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lundi 9 juillet 2012

Saint Irénée (III) : Que votre être intégral soit conservé sans reproche pour la venue du Seigneur Jésus ! »


« Que votre être intégral — à savoir votre esprit, votre âme et votre corps —
soit conservé sans reproche pour la venue du Seigneur Jésus ! »
Saint Irénée, Contre les hérésies, Livre V, chapitre 6, paragraphe 1



6, 1 Au contraire, Dieu sera glorifié dans l'ouvrage par lui modelé, lorsqu'il l'aura rendu conforme et semblable à son Fils (Romains 8, 29 ; Philippiens 3, 21). Car, par les Mains du Père, c'est-à-dire par le Fils et l'Esprit, c'est l'homme, et non une partie de l'homme, qui devient à l'image et à la ressemblance de Dieu. Or l'âme et l'esprit peuvent être une partie de l'homme, mais nullement l'homme : l'homme parfait, c'est le mélange et l'union de l'âme qui a reçu l'Esprit du Père et qui a été mélangée à la chair modelée selon l'image de Dieu. Et c'est pourquoi l'Apôtre dit : « Nous parlons sagesse parmi les parfaits. » (1 Corinthiens 2, 6). Sous ce nom de « parfaits », il désigne ceux qui ont reçu l'Esprit de Dieu et qui parlent toutes les langues grâce à cet Esprit, comme lui-même les parlait, et comme nous entendons aussi nombre de frères dans l'Église, qui possèdent des charismes prophétiques, parlent toutes sortes de langues grâce à l'Esprit, manifestent les secrets des hommes pour leur profit et exposent les mystères de Dieu. Ces hommes-là, l'Apôtre les nomme également « spirituels » : spirituels, ils le sont par une participation de l'esprit, mais non par une évacuation et une suppression de la chair. En effet, si l'on écarte la substance de la chair, c'est-à-dire de l'ouvrage modelé, pour ne considérer que ce qui est proprement esprit, une telle chose n'est plus l'homme spirituel, mais l'« esprit de l'homme» ou l'« Esprit de Dieu ». En revanche, lorsque cet esprit, en se mélangeant à l'âme, s'est uni à l'ouvrage modelé, grâce à cette effusion de l'Esprit se trouve réalisé l'homme spirituel et parfait, et c'est celui-là même qui a été fait à l'image et à la ressemblance de Dieu. Quand au contraire l'esprit fait défaut à l'âme, un tel homme, restant en toute vérité psychique et charnel, sera imparfait, possédant bien l'image de Dieu dans l'ouvrage modelé, mais n'ayant pas reçu la ressemblance par le moyen de l'esprit. De même donc que cet homme est imparfait, de même aussi, si l'on écarte l'image et si l'on rejette l'ouvrage modelé, on ne peut plus avoir affaire à l'homme, mais, ainsi que nous l'avons dit, à une partie de l'homme ou à quelque chose d'autre que l'homme. Car la chair modelée, à elle seule, n'est pas l'homme parfait : elle n'est que le corps de l'homme, donc une partie de l'homme. L'âme, à elle seule, n'est pas davantage l'homme : elle n'est que l'âme de l'homme, donc une partie de l'homme. L'esprit non plus n'est pas l'homme : on lui donne le nom d'esprit, non celui d'homme. C'est le mélange et l'union de toutes ces choses qui constitue l'homme parfait. Et c'est pourquoi l'Apôtre, s'expliquant lui-même, a clairement défini l'homme parfait et spirituel, bénéficiaire du salut, lorsqu'il dit dans sa première épître aux Thessaloniciens : « Que le Dieu de paix vous sanctifie en sorte que vous soyez pleinement achevés, et que votre être intégral — à savoir votre esprit, votre âme et votre corps — soit conservé sans reproche pour l'avènement du Seigneur Jésus. » (1 Thessaloniciens 5, 23). Quel motif avait-il donc de demander pour ces trois choses, à savoir l'âme, le corps et l'esprit, une intégrale conservation pour l'avènement du Seigneur, s'il n'avait su que toutes les trois doivent être restaurées et réunies et qu'il n'y a pour elles qu'un seul et même salut ? C'est pour cela qu'il dit « pleinement achevés » ceux qui présentent sans reproche ces trois choses au Seigneur. Sont donc parfaits ceux qui, tout à la fois, possèdent l'Esprit de Dieu demeurant toujours avec eux et se maintiennent sans reproche quant à leurs âmes et quant à leurs corps, c'est-à-dire conservent la foi envers Dieu et gardent la justice envers le prochain.

