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vendredi 6 janvier 2012

Prier sans cesse, par saint Théophane le Reclus

(Suite et fin du précédent message.

 

Il reste le troisième point de la définition de saint Théophane : rendre grâce c’est se tenir devant Dieu sans cesse jour et nuit jusqu’à la fin de la vie. Priez sans cesse, insiste saint Paul (1 Th 5, 17). La prière et l’action de grâce ne devraient pas être seulement une activité parmi d’autres, mais l’activité de toute notre existence. Tout ce que nous faisons se fait sous le regard de Dieu : se tenir devant Dieu ne devrait pas être une attitude limitée à des moments et des lieux spécifiques, à des occasions où nous " disons nos prières " à la maison ou quand nous " allons à l’église ", mais devrait être une attitude globale, étreignant tout et à tout moment. Nous devrions chercher à faire de tout notre être un acte continuel d’action de grâce, une doxologie ininterrompue.

Rien ne devrait être écarté parce qu’irrémédiablement séculier, parce qu’incapable d’être transformé en action de grâce. Un chrétien, comme l’observe très justement père Alexandre Schmemann, est celui qui, où qu’il regarde, trouve le Christ et se réjouit en lui. Dans les mots d’une ancienne " Parole de Jésus ", il est dit :
Fendez le bois, je suis là.
Soulevez la pierre,
vous me trouverez là.

La prière et l’action de grâce continuent alors " sans cesse jour et nuit " dans le sens qu’elles font partie de notre être ; elles ne sont plus quelque chose que nous faisons, disons ou pensons, mais quelque chose que nous sommes. Souvenez-vous de Dieu plus souvent que vous respirez, dit saint Grégoire de Naziance. La prière nous est plus essentielle, est une part plus intégrante de nous-mêmes que le rythme de notre respiration ou le battement de notre cœur. Nous avons été créés pour prier. La prière est notre véritable nature, et tout peut être changé en prière. Dans cette immense cathédrale qu’est l’univers de Dieu, écrit Paul Evdokimov, chaque personne, qu’elle soit travailleur intellectuel ou manuel, est appelée à agir en tant que prêtre de sa vie tout entière, à prendre tout ce qui est humain et à le retourner en une offrande et un hymne de gloire. Et ailleurs, le même auteur remarque : Dans les catacombes, le dessin le plus fréquent est celui d’une femme en prière, l’Orante ; elle représente la seule attitude juste de l’âme humaine. Il n ‘est pas suffisant de dire des prières : nous devons devenir, être, prière, prière incarnée. Il n’est pas suffisant d’avoir des moments de prière. Toute notre vie, chaque acte, chaque geste, même le sourire d’un visage humain, doit devenir un hymne d’adoration, une offrande, une prière. Nous devons offrir non pas ce que nous avons mais ce que nous sommes.


Mais... sur la prière, on pourrait citer des tonnes de documents. Mais ce qui seul importe, c'est l'expérience, la pratique - en toute conscience ! Le christianisme inconscient, cela n'existe pas !

jeudi 5 janvier 2012

La prière, selon saint Théophane le Reclus

J'ai trouvé dans la revue "Le Chemin" (n° 54, 2002) publiée par la communauté Saint Thiébault à Gorze (Moselle)  [ www.centre-bethanie.org/] une conférence remarquable de l'évêque Kallistos (Timothy) Ware intitulée "Symbolique et beauté dans la prière". Elle est trop longue pour être reproduite ici intégralement, ce qui est bien dommage, mais j'en ai extrait quelques passages parmi les plus significatifs.

Comme je suppose que le nom de saint Théophane le Reclus est ignoré de bon nombre de mes lecteurs (même orthodoxes, hélas !), quelques mots sur ce grand spirituel :

Saint Théophane le Reclus est surtout connu pour ses ouvrages de vie spirituelle. Il naquit le 10 janvier 1815 dans le village de Chernavsk, d'un père prêtre; Après avoir étudié dans les séminaires de plusieurs grandes villes, dont Kiev, il fut tonsuré moine le 15 février 1841, puis ordonné diacre et enfin prêtre la même année.

Il partit par la suite en Palestine où il devint prêtre dans la mission russe. Il y passa sept ans et acquit à cette occasion une parfaite connaissance du grec. Il fut ensuite pendant quelque temps aumônier de l'église de l'ambassade russe à Constantinople. De retour en Russie, il devint recteur de l'Académie théologique de Saint-Petersbourg. Enfin, le 1er juin 1859, il fut consacré évêque de Tambov (à l'ouest de la Russie), avant d'être transféré à Vladimir (l'ancienne capitale de la Russie duXIIe au XIVe siècle) en 1863. En 1866, l’évêque Théophane demanda à être relevé de la charge de son diocèse pour se retirer dans la prière et la solitude,ce qui lui fut accordé.

Il se retira alors dans un monastère le Vychenskaïa Poustygne. Il y passe ses journées dans une retraite profonde, ce qui lui valut le surnom de "reclus". C'est également au cours de sa vie d'ermite qu'il écrivit ses nombreux livres spirituels. Il avait dans sa cellule une grande bibliothèque avec des livres en slavon et russe, mais aussi en anglais,français, grec, allemand. Il a joué un rôle important dans la traduction de la Philocalie en russe.

Durant les onze dernières années de sa vie, il célébra la messe tous les jours dans sa petite chapelle, tout seul, en silence, concélébrant avec les anges. [P. Smimov. Vie et Doctrine de Sa Grandeur Mgr. Théophane (en russe). Moscou, 1905, p. 123]


La fin de sa vie fut marquée par la maladie. Il souffrait de rhumatismes, de névralgies, d'arythmies cardiaques et il devint aveugle de l'œil droit en 1888.

Il naquit au ciel le 6 janvier 1894 vers quatre heures de l'après-midi. Il a été canonisé en 1988 par l'Église russe et il est fêté le 6 et le 10 janvier


L’ouvrage de l’évêque Théophane le plus remarquable en matière de spiritualité est probablment son livre : "Qu’est-ce que la vie spirituelle et comment s’y disposer ?" [Moscou, 5e éd. 1904] C’est un recueil de lettres de direction spirituelle adressées à une pieuse personne désireuse d’atteindre la perfection.

