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vendredi 1 novembre 2013

Etes-vous des saints ?

LA TOUSSAINT


Tous les saints (Fra Angelico)


En Occident, la fête de tous les saints – la Toussaint – se célèbre à la fin du temps après la Pentecôte. En Orient, elle se célèbre le premier dimanche après la Pentecôte (dimanche que l’Occident a dédié à la Divine Trinité : le dimanche de la Trinité), c’est-à-dire au début du même temps.

Les deux sont logiques et ont une signification spirituelle apparemment contraire mais au fond identique : l’Orient pose la sainteté comme une prémisse dont le reste découle, l’Occident la pose comme un terme, un but à atteindre. Dans les deux cas, ce qui est en jeu, c’est la sanctification. Et cela dans le temps de la Pentecôte, qui est le temps de l’Eglise, c’est-à-dire à la fois le temps de la proclamation de l’Evangile, de la « Bonne Nouvelle » de la résurrection, et le temps de l’incarnation dans l’existence, de l’incorporation de ce même Evangile par les hommes à qui il est proclamé : ce qui peut s’appeler le labeur de la sanctification. Ce qui nous amène et nous oblige à nous interroger sur ce qu’est la sainteté et sur ce qu’est un saint.

Etes-vous des saints ?

On entend souvent dire : « Oh, moi, je ne suis pas un saint ! ». Sous-entendu : cela est réservé à quelques-uns, à une élite, à des sortes de champions ou de héros.

Deuxième sous-entendu, qui se cache derrière le premier : ce n’est pas la peine de me donner du mal, ce n’est pas pour moi…

Notons au passage que l’Eglise catholique romaine prête à ce genre d’attitude puisque dans le processus très juridique et quasi judiciaire de canonisation ( on parle d’ailleurs de « procès de canonisation, et c’est une sorte de procès à l’américaine, avec un défenseur, le postulateur, et un accusateur, l’avocat du diable), dans ce procès, donc, on réclame que soient démontrées les « vertus héroïques » du candidat à la sainteté… je veux dire à la canonisation.

C’est, disons-le, une confusion des genres, et grave. Les saints sont-ils tous des héros ? Peut-être. Les héros sont-ils tous des saints ? Sûrement pas. En réalité, l’héroïsme et la sainteté ne se situent pas du tout sur le même plan. L’héroïsme est une qualité humaine : elle pousse l’homme à se dépasser, à se surpasser, à devenir quasiment un surhomme ; mais cette qualité ne comporte aucune tension vers Dieu. La sainteté au contraire est la caractéristique même de Dieu, et de Lui seul.

Vous connaissez le chant de la louange éternelle des séraphins que le prophète Isaïe a entendu et qu’il nous a retransmis : «  Saint, Saint, Saint, Adonaï Sabaoth » ; c’est le Trisaghion que notre liturgie a pieusement recueilli : « Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu Tout-Puissant ».

Les juifs ont une très belle formule pour désigner Dieu sans prononcer son nom : « Le Saint, Béni soit-Il… »

Enfin, nous, chrétiens, nous proclamons : "Un seul est Saint, un seul est Seigneur, Jésus-Chist, la gloire de Dieu le Père !"

On pourrait donc conclure que ceux qui se récrient : « Je ne suis pas un saint… » ont raison ? Et pourtant, non. Ils ont raison en matière de théologie théorique (Dieu seul est saint) ; ils ont tort en matière de théologie pratique. C’est ce que je voudrais vous montrer.

L’apôtre Paul commence fréquemment ses épîtres par l’adresse suivante : « aux saints qui sont à (tel endroit) ». Quelques exemples : « à tous les saints qui sont en Achaïe » ; « aux saints qui sont à Ephèse » ; « à tous les saints qui sont à Philippes » ; « aux saints et fidèles frères en Jésus-Christ qui sont à Colosses »…Et pourtant, dans certaines de ses épîtres, par exemple celles aux Corinthiens, il ne leur ménage pas ses reproches, à cause de leur inconduite, de leurs divisions, de leurs désordres… leur adressant les réprimandes les plus sévères.

Alors, saints ? ou pécheurs ? Les deux à la fois !

Un moine augustin qui s’est acquis une certaine renommée au XVIe siècle, j’ai nommé Martin Luther, a énoncé une très grande vérité : l’homme qui se veut chrétien prend conscience du fait qu’il est simul justus et peccator, à la fois juste et pécheur.

