Le christianisme n'a jamais méprisé le corps, créature de Dieu. Même l'ascèse la plus rigoureuse est une sorte d'hommage au corps ; elle tend à le rendre digne d'avoir part à la résurrection en gloire.
Longtemps, l'Orthodoxie a parlé à l'Occident en langages importés. Désormais, ce sont les langues maternelles occidentales qui "parlent orthodoxe". C'est un de ces parlers qu'on fera entendre ici, en souhaitant que ces paroles deviennent "verbe".Il faut verber, disait le Philosophe Inconnu. Pas d'équivoque ! Ces paroles sont miennes exclusivement, et n'engagent que moi : aucune Eglise, aucun organisme initiatique.
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mercredi 19 juin 2013
La rédemption et la glorification du corps selon saint Paul
Le christianisme n'a jamais méprisé le corps, créature de Dieu. Même l'ascèse la plus rigoureuse est une sorte d'hommage au corps ; elle tend à le rendre digne d'avoir part à la résurrection en gloire.
dimanche 5 août 2012
Homélie de saint Léon le Grand sur la Transfiguration
Homélie de saint Léon le Grand sur la Transfiguration
Sermon 51, 3-4
L'Eglise fête aujourd'hui la Transfiguration du Seigneur à laquelle sont associés trois dans le ciel : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, trois sur la hauteur: Moïse, Elie et le Fils de l'Homme, et trois sur la terre : Pierre, Jacques et Jean.
Le Christ manifeste ainsi sa nature humaine glorifié, qui fut celle d'Adam aux origines et qui sera celle que le Nouvel Adam communiquera à la fin des temps à tous ceux des humains qui auront accepté son salut.
Un détail non négligeable à relever : Satan, qui parodie sacrilègement tout ce que Dieu fait, a choisi cette même date du 6 août pour inciter l'homme à faire exploser à Hiroshima la bombe atomique, cette gloire luciférienne.
Transfiguration monastère sainte Catherine du Sinaï (VIe siècle)
Le Seigneur découvre sa gloire devant les témoins qu'il a
choisis, et il éclaire d'une telle splendeur cette forme corporelle qu'il a en
commun avec les autres hommes que son visage a l'éclat du soleil et que ses
vêtements sont aussi blancs que la neige.
Par cette transfiguration il voulait avant tout prémunir ses
disciples contre le scandale de la croix et, en leur révélant toute la
splendeur de sa dignité cachée, empêcher que les abaissements de sa Passion
volontaire ne bouleversent leur foi.
Mais, il ne prévoyait pas moins de fonder l'espérance de
l'Église, en faisant découvrir à tout le Corps du Christ quelle transformation
lui serait accordée ; ses membres se promettraient de partager l'honneur qui
avait resplendi dans leur chef.
Le Seigneur lui-même avait déclaré à ce sujet, lorsqu'il
parlait de la majesté de son avènement: « Alors
les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père »
(Matthieu 13,43). Et l'apôtre saint Paul atteste lui aussi: « J'estime qu'il n'y a pas de commune
mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que le Seigneur va
bientôt révéler en nous » (Romains 8,18). Et encore: « Vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec
lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ qui est votre vie, alors, vous aussi vous
paraîtrez avec lui en pleine gloire » (Colossiens 3,3-4).
Cependant, pour confirmer les apôtres et les introduire dans
une complète connaissance, un autre enseignement s'est ajouté à ce miracle. En
effet, Moïse et Élie, c'est-à-dire la Loi et les Prophètes, apparurent en train
de s'entretenir avec le Seigneur. Ainsi, par la réunion de ces cinq hommes
s'accomplirait de façon certaine la prescription: « Toute parole est garantie par la présence de deux ou trois
témoins » (Deutéronome 19,15).
Qu'y a-t-il donc de mieux établi, de plus solide que cette
parole? La trompette de l'Ancien Testament et celle du Nouveau s'accordent à la
proclamer; et tout ce qui en a témoigné jadis s'accorde avec l'enseignement de
l'Évangile.