Le site http://orthodoxologie.blogspot.com/ publie chaque jour un commentaire quotidien de l'Ecriture par saint Théophane le Reclus.

Et maintenant, place aux extraits de l'étude de l'évêque Kallistos.


La chose principale, dit saint Théophane le Reclus, est de se tenir devant Dieu avec l’esprit dans le cœur et de continuer à se tenir devant Lui, sans cesse, jour et nuit, jusqu’à la fin de la vie. (Cité dans Higoumène Chariton, L’Art de la prière, Bellefontaine, 1976, p. 81.)


Dans cette définition concise mais profonde, saint Théophane souligne trois choses :

– premièrement, la base de la louange qui est de se tenir devant Dieu ;

– deuxièmement, les facultés qu’emploie la personne qui rend grâce : avec l’esprit dans le cœur ;

– troisièmement, le moment approprié pour la louange : sans cesse jour et nuit, jusqu’à la fin de la vie.

[...] Lorsqu’il prie, le fidèle ressent à la fois la miséricorde et le jugement de Dieu, à la fois sa bonté et sa sévérité. [...] Comme saint Macaire insiste dans ses Homélies : Ceux qui ont goûté le don de l’Esprit sont conscients de deux choses à la fois : d’un côté, la joie et la consolation ; et de l’autre, la crainte, le tremblement et la tristesse. Ces deux sentiments simultanés devraient caractériser notre prière si nous voulons nous tenir de manière juste dans la Divine présence.

[...]  Parler comme le fait saint Théophane de se tenir devant Dieu avec l’esprit dans le cœur, signifie que nous devons L’adorer avec la totalité de notre personne humaine. Les facultés rationnelles ne sont pas du tout rejetées, parce que nous sommes des créatures rationnelles – ce que saint Clément d’Alexandrie nomme "un troupeau raisonnable" – et à cause de cela notre prière devrait être logika latreia, prière raisonnable (Rm 12, 1). De même, nous ne devons pas exclure nos émotions et nos affects de notre prière, parce qu’eux aussi font partie de notre personnalité. Nos prières devraient être animées d’éros, désir intense et fervent pour le Divin, afin que notre prière devienne véritablement une expression d’extase érotique, pour employer une phrase de saint Maxime le Confesseur. Mais, logos et éros, raison, émotions et affects doivent être combinés avec les autres pôles de notre personne, et ils doivent tous être intégrés en une unité vivante, au niveau de notre être profond, de notre cœur.

[...] Dans cet acte total d’adoration, alors, nous devons nous tenir devant Dieu avec notre personne tout entière : certainement avec l’esprit conscient, mais aussi avec les aspects de notre être intérieur qui vont jusqu’à l’inconscient ; avec nos sentiments instinctifs, avec notre sens esthétique et également avec cette faculté de compréhension intuitive et de conscience spirituelle directe qui, comme nous l’avons dit, surpasse de loin la raison discursive. Tout cela doit jouer son rôle dans notre prière ; et notre constitution physique et matérielle aussi, c’est-à-dire notre corps. La chair aussi est transformée, écrit saint Grégaire Palamas ; elle est exaltée avec l’âme et communie avec elle au Divin, et devient de même la possession et le lieu d’habitation de Dieu.


[...] Pour un chrétien orthodoxe, il est de la plus haute importance que l’acte de rendre grâce exprime la joie et la beauté du Royaume des Cieux. Sans cette dimension de beauté, notre action de grâce ne réussira jamais à être une prière dans le plein sens du terme, prière du cœur tout autant que prière du rationnel. Cette joie et cette beauté du Royaume ne peuvent pas être convenablement exposées par des arguments abstraits et des explications logiques ; cela doit être expérimenté et non discuté. Et c’est par-dessus tout par des actions symboliques et rituelles – en brûlant de l’encens, en allumant un lampion ou un cierge devant une icône – que cette expérience vivante est rendue possible. Ces gestes simples expriment, bien mieux que n’importe quel mot, notre attitude envers Dieu, notre amour et notre adoration ; sans de telles actions notre action de grâce serait tristement appauvrie.

(à suivre)







lundi 2 janvier 2012

Une correspondance de JB Willermoz

La lecture de Renaissance Traditionnelle est toujours pleine d'intérêt. Celle du dernier numéro paru (n° 163-164, juillet-octobre 2011) est particulièrement passionnante pour les maçons rectifiés.

Dominique Sappia et son équipe des Amis provençaux de Renaissance Traditionnelle ont identifié et retranscrit ce qui survit de l'abondante correspondance échangée entre Willermoz et Achard entre 1786 et 1819 (36 et 34 de part et d'autre). Le frère Achard est bien connu de l'historiographie maçonnique consacrée au Régime rectifié : c'est en sa faveur et celle de sa loge La Triple Union que JB Willermoz compléta et acheva en 1809 l'écriture du rituel de maître écossais de Saint-André. Ce personnage a été présenté dans le n° 156 (octobre 2009) de Renaisance Traditionnelle.

Au cours de cette correspondance très étendue dans le temps (33 ans, moins une interruption de 13 ans due à la Révolution française), nous voyons le "patriarche du Rectifié" prodiguer conseils, d'ordre spirituel et administratif, et parfois réprimandes, au Vénérable d'une loge en proie à des difficultés dont les loges d'aujourd'hui ne sont pas toujours exemptes : nous sommes en pays de connaissance. On y trouve en particulier des notations précises et précieuses sur ce que doit être l'esprit du Rectifié comparativement à celui des autres formes maçonniques. Tout serait à citer - et je renvoie à l'article qui procure d'abondants extraits de cet échange de correspondances. J'en extraits seulement ce membre de phrase :

"Rappelez-leur que le travail journalier du maçon est de travailler jusqu'à son dernier soupir à polir la pierre brute, en consultant souvent son miroir, et reconnaître où il en est de son travail, que leur avancement dans les connaissances maçonniques qu'ils ne trouveront pas ailleurs, dépendront toujours des progrès qu'ils feront sur eux-même à le faire, et qu'il n'aide qu'à ceux qui agissent."

Et le suivant :

"[le régime écossias rectifié] est le seul régime maçonnique, quoi qu'on puisse dire ailleurs, qui ait conservé le but primitif de l'institution..."

