moi : aucune Eglise, aucun organisme initiatique.
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vendredi 20 janvier 2012
mardi 26 avril 2011
CHRIST EST RESSUSCITE !
Christ est ressuscité !
Oui, il est ressuscité, vraiment !
De même qu'il est né, véritablement, dans notre humanité soumise à la mort, de même il est ressuscité, véritablement, dans notre humanité libérée de la mort.
Contemplons ce double mystère :
La naissance dans le temps, du sein de la Vierge, du Fils pré-éternel engendré avant tous les temps par le Père sans commencement, « l'Ancien des jours » (comme dit l'Ecriture), a été un événement capital, unique, qui a totalement changé le cours de l'Histoire en lui donnant un sens nouveau : l'Histoire de la chute est devenue l'Histoire du salut.
La chute d'Adam, de l'Homme premier – chute volontaire, même si elle n'était pas entièrement consciente, car la conscience de l'homme n'était pas complètement éveillée, c'était en quelque sorte celle d'un enfant, disent les Pères, qui parlent de l'enfantillage du péché – cette chute avait précipité la race humaine dans la prison du péché et de la mort. Et le temps était devenu en quelque sorte la muraille infranchissable de cette prison dans laquelle l'homme tournait en rond, entraîné par la roue de la destinée, courbé sous le joug de la fatalité de la destruction inexorable, sous ses deux aspects de la mort corporelle et de la mort spirituelle, c'est-à-dire le péché.
L'incarnation du Verbe a fait éclater cette roue, elle a renversé cette muraille. Comme l'écrit notre Père saint Irénée :
« Afin de nous procurer la vie, le Verbe de Dieu se fit chair selon l'économie de la Vierge afin de détruire la mort et de vivifier l'homme : car c'est dans la prison du péché que nous nous trouvions, pour avoir cédé au péché et être tombé ainsi sous le pouvoir de la mort. Riche en miséricorde, Dieu le Père nous envoya donc son Verbe industrieux. Celui-ci, venant pour nous sauver, descendit jusque dans les endroits et les lieux mêmes où nous nous trouvions, et il brisa de la sorte les chaînes de notre prison ».
Le Verbe descend « dans les endroits et les lieux mêmes où nous nous trouvons » : cela veut dire qu'il endosse notre humanité pécheresse, tombée sous la loi du péché ; qu'il endosse notre « corps de mort », comme dit l'apôtre Paul, c'est-à-dire condamné à la mort et porteur de mort. Comme nous le disons à chaque liturgie dans le Canon eucharistique : « il est descendu des cieux, a pris la forme d'esclave (esclaves du péché et de la mort, c'est ce que nous sommes), acceptant de plein gré de souffrir pour libérer son œuvre et la reformer à l'image de sa gloire ».
Oui, il a pris sur lui toutes les souffrances du monde : souffrances physiques, morales et spirituelles ; c'est ce que nous avons récapitulé tout au long de la Semaine sainte.
Lui, le Juste, l'Immaculé, il a pris, et il prend, sur lui tous nos péchés, tous nos crimes, tous ceux de tous les pécheurs de tous les temps passés, présents et à venir.
Lui, l'Innocent, il se soumet aux insultes, aux humiliations, aux tortures, celles de toutes les victimes de tous les temps : et c'est la comparution devant Pilate, la flagellation, le couronnement d'épines, le chemin de croix...
Lui, l'Immortel, il se soumet à la mort sur le gibet dans les agonies de tous les condamnés, innocents ou coupables, de tous les temps.
Sur la croix, il expérimente l'abandon de tous : ses disciples ont fui, seule sa Mère reste, avec quelques femmes (et aussi Jean) à l'écart.
Et cet abandon va jusqu'à une limite inconcevable : l'abandon de Dieu ! D'où ce cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ! » Lui, Dieu, abandonné par Dieu ! Quel abîme de mystère ! En quelque sorte, il accepte l'occultation de sa propre divinité afin de descendre au fond du désespoir humain.
Or, de sa part, pas un cri de refus, de révolte... Seulement acceptation totale, abandon à la volonté du Père, et pardon.
Et don, également. Car il nous lègue, en la personne de Jean, qui nous représente tous (car nous sommes tous le disciple bien aimé), ce qu'il a de plus cher : sa Mère. Et il nous lègue , en la personne de sa Mère, cette humanité qu'il a reçue d'elle, qui est la nôtre, qu'il a sanctifiée et qu'il va glorifier.