Les écrits de l'une et l'autre Alliance, en effet, se
garantissent mutuellement ; celui que les signes préfiguratifs avaient promis
sous le voile des mystères est montré comme manifeste et évident par la splendeur
de la gloire présente. Comme l'a dit saint Jean, en effet: « Après la Loi communiquée par Moïse, la grâce
et la vérité sont venues par Jésus Christ » (Jean 1,17). En lui s'est
accomplie la promesse des figures prophétiques comme la valeur des préceptes de
la Loi, puisque sa présence enseigne la vérité de la prophétie, et que sa grâce
rend praticables les commandements.
Que la foi de tous s'affermisse avec la prédication de
l'Évangile, et que personne n'ait honte de la croix du Christ, par laquelle le
monde a été racheté.
Que personne donc ne craigne de souffrir pour la justice, ni
ne mette en doute la récompense promise ; car c'est par le labeur qu'on
parvient au repos, par la mort qu'on parvient à la vie. Puisque le Christ a
accepté toute la faiblesse de notre pauvreté, si nous persévérons à le
confesser et à l'aimer, nous sommes vainqueurs de ce qu'il a vaincu et nous
recevons ce qu'il a promis. Qu'il s'agisse de pratiquer les commandements ou de
supporter l'adversité, la voix du Père que nous avons entendue tout à l'heure
doit retentir sans cesse à nos oreilles: « Celui-ci
est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute ma dilection ; écoutez-le
! » (Matthieu 17, 5)
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mardi 19 juin 2012
Quelques propos sur les anges
DIEU n’est pas seul !
N’est-il pas paradoxal de affirmer cela, alors que, nous,
chrétiens, quand nous confessons notre foi dans Credo, le « Symbole
de la foi », nous proclamons : « Je crois en un seul Dieu… » ?
Oui : un
seul Dieu, mais pas un Dieu seul !
Dieu n’est pas seul.
a) Il ne l’est pas en soi, il ne l’est pas
personnellement : Il est Trinité de Personnes, Il est Tri-Unique.
b) En outre, Il est toujours accompagné et environné
d’anges. Les anges sont la cour divine, la « céleste
cour ». Ils sont « le
plérôme du monde spirituel » (Jean Daniélou). Le pl»rwma, le
plérôme, c’est ce
qui est rempli à ras bord : c’est la plénitude sans faille, sans
vide, du monde de l’esprit. L’esprit en effet est plein, et il n’y a pas place
pour autre chose ; la matière au contraire est vide, elle est faite d’une succession de vides.
Une façon de décrire cette plénitude, ce plérôme, c’est la
formule bien connue : « tout est plein d’anges ». On
trouve dans les psaumes, les prophètes et, à leur suite, dans la liturgie
chrétienne, cette autre formule, que nous reverrons : « Pleni sunt
caeli et terra gloria tua ».
*
* *
Les anges sont, disions-nous, la cour de Dieu.
Que sont les courtisans ?
Ils sont :
-
adulateurs ;
-
soumis.
Que sont, a contrario, les anges ?
-
adorateurs ;
-
obéissants.
-
Ou encore :
-
liturges ;
-
serviteurs.
A – Les anges sont serviteurs :
« Il
fait des souffles ses anges, des flammes de feu ses serviteurs »
(psaume 104).
1.
Ils sont humbles et obéissants.
Ils ne sont pas « musulmans »,
c’est-à-dire soumis. Ils sont humbles par « crainte de Dieu »,
laquelle est tout autre chose que la peur ou la terreur : c’est le
sentiment contemplatif de l’immensité de la majesté divine, qui engendre, non
la terreur, mais l’amour jubilant.
Ils sont donc obéissants par amour.
Ils n’ont pas une mentalité d’esclaves, mais de fils. Dans la Septante , l’équivalence
est fréquente entre « anges de Dieu » et « fils de
Dieu » : cf. les psaumes et, par exemple, le début du Livre de Job.
2.
Ils sont lumineux et illuminants, à
cause de leur humilité.
N’ayant pas en eux la moindre ombre d’égoïsme, ils s’effacent
devant Celui qu’ils aiment. Raison pourquoi, dans l’iconographie, saint Jean
Baptiste le Précurseur est souvent représenté sous forme d’ange, à cause de sa
caractéristique spirituelle : il s’efface (« il faut qu’Il croisse et que je
diminue »).
D’où vient qu’ils sont translucides :
transparents à la Lumière
divine. Plus encore, ils sont photophores : ils portent et rayonnent la Lumière divine.
3.
