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mercredi 26 septembre 2012

Sur sainte Hildegarde de Bingen


Hildegarde de Bingen
prophète et docteur pour troisième millénaire

Ed. des Béatitudes , Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher)
Parution :  septembre 2012
18,50 € 17,58 €  (à la Procure)






Une étude bienvenue sur cette femme extraordinaire, douée dans tous les genres et même en théologie.

Sa théologie est mystique et s'inscrit en cela dans la grande tradition patristique. Sainte Hildegarde prélude, avec quel éclat, au grand courant de mystiques féminines qui alimentera durant un siècle et demi les régions rhéno-flamandes aux XIIIe et XIVe siècles, à l'époque de maître Eckhart, Ruysbroeck,  Tauler, Suso, et des "Amis de Dieu" de l'Ile Verte.



Quatrième de couverture


Proclamée « Docteur de l'Église » le 7 octobre 2012, Hildegarde de Bingen (1098-1179) est la quatrième femme gratifiée de ce titre depuis l'origine du Christianisme. Mondialement connue pour ses oeuvres musicales, ses enluminures, sa connaissance des plantes médicinales et parfois pour ses recettes de cuisine, cette abbesse bénédictine est avant tout une maîtresse spirituelle divinement inspirée. Ce livre aborde le thème peu étudié en France de son apport théologique et éclaire ainsi la raison de cette proclamation papale.

Hildegarde élabore une anthropologie novatrice, veut guider les âmes et régénérer l'esprit. Son génie est de proposer une conception intégrale de la personne : « Le corps est l'atelier de l'âme où l'esprit vient faire ses gammes ». Ses trois livres de visions nous introduisent dans une sagesse chrétienne. Le premier indique la voie, le second donne les moyens, le troisième décrit le but à atteindre : une harmonie de l'univers renouvelée grâce à la transformation intérieure de l'homme. Toute la richesse de l'Occident chrétien est ici synthétisée.

C'est afin de découvrir la pleine modernité de la spiritualité d'Hildegarde et son génie que Pierre Dumoulin, latiniste, nous fait découvrir de larges extraits de ses écrits qu'il a lui-même traduits ou remis au goût du jour. Il révèle tout d'abord le caractère prophétique d'une personnalité qui a marqué son siècle et qui reste très actuelle, puis il présente ses trois principales oeuvres où ont été cueillies des perles qui n'ont pas d'âge.

mercredi 1 août 2012

Saint Séraphim de Sarov

L'Eglise orthodoxe fête aujourd'hui un des plus grands saints de l'époque contemporaine, saint Séraphim de Sarov (1759-1833). Sa célébrité a rapidement débordé les frontières de la Russie pour s'étendre à tout le monde orthodoxe, et ensuite bien au-delà, grâce à l’émigration russe provoquée par la révolution bolchevique. 
Ce qui a puissamment contribué à son rayonnement, c'est son "Entretien avec Motovilov" , redécouvert bien après la mort de l'un et de l'autre, entretien au cours duquel il fait partager à son interlocuteur l’expérience de la transfiguration par et dans le Saint-Esprit, et où il prononce cette parole mémorable : "Le but de la vie chrétienne, c'est l’acquisition du Saint Esprit de Dieu. Ces pages sont un exemple parmi les plus éblouissants de cette "théologie mystique "qui est propre à l’Église orthodoxe. 
Il faut à tout prix se pénétrer de cet écrit rempli d'un souffle miraculeux et d'une lumière pénétrante par delà les signes d'écriture. Et il faut lire aussi sa vie, miracle (elle aussi) d'ascèse héroïque et d'amour sans limites. Pour cela, un opuscule indispensable : Séraphim de Sarov, Sa vie, Entretien avec Motovilov et Instructions spirituelles (Bégrolles-en-Mauge, Abbaye de Bellefontaine, "Spiritualité orientale n°11, n. éd. 2004).
Anecdote qui n'est pas sans intérêt : c'est à Sarov où le Saint-Esprit avait manifesté sa puissance, que les soviétiques implantèrent un arsenal de recherches sur l'arme atomique, cette puissance diabolique.
Autre anecdote : les reliques de saint Séraphim, qui avaient disparu durant toute l'ère soviétique, furent retrouvées après la chute du communisme, et transférées solennellement à Moscou.  
Saint Séraphim est fêté deux fois : le 15 janvier (2 janvier selon le calendrier julien), date de sa "naissance au ciel" (selon la belle expression des orthodoxes) et le 1er août (19 juillet), date de sa canonisation en 1903 et du transfert de ses reliques.
Je reproduit ci-dessous la relation d'un de ses miracles opéré en Alsace (source orthodoxologie).






