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mercredi 25 juillet 2012

Saint Irénée (13) : « Souffle de vie » et «Esprit vivifiant»


VÉRITABLE SENS DE LA PHRASE :
« LA CHAIR ET LE SANG NE PEUVENT HÉRITER DU ROYAUME DE DIEU »
(suite 3)

« Souffle de vie » et «Esprit vivifiant»

Saint Irénée, Contre les hérésies, livre V, chapitre 12, paragraphes 1 à 3

12, 1 Car, comme la chair est capable de corruption, elle l'est aussi d'incorruptibilité, et, comme elle est capable de mort, elle l'est aussi de vie. Ces choses se cèdent mutuellement la place, et l'une et l'autre ne sauraient demeurer au même endroit, mais l'une est expulsée par l'autre et, du fait que l'une est présente, l'autre est détruite. Si donc la mort, en s'emparant de l'homme, a expulsé de lui la vie et a fait de lui un mort, à bien plus forte raison la vie, en s'emparant de l'homme, expulsera la mort et rendra l'homme vivant pour Dieu. Car, si la mort a fait mourir l'homme, pourquoi la vie, en survenant, ne le ferait-elle pas revivre ? Comme le dit le prophète Isaïe : « Dans sa puissance, la mort a dévoré » ; et encore : « Dieu essuiera toute larme de tout visage. » (Isaïe, 25, 8)

Or la première vie a été expulsée parce qu'elle avait été donnée par le moyen d'un simple souffle et non par le moyen de l'Esprit. 12, 2 Car autre chose est le « souffle de vie » (Genèse 2, 7), qui fait l'homme psychique, et autre chose l'«Esprit vivifiant»,(1 Corinthiens 15, 45) qui le rend spirituel. Et c'est pourquoi Isaïe dit : « Ainsi parle le Seigneur, qui a fait le ciel et l'a fixé, qui a affermi la terre et ce qu'elle renferme, qui a donné le souffle au peuple qui l'habite et l'Esprit à ceux qui la foulent aux pieds » (Isaïe 42, 5) : il affirme par là que le souffle a été donné indistinctement à tout le peuple qui habite la terre, tandis que l'Esprit l'a été exclusivement à ceux qui foulent aux pieds les convoitises terrestres. C'est pourquoi le même Isaïe, reprenant la distinction que nous venons de dire, dit encore : « Car l'Esprit sortira d'auprès de moi, et tout souffle c'est moi qui l'ai fait » (Isaïe 57, 16) : il range de la sorte l'Esprit dans une sphère à part, aux côtés de Dieu, qui, dans les derniers temps, l'a répandu' sur le genre humain par la filiation adoptive ; mais il situe le souffle dans la sphère commune, parmi les créatures, et il le déclare chose faite. Or ce qui a été fait est autre que Celui qui l'a fait. Le souffle est donc chose temporaire, tandis que l'Esprit est éternel. Le souffle connaît un instant de vigueur, il demeure un moment, puis il s'en va, laissant privé de souffle l'être en lequel il se trouvait auparavant ; l'Esprit, au contraire, après avoir enveloppé l'homme du dedans et du dehors, demeure toujours avec lui et, dès lors, jamais ne l'abandonnera. 

« Mais, dit l'Apôtre à l'adresse des hommes que nous sommes, ce qui apparaît d'abord, ce n'est pas le spirituel, mais d'abord le psychique, puis le spirituel» (1 Corinthiens 15, 46) Rien de plus juste, car il fallait que l'homme fût d'abord modelé, qu'après avoir été modelé il reçût une âme, et qu'ensuite seulement il reçût la communion de l'Esprit. C'est pourquoi aussi « le premier Adam a été fait âme vivante, mais le second Adam a été fait Esprit vivifiant »(1 Corinthiens 15, 45). De même donc que celui qui avait été fait âme vivante, en inclinant vers le mal, a perdu la vie, ainsi ce même homme, en revenant au bien et en recevant l'Esprit vivifiant, retrouvera la vie. 

12, 3 Car ce n'est pas une chose qui était morte et une autre qui est rendue à la vie, de même que ce n'est pas une chose qui était perdue et une autre qui est retrouvée, mais, cette brebis même qui était perdue, c'est elle que le Seigneur est venu chercher.(Matthieu 18, 11) Qu'est-ce donc qui était mort ? De toute évidence, la substance de la chair, qui avait perdu le souffle de vie et était devenue sans souffle et morte. C'est elle que le Seigneur est venu rendre à la vie, afin que, comme nous mourons tous en Adam parce que psychiques, nous vivions tous dans le Christ parce que spirituels (1 Corinthiens 15, 22), après avoir rejeté, non l'ouvrage modelé par Dieu, mais les convoitises de la chair, et avoir reçu l'Esprit Saint.



mercredi 11 juillet 2012

Saint Irénée (VI) La chair ressuscitera incorruptible, glorieuse, spirituelle


La chair ressuscitera incorruptible, glorieuse, spirituelle
Saint Irénée, Contre les hérésies, Livre V, chapitre 7, paragraphes 1 & 2