Ils sont puissants parce que
remplis de la Puissance
divine
- qu’ils portent,
- qu’ils exécutent,
- qu’ils communiquent.
4.
Ils sont remplis de la Sainteté , qui est
la caractéristique propre de Dieu (« Un seul est Saint »).
5.
Ces trois :
- Lumière,
- Puissance,
- Sainteté,
sont une même réalité, désignée par un nom : Gloire (כבד KaBoD).
Les anges sont donc porteurs de la Gloire divine :
-
« ils
sont le rayonnement de la
Gloire divine » (Daniélou) ;
-
« ils
sont la gloire créée de la
Gloire incréée » (Boulgakov).
Autrement dit : Ils sont le rayonnement créé de cette
Gloire incréée :
Or la Gloire
est la Présence divine dans sa manifestation tangible,
concrète, expérimentable. Les anges sont donc porteurs, vecteurs, véhicules des
énergies
divines incréées, ces énergies qui sont puissances, ou vertus au
sens premier (les vertus n’ayant pris un sens moral que par dévitalisation et
affadissement).
6.
Les anges sont par là porteurs des
caractéristiques divines,
même s’ils ne les possèdent pas en propre.
C’est pourquoi ils sont à bon droit appelés divins,
car ils sont déiformes et
ils se communiquent l’un à l’autre et aux hommes la déiformité (St
Denys l’Aréopagite), c’est-à-dire la déification.
C’est aussi la double raison pour laquelle le Logos est
« l’Ange du Grand Conseil » :
a) les anges portent la figure de Dieu,
b) et le Verbe-Logos a une figure d’ange.
7.
Enfin ils sont à la fois totalement stables et
totalement dynamiques.
L’échelle de Jacob, constitué par les hiérarchies célestes,
du ciel à la terre et de la terre au ciel, est une « échelle
mobile ».
Elle l’est :
- en elle-même : elle est les
anges qui montent et descendent, tout en restant chacun à sa place dans son
ordre ;
- dans son usage, que nous
verrons.
B - Les
anges sont également serviteurs dans un sens plus
particulier :
ils sont liturges ; ils accomplissent un service
ministériel : la liturgie.
En tant que serviteurs de la liturgie, ils sont diacres. Di£konoi veut
dire « serviteurs » ; raison pourquoi l’iconographie
traditionnelle revêt les anges d’ornements diaconaux.
Ils sont les co-célébrants de la liturgie divine sous
ses divers aspects :
a)
la liturgie
céleste, dans le monde spirituel créé,
liturgie
qui ne s’interrompt jamais ;
b)
la liturgie
cosmique, dans le monde matériel créé,
liturgie
qui ne s’interrompt jamais non plus, car les éléments du monde : animaux,
végétaux, minéraux même, louent incessamment leur Créateur ;
c)
la liturgie
ecclésiale, dans cette société divino-humaine, incréée-créée, qu’est
l’Eglise,
liturgie
qui, à cause de notre faiblesse, s’interrompt parfois.
Ainsi, les anges :
-
concélèbrent avec les hommes la liturgie ecclésiale ;
-
concélèbrent avec les hommes (là où il y en a) et aussi avec
les animaux, végétaux, minéraux… la liturgie cosmique ;
-
ont admis des hommes à concélébrer leur propre liturgie
céleste, depuis qu’il y a des hommes aux cieux (et même lorsqu’ils sont encore physiquement
sur cette terre !), et ces hommes, ce sont les saints ;
-
concélèbrent aussi avec chaque homme (c’est un des rôles de
son ange gardien, « ange bon compagnon »)sa propre liturgie
intérieure.
La liturgie céleste, nous en connaissons quelques éléments, mais
essentiels, par les prophètes Ezéchiel et Isaïe (cf. St Denys l’Aréopagite, Hiérarchies Célestes 202 A-B [1]).
C’est une liturgie de louange, centrée sur la Gloire dont il été question plus haut,
savoir la Présence
réelle de Dieu :
Ezéchiel (III, 2) : « Bénie soit la Gloire du Seigneur au lieu
de son séjour ».
Isaïe (VI,3) : « Saint, Saint, Saint,
le Seigneur (Dieu) Sabaoth (= des Armées angéliques), sa Gloire remplit
toute la terre » - c’est le Trisagion (« trois fois Saint »)
de la liturgie céleste et ecclésiale.
