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lundi 21 juillet 2014

De la communion fréquente

Staretz Arsène du Mont Athos: De la Communion fréquente


Le staretz Arsène du Mont Athos est né en Russie, dans une famille de marchands. Il erra en pèlerin pendant plusieurs années avant d'entrer dans la vie monastique en Moldavie.
Après la mort de son staretz, il voyagea  avec un autre moine russe vers le «désert» du Mont Athos où, menant une vie de stricte pauvreté, il acquit une grande réputation comme ascète et guide spirituel expérimenté. Vers la fin de sa vie, il s'installa près du monastère de Stavronikita, continuant de diriger des milliers de moines russes. Il reposa en Christ le 24 mars 1846.

*

Celui qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi et moi en lui
(Saint Jean 6:56)

*

Que peut-il y avoir de plus élevé et de plus souhaitable que ces paroles très réconfortantes de notre Sauveur dans lesquelles Il exprime tout Son amour, tout l'abîme infini de Sa compassion qui est donnée à l'homme dans le mystère de la Communion!

Avec quoi pouvons-nous comparer l'état d'un homme qui est uni avec le Seigneur Lui-même! C'est le mystère des mystères, si élevé qu'il ne peut être saisi qu'en partie par l'esprit limité de l'homme. Il nous suffit de savoir que dans le Mystère de la Communion nous est accordé le plus grand des dons de Dieu, et nous devons donc, par tous les moyens, essayer de vivre de telle manière que nous puissions le plus souvent aborder ce très saint mystère, qui était donné quotidiennement aux anciens chrétiens.

La Sainte Communion, renforçant nos pouvoirs spirituels et corporels, nous sert également comme une arme invincible pour vaincre l'Ennemi invisible de notre salut - le Diable.

Cet ennemi est extrêmement dangereux pour nous. Combien de pièges il tend pour notre ruine, dans lequels il essaie de tout son pouvoir de nous piéger; partout où nous allons, presque à chaque pas, ce mauvais esprit essaie de nous blesser, cherchant toujours à nous tromper et à nous tenter.

Nous voulons faire le bien, mais il nous entraîne dans le mal; nous voulons prier, mais il nous amène des pensées nauséabondes, la paresse, la lourdeur et ainsi de suite, en profitant de nos faiblesses et de notre inclination vers le péché. Combien beaucoup de soin, d'attention à soi, et d'auto-discipline nous est nécessaire, de peur que cet esprit cruel de malice ne l'emporte sur nous!

Il est d'autant plus dangereux qu'il est invisible pour nous, et il est extrêmement rusé et mauvais. Avec un tel  ennemi, nous devons utiliser une arme puissante; mais que peut être plus puissant que le plus saint Mystère de la Communion?

En soi, il s'agit d'une toute-puissance, car en participant au Corps et au Sang du Christ, nous recevons le Maître des cieux et de la terre, dont la puissance est infinie. D'autre part, [la Communion] contient en elle toute la puissance de notre grande rédemption qui a été accomplie pour nous par notre Sauveur, et dont le fruit fut le triomphe victorieux sur le royaume ténébreux du Diable.

Celui qui approche rarement ce Mystère salvifique s'éloigne lui-même du salut. Même le sens commun peut saisir la vérité de ceci. Celui qui reçoit souvent la Sainte Communion, permet aussi de purifier souvent sa conscience dans le mystère de la confession, et en revivant sa douleur et sa contrition sur les péchés qu'il a commis, il met la crainte salvifique de Dieu comme un sceau sur ​​son âme, la gardant du péché.

Pour y parvenir, il doit s'armer plus souvent avec de bonnes pensées et de bonnes œuvres qui le gardent du péché et l'attirent plus près de Dieu. Ensuite, selon la fréquence de la Communion, les bonnes dispositions et les vertus acquièrent une grande puissance et deviennent indispensables à l'âme.

Chacun de nous sait par expérience que la répétition fréquente d'une chose constitue une habitude en nous. Celui qui répète le péché est souvent lui-même un esclave du péché; celui qui cherche la vertu devient un combattant de la piété.

Ainsi, la personne qui participe souvent à la Communion acquiert nécessairement la disposition à servir le Seigneur avec ferveur, car elle croit vraiment en la puissance de ce mystère divin; elle loue Dieu avec joie et espoir, car elle veut vraiment croire que le Seigneur est son aide et son défenseur; elle se soumet à Lui avec humilité et amour, parce qu'elle aime vraiment le Seigneur qui l'a aimée et qui lui a accordé tout don céleste.