vendredi 30 décembre 2011

Image & ressemblance selon saint Basile le Grand (2)



« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Vois-tu en quoi le Seigneur nous donne ce qui est à la ressemblance ? « Car il fait lever son soleil sur les méchants et les bons, et fait pleuvoir sur les justes et les injustes. » Si tu deviens adversaire du mal, sans rancune et oublieux de l’inimitié de la veille, si tu aimes tes frères et leur es compatissant, tu ressembles à Dieu. Si tu pardonnes du fond du cœur à l’ennemi, tu ressembles à Dieu. Si ton attitude envers le frère qui t’a offensé est semblable à celle de Dieu envers toi pécheur, par la miséricorde envers le prochain, tu ressembles à Dieu. Ainsi tu possèdes ce qui est à l’image, parce que tu es raisonnable (logikos), mais tu deviens à la ressemblance en acquérant la bonté. Acquiers « des entrailles de compassion et de la bienveillance » afin de revêtir le Christ. Les actions qui te font acquérir la compassion sont les mêmes, en effet, que celles qui te font revêtir le Christ, et l’intimité avec lui te fait intime avec Dieu. Ainsi cette histoire [de la Genèse] est-elle une éducation de la vie humaine. « Créons l’Homme à l’image » : qu’il possède par la création ce qui est à l’image, mais qu’il devienne aussi à la ressemblance. Dieu en a donné la puissance ; s’il t’avait créé aussi à la ressemblance, où serait ton privilège ? Pourquoi as-tu été couronné ? Et si le Créateur t’avait tout donné, comment le royaume des cieux s’ouvrirait-il pour toi ? Mais il se fait qu’une partie t’est donnée, tandis que l’autre a été lissée inachevée : c’est pour que tu t’achèves toi-même et que tu sois digne de la rétribution qui vient de Dieu.

-- Comment devenons-nous donc à la ressemblance ?
-- Par les évangiles.
 
-- Qu’est-ce que le christianisme ?
-- C’est la ressemblance de Dieu autant qu’il est possible à la nature de l’Homme. Si tu as reçu la grâce d’être chrétien, hâte-toi de devenir semblable à Dieu, revêts le Christ. Comment le revêtiras-tu si tu n’es pas baptisé ? si tu ne portes pas le vêtement d’incorruptibilité ? Renonces-tu à la ressemblance à Dieu ? Si je te disais : voilà, deviens semblable à l’empereur, ne trouverais-tu pas que je suis un bienfaiteur ? Et maintenant que je veux te rendre semblable à Dieu, vas-tu fuir la parole qui te déifie, vas-tu te boucher les oreilles afin de ne pas entendre les paroles salvatrices ?

Saint Basile de Césarée, Sur l’origine de l’homme, op. cit. I, 17.

Cet autre passage de la première homélie est lui aussi riche de sens. Relevons seulement quelques traits saillants.

Le premier, et le plus frappant, déjà exprimé dans le paragraphe 16, est que Dieu a laissée inachevée sa création afin que l’Homme acquière l’honneur et la gloire d’achever cette création. Or cette création, c’est celle de lui-même, de sorte que l’Homme « s’achève lui-même », qu’il devienne co-créateur de lui-même. C’est assez prodigieux !

Deuxième trait : la ressemblance avec Dieu s’acquiert par la compassion, le pardon des ennemis, la bonté, la miséricorde… Les membres du Régime rectifié qui connaissent leurs classiques se souviendront qu’Henri de Virieu, dans le « Mémoire sur la bienfaisance » qu’il a présenté au convent de Wilhelmsbad et qu’il a fait approuver par lui, exprime en d’autres termes exactement la même idée, à savoir que la pratique de la bienfaisance est un moyen sûr d’acquérir la ressemblance à Dieu. La clef de cela est donnée dans le présent texte : ces actions de bienfaisance ou de compassion font revêtir le Christ et rendent intime avec Dieu, en un mot elles sont un instrument de déification (le terme est dans le texte).