Nous touchons là à ce que j’appellerai le mécanisme fondamental de la vie divine dans ses deux acceptions : la vie de Dieu, la vie selon Dieu, et qui est l’antinomie. L’antinomie n’est pas la contradiction : la contradiction est opposition passive, l’antinomie est opposition dynamique. Exemples : Dieu est à la fois Un et Trine ; le Christ est à la fois Dieu et homme ; le destin de l’homme est la mort et la résurrection ; le temps de l’Evangile, c’est-à-dire du Fils de Dieu fait homme et communiqué aux hommes, c’est celui dont le Christ dit : « Le temps vient et il est déjà venu. Enfin et surtout : en Christ, notre nature humaine est déjà sauvée, ressuscitée et déifiée : c’est fait, c’est accompli ! Mais il nous reste à l’accomplir, chacun de nous personnellement.

De même pour la sanctification. La sainteté, spécifique à Dieu, nous est communiquée… comment ? Par notre participation au Christ, vrai Dieu et vrai Homme : il a pris part à notre nature humaine et, en retour, il nous donne part à sa divinité, non par nature, mais par grâce. C’est en Christ que nous sommes saints, et en Lui seulement. C’est ce qu’exprime clairement l’apôtre Paul dans l’adresse de sa première épître aux Corinthiens : « A ceux qui ont été sanctifiés en Jésus-Christ, saints par vocation… »

Tout est dit. Notre vocation, exprimée dès notre baptême, qui nous communique la grâce (à nous de l’entretenir !), c’est d’être saints. Ailleurs saint Paul dit : « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification. » Et cela est constant dans les Ecritures, même celles de l’Ancienne Alliance : « Soyez saints comme je suis saint, dit le Seigneur » ; à quoi fait écho cette injonction du Christ : « Soyez parfaits comme votre Père des cieux est parfait. »

Impossible à l’homme ? Sûrement. Mais à Dieu, non. « A Dieu, rien n’est impossible », dit le Christ. Et Lui-même nous fournit la méthode. Elle est aussi simple qu’elle est radicale : ce sont les Béatitudes. Les Béatitudes, c’est en quelque sorte le manuel du chrétien. Saint Jean Chrysostome disait d’elles que si quelqu’un les appliquait intégralement, il ne connaîtrait pas la mort.

Ne soyons pas outrecuidants, tâchons d’en appliquer quelques-unes, autant que nous pourrons. Et alors nous ouvrirons des fissures dans notre ego, dans la carapace du vieil homme, fissures par lesquelles la sainteté de Dieu se précipitera et nous transfigurera, et cela dès maintenant, nous emplissant de paix, de joie et d’amour.

Alors nous n’aurons plus qu’un désir : nous réunir à ces foules sans nombre, à ces myriades de myriades d’anges et de saints qui sans cessa adorent et proclament :

« Amen ! La louange, la gloire, la sagesse, l’action de grâces, l’honneur, la puissance et la force soient à notre Dieu, aux siècles des siècles ! Amen ! »





mardi 8 janvier 2013

Notre Théophanie: renaître avec le Christ





Nous, chacun d'entre nous Chrétiens Orthodoxes, nous devons être chaque jour ce que nous disons être en Christ, et cela même lorsque personne ne nous voit. Nous ne devons JAMAIS permettre à l'hypocrisie de s'installer en nous, en aucune manière! Nous devons VIVRE notre saint Baptême dans toute sa glorieuse authenticité pleine de grâce et de splendeur! C'est cela, l'arme pas du tout secrète du Christ en ce monde, pour la conversion du monde entier!

Nous devons approcher chacun comme frère et soeur en Christ afin d'accomplir la tâche de renouveler le monde en Christ, une personne à la fois - au fur et à mesure que nos coeurs sont transformés via la repentance en cours, et l'authenticité en Christ deviendra attirante, intéressante, et un objet de motivation et de curiosité pour les autres, les amenant à suivre le Christ, à temps et à contre-temps. Je dis toujours que l'humilité, c'est arriver à comprendre que "Dieu est Dieu, et nous ne le sommes pas." Nous sommes des créatures, et connaître des choses telles que l'avenir, cela ne relève pas du "profil de l'emploi" de la créature!

Soyez humble, et ne vous souciez pas de demain, sauf en ce qui est raisonnable, prudent, et juste aujourd'hui. Si nous voulions seulement être ce que le Christ veut que chacun d'entre nous soit - saint - alors le monde entier vivrait une authentique renaissance d'amour et de paix et de guérison en Christ.

Quelque part, les Chrétiens sont responsables pour toutes les guerres, crises, désastres naturels, famines, épidémies, etc, qui ravagent le monde! Nous autres Chrétiens Orthodoxes ne vivons tout simplement PAS la repentance menant à la sainteté! Je prie que nous puissions tous voir que si nous Chrétiens nous ne vivions que dans la sainteté qui nous est donnée par le saint Baptême, menant une vie fermement consacrée à la repentance en Christ, nous transformerions le monde. Mais pas comme l'immoral et faux amour enfumé de haschish des années 60', la propagande communiste et autre non-sens révolutionnaire et tous les programmes d'oppression des jours qui ont finit par passer.

