Affichage des articles dont le libellé est sanctification. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sanctification. Afficher tous les articles

mercredi 22 mai 2013

L'homme et la nature à la Parousie


Staretz Ephrem: L'homme et la nature à la Parousie




La chute de l'homme, qui était la "couronne de la création", a provoqué la chute de toute la création qui "a gémi ensemble dans les douleurs de l'enfantement" (Romains 8:22). C'est ce qui explique le principal enseignement de notre Église, qui considère la création comme un tout, qui est guidé vers la perfection et la déification; homme et la nature ensemble. L'homme et la nature ne sont pas distincts dans la conception de la création. Donc l'homme a le devoir de maintenir une bonne relation avec le reste de la création. Le fait que l'homme reste dans la condition déchue prolonge dangereusement le monde qui supporte le même état. Ainsi, l'homme contribue à la perversion et à la dégradation de la nature. Par conséquent, la chute a non seulement déformé l'homme existentiel et moral, mais aussi même son environnement.

[…] Dans sa Parousie [seconde venue], le Christ non seulement restaure la nature humaine, mais aussi toute la création. Puisque le reste de la création est tombé à cause de l'homme, il sera régénéré par l'homme sanctifié. Quand l'homme atteint la sanctification, son environnement est aussi sanctifié. Nous trouvons de nombreux exemples dans la vie des saints. Un lion subvenait aux besoins de saint Gérasime du Jourdain; saint Séraphim de Sarov nourrissait un ours comme si c'était un agneau docile; le staretz Païssios du Mont Athos était connu pour avoir comme compagnie des serpents et d'autres animaux sauvages.

Avec la résurrection et la régénération de l'homme, la nature sera également exonérée de corruption. Selon saint Syméon le Nouveau Théologien, la nature deviendra immatérielle et éternelle. "Pendant la régénération, la nature devient une demeure morale, au-delà de la perception humaine" (saint Syméon le Nouveau Théologien: Questions morales, 1, 5).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mercredi 13 mars 2013

L'Essence de la Chevalerie chrétienne





L’essence de la Chevalerie consiste en l’esprit de service du Chevalier et en sa capacité de sacrifice. Il sait qu’il est nécessaire de mettre son intelligence, sa volonté et sa force au service de la justice et de la vérité.

Reconnaissant et acceptant cette nécessité première, le Chevalier s’emploie à éviter qu’en agissant à l’inverse, la force et la valeur deviennent  des instruments au service des intérêts personnels, voire se transforment en moyens de renforcer son propre pouvoir et son propre orgueil au détriment d’autrui.

Par l’humble acceptation de ses limites humaines, le Chevalier réalise la plus grande expression de la créature humaine qui porte en elle la présence de Dieu. En étant conscient de cette limite et en la réalisant dans sa propre vie, il dépasse les limites de la nature humaine.

La Chevalerie est donc une Voie de sanctification moyennant la pratique du combat et des vertus militaires. 

Vu cette qualité spécifique, la Chevalerie prend à juste titre figure d’Ordre.

Elle est définie comme un Ordre parce qu’elle a été instituée directement par Dieu pour défendre l’ordre chrétien, même si, en tant qu’institution historique, elle précède le christianisme.

Elle est un Ordre parce qu’elle possède sa tradition propre  et ses règles propres fondées sur l’Evangile, au moyen desquelles le Miles atteint sa sanctification ; et en outre parce qu’au moyen du rite de l’investiture, la grâce agit sur la personne en en transformant la nature, faisant du Chevalier un combattant du Christ, doté de l’assistance divine nécessaire à l’accomplissement de sa fonction de Miles.

Emprunté à Domenico Errante
21 février 2013

Traduction A Tribus Liliis 

mardi 11 septembre 2012

Le christianisme ne fait que commencer...