Apparition de saint Séraphin de Sarov en Alsace



Un de mes amis m'a envoyé une lettre en français, dans laquelle une dame d'Alsace lui demandait de lui envoyer quelque chose sur l'Église orthodoxe russe: un livre de prières, ou quelque chose de similaire. En réponse, ils ont envoyé quelque chose, et l'affaire s'est terminée.

Ensuite, je suis allé en Alsace et j'ai rendu visite à cette femme pour faire connaissance, mais à ce moment-là elle n'était pas là. J'ai rencontré sa belle-mère, femme âgée et chrétienne au cœur pur d'une grande miséricorde.

Elle m'a dit ce qui suit... Leur famille était d'une ancienne lignée noble d'Alsace, de confession protestante. Il faut dire que dans cette région d'Alsace les habitants sont divisés selon les deux fois: il y a une moitié catholique, et une moitié protestante. Ils ont en commun l'église, où ils célèbrent les offices à tour de rôle. Au fond de cette église, il y a un autel romain, avec toutes les statues et les choses nécessaires, mais, quand les protestants officient, ils tirent un rideau devant tout cela, ils mettent leur table au milieu et ils prient.

Récemment, des protestants d'Alsace ont lancé un mouvement en faveur de la vénération des saints. Cela s'est produit après la lecture du livre de Sabatier[1] à propos du saint catholique François d'Assise. Etant pasteur protestant lui-même, l'auteur a été impressionné par le mode de vie de ce juste lors de sa visite à Assise. La famille de mes amis  fut également sous l'influence de ce livre. Bien que restant protestants, ils ressentaient encore un certaine insatisfaction. Ils souhaitaient vénérer les saints et participer aux sacrements. Quand le pasteur les a enseignés, ils lui ont demandé de ne pas fermer le rideau sur l'autel catholique, afin qu'ils puissent au moins voir les statues des saints. Leurs pensées étaient à la recherche de la véritable Église.

Et ainsi, un jour, cette jeune femme, qui était malade, était assise dans le jardin et lisait la vie de François d'Assise. Le jardin était tout en fleurs. Il y avait un grand silence dans la campagne ... Toujours lisant, elle s'est légèrement endormie. "Je ne sais pas comment c'est arrivé", dit-elle ensuite. "François lui-même s'est approché de moi, avec un un homme âgé voûté et lumineux, comme un patriarche. Il était tout en blanc. J'ai eu peur. Mais François s'est approché de moi et m'a dit: "Ma fille! Tu es à la recherche de la véritable Église - elle est là, où il est lui! "[...]

Le vieil homme blanc garda le silence et il sourit en acquiesçant aux paroles de François. La vision s'est terminée. Elle se réveilla. Et pour une raison quelconque, sa pensée lui suggéra: "Ceci est lié à l'Église russe". Et la paix descendit sur son âme.

C'est après cette vision, qu'elle a écrit la lettre, mentionnée au début de cette histoire. Deux mois plus tard, je leur ai à nouveau rendu visite, et alors elle m'a dit elle-même ce qui suit. Ils ont embauché un travailleur russe. Voulant savoir s'il était bien installé, l'hôtesse est venue dans sa chambre et a vu une icône dans le coin, sur le mur, et elle a reconnu la même personne âgée, qu'elle avait vue dans la vision de François. Surprise et effrayée, elle a demandé: "Qui est ce vieillard? "- "C'est saint Séraphim, notre saint orthodoxe," a déclaré le travailleur. Et puis elle s'est rendu compte seulement alors du sens des paroles de François disant que la vérité est dans l'Église Orthodoxe.

Version française de Claude Lopez-Ginisty
d'après
http://www.fatheralexander.org/booklets/english/chudesa_e.htm


[1] Paul SABATIER. Vie de saint François d'Assise, édition définitive. Paris, Fischbacher 1931.(1ère version 1894). Ouvrage remarquable, et remarqué.