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jeudi 9 mai 2013

La résurrection, c’est la transfiguration de la matière




La résurrection des corps, de la matière.

La tradition nous dit qu’à la résurrection le monde corporel va acquérir un caractère spirituel. Ce sera la résurrection du temporel mais du temporel spiritualisé. Oui mais le corps, c’est la terre et la terre va ressusciter. Tout ce qui est matière. Le corps va acquérir les caractères du monde spirituel. La Résurrection, c’est l’Esprit qui vient, comme le prince, réveiller la princesse endormie. La princesse, c’est la chair. Le prince la réveille, l’épouse et en l’épousant, il lui confère la Vie spirituelle. Définitivement.
Quand les apôtres ont vu le Christ ressuscité, ils ont constaté que son corps n’était plus soumis à la pesanteur, qu’il traversait la matière. C’était un corps qui avait acquis les caractères spirituels. On peut dire cela pour chacun et pour la terre entière.
Saint Maxime le Confesseur dit : « A la résurrection, nous serons simultanément vieux, adultes et jeunes ; le corps ne sera plus soumis au monde temporel ou spatial ».
Est-ce que cela veut dire que notre être aura pris le pas ? C’est inexact. En disant cela vous tombez dans le spiritualisme. Vous le savez, l’homme est un paradoxe. Il est constitué d’esprit et de matière. Par abnégation, l’esprit se donne à la matière pour l’élever.
Bien sûr, quand l’esprit devient orgueilleux, il ne se donne plus et, à ce moment là, la mort descend dans la matière. Elle meurt alors qu’elle n’est pas faite pour mourir. C’est la résurrection qui restaure les relations entre la matière et l’esprit. Autrement dit, l’esprit se redonne à la matière et alors, celle-ci dépasse les cieux.
Elle remonte l’échelle angélique et va au-delà. C’est cela. La résurrection, c’est la transfiguration de la matière, la réincarnation de l’esprit. Cela ne veut pas dire du tout que vous allez récupérer vos yeux, vos pieds. On a tendance à dire que le monde physique, ce n’est presque rien. Et bien ce presque rien va devenir presque tout.
Je vous donne un exemple : au cours de votre existence, vous inscrivez dans un corps une multitude d’éléments, toute votre vie en fait. Dans le monde transfiguré, vous retrouverez ces éléments. Il faut bien comprendre que le corps n’est pas un emballage mais un associé à part entière. Une réalité que nous ne connaissons pas vraiment.
Et voici qu’un jour le corps meurt. Pourquoi ? Parce qu’il est épuisé. Et pourquoi est-il épuisé ? Parce que l’esprit profite de lui mais ne lui donne rien, si bien que ce pauvre corps n’arrive à soutenir la vie spirituelle. Donc il meurt. Et à la résurrection, l’esprit va venir le réveiller et lui dire : « je t’épouse ».
(…)
Le Christ est venu montrer que le spirituel et le corporel sont liés pour toujours.
Autrement dit que la mort n’est pas une réalité. Jean a dit : « Le Verbe s’est fait chair » pour montrer que la chair est une personnalité unique et éternelle. Après la mort, elle doit donc retrouver cette réalité pour l’éternité. Là est la réponse chrétienne.
La résurrection de la chair, c’est qu’un jour, dans toutes ses couches, le monde physique recevra les caractères du monde spirituel. De même que l’homme sera déifié, le corporel sera spiritualisé. »
Mgr Germain de Saint-Denis, Pour une théologie du cœur, Le Fennec éditeur, 1994, pp. 249-252.

dimanche 5 août 2012

Homélie de saint Léon le Grand sur la Transfiguration


Homélie de saint Léon le Grand sur la Transfiguration

Sermon 51, 3-4

L'Eglise fête aujourd'hui la Transfiguration du Seigneur à laquelle sont associés trois dans le ciel : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, trois sur la hauteur: Moïse, Elie et le Fils de l'Homme, et trois sur la terre : Pierre, Jacques et Jean.

Le Christ manifeste ainsi sa nature humaine glorifié, qui fut celle d'Adam aux origines et qui sera celle que le Nouvel Adam communiquera à la fin des temps à tous ceux des humains qui auront accepté son salut.

Un détail non négligeable à relever : Satan, qui parodie sacrilègement tout ce que Dieu fait, a choisi cette même date du 6 août pour inciter l'homme à faire exploser à Hiroshima la bombe atomique, cette gloire luciférienne.  


Transfiguration monastère sainte Catherine du Sinaï (VIe siècle)


Le Seigneur découvre sa gloire devant les témoins qu'il a choisis, et il éclaire d'une telle splendeur cette forme corporelle qu'il a en commun avec les autres hommes que son visage a l'éclat du soleil et que ses vêtements sont aussi blancs que la neige.

Par cette transfiguration il voulait avant tout prémunir ses disciples contre le scandale de la croix et, en leur révélant toute la splendeur de sa dignité cachée, empêcher que les abaissements de sa Passion volontaire ne bouleversent leur foi.

Mais, il ne prévoyait pas moins de fonder l'espérance de l'Église, en faisant découvrir à tout le Corps du Christ quelle transformation lui serait accordée ; ses membres se promettraient de partager l'honneur qui avait resplendi dans leur chef.

