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jeudi 9 janvier 2014

La philosophie, source d'hérésies

La Philosophie, source d’hérésies


            Ce fut surtout dans les sectes séparées de l’unité de l’Eglise qu’eurent lieu les plus grands désordres : les hérésies furent au christianisme de que les systèmes philosophiques furent au paganisme, avec cette différence que les systèmes philosophiques étaient  les vérités du culte païen, et les hérésies les erreurs de la religion chrétienne.

            Les hérésies sortaient presque toutes des écoles de la sagesse humaine. Les philosophies des Hébreux, des Perses, des Indiens, des Egyptiens, des Grecs, s’étaient concentrées dans l’Asie sous la domination romaine : de ce foyer allumé par l’étincelle évangélique, jaillit une multitude d’hérésies aussi diverses que les hérésiarques étaient dissemblables. On pourrait dresser un catalogue des systèmes philosophiques, et placer à côté de chaque système l’hérésie qui lui correspond.

            Tertullien l’avait reconnu : « La philosophie, dit-il, qui entreprend témérairement de sonder la nature de la Divinité et de ses décrets, a inspiré toutes les hérésies. De la viennent les Eons et je ne sais quelles formes bizarres, et la trinité humaine de Valentin, qui avait été platonicien ; de là le Dieu bon et indolent de Marcion, sorti des stoïciens ; les épicuriens enseignent que l’âme est mortelle. Toutes les écoles de philosophie s’accordent à nier la résurrection des morts. La doctrine qui confond la matière avec Dieu est la doctrine de Zénon. Parte-t-on d’un Dieu de feu, on suit Héraclite. Les philosophes et les hérétiques traitent les mêmes sujets, s’embarrassent dans les mêmes questions : “D’où vient le mal, et pourquoi est-il ? D’où vient l’homme, et comment ?” Et ce que Valentin a proposé depuis peu : ”Quel est le principe de Dieu ?” A l’entendre, c’est la pensée et un avorton. 

            Saint Augustin comptait de son temps quatre-vingt-huit hérésies, en commençant aux simoniens et finissant aux pélagiens, et il avoue qu’il ne les connaissait pas toutes. 

[…]

            Les hérésies du premier siècle furent de trois sortes : les premières appartenaient à des fourbes qui prétendaient être le véritable Messie, ou tout au moins une intelligence divine ayant la vertu des miracles ; les secondes sortirent de ces esprits creux qui recouraient au système des émanations pour expliquer les prodiges des apôtres ; les troisièmes furent les imaginations de certains rêveurs qui voyaient en Jésus-Christ un génie sous la forme d’un homme, ou un homme dirigé par un génie : ils disaient encore que Jésus-Christ avait enseigné deux doctrines, l’une publique, l’autre secrète ; ils mutilaient les livres du Nouveau Testament, composaient de faux évangiles et fabriquaient des lettres des apôtres.

[…]

            L’Eglise faisait tête à toutes ces hérésies ; sa lutte perpétuelle donne la raison de ces conciles, de ces synodes, de ces assemblées de tous noms et de toutes sortes que l’on remarque dès la naissance du christianisme. C’est une chose prodigieuse que l’infatigable activité de la communauté chrétienne : occupée à se défendre contre les édits des empereurs et contre les supplices, elle était encore obligée de combattre ses enfants et ses ennemis domestiques. Il y allait, il est vrai, de l’existence même de la foi : si les hérésies n’avaient été continuellement retranchées du sein de l’Eglise par des canons, dénoncées et stigmatisées dans les écrits, les peuples n’auraient plus su de quelle religion iles étaient. Au milieu des sectes se propageant sans obstacles, se ramifiant à l’infini, le principe chrétien se fût épuisé dans ses dérivations nombreuses, comme un fleuve se perd dans la multitude de ses canaux.

Chateaubriand,  Etudes historiques, Etude cinquième, seconde partie in Œuvres complètes, tome premier, A Paris, chez Firmin Didot frères, 1840 (pp. 191-192 & pp. 195-196)



samedi 14 juillet 2012

Saint Paul : Contre les doctrines purement humaines


Contre les doctrines purement humaines
Saint Paul Epître aux Colossiens 2, 6 à 23




(Π) Ὡς οὖν παρελάβετε τὸν χριστὸν Ἰησοῦν τὸν κύριον, ἐν αὐτῷ περιπατεῖτε,
Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus Christ, marchez en lui,

ἐρριζωμένοι καὶ ἐποικοδομούμενοι ἐν αὐτῷ, καὶ βεβαιούμενοι ἐν τῇ πίστει, καθὼς ἐδιδάχθητε, περισσεύοντες ἐν αὐτῇ ἐν εὐχαριστίᾳ.
étant enracinés et fondés en lui, et affermis par la foi, d'après les instructions qui vous ont été données, et abondez en actions de grâces.

(Π) Βλέπετε μή τις ὑμᾶς ἔσται ὁ συλαγωγῶν διὰ τῆς φιλοσοφίας καὶ κενῆς ἀπάτης, κατὰ τὴν παράδοσιν τῶν ἀνθρώπων, κατὰ τὰ στοιχεῖα τοῦ κόσμου, καὶ οὐ κατὰ χριστόν:
Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s'appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur le Christ.

