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dimanche 4 novembre 2012

L'image de Dieu en l'homme


Saint Jean de Cronstadt: L'image de Dieu en l'homme



Ne confondez pas la personne, formée à l'image de Dieu, avec le mal qui est en elle; car le mal est une infortune du hasard, une maladie, une rêverie diabolique.

Mais l'essence-même de la personne est l'image de Dieu, et celle-ci demeure en dépit de toute déformation.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Rev. A. James Bernstein
Surprised by Christ
Conciliar Press Ministries
Ben Lomond, California,
USA
2008

jeudi 26 juillet 2012

Saint Irénée (14) :«Faites mourir vos membres terrestres... »


VÉRITABLE SENS DE LA PHRASE :
« LA CHAIR ET LE SANG NE PEUVENT HÉRITER DU ROYAUME DE DIEU »
(suite 4)

«Faites mourir vos membres terrestres... »

Saint Irénée, Contre les hérésies, livre V, chapitre 12, paragraphes 3 & 4

12, 3 (suite) Comme le dit l'Apôtre dans son épître aux Colossiens : «Faites donc mourir vos membres terrestres..» (Colossiens 3, 5) Quels sont-ils, ces membres ? Lui-même les énumère : «... la fornication, l'impureté, les passions, la convoitise mauvaise et l'avarice qui est une idolâtrie ». (Ibid.) Voilà ce dont l'Apôtre prêche le rejet, et c'est à propos de ceux qui commettent de tels actes qu'il affirme qu'ils ne peuvent, comme n'étant que « chair et sang », hériter du royaume des cieux  (Galates 5, 21 ; 1 Corinthiens 15, 50) : car leur âme, pour avoir incliné vers ce qui est inférieur et être descendue vers les convoitises terrestres, est désignée par ces noms mêmes de « chair » et de « sang ». 

Et c'est tout cela que l'Apôtre nous commande une nouvelle fois de rejeter, lorsqu'il dit dans la même épître : «Ayant dépouillé le vieil homme avec ses pratiques...» (Colossiens 3, 9) Ce disant, il n'entend nullement répudier l'antique ouvrage modelé : sans quoi nous devrions nous tuer et rompre tout lien avec la vie d'ici-bas ! 12, 4 Au reste, l'Apôtre lui-même nous écrit tandis qu'il est cet homme qui a été modelé dans le sein maternel et qui est sorti de celui-ci (Galates  1, 15), et il affirme, dans son épître aux Philippiens, que «vivre dans la chair est le fruit d'une œuvre»(Philippiens 1, 22). Or le fruit de l'œuvre de l'Esprit, c'est le salut de la chair : car quel pourrait être le fruit visible de l'Esprit invisible, sinon de rendre la chair mûre et capable de recevoir l'incorruptibilité ? Si donc <« vivre dans la chair est le fruit d'une œuvre », l'Apôtre ne méprise assurément pas la substance de la chair lorsqu'il dit : « Ayant dépouillé le vieil homme avec ses pratiques...» (Colossiens 3, 9), mais il entend signifier le rejet de notre ancienne manière de vivre, vieillie et corrompue (Ephésiens 4, 22). Et c'est pourquoi il poursuit : «... et ayant revêtu l'homme nouveau, qui se renouvelle dans la connaissance selon l'image de Celui qui l'a créé. »(Colossiens 3, 10) En disant « qui se renouvelle dans la connaissance», il indique que cet homme-là même qui se trouvait antérieurement dans l'ignorance, c'est-à-dire qui ignorait Dieu, se renouvelle par la connaissance de celui-ci : car c'est la connaissance de Dieu qui renouvelle l'homme. Et en disant « selon l'image de Celui qui l'a créé », il signifie la récapitulation de cet homme qui, au commencement, avait été fait à l'image de Dieu.

lundi 9 juillet 2012

Saint Irénée (III) : Que votre être intégral soit conservé sans reproche pour la venue du Seigneur Jésus ! »


« Que votre être intégral — à savoir votre esprit, votre âme et votre corps —
soit conservé sans reproche pour la venue du Seigneur Jésus ! »
Saint Irénée, Contre les hérésies, Livre V, chapitre 6, paragraphe 1



