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lundi 25 juin 2012

Mémoire des nouveaux martyrs de la foi orthodoxe



Actuellement en Russie un mouvement est apparu pour renseigner les gens là-bas sur les labeurs ascétiques de leurs frères dans la foi. Il est intitulé "De la Nativité à la Résurrection", et comprend des représentants des Eglises orthodoxes et des organisations de Grèce, Chypre,  Russie, et de la diaspora grecque du Kazakhstan - lieux où la mémoire de ceux qui ont souffert pour leur foi sous la domination ottomane est maintenue vivace. Un des organisateurs de ce forum culturel, Pavel Illarionov, nous parle des leçons que nous pouvons apprendre de l'histoire d'une persécution de masse relativement récente des chrétiens.

Pavel Ilarionov

Pourquoi les représentants des Eglises de  la Fédération de Russie, de Constantinople, de Chypre, de Grèce se rassemblent-ils? Quels sont les événements qu'ils se remémorent?

-Il est bien connu que dans l'histoire des peuples balkaniques, les nombreux siècles de la domination ottomane sont d'une importance particulière. Cette période historique a commencé après la chute de Constantinople en 1453. La persécution des chrétiens dans l'Empire ottoman a continué jusques au XXe siècle. Beaucoup de gens sont aussi morts en martyrs dans les années 1920, pendant le temps du génocide du Pont, lorsque les Grecs de la région côtière de la mer Noire de la Turquie ont été transférés en masse vers des territoires de l'ancien Empire russe. Ce qu'ils eurent à subir est également quelque peu familier à notre  peuple (de Russie), qui a également été soumis au XXe siècle à une longue période de persécution contre les chrétiens.

Ces dernières années, les nouveaux martyrs de Russie ont accédé à la vénération en Grèce et à Chypre, et avant la révolution communiste, les Russes ont honoré la mémoire de ces courageux peuples orthodoxes qui ont souffert sous la domination turque. L'Eglise russe vénère les saints grecs, serbes, bulgares qui sont morts pour leur foi. Cette commémoration, a même déterminé dans une large mesure la politique orientale de l'Empire russe.

Maintenant, nous revivons cette commémoration, les initiateurs de ce renouveau sont les descendants de ces Grecs déplacés qui vivent actuellement dans les pays de l'ex-URSS. Il s'agit d'une continuation de la communion spirituelle entre nos deux pays orthodoxes.

Par ailleurs, nos compatriotes d'origine grecque ont également eu à endurer la persécution dans notre pays pendant l'ère stalinienne, ils ont également été massivement déplacés vers le Kazakhstan. Il y a encore de nombreuses communautés grecques là-bas, pour qui ce thème est très important.

Où le thème "De la Nativité à la Résurrection" aura-t-il lieu, et quels événements comprendra-t-il?

-Les événements auront lieu tout au long de l'année 2012. Ils commencent à Moscou et se poursuivront à Rostov-sur-le-Don, Alma-Ata, puis au Mont Athos.

À l'Agence d'informations RIA Novosti le 23 Janvier, il y aura une table ronde; les participants comprendrnt des moines du Mont Athos, des prêtres russes, et des organismes communautaires orthodoxes.

Leur principal objectif est de parvenir à une relance digne de la mémoire historique. Ils demanderont le soutien de Sa Sainteté Kirill, Patriarche de Moscou et de Toutes les Russies.

Le 25 Janvier il y aura une cérémonie solennelle à l'issue des conférences de la Nativité du XXe internationales dans la salle de réunion de la cathédrale du Christ Sauveur, qui comprendra un concert commémoratif intitulé "confesseurs de l'orthodoxie après la chute de l'Empire", avec la participation des meilleurs artistes et musiciens grecs et russes. L'organisateur de cet événement est le chef Constantin Haralampidis. Les participants aux conférences de la Nativité des différents diocèses sont les bienvenus pour assister au concert, tout comme d'autres qui souhaiteraient venir.


Nouveaux Martyrs du joug turc.

Quels saints sont représentés sur cette icône?

-Cette icône est la première d'une série qui est en cours de création sur le Mont Athos. Le travail est actuellement en cours pour créer une nouvelle iconographie de la Synaxe de tous les Saints Nouveaux Martyrs et Confesseurs de Grèce, d'Asie Mineure, du Pont, et de Chypre. Elle est basée sur l'icône des Nouveaux Martyrs de Russie. Il n'y a pas d'icône similaire en Grèce-différents Nouveaux Martyrs ont été vénérés dans différentes régions, mais maintenant le temps est venu d'unir la recherche hagiographique complétée par les Eglises de Constantinople, de Grèce et de Chypre dans leurs différents diocèses. Dans le cadre de ces événements, nous allons distribuer des copies de cette icône, une fois qu'elle sera terminée, dans tous les coins du monde orthodoxe, ceci comprendra les églises russes.

La vénération des nouveaux martyrs de Russie et de Grèce peut-elle être comparée?

