Longtemps, l'Orthodoxie a parlé à l'Occident en langages importés. Désormais, ce sont les langues maternelles occidentales qui "parlent orthodoxe". C'est un de ces parlers qu'on fera entendre ici, en souhaitant que ces paroles deviennent "verbe".Il faut verber, disait le Philosophe Inconnu. Pas d'équivoque ! Ces paroles sont miennes exclusivement, et n'engagent que moi : aucune Eglise, aucun organisme initiatique.
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mercredi 11 décembre 2013
samedi 28 juillet 2012
Saint Irénée (16) :« Il faut que ce qui est corruptible revête l'incorruptibilité »
VÉRITABLE
SENS DE LA PHRASE :
« LA
CHAIR ET LE SANG NE PEUVENT HÉRITER DU ROYAUME DE DIEU »
(suite
(6)
« Il faut que ce qui est corruptible
revête l'incorruptibilité »
Saint
Irénée, Contre les hérésies, livre V, chapitre 13, paragraphes 3 à 5
13, 3 Car, s'ils prétendent que cette
parole a été dite de la chair à proprement parler, et non des œuvres de la
chair, ainsi que nous l'avons montré, ils mettent l'Apôtre en contradiction
avec lui-même, puisqu'aussitôt après, dans la même épître, il dit en désignant
la chair : « Il faut en effet que cet
élément corruptible revête l'incorruptibilité et que cet élément mortel revête l'immortalité. Lorsque cet
élément mortel aura revêtu
l'immortalité, alors s'accomplira la parole de l'Écriture : La mort a été
engloutie dans la victoire. ? mort, où est ton aiguillon ? ? mort, où est ta
victoire?»(1 Corinthiens 15, 53-55) Ces paroles seront dites à juste titre
lorsque cette chair mortelle et
corruptible, en butte à la mort, écrasée sous la domination de la mort,
montera vers la vie et revêtira
l'incorruptibilité et l'immortalité : car c'est alors que sera vraiment vaincue la mort, lorsque
cette chair, qui était sa proie, échappera à son pouvoir. Il dit encore aux
Philippiens : « Pour nous, notre cité est
dans les cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus, qui
transfigurera notre corps d'abjection et le rendra conforme à son corps de
gloire par l'action de sa puissance. » (Philippiens 3, 20-21) Quel est donc
ce corps d'abjection que le Seigneur transfigurera et rendra conforme à son
corps de gloire ? De toute évidence, c'est ce
corps qui s'identifie à la chair, à cette chair qui manifeste son abjection
en tombant dans la terre. Mais la
transfiguration par laquelle, de mortelle et corruptible, elle devient
immortelle et incorruptible, ne vient pas de sa substance à elle ; cette
transfiguration vient de l'action du Seigneur, qui a le pouvoir de procurer l'immortalité à ce qui est mortel et
l'incorruptibilité à ce qui est corruptible. C'est pourquoi l'Apôtre dit
dans sa seconde épître aux Corinthiens : «...
afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. Or Celui qui nous dispose
en vue de cela, c'est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l'Esprit. »( 2 Corinthiens 5,
4-5) C'est évidemment de la chair qu'il parle, car ni l'âme ni l'Esprit ne sont
choses mortelles. Ce qui est mortel sera englouti par la vie, lorsque la chair ne sera plus morte, mais
vivante, et qu'elle demeurera incorruptible, chantant un hymne au Dieu qui
nous aura disposés en vue de cela. Afin donc que nous soyons disposés en vue de
cela, il dit à juste titre aux Corinthiens : « Glorifiez Dieu dans votre
corps. » (1 Corinthiens 6, 20) Car Dieu procure
l'incorruptibilité.