Car voici : événement foudroyant ! « il brise les chaînes de la mort et sort victorieux des enfers ténébreux » : il ressuscite par sa propre puissance, non pas Dieu seulement, mais Dieu et homme.
Il est né, comme nous, homme mortel ; il nous fait,comme lui, hommes immortels.
Il nous ressuscite personnellement aussi avec lui, « lui, Adam nouveau, père d'une nouvelle humanité, Premier-né d'entre les morts », et cela parce que nous sommes un avec lui comme lui est un avec son Père.
Et où et comment sommes-nous un avec lui ? Où ? Dans l'Eglise, qui est son corps et dont il est la tête. Comment ? Par les mystères que l'Eglise célèbre et pour lesquels elle a été instituée.
Oui, l'Eglise est porteuse de la Résurrection. Non seulement elle l'annonce, elle en témoigne, elle la proclame à la face du monde, mais plus encore : elle actualise, elle rend présente, effective et réelle cette résurrection du Christ et de nous tous, dans la célébration du mystère eucharistique et en particulier chaque dimanche, « jour du Seigneur », qui est à chaque fois la Pâque renouvelée.
Soyons conscients de cela : dans le mystère eucharistique, si nous le vivons dans la plénitude de la foi, nous accomplissons notre propre résurrection en même temps que celle du Christ, dans celle du Christ ; nous sommes libérés de la prison du péché et de la mort, nous sommes sauvés !
En tant que nous sommes dans le monde, nous sommes assujettis au péché et à la mort ; mais en tant que nous ne sommes plus du monde, nous ne sommes plus esclaves du péché ni de la mort. Nous pouvons les dominer avec et dans le Christ. Nous sommes pécheurs, mais justifiés, nous sommes mortels, mais immortels : féconde antinomie... si nous savons tenir ensemble ces deux bouts de la chaîne.
Pour nous, chrétiens, nous qui sommes du Christ, nous qui sommes le Christ (c'est le sens du mot « chrétien »), la Résurrection est le seul motif de notre vie. Sans la Résurrection, comme dit l'apôtre Paul, « vaine est notre foi, vaine est notre prédication, et nous sommes de faux témoins devant la Face de Dieu ». Mais si la Résurrection est le motif de notre vie, il faut la vivre concrètement et effectivement chaque jour. Chaque jour nous devons vivre concurremment et notre mort et notre résurrection : pas l'une sans l'autre, les deux ensemble.
Vivre la Résurrection et vivre en Christ sont deux choses rigoureusement synonymes. Le Christ n'a-t-il pas proclamé : je suis la Résurrection et la Vie ?
Notre seule occupation doit donc être de faire croître en nous le Christ ressuscité.
Comment y parvenir ? Il y a maintes méthodes, mais deux sont parfaitement éprouvées, que le Christ lui-même a enseignées par la parole et par l'exemple : le don et le pardon.
Le don de soi : « il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » - étant entendu que, selon l'enseignement du Christ, nos ennemis sont aussi nos amis. Le don de soi ne requiert pas de grands actes héroïques, ce peut être simplement donner du temps, de l'attention, de l'écoute, du respect, de la bienveillance, un sourire : comme on peut, chacun à sa mesure, mais avec constance, pas par éclipses.
Le pardon : c'est le moyen le plus sûr de nous rendre conformes au Christ. « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » : telle est la prière de notre Seigneur au moment même où on le crucifie, telle sera aussi la prière de saint Etienne, le protomartyr, le premier martyr. Le pardon est libérateur : c'est un moyen efficace de nous libérer de la loi du péché, qui est la loi de la haine.
Les deux ensemble, don et pardon, peuvent se dire autrement : charité et amour.
« Là où est la charité et l'amour, là est Dieu. C'est l'amour du Christ qui nous rassemble et nous unit [...] Et qu'au milieu de nous demeure le Christ notre Dieu » : voilà ce que nous chantons le Jeudi saint. Et à Pâques : « C'est la joie de la résurrection ; pardonnons tout à cause de la résurrection ! » Le pardon prolonge pour nous et en nous la réalité de la résurrection.
Laissons-nous inonder et transporter de joie devant la beauté du Christ ressuscité, le plus beau des fils de l'Homme, notre Beau Dieu.
Et ensuite partageons cette joie avec la terre entière. Annonçons-la à toute la création : aux hommes, aux animaux, aux arbres, aux plantes, aux pierres du chemin, aux rivières et aux océans, en clamant, le cœur empli d'allégresse et d'action de grâce :
Christ est ressuscité !