Les chrétiens d'aujourd'hui, pour la plupart, approchent les mystères salvifiques de la confession et de la Communion une fois par an (au milieu du 19e siècle, en Russie, et beaucoup encore aujourd'hui-ed.). Mais aux chrétiens des premiers siècles ce don était accordé quotidiennement. A partir de là, il est évident que la piété a diminué de nos jours, et qu'elle le fera encore à l'avenir.

On peut parfois entendre les gens dire qu'ils évitent d'approcher les Saints Mystères parce qu'ils se considèrent comme indignes. Mais qui est digne d'eux? Personne sur terre n'est digne d'eux, mais celui qui confesse ses péchés par la contrition sincère et se rapproche du calice du Christ avec la conscience de son indignité, le Seigneur ne le rejette pas, conformément à Ses paroles, je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi (Jean 6:37).

D'autres sont tellement pris dans la vanité du monde qu'ils ne trouvent pas de temps pour se préparer à la Communion, ou se préparent seulement rapidement pour ce devoir chrétien très sacré.

Quelle négligence concernant un tel grand don de Dieu, quelle négligence concernant le salut de son âme! Toute l'année, ils ne peuvent pas mettre de côté quelques jours encore pour le salut de leur âme, quand devant leurs yeux il y a des exemples presque quotidiens de mort subite.

Et nous ne resterons pas silencieux au sujet des personnes qui s'approchent en effet du calice du Christ indignement. De ces gens, la parole de Dieu dit: Celui qui mange et boit indignement, mange et boit un jugement contre lui-même, sans discerner le corps du Seigneur (I Corinthiens 11:29.).

En approchant ce Mystère impressionnant, nous disons: "Je ne te donnerai pas un baiser comme Judas." Qui est-ce qui donne au Seigneur, le baiser de Judas? Sans aucun doute, ce sont ceux qui, n'ayant pas purifié leur conscience par le repentir sincère, ne s'étant pas affligés de leurs péchés, approchent du calice du Christ sans la crainte de Dieu, ou ceux qui, après avoir été unis au Seigneur, ayant été sanctifiés par Son très saint Don et librement purifiés de leurs transgressions innombrables, du frai de l'Esprit de malice, retournent de nouveau à leurs infamies, et redeviennent esclaves de Satan. Malheur, malheur éternel, à ces gens!

Concluons notre discours sur la Communion aux Saints Mystères du Christ en soulignant quelques-unes des innombrables bénédictions qu'elle dispense à ceux qui communient dignement.

Selon l'enseignement de l'Église (cf. les prières avant et après la Communion), ce très saint Mystère du Corps et du Sang donne à ceux qui y participent dignement le renforcement des articulations et des os, la guérison de diverses infirmités, la santé, la force, la préservation, le salut et la sanctification de l'âme et du corps, l'aliénation et la purification de l'âme souillée, la préservation de toutes les œuvres et paroles qui corrompent l'âme, la protection de toutes les actions du Diable, un rempart et une aide pour disperser l'Ennemi (par exemple, les mauvais esprits); l'éloignement de tous les fantasmes, actes mauvais et du travail du Diable agissant mentalement dans nos membres; la destruction totale par le feu des pensées et des entreprises mauvaises, et des fantasmes nocturnes des esprits sombres et mauvais; la correction de la vie et la confirmation de la sainteté de vie, l'observance des commandements, l'augmentation de la vertu et de la perfection, l'illumination des sens, la paix des puissances de l'âme, la foi sans honte, la plénitude de la sagesse, l'illumination des yeux du cœur, l'audace et l'amour envers Dieu, le don de l'Esprit Saint, une augmentation de la Grâce divine; la demeure en notre âme de Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit; le renforcement de la vie, un gage de la vie et du Royaume à venir, un viatique pour la vie éternelle, une bonne défense devant le redoutable Tribunal du Christ, et la Communion aux bénédictions célestes.