6, 1 Au contraire, Dieu sera glorifié dans l'ouvrage par lui modelé, lorsqu'il l'aura rendu conforme et semblable à son Fils (Romains 8, 29 ; Philippiens 3, 21). Car, par les Mains du Père, c'est-à-dire par le Fils et l'Esprit, c'est l'homme, et non une partie de l'homme, qui devient à l'image et à la ressemblance de Dieu. Or l'âme et l'esprit peuvent être une partie de l'homme, mais nullement l'homme : l'homme parfait, c'est le mélange et l'union de l'âme qui a reçu l'Esprit du Père et qui a été mélangée à la chair modelée selon l'image de Dieu. Et c'est pourquoi l'Apôtre dit : « Nous parlons sagesse parmi les parfaits. » (1 Corinthiens 2, 6). Sous ce nom de « parfaits », il désigne ceux qui ont reçu l'Esprit de Dieu et qui parlent toutes les langues grâce à cet Esprit, comme lui-même les parlait, et comme nous entendons aussi nombre de frères dans l'Église, qui possèdent des charismes prophétiques, parlent toutes sortes de langues grâce à l'Esprit, manifestent les secrets des hommes pour leur profit et exposent les mystères de Dieu. Ces hommes-là, l'Apôtre les nomme également « spirituels » : spirituels, ils le sont par une participation de l'esprit, mais non par une évacuation et une suppression de la chair. En effet, si l'on écarte la substance de la chair, c'est-à-dire de l'ouvrage modelé, pour ne considérer que ce qui est proprement esprit, une telle chose n'est plus l'homme spirituel, mais l'« esprit de l'homme» ou l'« Esprit de Dieu ». En revanche, lorsque cet esprit, en se mélangeant à l'âme, s'est uni à l'ouvrage modelé, grâce à cette effusion de l'Esprit se trouve réalisé l'homme spirituel et parfait, et c'est celui-là même qui a été fait à l'image et à la ressemblance de Dieu. Quand au contraire l'esprit fait défaut à l'âme, un tel homme, restant en toute vérité psychique et charnel, sera imparfait, possédant bien l'image de Dieu dans l'ouvrage modelé, mais n'ayant pas reçu la ressemblance par le moyen de l'esprit. De même donc que cet homme est imparfait, de même aussi, si l'on écarte l'image et si l'on rejette l'ouvrage modelé, on ne peut plus avoir affaire à l'homme, mais, ainsi que nous l'avons dit, à une partie de l'homme ou à quelque chose d'autre que l'homme. Car la chair modelée, à elle seule, n'est pas l'homme parfait : elle n'est que le corps de l'homme, donc une partie de l'homme. L'âme, à elle seule, n'est pas davantage l'homme : elle n'est que l'âme de l'homme, donc une partie de l'homme. L'esprit non plus n'est pas l'homme : on lui donne le nom d'esprit, non celui d'homme. C'est le mélange et l'union de toutes ces choses qui constitue l'homme parfait. Et c'est pourquoi l'Apôtre, s'expliquant lui-même, a clairement défini l'homme parfait et spirituel, bénéficiaire du salut, lorsqu'il dit dans sa première épître aux Thessaloniciens : « Que le Dieu de paix vous sanctifie en sorte que vous soyez pleinement achevés, et que votre être intégral — à savoir votre esprit, votre âme et votre corps — soit conservé sans reproche pour l'avènement du Seigneur Jésus. » (1 Thessaloniciens 5, 23). Quel motif avait-il donc de demander pour ces trois choses, à savoir l'âme, le corps et l'esprit, une intégrale conservation pour l'avènement du Seigneur, s'il n'avait su que toutes les trois doivent être restaurées et réunies et qu'il n'y a pour elles qu'un seul et même salut ? C'est pour cela qu'il dit « pleinement achevés » ceux qui présentent sans reproche ces trois choses au Seigneur. Sont donc parfaits ceux qui, tout à la fois, possèdent l'Esprit de Dieu demeurant toujours avec eux et se maintiennent sans reproche quant à leurs âmes et quant à leurs corps, c'est-à-dire conservent la foi envers Dieu et gardent la justice envers le prochain.

mercredi 20 juin 2012

Sur l'Homme, petit monde

Mon cher Laurent Drelincourt (voir mon billet du 11 juin 
http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=8209942322429192152#editor/target=post;postID=7997304978815549210)
n'a guère eu de succès... : sept visites seulement !


Je persiste pourtant - d'autant que les thèmes qu'il traite auraient de quoi parler aux maçons rectifiés !

Sur l’Homme

PETIT MONDE

                                               Portrait de la divine Essence [1],
                                               Incomparable Bâtiment,
                                               Où l’Eternel, en le formant,
                                               Déploya sa Toute-puissance :

                                                           Simple Etre, par ton  Existence ;
                                               Plante, par ton Accroissement ;
                                               Animal, par ton Sentiment ;
                                               Ange, par ton Intelligence :

                                                           Temple vivant, Monde abrégé,
                                               Où le Créateur a logé
                                               Tant de différentes Images :

                                                           Chef-d’œuvre, admirable & divers ;
                                               Homme, rends à Dieu les Hommages
                                               Des Etres de tout l’Univers.



[1] Sa Beauté publie que Dieu est son Auteur, et quelle figure ferai-je à Dieu, puisqu’à le bien prendre l’Homme lui-même est sa figure ? (Minucius Felix). C’est un Miracle qui surpasse de bien loin et les Eléments, et le Ciel même, disent quelques Anciens. Et d’autres le qualifient : Animal Divin, Etincelle de Dieu, Temple de Dieu, Roi du bas univers, Dieu visible, Dieu mortel, Merveille du Monde, Monde de Merveilles, et Microcosme : c’est-à-dire : Petit Monde.