Cependant le trésor de ce numéro est une lettre totalement inédite de JB Willermoz intitulée Article secret annexé à ma lettre du 1er septembre 1807. (Willermoz avait donc 77 ans). Cet "article secret" (qui précède de peu la grande lettre de 1810 à Charles de Hesse qui a été qualifiée de "lettre testament"), adressé au frère Achard, présente une analyse complète, à ma connaissance plus complète que  partout ailleurs, de la Grande Profession. Elle vaut d'être lue et méditée intégralement. 

Ce qui y est partculièrement intéressant, c'est que Willermoz en détaille le mode d'emploi. Il distingue, par rapport à la Grande Profession, quatre catégories de chevaliers :

"De plus cette initiation ne peut pas convenir également à tous les chevaliers, quoique tous y aient un droit égal si les dispositions naturelles de chacun sont égales.
Elle est inutile er très inutile à un grand nombre.
Elle a des dangers pour quelques-uns.
Elle est utile à beaucoup ;
et pour quelques-uns elle est nécessaire et très nécessaire."

Willermoz détaille ensuite avec beaucoup de finesse ces quatre catégories. Il y touche en particulier les rapports de l'Ordre avec la foi chrétienne de ses membres d'une manière qui peut être encore très utile de nos jours.

(Petit point anecdotique au passage : Willermoz, au cours de cette corespondance, parle à plusieurs reprises des "hauts grades" de l'Ordre... ce qui renverse quelques idées reçues au sujet de cette terminologie...)

Conclusion : maçons rectifiés, sutout des "hauts grades", lisez sans retard ce numéro (qui contient d'autres richesses, mais je me suis limité à Willermoz).

dimanche 1 janvier 2012

Le saint Nom de Jésus

Yéchoua (le nom hébreu de Jésus) vient de la racine hébraïque de la racine : " Yacha" qui signifie : droiture, justice, probité, intégrité.Yéchoua signifie: secours, délivrance, salut, triomphe, aide, sauvetage, assistance, affranchissement, victoire, bonheur, félicité... et tout cela vient de "" ou de "Ya" donc de IHWH, le Seigneur Tout Puissant !

Un nom hébreu représente la nature de la personne qui le porte. Donc Jésus est venu nous sauver toi et moi, c'est-à-dire il est venu nous secourir, délivrer, sauver, faire triompher, aider, assister, affranchir, donner la victoire, donner le bonheur et la félicité.

Jésus dit dans Jean 10:10 :"... je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance".

"L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres... pour guérir ceux qui ont le coeur brisé... pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés..." (Luc 4:18,19), (Isaïe 61:1).

"Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les oeuvres du diable. "(1 Jean 3:8).

"Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres." (Jean 12: 46).

"Si quelqu'un entend mes paroles et ne les garde point, ce n'est pas moi qui le juge; car je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde."(Jean 12: 46)

"Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi."(Jean 12:32)

"Moi et le Père nous sommes un.” (Jean 10:30)

“Celui qui m'a vu a vu le Père” (Jean 14:9)

“Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.”(Jean 14:6).


LES NOMS DE JESUS

Consolateur (1 Jean 2:1)

Admirable (Is.9:6)

Père du siècle à venir (Is.9:6)

Emmanuel (Dieu avec nous) (Is.7:14)

Tout-Puissant (Apocalypse. 1:8; Mat. 28:18)

Alpha et Omega (Apocalypse 1:8; 22:13)

Amen (Apocalypse 3:14)

Apôtre de notre Profession (Heb. 3:1)

Victime expiatoire pour nos péchés (1 Jean 2:2)

Auteur de Vie (Actes 3:15)

Auteur de notre Foi (Heb. 12:2)

Auteur de notre Salut (Heb. 2:10)

Commencement et fin (Apoc. 22:13)

Bienheureux et seul Souverain (1 Tim. 6:15)

Pain de Dieu (Jean 6:33)

Pain de Vie (Jean 6:35; 6:48)

La pierre principale (Actes 4:11; 1 Pierre 2:7)

Pierre angulaire (Eph. 2:20)

Souverain Berger (1 Pierre 5:4)

Christ (1 Jean 2:22)

Créateur (Jean 1:3)

Libérateur (Rom. 11:26)

La vie éternelle (1 Jean 1:2; 5:20)

Le zèle de l'Eternel des Armées (Is. 9:6)

La Porte (Jean 10:9)

Fidèle et Véritable (Apocalypse 19:11)

Fidèle témoin (Apocalypse 1:5; 3:14)

Principe de la création de Dieu (Apocalypse 3:14)

Le premier et le dernier (Apocalypse. 1:17; 2:8; 22:13)

Premier-né des morts (Apocalypse 1:5)

Prince des rois de la terre (Apocalypse 1:5)

Dieu (Jean 1:1; 20:28; Heb. 1:8; Rom. 9:5; 2 Pierre 1:1;1 Jean 5:20; etc.)

Le Bon Pasteur (Jean 10:11,14)

Le grand Berger (Heb. 13:20)

Grand Souverain Sacrificateur (Heb. 4:14)

Chef suprême de l'Eglise (Eph. 1:22; 4:15; 5:23)

Héritier de toutes choses (Heb. 1:2)

Souverain Sacrificateur (Heb. 2:17)

Le Saint, le Véritable (Apocalypse 3:7)

Le Saint et le Juste (Actes 3:14)

Espérance (1 Tim. 1:1)

L'espérance de la gloire (Col. 1:27)

Puissant Sauveur (Luc 1:69)

Je Suis (Jean 8:58)

Image de Dieu (2 Cor. 4:4)

Roi Eternel (1 Tim. 1:17)

Roi d'Israel (Jean 1:49)

Roi des Juifs (Mt. 27:11)

Roi des rois (1 Tim 6:15; Apocalypse 19:16; Apocalypse 15:3)

L'Agneau (Apocalypse 13:8)

Agneau de Dieu (Jean 1:29)

L'agneau sans tache (1 Pierre 1:19)

Dernier Adam (1 Cor. 15:45)

La Vie (Jean 14:6; Col. 3:4)

Lumière du monde (Jean 8:12)

Lion de la tribu de Judah (Apocalypse 5:5)

Le Vivant (Apocalypse 1:18)

La pierre vivante (1 Pierre 2:4)