Le Seigneur lui-même avait déclaré à ce sujet, lorsqu'il parlait de la majesté de son avènement: « Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Matthieu 13,43). Et l'apôtre saint Paul atteste lui aussi: « J'estime qu'il n'y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que le Seigneur va bientôt révéler en nous » (Romains  8,18). Et encore: « Vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ qui est votre vie, alors, vous aussi vous paraîtrez avec lui en pleine gloire » (Colossiens 3,3-4).

Cependant, pour confirmer les apôtres et les introduire dans une complète connaissance, un autre enseignement s'est ajouté à ce miracle. En effet, Moïse et Élie, c'est-à-dire la Loi et les Prophètes, apparurent en train de s'entretenir avec le Seigneur. Ainsi, par la réunion de ces cinq hommes s'accomplirait de façon certaine la prescription: « Toute parole est garantie par la présence de deux ou trois témoins » (Deutéronome 19,15).

Qu'y a-t-il donc de mieux établi, de plus solide que cette parole? La trompette de l'Ancien Testament et celle du Nouveau s'accordent à la proclamer; et tout ce qui en a témoigné jadis s'accorde avec l'enseignement de l'Évangile.

Les écrits de l'une et l'autre Alliance, en effet, se garantissent mutuellement ; celui que les signes préfiguratifs avaient promis sous le voile des mystères est montré comme manifeste et évident par la splendeur de la gloire présente. Comme l'a dit saint Jean, en effet: « Après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ » (Jean 1,17). En lui s'est accomplie la promesse des figures prophétiques comme la valeur des préceptes de la Loi, puisque sa présence enseigne la vérité de la prophétie, et que sa grâce rend praticables les commandements.

Que la foi de tous s'affermisse avec la prédication de l'Évangile, et que personne n'ait honte de la croix du Christ, par laquelle le monde a été racheté.

Que personne donc ne craigne de souffrir pour la justice, ni ne mette en doute la récompense promise ; car c'est par le labeur qu'on parvient au repos, par la mort qu'on parvient à la vie. Puisque le Christ a accepté toute la faiblesse de notre pauvreté, si nous persévérons à le confesser et à l'aimer, nous sommes vainqueurs de ce qu'il a vaincu et nous recevons ce qu'il a promis. Qu'il s'agisse de pratiquer les commandements ou de supporter l'adversité, la voix du Père que nous avons entendue tout à l'heure doit retentir sans cesse à nos oreilles: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute ma dilection ; écoutez-le ! » (Matthieu 17, 5)

mercredi 1 août 2012

Saint Séraphim de Sarov

L'Eglise orthodoxe fête aujourd'hui un des plus grands saints de l'époque contemporaine, saint Séraphim de Sarov (1759-1833). Sa célébrité a rapidement débordé les frontières de la Russie pour s'étendre à tout le monde orthodoxe, et ensuite bien au-delà, grâce à l’émigration russe provoquée par la révolution bolchevique. 
Ce qui a puissamment contribué à son rayonnement, c'est son "Entretien avec Motovilov" , redécouvert bien après la mort de l'un et de l'autre, entretien au cours duquel il fait partager à son interlocuteur l’expérience de la transfiguration par et dans le Saint-Esprit, et où il prononce cette parole mémorable : "Le but de la vie chrétienne, c'est l’acquisition du Saint Esprit de Dieu. Ces pages sont un exemple parmi les plus éblouissants de cette "théologie mystique "qui est propre à l’Église orthodoxe. 
Il faut à tout prix se pénétrer de cet écrit rempli d'un souffle miraculeux et d'une lumière pénétrante par delà les signes d'écriture. Et il faut lire aussi sa vie, miracle (elle aussi) d'ascèse héroïque et d'amour sans limites. Pour cela, un opuscule indispensable : Séraphim de Sarov, Sa vie, Entretien avec Motovilov et Instructions spirituelles (Bégrolles-en-Mauge, Abbaye de Bellefontaine, "Spiritualité orientale n°11, n. éd. 2004).
Anecdote qui n'est pas sans intérêt : c'est à Sarov où le Saint-Esprit avait manifesté sa puissance, que les soviétiques implantèrent un arsenal de recherches sur l'arme atomique, cette puissance diabolique.
Autre anecdote : les reliques de saint Séraphim, qui avaient disparu durant toute l'ère soviétique, furent retrouvées après la chute du communisme, et transférées solennellement à Moscou.  
Saint Séraphim est fêté deux fois : le 15 janvier (2 janvier selon le calendrier julien), date de sa "naissance au ciel" (selon la belle expression des orthodoxes) et le 1er août (19 juillet), date de sa canonisation en 1903 et du transfert de ses reliques.
Je reproduit ci-dessous la relation d'un de ses miracles opéré en Alsace (source orthodoxologie).






Apparition de saint Séraphin de Sarov en Alsace



Un de mes amis m'a envoyé une lettre en français, dans laquelle une dame d'Alsace lui demandait de lui envoyer quelque chose sur l'Église orthodoxe russe: un livre de prières, ou quelque chose de similaire. En réponse, ils ont envoyé quelque chose, et l'affaire s'est terminée.

Ensuite, je suis allé en Alsace et j'ai rendu visite à cette femme pour faire connaissance, mais à ce moment-là elle n'était pas là. J'ai rencontré sa belle-mère, femme âgée et chrétienne au cœur pur d'une grande miséricorde.