Troisième trait : ces actions, morales en soi, ont une finalité qui dépasse la morale, puisqu’elles ont une incidence qu’on peut qualifier d’essentielle sur la nature de l’Homme..


Enfin, dernier trait, présent en filigrane : le royaume des cieux est supérieur au paradis puisqu’on n’y accède qu’en ayant conquis la ressemblance parfaite alors qu’elle était encore imparfaite à l’origine.






Image et ressemblance selon saint Basile le Grand

« Créons l’Homme à notre image et à notre ressemblance ». Nous possédons l’un par la création, nous acquérons l’autre par la volonté. Dans la première structure, il nous est donné d’être nés à l’image de Dieu ; par la volonté se forme en nous l’être à la ressemblance de Dieu. Ce qui relève de la volonté, notre nature le possède en puissance, mais c’est par l’action que nous nous le procurons. Si en nous créant, le Seigneur n’avait pris à l’avance la précaution de dire « Créons » et « à la ressemblance », s’il ne nous avait pas gratifiés de la puissance de devenir à la ressemblance, ce n’est pas par notre pouvoir propre que nous aurions acquis la ressemblance à Dieu. Mais voilà qu’il nous a créés en puissance capable de ressembler à Dieu. En nous donnant la puissance de ressembler à Dieu, il a permis que nous soyons les artisans de la ressemblance à Dieu, afin que nous revienne la récompense de notre travail, afin que nous ne soyons pas comme ces portraits sortis de la main d’un peintre, des objets inertes, afin que le résultat de notre ressemblance ne tourne pas à la louange d’un autre. En effet, lorsque tu vois le portrait exactement conformé au modèle, tu ne loues pas le portrait, mais tu admires le peintre. Ainsi donc, afin que ce soit moi l’objet d’admiration et non un autre, il m’a laissé le soin de devenir à la ressemblance de Dieu. En effet, par l’image je possède l’être raisonnable, et je deviens à la ressemblance en devenant chrétien.

Saint Basile de Césarée, Sur l’origine de l’Homme, première homélie : l’Etre à l’image, I, 16 (Sources chrétiennes n° 160, 1970)

(à suivre)

Ces considérations de saint Basile et les suivantes sont d’une importance primordiale. Comme tous les Pères grecs, il introduit une distinction radicale entre « à l’image » et « à la ressemblance ». L’image divine dans l’être humain résulte d’un don gratuit de Dieu, l’Homme n’y est pour rien. En revanche, il lui faut acquérir, conquérir la ressemblance par son travail ; c’est-à-dire que Dieu Créateur lui confie le soin de compléter son œuvre que lui-même a volontairement laissée inachevée, de façon que l’Homme devienne le coopérateur de Dieu, qu’il soit, comme dit saint Paul, le « co-ouvrier » de Dieu.

Ainsi, l’image est reçue passivement, tandis que la ressemblance s’obtient par l’action.

Est-il besoin de souligner combien tout cela « parle » à un maçon rectifié, et a fortiori à un chevalier bienfaisant de la cité sainte ?

Comme on le verra, les propos de saint Basile dans le paragraphe suivant seront encore en totale harmonie avec les enseignements du Régime rectifié.











mercredi 31 août 2011

Aphorismes spirituels (suite 7)

L’Homme (suite)







Le péché a éloigné l’Homme de Dieu et lui a rendu la nature hostile.


Dès lors le chemin humain suit deux mouvements :
- retrouver la ressemblance ;
- retrouver la concordance avec la nature.

Dieu veut que nous connaissions ses pensées et il nous les révèle.
Nous pouvons ne pas les suivre mais, si nous les suivons ; nous devenons capables d’être fils de Dieu.

Même l’Homme abouti (celui du 6e jour) n’est pas achevé. Il est à l’image, il lui est proposé de devenir à la ressemblance.

L’Homme à la fois est dans le temps et est éternel. Il est en corrélation avec l’univers et l’univers est en corrélation avec l’Homme.


Le Christ est à la fois, inscrit dans le temps et dans l’espace, et l’Adam pré-éternel avant le temps.