Oui, il est ressuscité, vraiment !
De même qu'il est né, véritablement, dans notre humanité soumise à la mort, de même il est ressuscité, véritablement, dans notre humanité libérée de la mort.
Contemplons ce double mystère :
La naissance dans le temps, du sein de la Vierge, du Fils pré-éternel engendré avant tous les temps par le Père sans commencement, « l'Ancien des jours » (comme dit l'Ecriture), a été un événement capital, unique, qui a totalement changé le cours de l'Histoire en lui donnant un sens nouveau : l'Histoire de la chute est devenue l'Histoire du salut.
La chute d'Adam, de l'Homme premier – chute volontaire, même si elle n'était pas entièrement consciente, car la conscience de l'homme n'était pas complètement éveillée, c'était en quelque sorte celle d'un enfant, disent les Pères, qui parlent de l'enfantillage du péché – cette chute avait précipité la race humaine dans la prison du péché et de la mort. Et le temps était devenu en quelque sorte la muraille infranchissable de cette prison dans laquelle l'homme tournait en rond, entraîné par la roue de la destinée, courbé sous le joug de la fatalité de la destruction inexorable, sous ses deux aspects de la mort corporelle et de la mort spirituelle, c'est-à-dire le péché.
L'incarnation du Verbe a fait éclater cette roue, elle a renversé cette muraille. Comme l'écrit notre Père saint Irénée :
« Afin de nous procurer la vie, le Verbe de Dieu se fit chair selon l'économie de la Vierge afin de détruire la mort et de vivifier l'homme : car c'est dans la prison du péché que nous nous trouvions, pour avoir cédé au péché et être tombé ainsi sous le pouvoir de la mort. Riche en miséricorde, Dieu le Père nous envoya donc son Verbe industrieux. Celui-ci, venant pour nous sauver, descendit jusque dans les endroits et les lieux mêmes où nous nous trouvions, et il brisa de la sorte les chaînes de notre prison ».
Le Verbe descend « dans les endroits et les lieux mêmes où nous nous trouvons » : cela veut dire qu'il endosse notre humanité pécheresse, tombée sous la loi du péché ; qu'il endosse notre « corps de mort », comme dit l'apôtre Paul, c'est-à-dire condamné à la mort et porteur de mort. Comme nous le disons à chaque liturgie dans le Canon eucharistique : « il est descendu des cieux, a pris la forme d'esclave (esclaves du péché et de la mort, c'est ce que nous sommes), acceptant de plein gré de souffrir pour libérer son œuvre et la reformer à l'image de sa gloire ».
Oui, il a pris sur lui toutes les souffrances du monde : souffrances physiques, morales et spirituelles ; c'est ce que nous avons récapitulé tout au long de la Semaine sainte.
Lui, le Juste, l'Immaculé, il a pris, et il prend, sur lui tous nos péchés, tous nos crimes, tous ceux de tous les pécheurs de tous les temps passés, présents et à venir.
Lui, l'Innocent, il se soumet aux insultes, aux humiliations, aux tortures, celles de toutes les victimes de tous les temps : et c'est la comparution devant Pilate, la flagellation, le couronnement d'épines, le chemin de croix...
Lui, l'Immortel, il se soumet à la mort sur le gibet dans les agonies de tous les condamnés, innocents ou coupables, de tous les temps.
Sur la croix, il expérimente l'abandon de tous : ses disciples ont fui, seule sa Mère reste, avec quelques femmes (et aussi Jean) à l'écart.
Et cet abandon va jusqu'à une limite inconcevable : l'abandon de Dieu ! D'où ce cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ! » Lui, Dieu, abandonné par Dieu ! Quel abîme de mystère ! En quelque sorte, il accepte l'occultation de sa propre divinité afin de descendre au fond du désespoir humain.
Or, de sa part, pas un cri de refus, de révolte... Seulement acceptation totale, abandon à la volonté du Père, et pardon.
Et don, également. Car il nous lègue, en la personne de Jean, qui nous représente tous (car nous sommes tous le disciple bien aimé), ce qu'il a de plus cher : sa Mère. Et il nous lègue , en la personne de sa Mère, cette humanité qu'il a reçue d'elle, qui est la nôtre, qu'il a sanctifiée et qu'il va glorifier.
