Affichage des articles dont le libellé est guerre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est guerre. Afficher tous les articles

mardi 3 décembre 2013

LES DESASTRES DE LA GUERRE

LES DESASTRES DE LA GUERRE

Avant-hier, à Paris, j'ai visité à la Pinacothèque la belle exposition consacrée à Goya. Entre autres œuvres, toutes issues de collections privées, on peut y contempler des tirages de toutes ses estampes, en particulier la suite de 82 gravures intitulée "Les désastres de la guerre". Gravures géniales et atroces.

Il s'agit de la "guerre d'indépendance" (1808-1814) au cours de laquelle les Espagnols résistèrent avec vaillance et férocité aux armées de Napoléon venues à la conquête de leur pays.

La vue en est terrifiante, les atrocités représentées, avec quelle frénésie ! sont à la limite du soutenable.

C'est bien simple : c'est la Syrie d’aujourd’hui !

Cela se passait il y a deux siècles entre deux nations soi-disant chrétiennes...

Et nous venons donner des leçons aux autres ?


J’aime ·  · Promouvoir · 

mardi 27 août 2013

NON A LA GUERRE EN SYRIE

NON A LA GUERRE EN SYRIE

Je me suis imposé un principe : de ne pas faire de politique sous le nom que je porte ici. Mais cette fois, il ne s'agit plus de politique, ce qui est en cause, c'est l'honneur de mon pays, c’est la survie de la communauté chrétienté de Syrie, la plus ancienne au monde.

La France s'apprêterait, dit-on, à bombarder, de concert avec les États-Unis et la Grande-Bretagne, le "régime de Saddam Hussein" - pardon "le régime de Bachar el-Assad (le lapsus étaitt volontaire, vous vous en doutez bien). C’est-à-dire, parlons franc, à massacrer le peuple syrien. Ce peuple auquel la lient des liens anciens, plus anciens encore que le mandat de la SDN.

Du gaz sarin a été employé, arme des lâches, comme l'ypérite durant la Grande Guerre. Par qui ? ON N'EN SAIT ENCORE RIEN. La presse occidentale unanime accuse
Bachar el-Assad. Sans preuves. Ou avec des preuves aussi "fiables"que pour l'Irak. L'Irak, vous vous souvenez ? Les preuves étaient là, irréfutables, les États-Unis, hérauts de la vérité, l'affirmaient. Les mêmes États-Unis, hérauts de la liberté, allaient l'apporter au peuple irakien opprimé. Et le peuple irakien a été "libéré", on sait comment. On a su ensuite que les preuves avaient été fabriquées. Quant à l'Irak "libre", on voit tous les jours les résultats : ce ne sont que tueries, massacres... entre chiites et sunnites, certes, mais aussi éradication des communautés chrétiennes. Ah, elle est belle, la pax americana !

Et la Libye ? J'avoue que j'étais pour l'intervention militaire, car Kadhafi était vraiment fou. Mais quel est le résultat ? le même qu'en Irak. Sauf que cette fois, les États-Unis n'y étaient pour rien.

Et c'est cela qu'on veut reproduire ? Messieurs Obama, Cameron et Hollande, vous arrive-t-il de prêter l'oreille aux autorités religieuses chrétiennes ? TOUTES SANS EXCEPTION DENONCENT LA FOLIE DANGEREUSE QUE SERAIT UNE INTERVENTION MILITAIRE EN SYRIE. TOUTES ! Même une intervention simplement aérienne.

Ce qui se passerait, ce serait une lutte armée encore plus inexpiable que maintenant. Et si d'aventure, les islamistes l'emportaient parce que le régime alaouite aurait craqué, d'abord ils s'entretueraient - ce qui ne serait pas vraiment à regretter, ils ont d'ailleurs commencé - mais surtout ils élimineraient totalement la communauté chrétienne, la plus ancienne du monde. Ce serait pour elle LA SOLUTION FINALE.

Et ce sang-là, Monsieur Hollande, vous l'auriez sur les mains ! Ce serait le déshonneur de la France, que vous représentez.