ὅτι ἐν αὐτῷ κατοικεῖ πᾶν τὸ πλήρωμα τῆς θεότητος σωματικῶς,
Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité.

καί ἐστε ἐν αὐτῷ πεπληρωμένοι, ὅς ἐστιν ἡ κεφαλὴ πάσης ἀρχῆς καὶ ἐξουσίας:
Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité.

ἐν ᾧ καὶ περιετμήθητε περιτομῇ ἀχειροποιήτῳ, ἐν τῇ ἀπεκδύσει τοῦ σώματος τῶν ἁμαρτιῶν τῆς σαρκός, ἐν τῇ περιτομῇ τοῦ χριστοῦ,
Et c'est en lui que vous avez été circoncis d'une circoncision que la main n'a pas faite, mais de la circoncision du Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps [des péchés] de la chair :

συνταφέντες αὐτῷ ἐν τῷ βαπτίσματι,  ἐν ᾧ καὶ συνηγέρθητε διὰ τῆς πίστεως τῆς ἐνεργείας τοῦ θεοῦ, τοῦ ἐγείραντος αὐτὸν ἐκ τῶν νεκρῶν.
ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l'a ressuscité des morts.

Καὶ ὑμᾶς, νεκροὺς ὄντας ἐν τοῖς παραπτώμασιν καὶ τῇ ἀκροβυστίᾳ τῆς σαρκὸς ὑμῶν, συνεζῳοποίησεν ὑμᾶς σὺν αὐτῷ, χαρισάμενος ἡμῖν πάντα τὰ παραπτώματα,
Vous qui étiez morts par vos offenses et par l'incirconcision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses ;

ἐξαλείψας τὸ καθ’ ἡμῶν χειρόγραφον τοῖς δόγμασιν, ὃ ἦν ὑπεναντίον ἡμῖν: καὶ αὐτὸ ἦρκεν ἐκ τοῦ μέσου, προσηλώσας αὐτὸ τῷ σταυρῷ:
il a effacé l'acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l'a détruit en le clouant à la croix ;

ἀπεκδυσάμενος τὰς ἀρχὰς καὶ τὰς ἐξουσίας, ἐδειγμάτισεν ἐν παρρησίᾳ, θριαμβεύσας αὐτοὺς ἐν αὐτῷ.
il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix.

 (Π) Μὴ οὖν τις ὑμᾶς κρινέτω ἐν βρώσει ἢ ἐν πόσει, ἢ ἐν μέρει ἑορτῆς ἢ νουμηνίας  ἢ σαββάτων:
Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d'une fête, d'une nouvelle lune, ou des sabbats :

ἅ ἐστιν σκιὰ τῶν μελλόντων, τὸ δὲ σῶμα χριστοῦ. 
c'était l'ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ.

Μηδεὶς ὑμᾶς καταβραβευέτω θέλων ἐν ταπεινοφροσύνῃ καὶ θρησκείᾳ τῶν ἀγγέλων, ἃ μὴ ἑώρακεν ἐμβατεύων, εἰκῇ φυσιούμενος ὑπὸ τοῦ νοὸς τῆς σαρκὸς αὐτοῦ,
Qu'aucun homme, sous une apparence d'humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu'il s'abandonne à ses visions et qu'il est enflé d'un vain orgueil par ses pensées charnelles,

καὶ οὐ κρατῶν τὴν κεφαλήν, ἐξ οὗ πᾶν τὸ σῶμα, διὰ τῶν ἁφῶν καὶ συνδέσμων ἐπιχορηγούμενον καὶ συμβιβαζόμενον, αὔξει τὴν αὔξησιν τοῦ θεοῦ.
sans s'attacher au chef, dont tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l'accroissement que Dieu donne.

(Π) Εἰ ἀπεθάνετε σὺν χριστῷ, ἀπὸ τῶν στοιχείων τοῦ κόσμου, τί ὡς ζῶντες ἐν κόσμῳ δογματίζεσθε,
Si vous êtes morts avec le Christ aux rudiments du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose-t-on ces préceptes :

Μὴ ἅψῃ, μηδὲ γεύσῃ, μηδὲ θίγῃς –
Ne prends pas ! ne goûte pas ! ne touche pas !

ἅ ἐστιν πάντα εἰς φθορὰν τῇ ἀποχρήσει – κατὰ τὰ ἐντάλματα καὶ διδασκαλίας τῶν ἀνθρώπων;
préceptes qui tous deviennent pernicieux par l'abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes ?

Ἅτινά ἐστιν λόγον μὲν ἔχοντα σοφίας ἐν ἐθελοθρησκείᾳ καὶ ταπεινοφροσύνῃ καὶ ἀφειδίᾳ σώματος, οὐκ ἐν τιμῇ τινὶ πρὸς πλησμονὴν τῆς σαρκός.
Ils ont, à la vérité, une apparence de sagesse, en ce qu'ils indiquent un culte volontaire, de l'humilité, et le mépris du corps, mais ils sont sans aucun mérite et contribuent à la satisfaction de la chair.

Demain, la suite de saint Irénée, avec de nouveaux textes tout aussi percutants que les précédents.