7, 1 (suite) C'est pourquoi il dit à son sujet dans la première aux Corinthiens : « Ainsi en va-t-il pour la résurrection des morts : semée dans la corruption, la chair ressuscitera dans l'incorruptibilité. » (1 Corinthiens 15, 42) Car, dit-il, « ce que tu sèmes, toi, n'est vivifié que s'il meurt d'abord». (1 Corinthiens 15, 36) Or qu'est-ce qui, à l'instar du grain de froment, est semé et pourrit dans la terre, sinon les corps qu'on dépose dans cette terre même où l'on jette aussi la semence ? Et c'est pourquoi l'Apôtre dit : « Semée dans l'ignominie, elle ressuscitera dans la gloire. » (1 Corinthiens 15, 43) Quoi de plus ignominieux qu'une chair morte ? En revanche, quoi de plus glorieux que cette même chair une fois ressuscitée et ayant reçu l'incorruptibilité en partage ? « Semée dans la faiblesse, elle ressuscitera dans la puissance. » (1 Corinthiens 15, 43) La faiblesse dont il s'agit est celle de la chair, qui, étant terre, s'en va à la terre; mais la puissance est celle de Dieu, qui la ressuscite d'entre les morts. « Semée corps psychique, elle ressuscitera corps spirituel. » (1 Corinthiens 15, 44)  Sans aucun doute possible, l'Apôtre nous apprend par là que ce n'est ni de l'âme ni de l'esprit qu'il parle, mais des corps morts. Tels sont bien en effet les corps «psychiques», c'est-à-dire participant à une âme : lorsqu'ils la perdent, ils meurent ; puis, ressuscitant par l'Esprit, ils deviennent des corps spirituels, afin de posséder, par l'Esprit, une vie qui demeure à jamais.

lundi 9 juillet 2012

Saint Irénée (III) : Que votre être intégral soit conservé sans reproche pour la venue du Seigneur Jésus ! »


« Que votre être intégral — à savoir votre esprit, votre âme et votre corps —
soit conservé sans reproche pour la venue du Seigneur Jésus ! »
Saint Irénée, Contre les hérésies, Livre V, chapitre 6, paragraphe 1



6, 1 Au contraire, Dieu sera glorifié dans l'ouvrage par lui modelé, lorsqu'il l'aura rendu conforme et semblable à son Fils (Romains 8, 29 ; Philippiens 3, 21). Car, par les Mains du Père, c'est-à-dire par le Fils et l'Esprit, c'est l'homme, et non une partie de l'homme, qui devient à l'image et à la ressemblance de Dieu. Or l'âme et l'esprit peuvent être une partie de l'homme, mais nullement l'homme : l'homme parfait, c'est le mélange et l'union de l'âme qui a reçu l'Esprit du Père et qui a été mélangée à la chair modelée selon l'image de Dieu. Et c'est pourquoi l'Apôtre dit : « Nous parlons sagesse parmi les parfaits. » (1 Corinthiens 2, 6). Sous ce nom de « parfaits », il désigne ceux qui ont reçu l'Esprit de Dieu et qui parlent toutes les langues grâce à cet Esprit, comme lui-même les parlait, et comme nous entendons aussi nombre de frères dans l'Église, qui possèdent des charismes prophétiques, parlent toutes sortes de langues grâce à l'Esprit, manifestent les secrets des hommes pour leur profit et exposent les mystères de Dieu. Ces hommes-là, l'Apôtre les nomme également « spirituels » : spirituels, ils le sont par une participation de l'esprit, mais non par une évacuation et une suppression de la chair. En effet, si l'on écarte la substance de la chair, c'est-à-dire de l'ouvrage modelé, pour ne considérer que ce qui est proprement esprit, une telle chose n'est plus l'homme spirituel, mais l'« esprit de l'homme» ou l'« Esprit de Dieu ». En revanche, lorsque cet esprit, en se mélangeant à l'âme, s'est uni à l'ouvrage modelé, grâce à cette effusion de l'Esprit se trouve réalisé l'homme spirituel et parfait, et c'est celui-là même qui a été fait à l'image et à la ressemblance de Dieu. Quand au contraire l'esprit fait défaut à l'âme, un tel homme, restant en toute vérité psychique et charnel, sera imparfait, possédant bien l'image de Dieu dans l'ouvrage modelé, mais n'ayant pas reçu la ressemblance par le moyen de l'esprit. De même donc que cet homme est imparfait, de même aussi, si l'on écarte l'image et si l'on rejette l'ouvrage modelé, on ne peut plus avoir affaire à l'homme, mais, ainsi que nous l'avons dit, à une partie de l'homme ou à quelque chose d'autre que l'homme. Car la chair modelée, à elle seule, n'est pas l'homme parfait : elle n'est que le corps de l'homme, donc une partie de l'homme. L'âme, à elle seule, n'est pas davantage l'homme : elle n'est que l'âme de l'homme, donc une partie de l'homme. L'esprit non plus n'est pas l'homme : on lui donne le nom d'esprit, non celui d'homme. C'est le mélange et l'union de toutes ces choses qui constitue l'homme parfait. Et c'est pourquoi l'Apôtre, s'expliquant lui-même, a clairement défini l'homme parfait et spirituel, bénéficiaire du salut, lorsqu'il dit dans sa première épître aux Thessaloniciens : « Que le Dieu de paix vous sanctifie en sorte que vous soyez pleinement achevés, et que votre être intégral — à savoir votre esprit, votre âme et votre corps — soit conservé sans reproche pour l'avènement du Seigneur Jésus. » (1 Thessaloniciens 5, 23). Quel motif avait-il donc de demander pour ces trois choses, à savoir l'âme, le corps et l'esprit, une intégrale conservation pour l'avènement du Seigneur, s'il n'avait su que toutes les trois doivent être restaurées et réunies et qu'il n'y a pour elles qu'un seul et même salut ? C'est pour cela qu'il dit « pleinement achevés » ceux qui présentent sans reproche ces trois choses au Seigneur. Sont donc parfaits ceux qui, tout à la fois, possèdent l'Esprit de Dieu demeurant toujours avec eux et se maintiennent sans reproche quant à leurs âmes et quant à leurs corps, c'est-à-dire conservent la foi envers Dieu et gardent la justice envers le prochain.