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mardi 15 mai 2012

Le racisme détruit l'Eglise

Je publie ici la suite de cette importante étude théologique sur le racisme empruntée au remarquable site http://www.incommunion.org, qui est le "website of the Orthodox Peace Fellowship". J'ai déjà  recommandé dans mon billet précédent cette organisation et ce site, et je les recommande de nouveau vivement. Je répète ce que j'ai dit précédemment : travailler pour la paix est le seul comportement évangélique, et la seule réponse aux maux de notre temps, quoi qu'en disent les sceptiques.

Cette étude aborde cette fois la question sous l'angle ecclésiologique :


Le principe racial sape le système gouvernemental sacré de l'Eglise.

Dans une église organisée selon des critères de race, l'église du diocèse local n'a pas de zone qui lui soit propre, mais les juridictions ethniques des autorités suprêmes ecclésiastiques sont étendues ou restreintes en fonction du flux et du reflux des peuples sans cesse déplacés ou en fonction de la migration en groupe ou individuellement…

Si le principal racial est appliqué, il n'y a pas d'église diocésaine ou patriarcale, pas d'église provinciale ou métropolitaine, aucune église épiscopale, pas même une simple paroisse, qu'il s'agisse de l'église de village, de petite ville ou de banlieue : aucune ne peut exister en fonction de son lieu propre ou sa région propre, et réunir en son sein tous ceux qui partagent la même foi. Le Christ se trouve ainsi divisé, comme il le fut chez les Corinthiens, entre ceux qui disaient: "Je suis de Paul, je suis d'Apollo, je suis de Céphas» (1 Cor 1:12.

Aucun concile œcuménique ne trouverait juste ni conforme aux intérêts de la chrétienté dans son ensemble d'admettre une réforme ecclésiastique fondée sur l'identité ethnique, qui ne ferait que servir les particularités éphémères des passions humaines et des basses préoccupations: outre le fait que cela annulerait les acquis législatifs de tant de grands Conciles œcuméniques, cela entraînerait d'autres résultats nocifs à la fois manifestes et potentiels. Et d'abord, l’introduction d’un exclusivisme de type judaïque, où la notion de race serait vue comme une condition sine qua non pour être chrétien, en particulier dans la structure hiérarchique. Chaque non-grec, par exemple, serait donc légalement exclu de ce qui serait appelé l'Eglise grecque et de sa hiérarchie, tous les non-bulgares de l'Eglise bulgare, et ainsi de suite. En tant que Juif, saint Paul, l'Apôtre des Gentils, ne pourrait avoir été pasteur que dans une nation, la communauté juive. De même, saints Cyrille et Méthode, d'origine grecque, n'auraient pas été acceptés chez les Slaves. Quelle perte pour l'Eglise!...

Dans cette perspective, le sacré et le divin sont rendus tout à fait humains, l'intérêt séculaire est placé au-dessus des préoccupations spirituelles et religieuses, chacune des églises étant fondée sur la race, et réservée aux siens. De la sorte la doctrine de la foi dans "l'Église une, sainte, catholique et apostolique" reçoit un coup mortel. Si tout cela se produit, le racisme entre en conflit ouvert avec l'esprit et l'enseignement du Christ.
  
D’après la version française de Claude Lopez-Ginisty
  
J'ajouterai ici quelques commentaires personnels. Le mal existe déjà ! Le deuxième paragraphe du texte décrit très exactement la situation présente des Eglises orthodoxes de la diaspora en Europe occidentale. En France, par exemple, il y a une Eglise des Roumains, une Eglise des Serbes, une Eglise des Grecs, et même, pour comble, une Eglise des Russes dépendante de Moscou et une Eglise des Russes dépendante de Constantinople, tristes reliques de la révolution soviétique. D'où la coexistence à Nice, par exemple, de quatre ou cinq évêques orthodoxes, ce qui est totalement anticanonique. 

Ces différentes Eglises admettent des Français, mais à titre pour ainsi dire subsidiaire, car elles conservent soigneusement leur caractère "national" ou ethnique.