Ce qui
prouve que l'Apôtre ne parle pas d'un autre corps, mais du corps de chair, c'est qu'il dit aux Corinthiens avec une
précision excluant tout doute et toute ambiguïté : « …portant sans cesse avec nous en notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus-Christ
soit, elle aussi, manifestée dans notre
corps : car si nous, les vivants, nous sommes livrés à la mort à cause de
Jésus, afin que la vie de Jésus soit
aussi manifestée dans notre chair mortelle… » (2 Corinthiens
4, 10-11) Et que l'Esprit s'enlace à la chair, il le dit dans la même épître : « Vous êtes une lettre du Christ rédigée par
nos soins, écrite non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non
sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos cœurs. »(2 Corinthiens 3, 3) Si donc, dès à présent, nos cœurs de chair
sont capables de recevoir l'Esprit, quoi d'étonnant si, lors de la
résurrection, ils contiennent la vie que donnera cet Esprit ? A propos de
cette résurrection, l'Apôtre dit dans son épître aux Philippiens : «... lui devenant conforme dans sa mort,
afin de parvenir si possible à la résurrection d'entre les morts. » (Philippiens
3, 10-11) Ainsi donc, en quelle autre chair mortelle pourrait-on concevoir que
soit manifestée la vie, sinon dans cette substance qui est également mise à
mort à cause de la confession de Dieu, ainsi qu'il le dit lui-même : « Si c'est avec des vues humaines que j'ai
combattu contre les bêtes à Ephèse, quel profit m'en revient-il, si les morts
ne ressuscitent pas ? Car, si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus
n'est pas ressuscité ; et si le Christ n'est pas ressuscité, notre prédication
est vaine, vaine aussi votre foi. Et il se trouve même que nous sommes de faux
témoins à l'égard de Dieu, puisque nous avons témoigné qu'il a ressuscité le
Christ, alors qu'il ne l'a pas ressuscité. Car, si les morts ne ressuscitent
pas, le Christ non plus n'est pas ressuscité ; et si le Christ n'est pas
ressuscité, votre foi est vaine, car vous êtes encore dans vos péchés ; par
conséquent aussi ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. Si c'est
pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous
sommes plus dignes de pitié que tous les autres hommes. Mais en fait, le Christ
est ressuscité d'entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis. Car,
puisque c'est par un homme qu'est venue la mort, c'est par un homme aussi que
vient la résurrection des morts. »(1 Corinthiens 15, 32 & 13-21)
Ainsi
donc, comme nous l'avons déjà dit, ou bien les hérétiques prétendront que, dans
tous ces textes, l'Apôtre contredit sa propre assertion selon laquelle « la chair et le sang ne peuvent hériter du
royaume de Dieu », — ou bien, une fois de plus, ils se verront contraints
de donner, de tous ces textes, des interprétations
vicieuses et forcées, afin de pouvoir en pervertir et en altérer le sens.
Car que pourront-ils dire de sensé, s'ils tentent d'interpréter autrement cette
parole : « Il faut en effet que cet
élément corruptible revête l'incorruptibilité et que cet élément mortel revête
l'immortalité »(1 Corinthiens 15, 53), et cette autre : «... afin que la vie de Jésus soit
manifestée dans notre chair mortelle»(2 Corinthiens 4, 11) et toutes
les autres paroles par lesquelles l'Apôtre proclame ouvertement la résurrection et l'incorruptibilité de la
chair ? Ils vont donc être contraints
d'interpréter de travers toute cette multitude de textes, pour n'avoir pas
voulu entendre correctement une seule phrase.