Avec une conscience purifiée par le mystère de la confession et avec un désir sincère de corriger notre vie, nous arrivons de plus en plus souvent à partager le Repas Céleste qui nous est donné dans le Mystère du Corps et du Sang du Christ, et par la digne réception de ce don sublime, nous pouvons également recevoir ces innombrables dons qui sont accordés dans ce grand Mystère, et goûtant dignement ce Pain très Saint ici-bas sur ​​la terre, nous pouvons être dignes de participer ainsi plus complètement au Christ dans le Ciel, et de rester éternellement en communion avec Lui et dans la vision face à face de Jésus-Christ, notre Créateur, Maître et Rédempteur. Puissions-nous tous en être jugés dignes par Son bon plaisir et Sa bienfaisance.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
ATHONITE LEAFLETS N°105, 8th EDition,
Saint Panteleimon's Monastery, 1905
Published in  Orthodox Life N° 6, 1978

cité par PRAVMIR

dimanche 8 juillet 2012

Saint Irénée (I) : L'Incarnation réduit à néant tous les négateurs de la résurrection de la chair


L'Incarnation réduit à néant tous les négateurs de la résurrection de la chair
Saint Irénée, Contre les hérésies, Livre V, chapitre 2, paragraphes 2 & 3



2,2 Vains, de toute manière, ceux qui rejettent toute l'« économie » de Dieu, nient le salut de la chair, méprisent sa régénération, en déclarant qu'elle n'est pas capable de recevoir l'incorruptibilité. S'il n'y a pas de salut pour la chair, alors le Seigneur ne nous a pas non plus rachetés par son sang, la coupe de l'eucharistie n'est pas une communion à son sang et le pain que nous rompons n'est pas une communion à son corps. Car le sang ne peut jaillir que de veines, de chairs et de tout le reste de la substance humaine, et c'est pour être vraiment devenu tout cela que le Verbe de Dieu nous a rachetés par son sang, comme le dit son Apôtre : « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés. » (Ephésiens 1,7) Et parce que nous sommes ses membres (1 Corinthiens 10, 16) et sommes nourris par le moyen  de la création —création que lui-même nous procure, en faisant lever son soleil et tomber la pluie selon sa volonté —, la coupe, tirée de la création, il l'a déclarée son propre sang, par lequel se fortifie notre sang (Luc 22, 20 ; 1 Corinthiens 11, 25), et le pain, tiré de la création, il l'a proclamé son propre corps (Luc 22, 19), par lequel se fortifient nos corps.

2, 3 Si donc la coupe qui a été mélangée et le pain qui a été confectionné reçoivent la parole de Dieu et deviennent l'eucharistie, c'est-à-dire le sang et le corps du Christ, et si par ceux-ci se fortifie et s'affermit la substance de notre chair, comment ces gens peuvent-ils prétendre que la chair est incapable de recevoir le don de Dieu consistant dans la vie éternelle, alors qu'elle est nourrie du sang et du corps du Christ et qu'elle est membre de celui-ci, comme le dit le bienheureux Apôtre dans son épître aux Ephésiens : « Nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os » (Ephésiens 5, 30) ? Ce n'est pas de je ne sais quel « homme pneumatique » et invisible qu'il dit cela, « car l'esprit n'a ni os ni chair »(Luc 24, 39), mais il parle de l'organisme authentiquement humain, composé de chairs, de nerfs et d'os : car c'est cet organisme même qui est nourri de la coupe qui est le sang du Christ et fortifié par le pain qui est son corps. Et de même que le bois de la vigne, après avoir été couché dans la terre, porte du fruit en son temps, et que « le grain de froment, après être tombé en terre » (Jean 12, 24) et s'y être dissous, resurgit multiplié par l'Esprit de Dieu qui soutient toutes choses — ensuite, moyennant le savoir-faire, ils viennent en l'usage des hommes, puis, en recevant la parole de Dieu, ils deviennent l'eucharistie, c'est-à-dire le corps et le sang du Christ —, de même nos corps qui sont nourris par cette eucharistie, après avoir été couchés dans la terre et s'y être dissous, ressusciteront en leur temps, lorsque le Verbe de Dieu les gratifiera de la résurrection « pour la gloire de Dieu le Père » (Philippiens2, 11) : car il procurera l'immortalité à ce qui est mortel et gratifiera d'incorruptibilité ce qui est corruptible (1 Corinthiens  15, 53),  parce que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse (2 Corinthiens 12, 9). Dans ces conditions, nous nous garderons bien, comme si c'était de nous-mêmes que nous avions la vie, de nous enfler d'orgueil et de nous élever contre Dieu en acceptant des pensées d'ingratitude ; au contraire, sachant par expérience que c'est de sa grandeur à lui, et non de notre propre nature, que nous tenons de pouvoir demeurer à jamais, nous ne nous écarterons pas de la vraie pensée sur Dieu ni ne méconnaîtrons notre nature ; nous saurons quelle puissance Dieu possède et quels bienfaits l'homme reçoit de lui, et nous ne nous méprendrons jamais sur la vraie conception qu'il nous faut avoir des êtres existants, je veux dire de Dieu et de l'homme. Au reste, comme nous le disions antérieurement, si Dieu a permis notre dissolution dans la terre, n'est-ce pas précisément afin que, instruits de toute manière, nous soyons dorénavant scrupuleusement attentifs en toutes choses, ne méconnaissant ni Dieu ni nous-mêmes.