                        Laurent Drelincourt, Sonnets chrétiens, livre premier, sonnet XI

  

lundi 11 juin 2012

Sur l'Homme, Image de Dieu




Quand, des yeux de la Foy, je vois le premier Age,
Où tu formas de l’Homme & l’Esprit & le Corps [a],
Je te bénis, Seigneur, Tout-puissant & tout-sage,
Qui dans ce Composé versas tant de Trésors.

Ce fut là ton Chef-d’œuvre & ton plus noble Ouvrage,
            Dont le rare artifice & les nombreux ressorts
            Expriment clairement les traits de ton Image,
            Et causent dans mon Cœur de célestes Transports.

      Eternel, si dans moy ton Image est empreinte[b],
            Qu’admirant ton Pouvoir, je profite en ta Crainte,
            Et je t’offre les vœux de ma Fidélité.

                        Que mon Cœur, pour t’aimer, devienne tout de flamme ;
            Et que pour rendre Hommage à ta Divinité,
            Je consacre à ta Gloire, & mon Corps, & mon Ame.


            SONNETS CHRETIENS SUR DIVERS SUJETS
            DIVISES EN QUATRE LIVRES
            PAR Mr DRELINCOURT

            Livre Ier, sonnet X

            Edité et préfacé par Albert-Marie Schmidt
            Paris, Les Editions du Chêne, 1948



[a] Galien dit, qu’en reconnaissant Dieu pour l’Auteur de toute la belle Economie de notre Corps, il est assuré de lui chanter une Hymne beaucoup plus agréable que ne lui seraient toutes les Victimes et tous les Parfums.
[b] Allusion au mot de Jésus-Christ : Rendez à César, etc., c’est-à-dire, selon Saint Augustin, César exige de nous cette Impression de son Image, et Dieu vous demande l’Impression de la sienne, qui est votre Ame, dans son Essence, dans ses Facultés, et dans ses Habitudes.

Laurent Drelincourt (1626-1680) fils d'un pasteur huguenot renommé fut à son tour un des plus brillants représentants de l'Eglise réformée. Il conçut, et y réussit avec éclat, l'idée de mettre au service de l'expression de la foi et de la piété cette langue riche et ornée du temps de Henri IV et de Louis XIII telle qu'un saint François de Sales en avait donné l'exemple inégalé un demi-siècle plus tôt. Les linguistes ont pris l'usage de la qualifier "préciosité", terme qui n'implique aucun jugement de valeur mais désigne techniquement un certain état de la langue française, comme plus tard "galanterie" au début du règne de Louis XIV. 

Le professeur Albert-Marie Schmidt, qui en fut le spécialiste incontesté, a dans sa préface ces mots que je m'en voudrais de ne pas citer :
" [Laurent Drelincourt] voulut montrer que la spiritualité précieuse trouve dans la théologie son accomplissement. Ainsi mena-t-il à bien une oeuvre poétique qui n'a pas sa pareille au dix-septième siècle. [...] La préciosité cherchait,  lui semblait-il, la théologie. Il provoqua leur rencontre. Elle devint dans ses ouvrages une indissoluble union."

Ses cent-soixante "Sonnets chrétiens", parus en 1677, s'acquirent dès alors une renommée qui, dans le monde huguenot au moins, dura plus d'un siècle et demi, jusqu'à la révolution romantique. Leur somptuosité orchestrale,  leurs harmonies entrelacées, leur scintillance, leur exubérance, cette richesse foisonnante et pourtant secrètement ordonnée - toutes richesses bientôt abolies sous la sèche férule de Malherbe et de Vaugelas - auront-elles chances de résonner dans nos âmes contemporaines, si étrangères à l'idée même de préciosité ?

Je tente l'expérience. N'en fût-il qu'un pour s'en régaler, ce sera moi !  

mardi 28 décembre 2010

Incarnation et Déification selon S. Maxime le Confesseur

Saint Maxime le Confesseur a écrit :

« La ferme assurance des choses à venir concernant l’espérance de la déification de la nature humaine repose sur l’incarnation de Dieu, faisant de l’homme un dieu au même degré que Dieu lui-même est devenu homme… Laissez-nous devenir l’image du Dieu unique, ne portant rien de terrestre en nous-mêmes, afin que nous puissions côtoyer Dieu et devenir des dieux, recevant de Dieu notre existence comme dieux. Car il est clair que celui qui s’est fait homme sans péchés (cf. Hébreux 4.15) divinisera la nature humaine sans la changer en nature divine, et l’élèvera au même degré qu’il s’est lui-même abaissé pour l’homme. C’est ce que saint Paul enseigne de manière mystique lorsqu’il dit : ‘‘ … que dans les siècles à venir, il puisse manifester la richesse débordante de sa grâce ’’ » (Ephésiens 2.7). » (Philocalie, Vol. II, p. 178).

Repris de l’excellent site    http://www.epistheo.com/