Il existe même, ce qui est pire que tout, un racisme interne à certaines Eglises. Ainsi dans l'Eglise orthodoxe de Jérusalem, dont les fidèles sont tous arabes, la haute hiérarchie est réservée à des Grecs, exclusivement. C'est la situation décrite au paragraphe 4, mais à l'intérieur d'une même Eglise. L'Eglise de Rome, quant à elle, a depuis longtemps ouvert sa hiérarchie orientale, même au plus haut niveau (patriarches), à des ecclésiastiques du cru.

Pour excuser ces situations choquantes, on invoque les séquelles de l'histoire, ce qui est vrai. Mais depuis quand l'Evangile, depuis quand l'Eglise du Christ sont-ils prisonniers de l'histoire ? Qu'il y a de progrès à faire encore pour conquérir cette liberté qui doit caractériser les disciples du Christ !

dimanche 13 mai 2012

cette hérésie, le racisme...


A lire, à relire, à méditer...


L'Église de Jérusalem se composait de Juifs et de prosélytes de diverses nations. Les Églises d'Antioche, d'Alexandrie, d'Ephèse, de Rome et toutes les autres étaient composées de Juifs, mais surtout de Gentils.

Chacune de ces églises formait en elle-même un tout indissociable et indivisible. Chacune reconnaissait  comme ses apôtres les apôtres du Christ, qui étaient tous Juifs. Chacune d'elle avait un évêque installé par ces apôtres sans aucune discrimination raciale: cela est évident dans le récit de la fondation des premières Églises de Dieu…

Le même système d'établissement des églises par localité prévaut, même après la période apostolique, dans les églises provinciales ou diocésaines qui ont été constituées sur la base de l'organisation politique alors en vigueur ou pour d'autres raisons historiques. La congrégation des fidèles de chacune de ces églises se composait de chrétiens de toute race et langue…

Paradoxalement, l'Eglise de Grèce, de Russie, de Serbie, de Moldavie et ainsi de suite, ou pour le dire d'une manière moins correcte de l'Eglise russe, l'Eglise grecque, etc, signifient des Églises autocéphales ou semi-indépendantes dans des territoires autonomes ou semi-indépendants, avec des limites fixes identiques à celles des possessions laïques, hors desquelles elles n'ont aucune juridiction ecclésiastique. Elles étaient composées non sur des motifs ethniques, mais en raison d'une situation particulière, et ne se basaient pas entièrement sur la race ou la langue. L'Eglise orthodoxe n'a jamais connu d'églises fondées sur la race... Races et langues coexistaient au sein de la même paroisse, ville ou pays…

Si nous examinons les canons sur lesquels le gouvernement de l'Eglise est construit, on ne trouve nulle part en eux trace de racisme... De même, les canons des Églises locales, lors de l'examen de la formation, de l'union ou de la division des groupements ecclésiastiques, mis en avant pour des raisons politiques ou des besoins ecclésiastiques, ne sont jamais fondés sur des bases raciales… Au vu de tout ce qui précède, il est bien évident que le racisme ne trouve pas de reconnaissance dans le gouvernement et la législation sacrée de l'Eglise.


D' où ce canon du concile panorthodoxe tenu à Constantinople en 1872 :


"Nous désavouons, censurons et condamnons le racisme, la discrimination raciale c'est-à-dire, les querelles ethniques, les haines et les dissensions au sein de l'Eglise du Christ, comme étant contraires à l'enseignement de l'Evangile et aux saints canons de nos pères bienheureux, qui "soutienne la sainte Église et l'ensemble du monde chrétien, l'embellissent et la mènent à la piété divine. " 
Concile panorthodoxe de Constantinople 10 août 1872

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
IN COMMUNION

source : http://orthodoxologie.blogspot.fr

Si seulement les chrétiens se souvenaient de leurs racines et y étaient fidèles ! L'antiracisme d'aujourd'hui est empreint d'autant de haine que le racisme, c'est haine contre haine...


L'antiracisme authentique, c'est l'amour du prochain, c'est-à-dire la charité."Parce que l'iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira" (Matthieu 24 12).