Seigneur et Sauveur (2 Pierre 2:20)

Seigneur de tous (Actes 10:36)

Seigneur de Gloire (1 Cor. 2:8)

Seigneur des seigneurs (Apocalypse 19:16)

L'Eternel [YHWH] notre Justice (Jer. 23:6)

Homme céleste (1 Cor. 15:48)

Médiateur de la Nouvelle Alliance (Heb. 9:15)

Dieu puissant (Isa. 9:5)

L'Etoile brillante du matin (Apocalypse 22:16)

Le rejeton et la postérité de David (Apocalypse 22:16)

Fils unique de Dieu (Jean 1:18; 1 Jean 4:9)

Grand Dieu et Sauveur (Tite 2:13)

Notre sanctification (1 Cor. 1:30)

Notre Epoux (2 Cor. 11:2)

Notre Protection (2 Thess. 3:3)

Notre Rédemption (1 Cor. 1:30)

Notre Justice (1 Cor. 1:30)

Notre Pâque qui a été immolé (1 Cor. 5:7)

Puissance de Dieu (1 Cor. 1:24)

Précieuse Pierre angulaire (1 Pierre 2:6)

Prince de la Paix (Isa. 9:6)

Prophète (Actes 3:22)

Résurrection et Vie (Jean 11:25)

Germe juste (Jer. 23:5)

Le Juste (Actes 7:52; 1 Jean 2:1)

Le Rocher (1 Cor. 10:4)

Rejeton de David (Apocalypse 5:5; 22:16)

Sauveur (Eph. 5:23; Tite 1:4; 3:6; 2 Pierre 2:20)

Fils de David (Luc 18:39)

Fils de Dieu (Jean 1:49; Heb. 4:14)

Fils de l'homme (Mt. 8:20)

Fils du Très-Haut (Luc. 1:32)

L'Auteur du salut éternel pour ceux qui lui obéissent (Heb. 5:9)

Le seul Médiateur (1 Tim. 2:5)

La pierre rejetée (Actes 4:11)

Le vrai Pain (Jean 6:32)

La vrai Lumière (Jean 1:9)

Le vrai Cep (Jean 15:1)

La Vérité (Jean 1:14; 14:6)

Le Chemin (Jean 14:6)

La Sagesse de Dieu (1 Cor. 1:24)

Conseiller (Isa. 9:6)

Le Verbe (Jean 1:1)

Le Verbe de Dieu (Apocalypse 19:13)

Emprunté au blog http://langedeleternel.centerblog.net





En ce premier jour de l’année nouvelle,

fête du SAINT NOM DE JESUS,

invoquons Celui qui fait toutes choses nouvelles
(Apocalypse 21, 5)

par le Nom de qui, et aucun autre, nous pouvons être sauvés.(Actes, 5, 12)






samedi 31 décembre 2011

Les moines prient même pour les démons

Les moines ne prient pas seulement pour les vivants et les morts, mais même pour les créatures les plus misérables, les démons, qui, malheureusement, même si des milliers d'années ont passé, sont devenus pires et ont progressé dans leur méchanceté.

Un jour, un moine ressentit beaucoup de douleur et, pendant qu'il était agenouillé en prière, il dit ce qui suit: "Tu es Dieu et, si Tu le veux, tu peux trouver un moyen de sauver ces malheureux démons qui les premiers ont joui d'une grande gloire, mais maintenant sont pleins de tout le mal et la ruse du monde. Sans Ta protection, ils auraient dévoré tous les êtres humains. " Tandis qu'il prononçait ces paroles, en priant dans la douleur, il vit près de lui, la tête d'un chien qui lui tirait la langue et se moquait de lui. Il semble que Dieu a permis que cela se produise dans le but d'informer le moine qu'il est prêt à accepter les démons à condition qu'ils se repentent, mais qu'eux-mêmes ne veulent pas que leur salut.

On se rend compte par cet incident, non seulement le grand amour des moines, qu'ils reçoivent comme une sorte d'Amour infini qui est Dieu, mais aussi l'amour de Dieu, qui est prêt à sauver les démons et, en dépit des milliards de crimes qu'ils ont commis, si seulement ils se repentent.

reproduit du site:


vendredi 30 décembre 2011

Image & ressemblance selon saint Basile le Grand (2)



« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Vois-tu en quoi le Seigneur nous donne ce qui est à la ressemblance ? « Car il fait lever son soleil sur les méchants et les bons, et fait pleuvoir sur les justes et les injustes. » Si tu deviens adversaire du mal, sans rancune et oublieux de l’inimitié de la veille, si tu aimes tes frères et leur es compatissant, tu ressembles à Dieu. Si tu pardonnes du fond du cœur à l’ennemi, tu ressembles à Dieu. Si ton attitude envers le frère qui t’a offensé est semblable à celle de Dieu envers toi pécheur, par la miséricorde envers le prochain, tu ressembles à Dieu. Ainsi tu possèdes ce qui est à l’image, parce que tu es raisonnable (logikos), mais tu deviens à la ressemblance en acquérant la bonté. Acquiers « des entrailles de compassion et de la bienveillance » afin de revêtir le Christ. Les actions qui te font acquérir la compassion sont les mêmes, en effet, que celles qui te font revêtir le Christ, et l’intimité avec lui te fait intime avec Dieu. Ainsi cette histoire [de la Genèse] est-elle une éducation de la vie humaine. « Créons l’Homme à l’image » : qu’il possède par la création ce qui est à l’image, mais qu’il devienne aussi à la ressemblance. Dieu en a donné la puissance ; s’il t’avait créé aussi à la ressemblance, où serait ton privilège ? Pourquoi as-tu été couronné ? Et si le Créateur t’avait tout donné, comment le royaume des cieux s’ouvrirait-il pour toi ? Mais il se fait qu’une partie t’est donnée, tandis que l’autre a été lissée inachevée : c’est pour que tu t’achèves toi-même et que tu sois digne de la rétribution qui vient de Dieu.

-- Comment devenons-nous donc à la ressemblance ?
-- Par les évangiles.
 