Votre régime, Monsieur Hollande, se veut socialiste, s'il n'est plus national - oh non ! Vous est-il vraiment indispensable de vous mettre à la remorque des États-Unis, de vous faire le toutou du capitalisme militariste américain, comme diraient vos camarades communistes ?

Bachar el-Assad. est assurément un dictateur féroce et sanguinaire. S'il tombe, il sera remplacé par 150 à 200 dictateurs aussi féroces et sanguinaires, si ce n'est plus. Avec  Bachar el-Assad. les chrétiens sont  tranquilles. Avec les islamistes, ils seront sauvagement exterminés.

Mon choix est fait. Et il devrait être celui de tout chrétien conscient.

Il ne nous reste plus qu'à compter sur Poutine pour empêcher que le pire n'arrive.

Merci d'avance à lui !

mercredi 26 septembre 2012

La guerre ne peut être approuvée d’un homme de bien


La guerre ne peut être approuvée d’un homme de bien


Erasme, par Holbein

"Je me suis souvent étonné, je ne dis pas que des chrétiens, mais simplement des hommes en arrivent à ce point de folie de mettre tant d'efforts, d'argent, de courage à s'assurer leur perte mutuelle... 

Toutes les bêtes ne se battent pas, mais seulement les fauves : elles ne se battent pas à l'intérieur d'une seule espèce ; elles se battent avec leurs armes naturelles, et non, comme nous, avec des machines nées d'un art diabolique ; elles ne se battent pas pour n'importe quoi, mais pour leurs petits et pour leur nourriture.

La plupart de nos guerres naissent de l'ambition ou de la colère ou de la luxure ou d'une autre maladie de l'âme. Enfin les animaux ne vont pas à leur mort par troupeaux compacts, comme nous. Nous qui portons le nom du Christ, lequel ne nous a jamais enseigné que la bonté et par son propre exemple ; nous qui sommes les membres d'un seul corps, une seule chair ; qui nous nourrissons du même esprit, des mêmes sacrements ; qui sommes appelés à la même immortalité ; qui aspirons à la communion suprême qui doit nous unir au Christ comme lui-même est uni au Père, peut-il y avoir au monde une chose d'un prix si grand qu'elle nous amène à faire la guerre ?

La guerre est si néfaste, si affreuse, que même avec l'excuse de la justice parfaite, elle ne peut être approuvée d'un homme de bien."


"Lettre du seigneur ÉRASME de Rotterdam
au seigneur Antoine de Berghes, abbé de Saint-Bertin,
montrant les multiples dommages de la guerre et tout ce qu'il en résulte de maux, d'inconvénients et d'accidents monstrueux", 14 mars 1514,
traduction Marie Delcour.


jeudi 3 mai 2012

Pâques sous les balles en Libye...libre


L'archiprêtre Zacharie Kerstiouk du Département des relations extérieures de l'Eglise orthodoxe ukrainienne (Patriarcat de Moscou) parle de la situation en Libye et comment le service pascal a été célébré dans ce pays fermé.

En Libye il y a le chaos et l'anarchie. Le discours de stabilisation à la télévision ne correspond pas à la réalité. Il n'existe aucune autorité stable. Il n'y a pas même de police dans les rues. Aujourd'hui, le pays est déjà officiellement divisé en trois parties. Chaque ville a ses propres autorités… Le pays est en train de s'effondrer. Dans certaines régions il y a des opérations de combat qui utilisent l'artillerie lourde. À Tripoli, la situation semble relativement calme de jour, mais il y a des échanges de tirs dans la nuit. On est réveillé dix à vingt fois. On ne peut jamais s'habituer aux coups de feu. La vie dans un pays qui, il n'y a pas si longtemps se développait activement, avec une structure normale pour le soutien social de la population, avec des subventions et des financements divers, a été pratiquement paralysée. De nombreux services gouvernementaux ont été bombardés par l'OTAN. Tout le monde vit pour lui-même, tout le monde essaie de se protéger, et tout le monde est armé. Il n'est pas rare de voir de jeunes enfants dans les rues avec des mitraillettes. Tripoli est contrôlée par plusieurs groupes qui gardent l'apparence d'un cessez-le feu entre eux. Mais que se passera-t-il plus tard, quand ils commenceront à se partager leur sphère d'influence? Le pronostic est inconfortable.