Car voici : événement foudroyant ! « il brise les chaînes de la mort et sort victorieux des enfers ténébreux » : il ressuscite par sa propre puissance, non pas Dieu seulement, mais Dieu et homme.
Il est né, comme nous, homme mortel ; il nous fait,comme lui, hommes immortels.
Il nous ressuscite personnellement aussi avec lui, « lui, Adam nouveau, père d'une nouvelle humanité, Premier-né d'entre les morts », et cela parce que nous sommes un avec lui comme lui est un avec son Père.
Et où et comment sommes-nous un avec lui ? Où ? Dans l'Eglise, qui est son corps et dont il est la tête. Comment ? Par les mystères que l'Eglise célèbre et pour lesquels elle a été instituée.
Oui, l'Eglise est porteuse de la Résurrection. Non seulement elle l'annonce, elle en témoigne, elle la proclame à la face du monde, mais plus encore : elle actualise, elle rend présente, effective et réelle cette résurrection du Christ et de nous tous, dans la célébration du mystère eucharistique et en particulier chaque dimanche, « jour du Seigneur », qui est à chaque fois la Pâque renouvelée.
Soyons conscients de cela : dans le mystère eucharistique, si nous le vivons dans la plénitude de la foi, nous accomplissons notre propre résurrection en même temps que celle du Christ, dans celle du Christ ; nous sommes libérés de la prison du péché et de la mort, nous sommes sauvés !
En tant que nous sommes dans le monde, nous sommes assujettis au péché et à la mort ; mais en tant que nous ne sommes plus du monde, nous ne sommes plus esclaves du péché ni de la mort. Nous pouvons les dominer avec et dans le Christ. Nous sommes pécheurs, mais justifiés, nous sommes mortels, mais immortels : féconde antinomie... si nous savons tenir ensemble ces deux bouts de la chaîne.
Pour nous, chrétiens, nous qui sommes du Christ, nous qui sommes le Christ (c'est le sens du mot « chrétien »), la Résurrection est le seul motif de notre vie. Sans la Résurrection, comme dit l'apôtre Paul, « vaine est notre foi, vaine est notre prédication, et nous sommes de faux témoins devant la Face de Dieu ». Mais si la Résurrection est le motif de notre vie, il faut la vivre concrètement et effectivement chaque jour. Chaque jour nous devons vivre concurremment et notre mort et notre résurrection : pas l'une sans l'autre, les deux ensemble.
Vivre la Résurrection et vivre en Christ sont deux choses rigoureusement synonymes. Le Christ n'a-t-il pas proclamé : je suis la Résurrection et la Vie ?
Notre seule occupation doit donc être de faire croître en nous le Christ ressuscité.
Comment y parvenir ? Il y a maintes méthodes, mais deux sont parfaitement éprouvées, que le Christ lui-même a enseignées par la parole et par l'exemple : le don et le pardon.
Le don de soi : « il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » - étant entendu que, selon l'enseignement du Christ, nos ennemis sont aussi nos amis. Le don de soi ne requiert pas de grands actes héroïques, ce peut être simplement donner du temps, de l'attention, de l'écoute, du respect, de la bienveillance, un sourire : comme on peut, chacun à sa mesure, mais avec constance, pas par éclipses.
Le pardon : c'est le moyen le plus sûr de nous rendre conformes au Christ. « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » : telle est la prière de notre Seigneur au moment même où on le crucifie, telle sera aussi la prière de saint Etienne, le protomartyr, le premier martyr. Le pardon est libérateur : c'est un moyen efficace de nous libérer de la loi du péché, qui est la loi de la haine.
Les deux ensemble, don et pardon, peuvent se dire autrement : charité et amour.
« Là où est la charité et l'amour, là est Dieu. C'est l'amour du Christ qui nous rassemble et nous unit [...] Et qu'au milieu de nous demeure le Christ notre Dieu » : voilà ce que nous chantons le Jeudi saint. Et à Pâques : « C'est la joie de la résurrection ; pardonnons tout à cause de la résurrection ! » Le pardon prolonge pour nous et en nous la réalité de la résurrection.
Laissons-nous inonder et transporter de joie devant la beauté du Christ ressuscité, le plus beau des fils de l'Homme, notre Beau Dieu.
Et ensuite partageons cette joie avec la terre entière. Annonçons-la à toute la création : aux hommes, aux animaux, aux arbres, aux plantes, aux pierres du chemin, aux rivières et aux océans, en clamant, le cœur empli d'allégresse et d'action de grâce :
Christ est ressuscité !
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