-- Qu’est-ce que le christianisme ?
-- C’est la ressemblance de Dieu autant qu’il est possible à la nature de l’Homme. Si tu as reçu la grâce d’être chrétien, hâte-toi de devenir semblable à Dieu, revêts le Christ. Comment le revêtiras-tu si tu n’es pas baptisé ? si tu ne portes pas le vêtement d’incorruptibilité ? Renonces-tu à la ressemblance à Dieu ? Si je te disais : voilà, deviens semblable à l’empereur, ne trouverais-tu pas que je suis un bienfaiteur ? Et maintenant que je veux te rendre semblable à Dieu, vas-tu fuir la parole qui te déifie, vas-tu te boucher les oreilles afin de ne pas entendre les paroles salvatrices ?

Saint Basile de Césarée, Sur l’origine de l’homme, op. cit. I, 17.

Cet autre passage de la première homélie est lui aussi riche de sens. Relevons seulement quelques traits saillants.

Le premier, et le plus frappant, déjà exprimé dans le paragraphe 16, est que Dieu a laissée inachevée sa création afin que l’Homme acquière l’honneur et la gloire d’achever cette création. Or cette création, c’est celle de lui-même, de sorte que l’Homme « s’achève lui-même », qu’il devienne co-créateur de lui-même. C’est assez prodigieux !

Deuxième trait : la ressemblance avec Dieu s’acquiert par la compassion, le pardon des ennemis, la bonté, la miséricorde… Les membres du Régime rectifié qui connaissent leurs classiques se souviendront qu’Henri de Virieu, dans le « Mémoire sur la bienfaisance » qu’il a présenté au convent de Wilhelmsbad et qu’il a fait approuver par lui, exprime en d’autres termes exactement la même idée, à savoir que la pratique de la bienfaisance est un moyen sûr d’acquérir la ressemblance à Dieu. La clef de cela est donnée dans le présent texte : ces actions de bienfaisance ou de compassion font revêtir le Christ et rendent intime avec Dieu, en un mot elles sont un instrument de déification (le terme est dans le texte).


Troisième trait : ces actions, morales en soi, ont une finalité qui dépasse la morale, puisqu’elles ont une incidence qu’on peut qualifier d’essentielle sur la nature de l’Homme..


Enfin, dernier trait, présent en filigrane : le royaume des cieux est supérieur au paradis puisqu’on n’y accède qu’en ayant conquis la ressemblance parfaite alors qu’elle était encore imparfaite à l’origine.






Image et ressemblance selon saint Basile le Grand

« Créons l’Homme à notre image et à notre ressemblance ». Nous possédons l’un par la création, nous acquérons l’autre par la volonté. Dans la première structure, il nous est donné d’être nés à l’image de Dieu ; par la volonté se forme en nous l’être à la ressemblance de Dieu. Ce qui relève de la volonté, notre nature le possède en puissance, mais c’est par l’action que nous nous le procurons. Si en nous créant, le Seigneur n’avait pris à l’avance la précaution de dire « Créons » et « à la ressemblance », s’il ne nous avait pas gratifiés de la puissance de devenir à la ressemblance, ce n’est pas par notre pouvoir propre que nous aurions acquis la ressemblance à Dieu. Mais voilà qu’il nous a créés en puissance capable de ressembler à Dieu. En nous donnant la puissance de ressembler à Dieu, il a permis que nous soyons les artisans de la ressemblance à Dieu, afin que nous revienne la récompense de notre travail, afin que nous ne soyons pas comme ces portraits sortis de la main d’un peintre, des objets inertes, afin que le résultat de notre ressemblance ne tourne pas à la louange d’un autre. En effet, lorsque tu vois le portrait exactement conformé au modèle, tu ne loues pas le portrait, mais tu admires le peintre. Ainsi donc, afin que ce soit moi l’objet d’admiration et non un autre, il m’a laissé le soin de devenir à la ressemblance de Dieu. En effet, par l’image je possède l’être raisonnable, et je deviens à la ressemblance en devenant chrétien.

Saint Basile de Césarée, Sur l’origine de l’Homme, première homélie : l’Etre à l’image, I, 16 (Sources chrétiennes n° 160, 1970)

(à suivre)

Ces considérations de saint Basile et les suivantes sont d’une importance primordiale. Comme tous les Pères grecs, il introduit une distinction radicale entre « à l’image » et « à la ressemblance ». L’image divine dans l’être humain résulte d’un don gratuit de Dieu, l’Homme n’y est pour rien. En revanche, il lui faut acquérir, conquérir la ressemblance par son travail ; c’est-à-dire que Dieu Créateur lui confie le soin de compléter son œuvre que lui-même a volontairement laissée inachevée, de façon que l’Homme devienne le coopérateur de Dieu, qu’il soit, comme dit saint Paul, le « co-ouvrier » de Dieu.

Ainsi, l’image est reçue passivement, tandis que la ressemblance s’obtient par l’action.

Est-il besoin de souligner combien tout cela « parle » à un maçon rectifié, et a fortiori à un chevalier bienfaisant de la cité sainte ?

Comme on le verra, les propos de saint Basile dans le paragraphe suivant seront encore en totale harmonie avec les enseignements du Régime rectifié.











mardi 27 décembre 2011

La légende des deux saints Jean

A l'occasion de la fête de saint Jean l'évangéliste :

« Depuis la construction du premier temple à Jérusalem jusqu’à la captivité à Babylone, les loges des francs-maçons furent dédiées au roi Salomon. Depuis, et jusqu’à la venue du Messie, elles furent dédiées à Zorobabel, et ensuite, jusqu’à la destruction finale du temple par Titus sous le règne de Vespasien, elles furent dédiées à saint Jean Baptiste. Toutefois, à cause des massacres et désordres sans nombre qui accompagnèrent cet événement mémorable, la franc-maçonnerie tomba dans un profond déclin et ses réunions ne rassemblaient plus suffisamment de membres pour être régulières.