Les psaumes y font très directement écho, qui disent :
« Caeli
enarrant Gloriam Dei » (psaume 19 : « les cieux racontent
la Gloire de
Dieu ») ; « Béni soit à jamais son Nom glorieux, que toute la
terre soit remplie de sa Gloire » (ps. 72) ; « Elève-toi
au-dessus des cieux, ô Dieu, que ta Gloire brille sur toute la terre »
(ps. 57) ; « sa Gloire est au-dessus des cieux » (ps. 113), etc.
La liturgie ecclésiale combine le tout :
« Saint, Saint, Saint (ou : Agios, Sanctus, Saint) le Seigneur Dieu
Sabaoth, les cieux et la terre sont remplis de sa Gloire »
- (« Sanctus, Sanctus,
Sanctus Dominus Deus Sabaoth, pleni sunt caeli et terra Gloria sua »).
Sabaoth,
ce sont les « armées » célestes, le plérôme angélique.
Pleni,
remplis : nous retrouvons la notion de plénitude. « Tout est plein
d’anges ». La Gloire de Dieu emplit
« le ciel et la terre », c’est-à-dire les mondes spirituel et
matériel : elle emplit TOUT.
C – La présence de la Gloire , la Gloire qui est Présence,
appelle la glorification. Glorifier Dieu, rendre gloire à Dieu, c’est « rendre à Dieu
la gloire qui est sienne et dont Il nous a remplis »
(Daniélou)
Remplis de la
Gloire de Dieu (par laquelle ils sont devenus, chacun à
sa mesure, divins ) les anges ne cessent de la Lui rendre par une louange
incessante.
« Rendez
au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur gloire et honneur » (psaume
29).
I.
Les anges sont des contemplateurs et
des adorateurs.
a.
Les plus proches de la fournaise
trinitaire (Séraphins, Chérubins, Trônes) contemplent la Face de Dieu, et cette
contemplation les rend éblouissants (cf. la face de Moïse) ;
b.
Les inférieurs contemplent leurs
supérieurs lumineux, et ainsi de suite tout au long de l’échelle
hiérarchique : c’est une cascade de lumières.
c.
Cette contemplation les remplit d’amour
et de jubilation, d’où jaillissent adoration et action de grâces.
II.
Chez les anges, contemplation et
action sont inséparables.
Ils sont les ministres, les coopérateurs du Dieu
tout-puissant :
a.
dans le bel ordonnancement du
monde, qui est œuvre de beauté - à quoi renvoie son nom κόσμος, cosmos, qui veut dire « ordonné
bellement » (d’où l’exclamation dont le Créateur ponctue les
différentes étapes de la Genèse
טוֹב -כִּי KeToV, c’est-à-dire « que beau ! ») ;
b.
dans l’accomplissement des destinées de
l’homme, qui est œuvre de vérité.
Dans ces deux tâches, « ils sont les instruments des œuvres
divines » (Daniélou) ; « ils réalisent et révèlent les pensées
divines » (Mgr Jean de Saint-Denis).
Ils le font de deux façons :
a.
ils ont une fonction de sauvegarde et
de gouvernement ;
b.
ils sont médiateurs et révélateurs :
en un mot messagers.
A.
Ils président aux « éléments du
monde » : ils sont les lois du monde, les lois naturelles.
Ces lois, établies par Dieu Créateur, sont portées,
maintenues et mises en œuvre par les anges.
Axiome : tout ce qui existe dans le monde créé,
matériel ou immatériel, a son ange.
Cela veut dire que non seulement tous les éléments de la
matière, mais aussi les idées (celles selon Platon et les autres aussi), les
pensées, les sentiments, bons ou mauvais, les passions, nobles ou ignobles,
tout est véhiculé et distingué par des anges, bons ou mauvais, des esprits de
Dieu ou des démons (cf. le psaume de saint Bède le Vénérable : « les sept démons…s’opposent
aux sept esprits de Dieu »).
« Tout
est plein d’anges » ! Newton, l’inventeur de la mécanique
céleste, expliquait l’« attraction » (qu’on ne parvient encore
maintenant qu’à constater et mesurer, sans plus) par l’amour mutuel que se portent
les anges véhicules des astres…
Autre axiome : les anges sont les principes d’identité de
tous les existants.