jeudi 12 juillet 2012
Saint Irénée (VII) L'Esprit donné dès ici-bas aux croyants comme arrhes de la résurrection future
L'Esprit donné dès ici-bas aux croyants comme
arrhes de la résurrection future
Saint Irénée, Contre les hérésies, Livre V, chapitre 7, paragraphe 2
& chapitre 8, paragraphe 1
« Car présentement, dit
l'Apôtre, nous ne connaissons qu'en
partie, et nous ne prophétisons qu'en partie, mais alors ce sera face à face. »
(1 Corinthiens 13, 9 & 12) C'est ce que Pierre dit lui aussi : « Lorsque vous verrez Celui en qui, sans
le voir encore, vous croyez, vous tressaillirez d'une joie inexprimable. » (1
Pierre 1, 8) Car notre face verra la face de Dieu, et elle tressaillira d'une
joie inexprimable, puisqu'elle verra Celui qui est sa Joie. Mais présentement,
c'est une partie seulement de son Esprit que nous recevons, afin de nous
disposer à l'avance et de nous préparer
à l'incorruptibilité, en nous accoutumant peu à peu à saisir et à porter
Dieu. C'est ce que l'Apôtre nomme « arrhes » — c'est-à-dire une partie
seulement dé l'honneur qui nous a été promis par Dieu —, lorsqu'il dit dans
l'épître aux Ephésiens : « C'est en
lui que vous aussi, après avoir entendu la parole de vérité, l'Évangile de
votre salut, c'est en lui qu'après avoir cru vous avez été marqués du sceau de
l'Esprit Saint de la promesse, qui est les arrhes de votre héritage. »(Ephésiens
1, 13-14) Si donc ces arrhes, en habitant en nous, nous rendent déjà spirituels et si ce qui est mortel est absorbé par l'immortalité (2 Corinthiens 5,
4)— car «pour vous, dit-il, vous n'êtes pas dans la chair, mais dans
l'Esprit, s'il est vrai que l'Esprit de Dieu habite en vous »(Romains 8, 9)
—, et si, d'autre part, cela se réalise, non
par le rejet de la chair, mais par la communion de l'Esprit — car ceux
auxquels il écrivait n'étaient pas des êtres désincarnés, mais des gens qui
avaient reçu l'Esprit de Dieu « en qui
nous crions : Abba, Père » (Romains 8, 15)— ; si donc, dès à
présent, pour avoir reçu ces arrhes, nous crions : «Abba, Père», que sera-ce lorsque, ressuscites, nous le verrons
face à face? lorsque tous les membres, à flots débordants, feront jaillir un
hymne d'exultation, glorifiant Celui qui
les aura ressuscites d'entre les morts et gratifiés de l'éternelle vie?
Car, si déjà de simples arrhes, en enveloppant l'homme de toute part en
elles-mêmes, le font s'écrier : « Abba,
Père », que ne fera pas la grâce entière de l'Esprit, une fois donnée aux
hommes par Dieu? Elle nous rendra
semblables à lui et accomplira la volonté du Père, car elle parfera l'homme à
l'image et à la ressemblance de Dieu.
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dimanche 8 juillet 2012
Saint Irénée (I) : L'Incarnation réduit à néant tous les négateurs de la résurrection de la chair
L'Incarnation réduit à néant tous les
négateurs de la résurrection de la chair
Saint
Irénée, Contre les
hérésies, Livre V,
chapitre 2, paragraphes 2 & 3
2,2 Vains, de
toute manière, ceux qui rejettent toute l'« économie » de Dieu, nient le salut de la chair, méprisent sa régénération, en déclarant
qu'elle n'est pas capable de recevoir
l'incorruptibilité. S'il n'y a pas
de salut pour la chair, alors le Seigneur ne nous a pas non plus rachetés par
son sang, la coupe de l'eucharistie n'est pas une communion à son sang et le
pain que nous rompons n'est pas une communion à son corps. Car le sang ne
peut jaillir que de veines, de chairs et de tout le reste de la substance
humaine, et c'est pour être vraiment devenu tout cela que le Verbe de Dieu nous
a rachetés par son sang, comme le dit son Apôtre : « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des
péchés. » (Ephésiens 1,7) Et parce que nous sommes ses membres (1
Corinthiens 10, 16) et sommes nourris par le moyen de la création —création que lui-même nous
procure, en faisant lever son soleil et tomber la pluie selon sa volonté —, la
coupe, tirée de la création, il l'a déclarée son propre sang, par lequel se
fortifie notre sang (Luc 22, 20 ; 1 Corinthiens 11, 25), et le pain, tiré
de la création, il l'a proclamé son propre corps (Luc 22, 19), par lequel se
fortifient nos corps.