« C’est alors qu’à une assemblée générale du métier tenue dans la cité de Benjamin, on fit observer que la principale raison de cette décadence était l’absence d’un grand maître pour le patronner. Aussi députa-t-on sept membres particulièrement éminents auprès de saint Jean l’évangéliste, qui était alors évêque d’Ephèse, pour solliciter de lui qu’il occupe la charge de grand maître. Sa réponse fut que, bien qu’il fût accablé par les ans, ayant dépassé quatre-vingt-dix ans, étant donné qu’il avait été initié dans la franc-maçonnerie dans les débuts de sa vie, il acceptait cette charge. Ainsi il compléta par sa science ce que l’autre saint Jean avait commencé par son zèle, et de la sorte il traça ce que les francs-maçons nomment une ligne parallèle. Depuis lors les loges de francs-maçons, dans tous les pays chrétiens, ont été dédiées à saint Jean Baptiste et à saint Jean l’évangéliste. »

Extrait du Mackey’s Lexicon (1845)
Cité dans les By-ways of freemasonry, a Series of Essays descriptive of various features of Masonic practice and policy by the Rev. John T. Lawrence, M. A (Oxon.), Past Assistant Grand Chaplain., Eng., etc. , London, A. Lewis, 13 Paternoster Row, E. C., 1911.


La poésie d'Adhuc Stat



« Tel fût de colonne resté seul debout sous le ciel de Grèce ou de Sicile trouve dans la poésie de l’abandon plus de beauté que n’en possède la Maison Carrée miraculeusement préservée. »

Georges Pompidou, Anthologie de la poésie française, Introduction p. 8 (Paris, Librairie Générale Française, 1961).

Bien entendu j’ai détourné cette notation de Georges Pompidou, très empreinte d’un romantisme – la poésie des ruines ! - qui ne s’harmonise en rien avec le Rectifié, d’une sobriété si classique en toutes choses. Le préromantisme commençait pourtant alors à florir et les ruines progressivement découvertes de la Rome antique fournissaient aux peintres, dessinateurs et graveurs (Hubert Robert, Piranèse…), des poncifs très attrayants, sans parler des écrivains (Jean-Jacques Rousseau…). Mais on voit mal Jean-Baptiste Willermoz se livrer à la moindre pâmoison ! S’il est un rite qui ne sacrifie en rien à l’affect, c’est bien le rectifié !

Cette citation, avec la portée inattendue que je lui prête, est donc un jeu de l’esprit, qu’on pourrait d’ailleurs poursuivre dans la même ligne avec « Prospero Motu », le mausolée, le temple en ruines…


Comme quoi tout se prête à tout.

samedi 24 décembre 2011

Christ est né !



Glorifions-le avec les anges !


Glorifions-le avec les bergers aux cœurs simples !


Glorifions-le avec les mages épris de la Sagesse !





Mosaïque, Santa Maria in Trastevere (Rome)

Aujourd'hui est un jour décisif dans l'histoire de l'humanité.


Aujourd'hui les cieux s'inclinent jusqu'à terre et la grotte devient le ciel.

Aujourd'hui la créature vierge devient féconde du Créateur.

Aujourd'hui le dessein divin interrompu par la chute et le péché reprend son cours.

Aujourd'hui le Saint, béni soit-il, foule aux pieds notre misère pour libérer l'homme de la mort.

Aujourd'hui le Verbe de Dieu « vient ressaisir cet Adam qu'il avait modelé à l'origine et qui s'était échappé des mains du Père et il le ressaisit d'une étreinte si forte qu'il ne lui échappera plus jamais ».

Aujourd'hui est le jour prédit par le prophète Isaïe (54/5) des noces du Créateur avec sa créature.

Aujourd'hui, comme nous le chantons, le Verbe « participe à la chair coupable pour lui communiquer la nature divine ; né homme il demeure Dieu, et l'univers par lui retrouve la Trinité ».

Oui, jour décisif, jour unique, car plus rien après n'est comme avant !

La résurrection elle-même est contenue en germe dans ce moment décisif de l'incarnation du Verbe. Certes, aucun événement n'est plus important que la résurrection, qui fait exploser tous les conditionnements, est en particulier ce conditionnement absolu et absolument dominateur qu'est la mort.

Mais la résurrection n'est possible que parce que le Fils de Dieu pré-éternel s'est fait fils de la femme dans le temps ; que lui, sans péché, s'est chargé du poids de notre nature blessée et rendue infirme par le péché et que lui, Dieu, a engagé en tant qu'homme, nouvel Adam, la lutte contre la mort introduite par le premier Adam et qu'il a remporté la victoire sur la mort par sa propre mort. Et nous avec lui, puisque, partageant notre propre nature, il nous appelle à partager la sienne : c'est cela le dessein de Dieu dont le cours a repris.


Que la mort et la résurrection du Christ soient contenues en germe dans sa nativité, cela est montré par l'icône où l'Enfant Dieu est emmailloté de langes dans la crèche comme l'Homme Dieu sera emmailloté du linceul dans le tombeau.


Gloire à ton abnégation, ô Christ !

Car toi qui es la Vie illimitée, tu nous libèreras, par toi et avec toi, des liens de notre condition mortelle et pécheresse qui nous retiennent captifs et dans lesquels tu es venu volontairement t'emprisonner !

Oui, rien n'est plus important dans la totalité de l'histoire universelle que le Verbe de Dieu fait homme, que l'habitation corporelle sur terre en la personne du Christ de la plénitude de la Divine Trinité. C'est pourquoi l'apôtre Paul parle à ce sujet de « la plénitude des temps ».

Voici en effet l'accomplissement de l'histoire que Dieu a préparée pour l'homme sa créature aimée. Tout ce qui précède est la préparation et tout ce qui suit est le déploiement de cet événement foudroyant :

« Dieu s'est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ».


Nativité de notre Seigneur, A.D. 2011




dimanche 18 décembre 2011

Jean Tourniac et son erreur


On m’interroge au sujet de Jean Tourniac et de ses ouvrages, en particulier les Principes et problèmes spirituels du Rite écossais rectifié et de sa chevalerie templière, paru en 1969 et réédité en 2001, les deux fois chez Dervy.