“Le Christianisme ne fait que commencer”. Le père Alexandre Men (1935-1990)

par le père SERGE MODEL

A la bienheureuse mémoire du père Alexandre Men





« L’essence du christianisme, c’est l’humanité unie à Dieu. C’est l’union de l’esprit humain, borné et limité dans le temps, à l’Esprit divin infini. C’est la sanctification du monde, la victoire sur le mal, les ténèbres et le péché. C’est la victoire de Dieu. Elle a commencé la nuit de la résurrection et continuera tant que le monde existera. » C’est par ces paroles que, le 8 septembre 1990 à Moscou, le père Alexandre Men acheva sa conférence sur « le christianisme ». Le lendemain matin, ce prêtre orthodoxe russe renommé, prédicateur et écrivain brillant, père spirituel de l’intelligentsia, était assassiné par un inconnu. Une fin de martyr venait sceller une vie consacrée à l’annonce de l’Évangile.

UN PRÊTRE AU PAYS DES SOVIETS

Né à Moscou le 22 janvier 1935 dans une famille juive non-religieuse, Alexandre Men auraît pu devenir un « homo sovieticus », considérant que « toute idée religieuse, toute conception d’un pouvoir divin, même n’importe quelle insignifiance à l’égard de Dieu est une abomination indescriptible, un fléau méprisable » (Lénine) et estimant que « le marxisme-léninisme, enrichi par Staline, est la seule théorie philosophique donnant un tableau scientifique du monde, défendant les principes et les méthodes scientifiques d’explication de la nature et de la société, fournissant à l’humanité travailleuse l’instrument de la lutte pour la construction du communisme » (manuel scolaire stalinien).


C’est pourtant le contraire qui adviendra : convertie au Christ alors que la foi chrétienne est persécutée comme jamais dans l’histoire, la mère d’Alexandre Men le fait baptiser dans l’Église orthodoxe « des catacombes » et l’élève dans un esprit à la fois religieux et ouvert sur le monde.

Vers douze ans, Alexandre Men ressent un appel au sacerdoce, et s’y prépare systématiquement. Prodigieusement doué, il étudie – seul – la Bible, l’histoire, la philosophie, la théologie et les sciences naturelles. Après des études supérieures de biologie (pour dialoguer avec une société marquée par le scientisme) et de théologie, il est ordonné prêtre le 1er septembre 1960, et entame un ministère rayonnant, en particulier auprès des intellectuels, savants et artistes. Prêtre de l’Église orthodoxe « officielle » (le patriarcat de Moscou, toléré par le régime soviétique moyennant une « loyauté » affichée envers celui-ci), il organise aussi – en pleine campagne antireligieuse de Khrouchtchev – des activités « illégales » : groupes de catéchèse, d’études bibliques, de prière et d’entraide. Sa personnalité chaleureuse enveloppe ses interlocuteurs de sa joie rayonnante et les impressionne par ses connaissances encyclopédiques. À ceux qui viennent le voir – de plus en plus nombreux, jusqu’à être des milliers à la fin de sa vie – il répète que « le christianisme est une force créatrice agissante », qu’il « n’y a pas de conflit fondamental entre la Bible et la science » et que « Dieu veut la liberté de l’homme …». Ayant compris qu’après des décennies de propagande athée, le langage de l’Église n’était plus directement compréhensible à ses contemporains, le père Alexandre s’efforce de rendre le message chrétien accessible à l’homme d’aujourd’hui.

AUTEUR CLANDESTIN DE « BEST-SELLERS » RELIGIEUX

Pour rappeler aux nouvelles générations, coupées de leurs racines religieuses et culturelles, les « fondamentaux » de la foi, Alexandre Men rédige une « vie de Jésus » accessible à tous (Le Fils de l’homme, en français : Jésus, le Maître de Nazareth), puis six tomes d’une histoire des recherches spirituelles de l’humanité (des origines à la Révélation biblique), qui constituent une véritable catéchèse pour un monde déchristianisé. Suivront des commentaires pour une Bible russe, un manuel de prière, etc. Ne pouvant être publié en URSS, il sera édité à Bruxelles par un petit éditeur catholique : le « Foyer oriental chrétien », auquel des amis ont fait parvenir ses manuscrits. Une dizaine d’ouvrages (au début sous pseudonyme), verront ainsi le jour en Belgique, avant d’être réintroduits clandestinement en Russie, où ils seront littéralement dévorés par d’innombrables lecteurs (quatre millions pour son premier livre). D’autres projets, dont son magistral Dictionnaire des biblistes, ne verront le jour qu’après son décès (aucun de ses ouvrages ne sera édité dans son pays de son vivant).