Elle m'a dit ce qui suit... Leur famille était d'une ancienne lignée noble d'Alsace, de confession protestante. Il faut dire que dans cette région d'Alsace les habitants sont divisés selon les deux fois: il y a une moitié catholique, et une moitié protestante. Ils ont en commun l'église, où ils célèbrent les offices à tour de rôle. Au fond de cette église, il y a un autel romain, avec toutes les statues et les choses nécessaires, mais, quand les protestants officient, ils tirent un rideau devant tout cela, ils mettent leur table au milieu et ils prient.

Récemment, des protestants d'Alsace ont lancé un mouvement en faveur de la vénération des saints. Cela s'est produit après la lecture du livre de Sabatier[1] à propos du saint catholique François d'Assise. Etant pasteur protestant lui-même, l'auteur a été impressionné par le mode de vie de ce juste lors de sa visite à Assise. La famille de mes amis  fut également sous l'influence de ce livre. Bien que restant protestants, ils ressentaient encore un certaine insatisfaction. Ils souhaitaient vénérer les saints et participer aux sacrements. Quand le pasteur les a enseignés, ils lui ont demandé de ne pas fermer le rideau sur l'autel catholique, afin qu'ils puissent au moins voir les statues des saints. Leurs pensées étaient à la recherche de la véritable Église.

Et ainsi, un jour, cette jeune femme, qui était malade, était assise dans le jardin et lisait la vie de François d'Assise. Le jardin était tout en fleurs. Il y avait un grand silence dans la campagne ... Toujours lisant, elle s'est légèrement endormie. "Je ne sais pas comment c'est arrivé", dit-elle ensuite. "François lui-même s'est approché de moi, avec un un homme âgé voûté et lumineux, comme un patriarche. Il était tout en blanc. J'ai eu peur. Mais François s'est approché de moi et m'a dit: "Ma fille! Tu es à la recherche de la véritable Église - elle est là, où il est lui! "[...]

Le vieil homme blanc garda le silence et il sourit en acquiesçant aux paroles de François. La vision s'est terminée. Elle se réveilla. Et pour une raison quelconque, sa pensée lui suggéra: "Ceci est lié à l'Église russe". Et la paix descendit sur son âme.

C'est après cette vision, qu'elle a écrit la lettre, mentionnée au début de cette histoire. Deux mois plus tard, je leur ai à nouveau rendu visite, et alors elle m'a dit elle-même ce qui suit. Ils ont embauché un travailleur russe. Voulant savoir s'il était bien installé, l'hôtesse est venue dans sa chambre et a vu une icône dans le coin, sur le mur, et elle a reconnu la même personne âgée, qu'elle avait vue dans la vision de François. Surprise et effrayée, elle a demandé: "Qui est ce vieillard? "- "C'est saint Séraphim, notre saint orthodoxe," a déclaré le travailleur. Et puis elle s'est rendu compte seulement alors du sens des paroles de François disant que la vérité est dans l'Église Orthodoxe.

Version française de Claude Lopez-Ginisty
d'après
http://www.fatheralexander.org/booklets/english/chudesa_e.htm


[1] Paul SABATIER. Vie de saint François d'Assise, édition définitive. Paris, Fischbacher 1931.(1ère version 1894). Ouvrage remarquable, et remarqué.


samedi 28 juillet 2012

Saint Irénée (16) :« Il faut que ce qui est corruptible revête l'incorruptibilité »


VÉRITABLE SENS DE LA PHRASE :
« LA CHAIR ET LE SANG NE PEUVENT HÉRITER DU ROYAUME DE DIEU »
(suite (6)

 « Il faut que ce qui est corruptible revête l'incorruptibilité »

Saint Irénée, Contre les hérésies, livre V, chapitre 13, paragraphes 3 à 5

13, 3 Car, s'ils prétendent que cette parole a été dite de la chair à proprement parler, et non des œuvres de la chair, ainsi que nous l'avons montré, ils mettent l'Apôtre en contradiction avec lui-même, puisqu'aussitôt après, dans la même épître, il dit en désignant la chair : « Il faut en effet que cet élément corruptible revête l'incorruptibilité et que cet élément mortel revête l'immortalité. Lorsque cet élément mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole de l'Écriture : La mort a été engloutie dans la victoire. ? mort, où est ton aiguillon ? ? mort, où est ta victoire?»(1 Corinthiens 15, 53-55) Ces paroles seront dites à juste titre lorsque cette chair mortelle et corruptible, en butte à la mort, écrasée sous la domination de la mort, montera vers la vie et revêtira l'incorruptibilité et l'immortalité : car c'est alors que sera vraiment vaincue la mort, lorsque cette chair, qui était sa proie, échappera à son pouvoir. Il dit encore aux Philippiens : « Pour nous, notre cité est dans les cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus, qui transfigurera notre corps d'abjection et le rendra conforme à son corps de gloire par l'action de sa puissance. » (Philippiens 3, 20-21) Quel est donc ce corps d'abjection que le Seigneur transfigurera et rendra conforme à son corps de gloire ? De toute évidence, c'est ce corps qui s'identifie à la chair, à cette chair qui manifeste son abjection en tombant dans la terre. Mais la transfiguration par laquelle, de mortelle et corruptible, elle devient immortelle et incorruptible, ne vient pas de sa substance à elle ; cette transfiguration vient de l'action du Seigneur, qui a le pouvoir de procurer l'immortalité à ce qui est mortel et l'incorruptibilité à ce qui est corruptible. C'est pourquoi l'Apôtre dit dans sa seconde épître aux Corinthiens : «... afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. Or Celui qui nous dispose en vue de cela, c'est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l'Esprit. »( 2 Corinthiens 5, 4-5) C'est évidemment de la chair qu'il parle, car ni l'âme ni l'Esprit ne sont choses mortelles. Ce qui est mortel sera englouti par la vie, lorsque la chair ne sera plus morte, mais vivante, et qu'elle demeurera incorruptible, chantant un hymne au Dieu qui nous aura disposés en vue de cela. Afin donc que nous soyons disposés en vue de cela, il dit à juste titre aux Corinthiens : « Glorifiez Dieu dans votre corps. » (1 Corinthiens 6, 20) Car Dieu procure l'incorruptibilité. 