Je dois mettre en garde les lecteurs non avertis : ils ne doivent pas se laisser abuser par le titre. C’est un ouvrage de fiction, de fantasy

Ce n’est pas là qu’ils trouveront des notions exactes sur le Régime écossais rectifié, mais bien plutôt des considérations biaisées parce que passées par le filtre des idées préconçues de l’auteur, lequel, disciple inconditionnel de Guénon, les tenait de lui : Guénon dont toutes les assertions proférées ex cathedra sont autant de dénis de l’histoire. Il en va de même de celles de Tourniac, qui vont à contre-sens des faits documentés relativement au Rectifié. Exemple flagrant : le contre-sens, voulu, délibéré, qui apparaît dès le titre. Jean-Baptiste Willermoz, le fondateur du Régime écossais rectifié, avait bataillé pour éliminer la prétention d’une filiation templière et fait admettre sa position par le convent de Wilhelmsbad en 1782. La chevalerie du Régime rectifié n’était donc pas « templière », au contraire de celle de la Stricte Observance d’où il était issu : Tourniac affirme ostensiblement le contraire

Un auteur qui m’est proche, Jean-François Var, a écrit que l’œuvre de Willermoz a consisté à « détemplariser » le Rectifié et à y incorporer la doctrine de Martines de Pasqually. Or, Tourniac, durant les sept années où il fut Grand Maître et Grand Prieur du Grand Prieuré des Gaules, s’efforça d’orienter le GPDG dans un sens directement opposé. Il ne prononça jamais le nom de Martines de Pasqually, et il ne cachait pas la condescendance méprisante qu’il éprouvait à l’égard de Willermoz. Il proclama le Régime écossais rectifié comme successeur spirituel de l’Ordre du Temple, à qui il attribuait toutes les caractéristiques ésotériques (et anhistoriques) dont Guénon le parait. De surcroît, il chercha à le judaïser et à l’islamiser, ce à quoi la nature foncièrement chrétienne du Rectifié se refusait.

Il échoua dans son entreprise, ce qui était à prévoir. Il en fut très mortifié, et s’en prit avec virulence à son successeur, et au Grand Prieuré des Gaules lui-même, qu’il accusa (faussement) d’antisémitisme.

Au total, on peut lire Tourniac, qui écrit non sans brio, mais en aucun cas pour se documenter sur la réalité spirituelle du Rectifié. 

 Le manque d’études sur la doctrine, très riche, du Rectifié se fait cruellement sentir.


mardi 13 décembre 2011

Camille Savoire chrétien ?



On assiste ces derniers temps à des tentatives de réhabilitation, non de la personnalité de Camille Savoire, elle n’en a pas besoin, mais de ses supposées croyances religieuses.

Or, que disait-il de lui-même ? Voici quelques extraits significatifs de son manifeste de 1935 : « Pourquoi voulons-nous réveiller le Rite rectifié en France ? »

« En ce qui me concerne, je reconnais que c’est lors de mon admission au sein du Rectifié que j’ai trouvé le chemin de l’initiation et compris le caractère initiatique de la franc-maçonnerie. Ce sentiment, tous les maçons du Grand Orient reçus au grade de Chevalier Bienfaisant de la Cité sainte, qu’ils soient [tenez-vous bien !] athées ou déistes, matérialistes ou spiritualistes, catholiques, protestants ou israélites d’origine devenus libres-penseurs, l’ont ressenti intensément […]


« Tels sont les motifs qui (nous) ont guidés et qui ont fait justice à (nos) yeux des reproches d’archaïsme adressés aux formes rituelles du rectifié, étant donné surtout qu’en maçonnerie tout n’est que symbole dont l’interprétation est laissée à la libre interprétation [sic] de chacun [application, sans doute, au symbolisme de la méthode de la « libre pensée » !].


« J’avoue que le libre-penseur que j’ai toujours été n’a manifesté en entrant au Rite rectifié aucune hésitation ni éprouvé aucun scrupule lorsqu’on lui a demandé de déclarer qu’il professait l’esprit du christianisme, surtout lorsque le Grand Prieur a ajouté : "Il s’agit ici de l’esprit du christianisme primitif résumé dans la maxime : Aime ton prochain comme toi-même. [Bien évidemment était évacué le début de la « maxime » qui est, comme on sait : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Cela ne se prêtait assurément pas à une « libre interprétation » !].


« Quant à la présence dans le temple d’un livre ouvert à la première page de l’évangile de saint Jean, sur lequel le néophyte prête serment, je ne m’en suis nullement offensé, car il constitue [le meilleur est à venir] non pas un texte religieux, MAIS UN RESUME TRES ECLECTIQUE DE L’ESOTERISME ANCIEN EXPLIQUANT L’ORIGINE DE LA VIE DANS L’UNIVERS » !!!



Ebouriffant ! pharamineux ! Quel éclatant exemple de christianisme « initiatique » et non religieux !



Si c’est cela le christianisme, moi je suis fakir !



Texte cité dans l'Histoire du Grand Prieuré des Gaules par Jean-Marc Vivenza (éd. du Simorgh, 2011), p.165.






lundi 12 décembre 2011

L'obéissance totale à Dieu

L’obéissance totale à Dieu supprime toute suffisance de soi-même et toute emprise venant du monde. Celui qui obéit vraiment à Dieu domine le monde, il est royalement libre et jouit pleinement de cette dignité royale.
La chasteté n’est point une catégorie physiologique, elle est dans la structure pure de l’esprit. Dans le sacerdoce conjugal elle est l’offrande réciproque et son don total et unanime à Dieu, la désappropriation et la consécration de son existence.
La pauvreté est cette réceptivité ouverte d’un pauvre envers les desseins de Dieu, d’un pauvre qui ne veut savoir et suivre que le Verbe dans le monde, qui n’aspire qu’à une seule possession, celle des souffles de l’Esprit.
La prière en tant qu’état constant de l’âme, la prière devenue chair, fait merveilleusement de tout travail, de toute parole, de tout acte, une prière, signe vivant de la présence de Dieu, ministère de la louange, vivante eucharistie.

dimanche 11 décembre 2011

Le sacerdoce des laïcs

Les laïcs forment un milieu qui est à la fois le monde et l’Église. Ils ne peuvent pas accorder les moyens de grâce (sacrements) ; par contre, leur sphère est la vie de grâce. Par la simple présence dans le monde des " êtres sanctifiés ", " Verbifiés ", des prêtres dans leur substance même, le sacerdoce universel des laïcs détient le pouvoir du sacre cosmique, de la liturgie cosmique : hors des murs du temple, les laïcs continuent dans leur vie la liturgie de l’Église. Par leur présence active, ils introduisent la Vérité des dogmes vécus dans le social et dans les rapports humains et délogent ainsi les éléments démoniaques et profanés du monde.

samedi 10 décembre 2011

La seule vraie initiation...