-La signification des labeurs ascétiques et des prouesses de leurs propres compatriotes a toujours été très importante pour l'identité nationale du peuple grec. Cependant, elle unit non seulement les Grecs, mais aussi le peuple russe et le peuple grec sur leur trajectoire historique. C'est la lutte pour la foi et le dépassement de la peur de la mort qui est devenue la base d'un renouveau spirituel dans les deux pays.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
English Edition

J'ai un peu hésité à ajouter des commentaires à cette information qui me paraissait devoir s'en passer.  Si pourtant je l'ai fait, c'est parce qu'en ces temps d'islamophilie dominante, il est de bon ton de prêcher la coexistence pacifique avec un Islam qui n'en demande pas tant et n'en a jamais demandé tant : l'histoire le démontre.
Je ne méprise pas l'Islam, c'est une religion exigeante si du moins on la pratique intégralement, ce qui est loin d'être le cas des dirigeants de nombreux pays où les autres religions sont interdites et leurs fidèles pourchassés - je n'ai pas besoin de citer de noms. Mais justement, en tant que religion exigeante et qui se considère comme la seule religion vraie, elle ne peut considérer pareille coexistence qu'à titre transitoire en attendant la conversion du monde.
Je citerai de nouveau cette phrase d'un mufti à un évêque (orthodoxe, mais il aurait pu être catholique romain) : "Vous êtes nos seuls ennemis, car vous et nous nous avons une visée universelle. Ne soyons donc pas naïfs.
J'ajoute que si l'Islam, par son culte d'un Dieu absolument transcendant et sans "associés" est un excellent antidote contre les dévotions idolâtriques, il ignore entièrement la miséricorde et la charité. Allah est qualifié de "très clément" mais il l'est uniquement pour les fidèles "soumis", c'est-à-dire musulmans, et n'éprouve aucune miséricorde envers les pécheurs et les infidèles. "Dieu est amour" est une phrase incompréhensible pour un musulman.
(On m'objectera sans doute les soufis, mais chacun sait qu'ils sont très mal vus par les musulmans orthodoxes et instruits, en particulier les ouléma.)


mercredi 29 février 2012

Le Dimanche de l’Orthodoxie

 
Dans les Eglises orthodoxes qui, dans leur immense majorité, suivent pour la date de Pâques le calendrier julien, le « Dimanche de l’Orthodoxie », qui coïncide avec le premier dimanche de carême, va être célébré dimanche prochain. L’infime minorité d’entre elles qui suivent le calendrier grégorien (l’Eglise orthodoxe de Finlande, l’Eglise orthodoxe de France…) l’ont célébré le dimanche passé. Quelle que soit la date, la célébration est la même.
 
Qu’est-ce que ce dimanche a de particulier ? on y célèbre le « triomphe de l’Orthodoxie ». Qu’est-ce à dire ?
 
Cette fête est étroitement liée à l’iconoclasme. Cette doctrine condamnait les icônes comme objets de cultes idolâtres à l’instar des représentations des divinités païennes et en prescrivait la destruction. Pareille doctrine était tributaire, des études l’ont prouvé, d’une part du judaïsme, toujours présent dans l’empire byzantin, et d’autre part de l’islam, de plus en plus présent aux frontières du même empire, et qui renouvela avec force l’interdiction des images figurées déjà présente dans la Thora.
 
Pour des raisons trop longues à expliquer ici, cette doctrine devint la doctrine officielle de l’empire de 717 à 843, avec un répit de 780 à 813. Tous les empereurs de ces deux périodes iconoclastes déclenchèrent contre les « iconodoules », partisans de la vénération des icônes, qualifiés d’ « iconolâtres » des persécutions qui ne le cédèrent en rien aux persécutions des empereurs païens, avec destruction des icônes et de lieux de cultes, tortures et mise à mort de ceux, en particulier des moines, qui s’y opposaient.
 
Ce fut grâce à deux impératrices que la piété orthodoxe l’emporta. La première fut l’impératrice Irène qui, devenue régente, réunit à Nicée le septième et dernier concile œcuménique, dit Nicée II, en 780. Ce concile décréta l’iconoclasme comme hérésie, anathématisa ses sectateurs, ordonna la destruction des écrits iconoclastes et rétablit solennellement le culte des icônes.

A partir de 813 se succédèrent jusqu’en 843 une nouvelle série d’empereurs qui rétablirent l’iconoclasme comme doctrine officielle, sans cependant à se livrer à autant de persécutions physiques, tant la situation de l’empire face aux armées musulmanes était critique. Ce fut cette fois l’impératrice Théodora qui, devenue à son tour régente, réunit un synode qui révoqua les rescrits impériaux antérieurs et rétablit les canons du 2e concile de Nicée. Ce fut la fin à la fois officielle et réelle de l’iconoclasme. Décision fut alors prise de célébrer le concile de Nicée II par la grande fête du « triomphe de l’Orthodoxie ».

Pourquoi « triomphe de l’Orthodoxie » ? Parce que, théologiquement, les icônes ne sont pas des images pieuses ou religieuses. Elles sont des témoignages tangibles à la fois de l’incarnation de Dieu et de la déification de l’homme. Elles montrent Dieu fait homme selon des formes terrestres, figurées par des lignes, courbes et couleurs, et des hommes transfigurés, « déifiés » - les saints – dont les formes terrestres sont transfigurées par la gloire divine. Elles représentent donc un autre monde, le monde à venir – d’où le refus des caractéristiques du monde présent : ombres, perspective, etc. L’acte de peindre ou, selon l’expression traditionnelle, « d’écrire » une icône, est un acte liturgique qui requiert prières et ascèse préalables.

La production et la vénération – non l’adoration – d’une icône sont des actions théologiques qui donnent accès au monde transfiguré où l’image de Dieu en l’homme a recouvré la ressemblance.
 
C’est pourquoi, en cette fête, on décroche toutes les icônes de l’église que le clergé présente au peuple tandis qu’est proclamé le « symbole de saint Athanase », qui résume la totalité et l’intégrité de la foi orthodoxe. Puis à la fin de la liturgie il est fait mémoire des « défenseurs de la foi des sept conciles œcuméniques », et des « Pères parmi les saints » saint Athanase le Grand, saint Basile le Grand, saint Cyrille d’Alexandrie, saint Léon le Grand, l’empereur Justinien, saint Maxime le Confesseur et saint Jean Damascène. Ensuite sont souhaitées « beaucoup d’années » à tous les patriarches et primats actuels des Eglises orthodoxes de par le monde.