B.
Ils le sont aussi des communautés
humaines.
Ils sont les « archontes des nations »
(Origène), comme aussi des Eglises (cf. les anges des sept Eglises dans
l’Apocalypse), des villes, des familles, des loges, de l’Ordre de Josué…
Ils président, ils sauvegardent, ils protègent, ils
secourent.
C.
Chaque homme a son ange « bon
compagnon » qui lui est expressément affecté par Dieu, et qui a partie
liée avec lui dans sa destinée spirituelle. Il est, dit Boulgakov, son
« moi céleste ».
D.
Autre fonction :
a.
Non seulement ils mettent en œuvre les lois
naturelles, mais ils les révèlent. Le
fait que des découvertes scientifiques aient lieu simultanément en des lieux distants
sans relation entre eux n’a pas d’autre explication : pour des motifs qui
nous échappent, les anges ont fait concurremment en plusieurs endroits des
révélations identiques.
b.
Ils révèlent aussi la
Loi : saint
Paul dit expressément que la Loi
a été révélée sur le mont Sinaï à Moïse par un ministère angélique
(Galates 3/19 ; cf. aussi Actes 7/36 et 53).
En revanche le Christ révèle Lui-même la Loi nouvelle.
c.
Ils révèlent enfin aux hommes non
seulement les commandements divins mais aussi les desseins divins : c’est
la fonction des anges qui apparaissent, en songe ou non, aux patriarches et aux
prophètes – et qui quelquefois sont indiscernables de Dieu lui-même pour la
raison qu’ils sont « divins ».
Tout cela relève de la fonction inhérente à leur mission de messagers :
leur fonction révélatrice.
E.
Cette fonction fait elle-même partie de
leur fonction plus générale de médiateurs. Leur raison d’être, en effet,
ou plutôt une de leurs raisons d’être, par rapport aux hommes, est d’être
médiateurs entre Dieu et eux.
Ici, il faut apporter une distinction importante :
a.
Sous l’Ancienne Loi, toute médiation et
révélation de Dieu aux hommes se fait par les anges.
b.
Depuis l’Incarnation, Dieu est entré en contact direct avec
l’homme et l’homme avec Dieu en la personne du Christ.
c.
Toutefois, le Christ n’a en rien
« aboli » ni rendu obsolète les fonctions et les missions des anges.
Lui-même, en tant qu’homme, s’est soumis aux anges (cf. St Denys, Hiérarchie céleste IV
C [2]),
de même qu’Il s’est soumis
aux éléments du monde que gouvernent les anges :
α le dessein suprême de Dieu pour
l’homme : l’Incarnation, a été annoncé par l’Ange ;
β des
anges accompagnent
le Christ tout au long de sa vie publique, depuis le début (le Christ
tenté au désert) jusqu’à la fin (l’agonie à Gethsémani).
d.
L’accomplissement du dessein divin, la déification, se
fait par l’entremise des anges : ils communiquent et transmettent les
énergies divines du Saint-Esprit, la grâce déifiante, par condescendance,
le long de la seule et unique hiérarchie à la fois céleste et humaine qu’est
l’échelle de Jacob. « Transmission » ou « tradition » se
disent Παράδοσις, Paradosis,
qui signifie proprement transmission
de dons. Cette Tradition est transmission de grâce en grâce et de
lumière en lumière, elle est transmission des actions successives de « purification », d’« illumination »
et de « perfection-union » qui
permettent l’élévation jusqu’aux cieux.
Précisons :
e.
Si cette communication est
« tradition », c’est parce que Dieu Créateur respecte sa propre
création et ses lois ;
f.
La communication peut parfaitement être,
et est parfois, directe,
sans intermédiaire : de Dieu à l’homme.
g.
N’oublions jamais, enfin, que :
« Jésus est le principe et la fin de toute
hiérarchie » (St Denys l’Aréopagite, Hiérarchie ecclésiastique I 373 C )
*
* *
Pour ce qui nous concerne :
A.
Célébrons consciemment nos
liturgies
-
cosmique
-
ecclésiale
-
intérieure
avec les anges,
Et participons aussi à leur
liturgie céleste.
Dans toutes, ils sont nos co-célébrants.