Je commence aujourd'hui la publication d'une série de textes du Père dans la foi de l'Eglise des Gaules, saint Irénée de Lyon. Ils sont extraits de son grand et précieux ouvrage intitulé en latin Contre les hérésies et en grec Contre la gnose au nom menteur.

Ce combat est toujours d'actualité. Un des principaux champs de bataille est la question de la "chair". En réaction excessive, absolutisée, à la sublimation des passions charnelles qui caractérise notre époque et la fait tristement ressembler à la Rome de la décadence, des esprits enclins à l'ascétisme jettent l'anathème sur cette pauvre chair qui n'en peut mais  - car ce n'est pas elle qui pèche mais l'esprit qui est en elle - la condamnent à la damnation et à l'anéantissement final. C'était la thèse des jansénistes que d'aucuns relaient aujourd'hui. Et elle a clairement des relents de gnosticisme.

Telle n'est pas la position de la Tradition apostolique dont saint Irénée est un des plus brillants champions. Cette position est comme en tout sujet équilibrée, à l'abri de tout "excès" :   l'hubris, démesure, a toujours été considéré par les Pères comme une tentation dont il fallait se garder.

C'est cette position traditionnelle qui est explicitée dans ce texte et ceux qui suivront.


samedi 19 mai 2012

La réunion des Eglises...russes


LE MESSAGE DU PATRIARCHE CYRILLE DE MOSCOU ET DE TOUTE LA RUSSIE, À L’OCCASION DU 5ÈME ANNIVERSAIRE DE LA SIGNATURE DE L’ACTE CANONIQUE RÉTABLISSANT LA COMMUNION ENTRE LE PATRIARCAT DE MOSCOU ET L’ÉGLISE RUSSE HORS FRONTIÈRES