Il a fallu une demi-année de travail pour réaliser la possibilité de voyager en Libye afin de visiter nos compatriotes qui y vivent. Beaucoup de gens sont venus en Libye pour travailler et, quand la guerre a commencé, ils n'étaient plus en mesure de partir. Le Seigneur l'ayant permis, un visa a été obtenu grâce à des gens de l'ONU. Arrivé dans le pays, mon premier point souci était d'établir des contacts avec nos compatriotes et d'obtenir la permission de célébrer le service pascal. Recevoir l'autorisation semblait peu probable. Mais, par la miséricorde de Dieu, la permission a été accordée.

Il y avait beaucoup de gens au service pascal nocturne, y compris les jeunes enfants - ils n'ont pas été renvoyés lors de l'évacuation.







Au service pascal nocturne et à la Liturgie plus tard, plus de 200 personnes sont venues, dont la majorité (90%) étaient médecins et la minorité des diplomates.

Pendant la guerre, les médecins ont été très bien traités, ils avaient la protection. Par conséquent, ils ne partaient pas. Beaucoup rapportaient que, dans un hôpital entier il pouvait n'y avoir qu'un seul chirurgien - un Ukrainien. Jusqu'à quarante opérations par jour devaient être effectuées. Mais bien sûr, il est évident que les gens ne sont pas venus ici pour avoir une vie meilleure.


Les Libyens étaient occupés avec leur révolution. Beaucoup de gens ont péri ici: selon des données officieuses, environ 500.000 personnes ont été tuées et environ 300.000 ont été blessées. Selon les données officielles fournies par l'OTAN, il y eut 170.000 morts. Cela signifie que la vérité est quelque part au milieu. Mais pour un pays de 4.000.000 d'habitants même 170.000 morts est un chiffre très élevé.

Nous avons servi la Liturgie pascale nocturne sous le sifflement des balles, des mitrailleuses et des explosions. La ville est minée, et il n'est pas rare pour les voitures de heurter les mines terrestres. L'aéroport est également miné.

 
  

Dans les photographies que j'ai prises il y avait en tout soixante-trois personnes. Beaucoup ont refusé d'être photographiées afin que leurs visages n’apparaissent pas  n'importe où en ligne. Ceux qui ont accepté d'être photographiés, au contraire, l'ont fait dans le but de montrer à leurs parents qu'ils étaient bel et bien vivants. A l'office, nous avons lu l'Evangile en dix langues: biélorusse, ukrainien, slavon, arabe, anglais, allemand, français, espagnol (il y avait un Espagnol à l'office), et en serbe (les Serbes ont également pris part au service).

Nous avons apporté des croix et des livres de prières pour le peuple, qui ont tous été distribués par le premier jour de l'arrivée.


Mais pas tout le monde n'était en mesure de venir au service pascal, et donc je me suis à voyager autour des villes - j'en ai déjà visitées cinq. Les gens se rassemblent (ils vivent sur le territoire des cliniques et hôpitaux) autour de la table. Nous faisons d'abord soit les Vêpres soit la Liturgie pascale. Ensuite, nous parlons et chantons des chansons en ukrainien et en russe.

En outre, nous avons négocié pendant un temps très long l'autorisation de visiter nos compatriotes en captivité. Cela a également semblé presque impossible. Parmi les captifs il y a deux russes, trois biélorusses, et plus de vingt ukrainiens.

Les prisonniers ne semblent pas avoir de blessures corporelles, mais ils ont bien sûr des yeux fatigués: huit mois de captivité se font sentir. Mais ils tiennent et semblent être de bonne humeur. Je leur ai distribué des icônes, des livres de prières, de la paskha et des œufs de Pâques de couleur.

J'ai même donné un œuf de Pâques au chef [de la prison], qui a souri et a dit plus tard: "Nous vous félicitons pour la Pâques du Christ".

De ma propre initiative j'ai catégoriquement choisi de ne pas communiquer avec la population locale. Cela peut être interprété comme de la propagande religieuse, pour laquelle est requise ici  la peine de mort.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après PRAVMIR