Pour les maçons rectifiés

La seule vraie initiation - la nôtre - ne peut opérer qu’avec le Christ. Elle requiert deux éléments indispensables : la présence agissante du Christ, et la foi qui nous fait agir avec le Christ. La présence du Christ, c’est l’Evangile, la foi, c’est l’épée. Les deux sont nécessaires. L’initiation se réalise par la coopération active de l’initié : chacun de nous, avec l’Initiateur : le Christ.

Devenir pierre vivante du Temple vivant, c’est s’incorporer mystiquement au Corps du Christ, Corpus Christi. Or, qu’est-ce que le Corps mystique du Christ (Corpus mysticum Christi) ? L’Eglise. La vraie Maçonnerie construit l’Eglise.

L’initiation coopère avec le sacrement, elle abaisse les barrières des passions, elle fait place nette pour que le sacrement agisse sans rien qui s’oppose à lui. L’initiation fait de nous une coupe à remplir à ras bord par le vin de l’amour et de la connaissance de Dieu. Elle creuse en nous une Eglise intérieure, voire une simple grotte, une étable, dans laquelle, par la grâce du sacrement répondant à la force vraie de notre désir, le Christ naîtra, puis grandira jusqu’à nous emplir entièrement, comme jadis la Gloire de l’Eternel dans le Temple de Jérusalem, se conformant à nous pour que nous nous conformions à Lui, « jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus (...) à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ » (Ephésiens IV, 13).







samedi 3 décembre 2011

Un Amour sans limites



Dieu est un Amour sans limites, un Amour qui s’exprime non seulement dans les hommes, mais dans le monde total, dans le monde des animaux, des plantes, des fleurs, des minéraux, les étoiles, les galaxies… Je crois qu’il y a là un aspect que nous oublions bien vite et que nous oublions de manière d’autant plus étrange que les orthodoxes parlent très souvent, précisément, de leur piété cosmique ; ils parlent de l’univers, de la terre – mais quelle est la place de cette piété cosmique dans leur vie personnelle, dans leur spiritualité personnelle ?  Si nous voulons comprendre quelle pourrait être une telle piété, je vous engage à lire attentivement le psaume 103 (104), en particulier les trente premiers versets de ce psaume. Voyez d’ailleurs comment en général les livres de l’Ancien Testament nous font participer à tout l’acte créateur. Dans ce psaume 103, c’est le monde entier des animaux, depuis les poissons jusqu’au quadrupède, jusqu’au loup, qui entre en jeu. Ils nous sont représentés comme étant l’objet d’une sollicitude divine. Nous retrouvons d’ailleurs ceci dans l’Évangile ; il n’arrive rien à un oiseau, à un pinson, qui ne soit permis par Dieu (cf. Mt 6,26 ; Lc 12,24). La bonté de Dieu s’étend à chacune de ses créatures.


Eh bien, est-ce qu’il n’est jamais arrivé à tous ces orthodoxes qui parlent si volontiers de leur piété envers la terre et de leur conscience cosmique, est-ce qu’il ne leur est jamais arrivé, par exemple, de prendre dans leur main une pierre, de prendre dans leur main une fleur, et d’être capable, pendant une heure, d’en faire un objet de méditation et d’union avec Dieu ? De quelle manière ? Il y aurait d’abord un procédé très simple que connaissent bien tous ceux qui pratiquent la prière de Jésus. On peut essayer de prononcer le nom de Jésus non seulement sur les hommes, mais aussi sur les animaux, les chiens familiers, sur les animaux sauvages, les tigres et les lions, et aussi prononcer le nom de Jésus sur les pierres, sur les fleurs, sur les fruits, sur la neige, sur la pluie, sur le soleil, sur la lune. Nous trouvons tout cela dans l’Ancien Testament, et surtout dans ce psaume 103, et rappelez-vous aussi le cantique des trois enfants dans la fournaise appelant le vent, la pluie à bénir le Seigneur (cf. Dn 3,51-90). »

Père Lev Gillet Un moine de l’Eglise d’orient






mardi 29 novembre 2011

la triple barrière



Aux hommes séparés de Dieu par une triple barrière : la nature, le péché et la mort, le Seigneur a accordé de le posséder pleinement et de s’unir à lui immédiatement, du fait qu’il a écarté un par un tout obstacle : celui de la nature par son incarnation ; celui du péché par sa mort ; celui de la mort par sa résurrection. Voilà pourquoi saint Paul écrit : le dernier adversaire qui sera réduit, c’est la mort (1 Corinthiens 13, 12).


Nicolas Cabasilas La Vie en Christ III, 7 (trad. différente dans « Sources chrétiennes » n° 355).






lundi 28 novembre 2011

L'incarnation, la croix, la résurrection



Le mystère de l’incarnation du Verbe contient en soi la signification de tous les symboles et énigmes de l’Ecriture, ainsi que le sens caché de toute la création sensible et intelligible. Mais celui qui connaît le mystère de la croix et du tombeau, connaît aussi les raisons essentielles de toutes ces choses. Enfin celui qui pénètre plus loin encore et se trouve initié au mystère de la résurrection, apprend la fin pour laquelle Dieu a créé toutes ces choses au commencement.


Saint Maxime le Confesseur, Centuries gnostiques, I, 66.


jeudi 17 novembre 2011

Aphorisme spirituel (13)

Le péché et la pénitence

Le péché est le choix libre par l'homme d'une autre obéissance que celle de Dieu.

Le péché est un acte libre : son engendreur, c'est la liberté.

Il n'a pas d'ontologie, il n'existe pas par lui-même. Il est la manifestation d'une liberté face à une autre liberté. La pénitence revient à retrouver la bonne direction.

Le mal naît par opposition au bien ; c'est un jeu, un conflit, une illusion. La pénitence est la fin des illusions.

Le péché ne prend pas sa racine au sein de la nature humaine, mais au sein de la liberté : il n'est pas originel.

mercredi 16 novembre 2011

Une parole libératrice de saint Basile le Grand

Parole de saint Basile, trompé par son meilleur ami :

"Nous ne sommes plus que quatre : le Père, le Fils, le Saint Esprit, et leur humble serviteur Basile".

Alors disparaissent, et la tromperie, et le ressentiment dû à la tromperie.