« Que la paix et l’amour avec la foi soient donnés aux frères de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ ! Que la grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ d’un amour inaltérable ! » (Eph. VI, 23-24)
L’Église orthodoxe russe commémore maintenant le cinquième anniversaire de la signature de l’acte canonique de communion. Ce document a mis fin à la séparation qui a duré de nombreuses années entre le Patriarcat de Moscou et l’Église orthodoxe russe à l’étranger. Nous nous souvenons de cet événement d’une grande importance historique, qui marque le dépassement de l’une des conséquences tragiques de la catastrophe politique et spirituelle que la Russie a connue au XXème siècle. Au cours du siècle passé, notre patrie et notre Église sont passées par les épreuves les plus difficiles. Les églises ont été détruites, les objets sacrés ont été profanés, la liberté donnée par Dieu a l’homme a été violée grossièrement, les ennemis internes et externes de l’Église ont déchiré la tunique ecclésiale. Les luttes fratricides ont fait périr des millions de nos concitoyens, et la férocité des persécuteurs athées a mené au trépas, au nom du Christ, de la grande foule des néomartyrs et confesseurs de Russie. La révolution et la guerre civile qui s’en est suivie sont devenues la cause de l’exode massif de Russie de nos compatriotes. Des millions d’entre eux se sont trouvés dispersés dans le monde entier. La foi orthodoxe a uni les réfugiés, qui ont conservé soigneusement la flamme de la foi, la transmettant de génération en génération. Mais les circonstances historiques dramatiques ont provoqué la division au sein de la diaspora orthodoxe russe.
En montant sur la Croix, la Russie orthodoxe croyait en sa résurrection. Les enfants de l’Église, tant dans la patrie qu’en dehors de ses frontières, élevèrent des prières au Seigneur et notre Sauveur, avec une ardeur particulière, pour l’abolition de la douloureuse division. Dans cette attente, nous nous sommes adressés à l’intercession céleste et puissante des néomartyrs.  Par la miséricorde de Dieu, la situation a changé radicalement dans notre pays. Les chrétiens orthodoxes ont perçu cela comme un don du ciel. L’Église orthodoxe russe a trouvé une liberté totale, notamment en ce qui concerne les relations entre l’Église et l’État. La séparation constituait la douleur de toute l’Église, l’affliction du peuple tout entier. Et ce n’est pas une exagération : il suffit de se souvenir avec quelle attention notre société suivait le rapprochement qui commençait. Nous avons agi au cours du processus du dialogue de telle façon à ne pas porter atteinte l’un à l’autre et à ne pas produire de nouvelles blessures. Sur cette voie, il ne pouvait y avoir ni vainqueurs ni vaincus. Il en résulta que l’Église russe avec ses millions de fidèles remporta la victoire, son unité étant rétablie.
En ces jours, nous commémorons dans la prière le patriarche Alexis de Moscou et de toute la Russie, ainsi que le métropolite Laur de New York et d’Amérique orientale. En la fête de l’Ascension du Seigneur, le 4/17 mai 2007, ils apposèrent leurs signatures, sur l’ambon de la cathédrale du Christ Sauveur, au bas de l’acte canonique de communion, et célébrèrent ensuite ensemble la sainte liturgie. Nous remercions également tous ceux qui ont travaillé à cette unité et l’ont rapprochée. Maintenant, lorsque notre communion est rétablie et que nous communions à un seul calice, rendons grâce au Dieu très-miséricordieux, qui nous a acheminés par sa droite toute-puissante à l’unité désirée, pour la gloire de son saint nom et pour le bien de sa sainte Église.
Aujourd’hui, nous pouvons dire avec hardiesse que nous avons réalisé en acte le testament du saint hiérarque Tikhon, patriarche de toute la Russie : « C’est précisément dans l’unité, l’action harmonieuse et l’amour fraternel que se trouve la force ». Nous pouvons témoigner avec joie que « les portes de l’hadès » (Matth. 16,18) n’ont pas prévalu contre l’Église russe. Elle accomplit désormais fructueusement son ministère salvateur tant dans la Patrie qu’en dehors de ses frontières. Les cinq années qui se sont passées depuis le moment de la signature de l’acte canonique de communion ont été riches en bons exemples d’action commune. Le temps manque pour donner les exemples de collaboration quotidienne sur le terrain, qui témoignent que notre Église n’est pas seulement proclamée « une », mais qu’elle est telle en pratique. Il est même étonnant à quel point les murs de séparation de tant d’années soient tombés si rapidement et si facilement. Cela est devenu possible, précisément parce que nous étions et sommes restés les porteurs d’une et même tradition orthodoxe russe, nous avons les mêmes valeurs spirituelles et morales que nous apportons au monde.   
Gardons avec gratitude et soin le grand don de l’unité de l’Église, de l’unité du peuple de Dieu. Opposons-nous à toute tentative d’introduire le trouble et la division dans la vie de l’Église, d’ébranler les fondements de son existence canonique. Prions aussi avec ardeur pour ceux qui, pour des raisons différentes, se trouvent en dehors de l’unité avec l’Église orthodoxe russe. Nous les invitons encore et à nouveau à la communion dans l’amour du Christ qui « ne cherche point son intérêt, ne s’irrite point, ne soupçonne point le mal, ne se réjouit point de l’injustice, mais se réjouit de la vérité ; il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout » (I Cor. XIII, 5-7). Que le Seigneur abaisse ses yeux miséricordieux sur nos prières et nos labeurs et qu’Il bénisse son peuple en lui donnant la paix (Ps. XXVIII, 11), au sujet de laquelle Il a dit à ses apôtres avant sa passion : « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix » (Jn. XIV, 27). Amen.
+Cyrille, Patriarche de Moscou et de toute la Russie "
Source: Patriarcat de Moscou (traduit du russe pour Orthodoxie.com)
Comme quoi, dans l'Eglise, le schisme n'est pas une fatalité !