HARCELE PAR LE KGB, PUIS VEDETTE DES MEDIAS

L’activité débordante de ce prêtre « hors-normes » ne pouvait évidemment passer inaperçue dans l’État soviétique athée. Outre plusieurs mutations et l’interdiction d’exercer dans la capitale (toute sa vie, il desservira des paroisses de campagne), Alexandre Men est harcelé par le KGB. Mais enquêtes, perquisitions et interrogatoires (sans compter les attaques dans la presse, pamphlets anonymes ou lettres de menaces) ne parviennent pas à « coincer » ce prêtre, dont l’activité n’est ni politique ni « dissidente ». Et, au moment où son arrestation semble néanmoins inéluctable, la perestroika gorbatchévienne met fin aux persécutions des croyants.
Bien plus : la nouvelle politique religieuse du pouvoir met au premier plan ce « pasteur des intellectuels », ouvert sur le monde et la culture de son temps, favorable à l’œcuménisme et au dialogue interreligieux et interconvictionnel. Premier prêtre autorisé à parler de religion dans un lycée soviétique (en 1988), il est invité à se produire – sur les thèmes les plus divers – dans des grandes salles (dont le stade olympique), des usines, des clubs, à la radio, à la télévision, et saisit toutes les occasions pour annoncer l’Évangile : en deux ans, il donnera plus de 200 conférences et préparera trente publications. Il réalise aussi les nombreux projets dont il rêvait : création de la Société biblique russe, d’une université orthodoxe, d’un groupe de bienfaisance auprès de l’hôpital pour enfants de Moscou…

MORT, OU EST TA VICTOIRE ?

Pour certains milieux, qui voulaient à nouveau réduire l’Eglise en Russie à un simple lieu de culte, un sujet obéissant ou un musée, ce véritable « phénomène » était sans doute devenu insupportable. Et le dimanche 9 septembre 1990, à six heures du matin – dans des circonstances toujours non élucidées – le père Alexandre était assassiné à coups de hache, sur le petit chemin forestier vers la gare qu’il empruntait pour se rendre à l’église. Pour ceux qui l’avaient connu, la mort en martyr du père Alexandre Men portait – quels que soient les commanditaires de cet assassinat (KGB, éléments ultranationalistes ou antisémites) – une signification profonde : celle du témoignage « jusqu’au sang » rendu au Christ, auquel il avait consacré toute sa vie.

De plus, contrairement aux attentes de ceux qui voulaient le faire taire, l’héritage d’Alexandre Men n’a pas disparu avec sa mort. Vingt ans après, même si la largesse de vues du père Alexandre n’est pas encore comprise de tous, nul ne nie qu’il ait été un missionnaire extraordinaire, dont « l’action illuminatrice et catéchétique, la parole vivante et inspirée a amené bien des personnes à la foi » (patriarche Cyrille).

"Pastoralia. Bulletin de l’Archevêché (catholique) de Malines-Bruxelles", n°1, janvier 2011, p. 14-15.


Pour commencer de faire connaissance avec ce pasteur, penseur et passeur d'exception, il est bon de lire et relire l'ouvrage suivant :




Le Christianisme ne fait que commencer
Préface de Jean Vanier — Introduction d'Ignace Krekchine — Textes traduits du russe par Françoise Lhœst et Hélène Arjakovsky-Klépinine
Editions du Cerf Paru en : Juin 1996  [2004, 2010]
24,00 € - 288 pages