La sainteté en Christ, c'est l'UNIQUE manière de faire la différence dans le monde! La sainteté attire les gens de bonne volonté vers notre humble personne en Christ, et ces gens de bonne volonté voudrons avoir ce que nous avons - la sainteté - pour eux-mêmes, et pour leurs familles, et pour beaucoup d'autres aussi.

Vivez votre Baptême! Vivez votre Baptême dans la grâce et la miséricorde! Vivez votre saint Baptême jusqu'au Salut en Christ - votre Salut, et par l'authenticité de votre vie en Christ, le Salut des autres par extension.


Hiéromone Joshua, EORHF, Albuquerque, New Mexico, in "note to a friend" 

vendredi 27 janvier 2012

Les saints latins du patriarcat othodoxe de Rome

Cette page du site "orthodoxengland" est une curiosité, que je livre comme telle à mes visiteurs. 

Les hiérarques orthodoxes orientaux ont manifesté, et continuent souvent de manifester, une regrettable incuriosité à l'égard des saints occidentaux du premier millénaire. Pourtant, avant le Grand Schisme de 1054, le corps de l'Eglise du Christ était demeuré unique. Mais on a projeté sur cette Eglise de Rome orthodoxe une ombre rétrospective. Pourtant, durant la grande crise arienne, elle est demeurée intrépide, résistant aux pressions et aux menaces des empereurs. On ne devrait pas oublier, par exemple, que c'est auprès d'elle que saint Athanase est venu se réfugier. Et surtout que la proclamation dogmatique de Chalcédoine sur les deux natures du Christ unies en son unique hypostase sans confusion ni séparation est issue du "tome de Léon", c'est-à-dire le traité que saint Léon le Grand fit parvenir au concile. Oui, Rome a longtemps été le refuge de la foi orthodoxe.

Il y a eu en Occident pléthore de saints à l'égal de l'Orient, mais négligés, oubliés par l'orthodoxie patentée. A la seule exception du saint archevêque Jean (Maximovitch) de Shanghaï et de San Francisco (dans le texte auquel je renvoie : saint John the Wondermaker, saint Jean le Thaumaturge), qui était dans des sentiments tout différents. Mais il ne vécut  pas assez longtemps pour redresser la tendance.

D'où l'intérêt de cette entreprise anglaise : Our task here then is to present a catalogue of Latin Orthodox saints, from North-West Africa to the Canary Islands, from Ireland to the Hebrides, from Scandinavia to Poland, from Czechia to Hungary, from Dalmatia to Istria, from Sicily to Malta and all the lands inbetween, including all the lands which then did not exist and were known by different names from those today. Pourquoi "latins" ? Parce qu'entre ces hommes et femmes de tant d'horizons divers, la langue de communication comme aussi de célébration liturgique était le latin.

Si judicieuse que soit cette entreprise, elle a ses défauts. Le principal est de choisir comme limite temporelle la date de 1054 bien que l'auteur du texte souligne son cacactère arbitraire. Or le schisme, quoi que pensent les extrémistes, n'entraîne pas fatalement l'hérésie. Ainsi, pour parler clair, le fait d'adhérer au filioquisme, qui est indubitablement une erreur ecclésiologique et même théologique, ne fait nullement obstacle à la sainteté personnelle. C'est là une opinion personnelle que beaucoup ne partagent pas, mais qui est pour moi une certitude. L'amour et la défense de la vérité ne doivent pas stériliser la charité, ce don suprême de la grâce divine qui s'exerce envers tous sans acception de personne, comme il est dit dans l'Ecriture.

Cela pour expliquer que mon propre catalogue franchit hardiment la barrière de 1054.

Ce texte est intéressant aussi bien qu'utopique par sa proposition de substituer à l'actuelle constitution de l'Europe une autre fondée sur la communions des saints. En voici la conclusion, à laquelle tout le monde n'adhérera pas mais qui mérite attention :

The choice before us is now clear:


A Secular Europe, divorced from God, built on the failed thousand-year experiment of the fallen humanist ruins of Catholicism/Protestantism, in communion with the rest of modern secularism.
An Orthodox Europe, partaking of the Holy Trinity, renewed on the holy two-thousand year reality of the risen spiritual heritage of the Saints of Latin Orthodoxy, in communion with the rest of the Orthodox Church.

We long ago made our choice and pray that others will follow us.