Ils
adorent avec nous, ne les adorons pas (voir dans l’Apocalypse la
parole de l’Ange à Jean qui veut se prosterner devant lui : « Moi aussi je suis serviteur, je
suis ton compagnon de service ». Ap 19/9 et 22/9).
B.
En effet :
« L’idolâtrie provient de ce qu’avec la chute, l’homme a
perdu le contact direct avec Dieu mais a conservé le contact avec les anges »
(Mgr Germain de Saint-Denis).
Ce contact direct a été rétabli par le Christ, ne faisons
pas comme si le Verbe ne s’était pas incarné, comme si le Réparateur
n’avait pas œuvré.
C.
Ne séparons donc jamais les anges de Jésus,
les
serviteurs de leur Seigneur,
la
cour de son Roi.
Soyons leurs « compagnons de service »,
au
service d’El Shaddaï, le Pantocrator, le Tout-Puissant, qui est aussi Emmanuel, « Dieu
avec nous ».
[1] « C’est pourquoi la Parole de Dieu a transmis
aux habitants de la terre certains hymnes que chante cette première hiérarchie
(i.e. les Séraphins) et dans lesquels se manifeste saintement l’éminence de
l’illumination, la plus haute de toute, qui lui appartient. Les uns, en effet,
traduisant cette illumination en termes sensibles, dans une clameur qui
ressemble au mugissement des grandes
eaux,
s’écrient : Bénie soit la gloire
du Seigneur au lieu de son séjour ! ; les autres annoncent cette très célèbre et auguste Parole
divine : Saint, saint, saint est
le Seigneur Sabaot, sa gloire remplit toute la terre. »
[2] « Car je constate
que Jésus lui-même, cause suressentielle des essences supra-célestes, venu
jusqu’à notre niveau sans perdre son immutabilité, ne s’écarte pas non plus de
la belle ordonnance,instituée et choisie par lui selon les convenances humaines, mais se
soumet docilement aux desseins de Dieu son Père que lui transmettent des Anges
– que, par leur entremise, sont également annoncés à Joseph la retraite
d’Egypte en Judée, - et que c’est par la médiation d’un Ange que nous le voyons
se soumettre aux saintes décisions paternelles. Car je passe sous silence,
puisque tu sais ce qui nous aété exposé par nos traditions sacerdotales, ce qui
concerne cet Ange qui réconforta Jésus ou le fait que Jésus lui-même, en raison
de l’œuvre bienfaisante qu’il accomplit pour notre salut, ayant pris place, lui
aussi, dans l’ordre révélateur, fut appelé Ange du grand conseil. Et,en effet, comme il le dit lui-même,usant des termes qui
désignent un messager, tout ce qu’il entendit du Père, il nous
l’annonça ».
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jeudi 31 mai 2012
Comment l'homme devient même corps et même sang avec le Christ
"C'est donc en toute certitude que, sous l'apparence du corps et du sang, nous participons au Christ. Car sous la figure du pain, c'est son corps qui t'est donné ; et sous la figure du vin, son sang qui t'est donné, afin qu'ayant participé au corps et au sang du Christ, tu sois avec lui un même corps et un même sang. Ainsi devenons-nous des 'porte-christ' (christophores), son corps et son sang se répandant dans nos membres. Voilà comment, selon le bienheureux Pierre, nous devenons participants de la nature divine (2 Pierre 1, 4).
[...]
"Instruit de ces vérités, et bien assuré que ce qui te paraît du pain n'est pas du pain quoiqu'il en semble au goût, mais le corps du Christ, et que ce qui paraît du vin n'est pas du vin, malgré la protestation du goût, mais le sang du Christ, sachant aussi ce que David chantait jadis à ce sujet : ...Et le pain qui fortifie le coeur de l'homme l'engage à oindre joyeusement son visage (Psaume 103, 15), fortifie ton coeur quand tu reçois ce pain comme pain spirituel, et réjouis le visage de ton âme. Puisses-tu, ce visage, le garder dans la nudité d'une conscience pure et, contemplant ainsi comme dans un miroir la gloire du Seigneur, progresser de gloire en gloire dans le Christ Jésus notre Seigneur ( 2 Corinthiens 3, 18) à qui soient honneur, puissance et gloire aux siècles des siècles. Amen."
Saint Cyrille de Jérusalem, vingt-deuxième catéchèse ou quatrième catéchèse mystagogique (ca. 350)
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