Ce qui prouve que l'Apôtre ne parle pas d'un autre corps, mais du corps de chair, c'est qu'il dit aux Corinthiens avec une précision excluant tout doute et toute ambiguïté : « …portant sans cesse avec nous en notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus-Christ soit, elle aussi, manifestée dans notre corps : car si nous, les vivants, nous sommes livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle… » (2 Corinthiens 4, 10-11) Et que l'Esprit s'enlace à la chair, il le dit dans la même épître : « Vous êtes une lettre du Christ rédigée par nos soins, écrite non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos cœurs. »(2 Corinthiens 3, 3) Si donc, dès à présent, nos cœurs de chair sont capables de recevoir l'Esprit, quoi d'étonnant si, lors de la résurrection, ils contiennent la vie que donnera cet Esprit ? A propos de cette résurrection, l'Apôtre dit dans son épître aux Philippiens : «... lui devenant conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à la résurrection d'entre les morts. » (Philippiens 3, 10-11) Ainsi donc, en quelle autre chair mortelle pourrait-on concevoir que soit manifestée la vie, sinon dans cette substance qui est également mise à mort à cause de la confession de Dieu, ainsi qu'il le dit lui-même : « Si c'est avec des vues humaines que j'ai combattu contre les bêtes à Ephèse, quel profit m'en revient-il, si les morts ne ressuscitent pas ? Car, si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n'est pas ressuscité ; et si le Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vaine, vaine aussi votre foi. Et il se trouve même que nous sommes de faux témoins à l'égard de Dieu, puisque nous avons témoigné qu'il a ressuscité le Christ, alors qu'il ne l'a pas ressuscité. Car, si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n'est pas ressuscité ; et si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, car vous êtes encore dans vos péchés ; par conséquent aussi ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. Si c'est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes plus dignes de pitié que tous les autres hommes. Mais en fait, le Christ est ressuscité d'entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis. Car, puisque c'est par un homme qu'est venue la mort, c'est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. »(1 Corinthiens 15, 32 & 13-21)

Ainsi donc, comme nous l'avons déjà dit, ou bien les hérétiques prétendront que, dans tous ces textes, l'Apôtre contredit sa propre assertion selon laquelle « la chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu », — ou bien, une fois de plus, ils se verront contraints de donner, de tous ces textes, des interprétations vicieuses et forcées, afin de pouvoir en pervertir et en altérer le sens. Car que pourront-ils dire de sensé, s'ils tentent d'interpréter autrement cette parole : « Il faut en effet que cet élément corruptible revête l'incorruptibilité et que cet élément mortel revête l'immortalité »(1 Corinthiens 15, 53), et cette autre : «... afin que la vie de Jésus soit manifestée dans notre chair mortelle»(2 Corinthiens 4, 11) et toutes les autres paroles par lesquelles l'Apôtre proclame ouvertement la résurrection et l'incorruptibilité de la chair ? Ils vont donc être contraints d'interpréter de travers toute cette multitude de textes, pour n'avoir pas voulu entendre correctement une seule phrase.

jeudi 28 juin 2012

Sur saint Irénée


Sur saint Irénée de Lyon,
Père de l’Eglise,
Fêté le 28 juin

(extraits d’une homélie)




Selon la tradition, les premiers qui apportèrent sur le sol de Gaule la lumière de l’Evangile furent les amis les plus proches de Notre Seigneur, ses familiers, à savoir les saintes femmes que l’on vénère sous le nom des « Saintes Marie de la Mer » : sainte Marie Madeleine, sainte Marthe et leur servante sainte Sarah, ainsi que leur frère saint Lazare, le ressuscité de Béthanie ; on leur attribue d’avoir évangélisé la Provence, de Marseille à Tarascon jusqu’à la Sainte-Baume.

Libre à chacun d’ajouter foi, ou non, à cette très antique tradition, que l’histoire ne confirme ni n’infirme ; ce qu’elle nous dit, c’est qu’il y a des traces de communautés chrétiennes (au pluriel) à Marseille dès le IIe siècle. Ce qu’il faut retenir de cela, c’est un caractère que le christianisme gaulois a toujours revendiqué : la familiarité avec la personne même du Christ Jésus.