2, 3 Si donc la coupe qui a été mélangée et le pain qui a été confectionné reçoivent la parole de Dieu et deviennent l'eucharistie, c'est-à-dire le sang et le corps du Christ, et si par ceux-ci se fortifie et s'affermit la substance de notre chair, comment ces gens peuvent-ils prétendre que la chair est incapable de recevoir le don de Dieu consistant dans la vie éternelle, alors qu'elle est nourrie du sang et du corps du Christ et qu'elle est membre de celui-ci, comme le dit le bienheureux Apôtre dans son épître aux Ephésiens : « Nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os » (Ephésiens 5, 30) ? Ce n'est pas de je ne sais quel « homme pneumatique » et invisible qu'il dit cela, « car l'esprit n'a ni os ni chair »(Luc 24, 39), mais il parle de l'organisme authentiquement humain, composé de chairs, de nerfs et d'os : car c'est cet organisme même qui est nourri de la coupe qui est le sang du Christ et fortifié par le pain qui est son corps. Et de même que le bois de la vigne, après avoir été couché dans la terre, porte du fruit en son temps, et que « le grain de froment, après être tombé en terre » (Jean 12, 24) et s'y être dissous, resurgit multiplié par l'Esprit de Dieu qui soutient toutes choses — ensuite, moyennant le savoir-faire, ils viennent en l'usage des hommes, puis, en recevant la parole de Dieu, ils deviennent l'eucharistie, c'est-à-dire le corps et le sang du Christ —, de même nos corps qui sont nourris par cette eucharistie, après avoir été couchés dans la terre et s'y être dissous, ressusciteront en leur temps, lorsque le Verbe de Dieu les gratifiera de la résurrection « pour la gloire de Dieu le Père » (Philippiens2, 11) : car il procurera l'immortalité à ce qui est mortel et gratifiera d'incorruptibilité ce qui est corruptible (1 Corinthiens 15, 53), parce que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse (2 Corinthiens 12, 9). Dans ces conditions, nous nous garderons bien, comme si c'était de nous-mêmes que nous avions la vie, de nous enfler d'orgueil et de nous élever contre Dieu en acceptant des pensées d'ingratitude ; au contraire, sachant par expérience que c'est de sa grandeur à lui, et non de notre propre nature, que nous tenons de pouvoir demeurer à jamais, nous ne nous écarterons pas de la vraie pensée sur Dieu ni ne méconnaîtrons notre nature ; nous saurons quelle puissance Dieu possède et quels bienfaits l'homme reçoit de lui, et nous ne nous méprendrons jamais sur la vraie conception qu'il nous faut avoir des êtres existants, je veux dire de Dieu et de l'homme. Au reste, comme nous le disions antérieurement, si Dieu a permis notre dissolution dans la terre, n'est-ce pas précisément afin que, instruits de toute manière, nous soyons dorénavant scrupuleusement attentifs en toutes choses, ne méconnaissant ni Dieu ni nous-mêmes.
Je commence aujourd'hui la publication d'une série de textes du Père dans la foi de l'Eglise des Gaules, saint Irénée de Lyon. Ils sont extraits de son grand et précieux ouvrage intitulé en latin Contre les hérésies et en grec Contre la gnose au nom menteur.
Ce combat est toujours d'actualité. Un des principaux champs de bataille est la question de la "chair". En réaction excessive, absolutisée, à la sublimation des passions charnelles qui caractérise notre époque et la fait tristement ressembler à la Rome de la décadence, des esprits enclins à l'ascétisme jettent l'anathème sur cette pauvre chair qui n'en peut mais - car ce n'est pas elle qui pèche mais l'esprit qui est en elle - la condamnent à la damnation et à l'anéantissement final. C'était la thèse des jansénistes que d'aucuns relaient aujourd'hui. Et elle a clairement des relents de gnosticisme.
Telle n'est pas la position de la Tradition apostolique dont saint Irénée est un des plus brillants champions. Cette position est comme en tout sujet équilibrée, à l'abri de tout "excès" : l'hubris, démesure, a toujours été considéré par les Pères comme une tentation dont il fallait se garder.
C'est cette position traditionnelle qui est explicitée dans ce texte et ceux qui suivront.
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