Si maintenant on quitte le terrain de la tradition pour celui de l’histoire, elle nous montre à Lyon, en plein cœur du IIe siècle, non seulement une communauté chrétienne, mais une Eglise pleinement constituée, avec à sa tête un évêque, saint Pothin, martyrisé en 177 alors qu’il était nonagénaire, en même temps que ceux que l’on appelle les « martyrs de Lyon », parmi lesquels saint Eléazar, saint Minerve, saint Alexandre, saint Epipode, le diacre saint Sanctus et sainte Blandine, qui avait alors 15 ans.

Les épisodes de leur exécution sont connus de source sûre, ils ne relèvent pas de l’hagiographie imaginative, puisqu’ils firent l’objet d’un rapport officiel – le deuxième connu dans l’histoire après celui sur le martyre de saint Polycarpe dont je reparlerai – rapport adressé par l’Eglise de Lyon à toutes les autres Eglises, dont celle de Rome.

Irénée, alors prêtre, n’avait pas été enveloppé dans cette persécution parce qu’il se trouvait justement en mission à Rome, porteur auprès de l’évêque de cette Eglise, la plus glorieuse d’Occident parce que fondée par les apôtres Pierre et Paul, d’un rapport exposant les sentiments de sa propre Eglise sur un mouvement en pleine expansion et qui devait plus tard dégénérer en hérésie, le montanisme - qui était une sorte de prophétisme charismatique enseignant un ascétisme rigoriste hostile à la chair et refusant la hiérarchie ecclésiastique : comme tel, un ancêtre lointain du catharisme.

De retour de Rome, Irénée succéda à saint Pothin comme évêque de Lyon, en 177, et le demeura jusqu’à son propre martyre, dont le jour calendaire est certain : le 28 juin, mais dont l’année oscille entre 202 et 208.

Qui était Irénée ? Un Grec, originaire de Smyrne. Comme lui-même le rapporte, il a été un disciple intime du grand évêque saint Polycarpe de Smyrne, auprès de qui il a passé son adolescence – saint Polycarpe, illustre figure de l’épiscopat, par son action, par son enseignement (il a écrit de nombreuses épîtres dont la plupart sont, hélas, perdues) et aussi par son martyre, à l’âge de 86 ans, martyre qui est lui aussi connu de source sûre, puisque lui aussi a fait l’objet d’un rapport officiel, celui dont je vous parlais, le premier qui nous reste avant celui des martyrs de Lyon.

Or Polycarpe avait été lui-même un disciple proche de saint Jean l’Evangéliste qui, comme vous le savez, finit sa longue vie à Ephèse. Ainsi donc, saint Irénée fut le fils spirituel de saint Polycarpe, lui-même fils spirituel de saint Jean – raison pour laquelle, dans les litanies que nous chanterons tout à l’heure en son honneur, il est nommé « petit-fils spirituel du disciple bien-aimé ».

Nous touchons ici à une réalité ineffable mais tout à fait consistante, celle de la « filiation spirituelle ». De même qu’il y a, dans l’ordre matériel, des filiations par le sang qui transmettent un certain héritage qu’on appelle le patrimoine génétique, de même il y a, dans l’ordre immatériel, des filiations par l’esprit qui transmettent un héritage spirituel, un patrimoine génétique spirituel. C’est à ce phénomène mystérieux que fait allusion le Christ lorsqu’il dit de Jean Baptiste que « l’esprit d’Elie reposait sur lui. » Ce qui est à l’œuvre là, c’est ce que saint Paul appelle l’ « esprit d’adoption » et qui est un mode d’opération du Saint-Esprit. Celui qui devient par l’esprit d’adoption fils d’un « ancien », reçoit par là-même une part, ou la totalité, de la capacité de compréhension intérieure, par l’esprit et par le cœur, de son père spirituel. Tout en demeurant lui-même il devient en esprit ressemblant à son père.

Ce double mouvement de la paternité et de la filiation spirituelles est porteur de ce qu’on appelle dans l’Eglise la Tradition. Il n’y a pas d’autre moyen de transmettre la tradition vraie que la paternité et la filiation, parce que c’est le rapport que Dieu entretient avec son Fils, le Verbe-Logos, de même qu’avec l’homme, créé à son image.

On peut donc dire d’Irénée que l’esprit de Jean le Bien-Aimé reposait sur lui, et en effet toute sa théologie est issue en droite ligne de celui que la tradition orthodoxe nomme « Jean le Théologien » - c’est-à-dire le théologien par excellence, parce que, selon la même tradition, en reposant à la Sainte Cène sur le cœur de son divin Maître, il a été initié, par transmission directe, par l’effet de la filiation spirituelle dont je viens de parler, à la connaissance des mystères les plus sublimes : la Divinité du Logos et son Incarnation, proclamées par lui dans le Prologue de son Evangile ; et l’essence divine, ou plus exactement la manifestation de l’essence divine, également proclamée par lui dans ses épîtres, et qui est l’amour : « Dieu est amour ».

L’Eglise de Lyon que dirigea saint Irénée pendant un quart de siècle était donc, très expressément, johannite. Et il est bon de noter que cette caractéristique johannite, en même temps que celle que j’ai signalée au départ, à savoir la familiarité avec le Christ, se retrouvent toutes deux dans le rite ancien des Gaules, qui a été en vigueur dans presque tout l’Occident, de l’Espagne à la Germanie inférieure, jusqu’à la réforme carolingienne – et qui a été restauré dans l’Eglise dont je suis le ministre. Sa liturgie est extrêmement proche dans sa structure de la liturgie jérusalémite, en usage dans la première Eglise chrétienne, celle de Jérusalem, dont le premier évêque fut « Jacques, frère du Seigneur », c’est-à-dire son cousin. En outre, tous les textes de la liturgie des Gaules sont entièrement imprégnés de l’Apocalypse, ils sont tissés de motifs empruntés aux visions de l’Aigle de Patmos ; deux caractéristiques qui ne sont pas du tout partagés par les liturgies orientales : de saint Jean Chrysostome, de saint Basile ou de saint Marc. Au demeurant, ces caractéristiques ne se sont jamais vraiment perdues en Occident – indépendamment de la restauration dont je parlais. En effet, lorsque Charlemagne qui, en tant que militaire, aimait ce qui est uniforme, imposa à tout son Empire le rite romain, en réalité ce qui fut mis en œuvre, notamment grâce au grand Alcuin, fut un rite gallo-romain où subsistaient une bonne part des richesses du rite ancien des Gaules, ainsi préservées jusqu’au concile de Vatican II.

Revenons à saint Irénée. Deux choses font sa gloire : ses écrits, et d’avoir rétabli la paix dans l’Eglise. En effet, un dissentiment sérieux opposait les Eglises entre elles à propos de la date de Pâques. Les Eglises d’Asie mineure, interprétant à la lettre l’évangile de saint Jean et s’appuyant en cela sur l’autorité de saint Polycarpe, célébraient la Pâque le 14 du mois hébreu de Nisan. Partout ailleurs, on la célébrait le dimanche suivant. (On sait que, depuis, les chrétiens ont fait beaucoup mieux en matière de désunion et que, si les dates de Pâques selon le calendrier occidental et selon le calendrier oriental peuvent parfois, mais rarement, coïncider, comme ce fut le cas en cette année 2001, l’écart entre elles peut atteindre jusqu’à cinq semaines !). Les papes successifs de Rome ayant échoué à établir par la persuasion l’unité de célébration, le pape Victor décida d’agir par voie d’autorité et menaça d’excommunication les Eglises d’Asie. Bien que saint Irénée fût lui-même, comme je l’ai dit, originaire d’Asie et disciple de saint Polycarpe, l’Eglise de Lyon avait adopté l’usage général. Cependant, il se rendit à Rome pour dissuader le pape Victor de briser la paix de l’Eglise en agissant par la force, surtout contre des Eglises aussi anciennes et aussi vénérables, qui avaient été fondées par d’aussi glorieux apôtres que saint Jean et saint Paul. Il réussit pleinement. En cela, il se conforma à son nom, qui signifie « pacifique » ou « pacificateur », réalisant ainsi la cinquième béatitude : « Bienheureux les pacificateurs, car ils seront appelés fils de Dieu ».

Son autre titre de gloire, toujours actuel, ce sont ses écrits. Beaucoup sont perdus, mais peut-être certains se retrouveront-ils : c’est ce qui s’est produit avec la Démonstration de la prédication apostolique, découverte en 1904 seulement dans une traduction arménienne au fin fond des archives du patriarcat d’Arménie, à Erevan. Lisez cette Démonstration, c’est un exposé catéchétique simple et lumineux.

Mais lisez surtout le grand traité de saint Irénée en cinq volumes – dont l’original grec ne subsiste qu’en partie mais qui est connu par une traduction latine très fidèle, traité intitulé en latin Contre les Hérésies et, plus explicitement en grec, Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, de la fausse gnose. Ces deux œuvres sont disponibles dans la collection des « Sources chrétiennes » - dont le siège, et ce n’est pas un hasard, se trouve à Lyon.

Si vous lisez – ou parcourez, car c’est assez fastidieux – l’examen détaillé des diverses hérésies à l’œuvre au temps de saint Irénée, et dont, souvent, nous ne connaissons plus l’économie exacte que par lui, ainsi que par son disciple saint Hippolyte de Rome, qui écrivit une vingtaine d’années plus tard, vous verrez que les mêmes sont toujours à l’œuvre de nos jours, quoique masquées sous des noms nouveaux et s’exprimant en termes différents. Toutes ces hérésies sans exception reviennent à nier ou à vider de leur substance les trois dogmes de la foi chrétienne, dogmes dont le refus fait que la foi ne peut plus être dite chrétienne :

1)    Dieu est à la fois Un et Trine. Comme il est confessé dans le Symbole dit de saint Athanase :

« La foi catholique consiste à adorer un seul Dieu en trois Personnes et trois Personnes en un seul Dieu, sans confondre les Personnes ni séparer la Substance. Car autre est la Personne de Dieu, autre est celle du Fils, autre est celle du Saint-Esprit. Mais la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit est une, leur gloire égale, leur majesté coéternelle. »

2)    Le Verbe, deuxième Personne de la Divine Trinité, est vrai Dieu et vrai homme. Toujours selon le même Symbole :

« La pureté de la foi consiste à croire et à confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, étant engendré de la substance du Père avant tous les temps, et il est homme, étant né dans le temps de la substance de sa Mère. Dieu parfait et homme parfait, ayant une âme raisonnable et une chair humaine. Egal au Père selon la divinité, et moindre que le Père selon l’humanité. Et quoiqu’Il soit Dieu et homme, Il n’est pas, néanmoins, deux personnes mais un seul Jésus-Christ. Il est un, non que la divinité ait été changée en humanité, mais parce que Dieu a pris l’humanité et l’a unie à sa divinité. Un enfin, non par confusion de nature, mais par unité de Personne ».

3)    Dieu est amour. La caractéristique qui manifeste la vie divine ad intra et ad extra, c’est-à-dire les rapports des Personnes divines entre elles et les rapports de Dieu avec sa création, c’est l’amour, l’amour total, sans restriction ni réserve, qui est don et donation.

Les hérésies, toutes sans exception, reviennent à nier tout ou partie de ces dogmes, et tout particulièrement la réalité de l’Incarnation du Verbe, car si le Verbe ne s’est pas incarné, il n’y a plus de salut possible pour l’homme. Et l’ennemi du genre humain, ne pouvant empêcher que le salut de l’homme s’opère, qu’il s’est déjà opéré, s’efforce au moins – et réussit souvent – de faire que tel ou tel homme pris individuellement n’y croie pas, ce qui empêche en effet le salut de s’opérer pour lui.

Donc elles nient, ou la réalité de l’humanité du Christ, ou la réalité de sa divinité – et donc dans les deux cas la réalité de sa double nature ; ou bien elles nient qu’il y ait un abîme absolu entre Dieu Créateur et sa créature, ce qui ferait par conséquent que cette dernière pourrait par ses propres efforts se diviniser elle-même – ce qui est le processus orgueilleux de Babel ; ou bien au contraire elles affirment que cet abîme est infranchissable et que Dieu est un Dieu souverainement indifférent à sa création, un Dieu lointain dénué d’amour ; ce Dieu pouvant même être tellement lointain qu’il sombre dans le néant, qu’il est totalement absent – alors pourtant que cet abîme absolu a été franchi par Dieu qui nous aime et parce qu’Il nous aime.

Cherchez autour de vous, vous reconnaîtrez des silhouettes ô combien familières !

Saint Irénée ne se contente pas de démonter les mécanismes pervers de l’esprit de l’homme déréglé par les insinuations du Malin, il affirme en contrepartie l’axiome lumineux du christianisme, qui est : « Dieu s’est fait homme pour l’homme devienne Dieu ».

La doctrine de saint Irénée est résolument optimiste parce qu’il sait, par cette connaissance intérieure reçue, je l’ai dit, du disciple bien-aimé, que Dieu est amour, qu’il est mû par ce que les Pères grecs appellent la philanthropie, c’est-à-dire l’amour pour l’homme, et qu’Il ne retire jamais ce qu’une fois il a donné.

Cette doctrine est celle-ci. L’homme a été créé originellement dans un état glorieux, il jouissait de l’immortalité et de la joie parfaite de la familiarité avec la présence de Dieu. Il a donc été créé dans un état de perfection – mais dans un état de perfection relative, car cet état était un état d’enfance ; et le programme prévu pour lui était de devenir adulte à la mesure parfaite de Dieu. En d’autres termes, il a été créé à l’image et selon la ressemblance de Dieu, c’est-à-dire qu’il lui fallait compléter la ressemblance de manière à la rendre complète, parfaite, jusqu’à l’identité. Ce qui était proposé à l’homme – et ce qui lui reste toujours proposé – c’est de devenir par grâce ce que Dieu est par nature : divin.

Ce pourquoi il était prévu de toute éternité que le Fils de Dieu s’incarnerait afin d’unir en Lui la divinité à l’humanité, pour qu’en retour l’homme unisse en lui l’humanité à la divinité : réversibilité totale !

L’Incarnation du Verbe n’a donc pas été nécessitée par la chute ; ce que la chute a en revanche rendu nécessaire, à cause de son amour totalement gratuit pour l’homme, c’est sa Passion et sa Mort sur la Croix ; Croix qui devient du même coup l’instrument du triomphe sur la mort, et sur le maître de la mort : Satan, puisqu’elle ouvre les portes de la Résurrection.

Ainsi, le plan divin, qui est la déification de l’homme et la transfiguration universelle, en d’autres termes l’avènement des cieux nouveaux et de la terre nouvelle, de la nouvelle Jérusalem venue d’en haut d’auprès du Père, ce plan s’accomplit-il de nouveau. Et il s’accomplit au sein de l’Eglise « catholique » au sens propre, c’est-à-dire universelle ; car l’Eglise est le milieu, le creuset, l’athanor, dans lequel, par l’action du Christ et du Saint-Esprit - « ces deux mains du Père à l’œuvre », comme les décrit saint Irénée - l’univers entier est en marche vers la transfiguration et l’homme vers la déification. L’Eglise sera accomplie en plénitude lorsque la totalité de la nature créée sera réunie dans la Nouvelle Jérusalem par et dans l’Agneau Emmanuel, « Dieu-avec-nous ».

Autre point : ce qui, en l’homme, est porteur de la ressemblance divine, c’est son esprit, cependant que son corps et son âme participent de la nature matérielle créée. Ainsi donc il unit originellement en lui les cieux et la terre. Les cieux nouveaux et la terre nouvelle annoncés par saint Jean dans son Apocalypse, ce sera l’Homme Nouveau, à la mesure parfaite du Christ, le Premier Adam renouvelé, redevenu nouveau, par sa similitude et son union avec le Nouvel Adam, Jésus-Christ.

Telle est la théologie fulgurante de saint Irénée – et pourtant exposée avec une simplicité et une limpidité saisissantes, qui sont la marque de la vérité. La vérité est évidence !

A notre Dieu qui nous a aimés d’un tel amour qu’Il nous a donné son propre Fils pour nous communiquer et partager avec nous son amour, et qui nous a donné de tels apôtres pour nous réunir dans le lieu de son amour qui est l’Eglise, au Dieu Tri-Unique, soient honneur, gloire et adoration aux siècles des siècles.

lundi 8 août 2011

La Transfiguration toujours sensible à l'oeil

Je reproduis sans aucun commentaire cet écho.
A chacun de se faire sa religion - si j'ose dire...


Les météorologues ne parviennent pas à expliquer la descente du nuage sur l'endroit supposé de la Transfiguration du Seigneur


http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=8081


Moscou, 11 janvier 2011, 18h12 - Interfax - La science ne parvient pas à expliquer le mystère de ce nuage, qui chaque année, descent sur le Mont Thabor, à l'endroit où selon la Bible, la Transfiguration du Seigneur a eu lieu.
Serguei Mirov, un participant de l'étude organisée cet été par le groupe de travail sur les signes miraculeux à la Commission synodale théologique, explique que l'enquête a été menée par des météorologues Russes et Israéliens, rapporte le quotidien Komsomolskaya Pravda.

Selon lui, résumant les résultats, les experts ont conclu que cette nuée ne saurait être générée par un air aussi sec et par une telle température.

Mirov d'insister que "la descente de cette nuée bénie" n'a lieu qu'à l'endroit où se trouve le monastère Orthodoxe. Il explique que pendant l'office religieux de la fête [le phénomène miraculeux a lieu pendant la fête Orthodoxe de la Transfiguration, IF], une sorte de sphère brillante paraît au dessus des fidèles, puis le nuage apparaît au dessus de la croix dans l'église de la Transfiguration. Il grandit en taille et descend sur les fidèles, les couvrant et leur laissant une rosée rafraichissante.

De son côté, Pavel Florensky, un académicien de l'Académie russe des sciences naturelles, président de ce groupe de travail sur les signes miraculeux, dit que son équipe a examiné l'apparition du Saint Feu à l'église du Saint Sépulcre à Jérusalem lors de la vigile de Pâques avec l'aide des appareillages les plus précis et modernes.

La conclusion est simple : l'apparition du Feu est accompagnée d'un phénomène piézo-électrique puissant dans toute l'église et directement à l'entour, similaire à ce qui se passe lors d'un coup de foudre, mais il n'y a pas de foudre.. Dès lors, cela signifie que cet événement peut être considéré comme miraculeux," selon lui.

Repris de l’excellent blog orthodoxe belge  http://stmaterne.blogspot.com/

lundi 23 août 2010

humanisation et déshumanisation

Ce blog étant tout récent, cela m'oblige à revenir un peu en arrière.
Le mois d'août, mois "auguste", est riche en célébrations glorieuses, qu'on pourrait dire solaires. Mais bornons-nous à ce qu'elles nous enseignent, qui n'est pas méprisable.
Le 6 août, nous avons célébré la transfiguration de Notre Seigneur. Cette fête, mal comprise généralement, est une fête de la glorification de l'Homme, de l'humanité, car ce que les trois apôtres Pierre, Jacques et Jean, contemplent - et ils ne peuvent pas soutenir cette contemplation - ce n'est pas Jésus Dieu, mais Jésus Homme, dans l'humanité déifiée qui est sienne en tant que nouvel Adam, qui était celle dont Adam avait les prémices avant la chute, et qui sera celle de tout homme christifié. Bref, répétons-le, c'est la fête de l'Homme en gloire.
Or que se passe-t-il le 6 août 1945 ? La bombe atomique, première de l'Histoire, lancée par les Américains sur Hiroshima, provoque par une fulguration létale la mort de quelque 170 000 personnes. Une véritable transfiguration inversée, grimace satanique de la vraie;
Autre "signal". Tout orthodoxe - les catholiques romains moins, mais les choses changent - connaît saint Séraphin de Sarov, qui fit expérimenter à son disciple Motovilov la réalité concrète de la transfiguration de l'homme (nous pourrons plus tard présenter à nos lecteurs, s'ils le souhaitent, saint Séraphin de Sarov). Or qu'y a-t-il à Sarov ? Le principal site russe de mise au point de la bombe atomique, qu'il a fallu évacuer d'urgence à cause des incendies qui viennent de ravager toute la Russie. Nous sommes dans la même inversion. 
Et on pourrait continuer longtemps comme cela.
Conclusion. Il faut être attentifs aux signes des temps car ils portent la trace du combat du Grimaçant contre notre Dieu. Il est vaincu d'avance, nous le savons, mais non sans combats dans lesquels nous avons notre place, sans faiblesse et sans découragement. En effet, Xristos Nika : Christ est vainqueur. Mais nous ne sommes vainqueurs avec Lui que si nous combattons avec Lui. Amen.