Affichage des articles dont le libellé est mal. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mal. Afficher tous les articles

lundi 7 octobre 2013

Baudelaire était-il augustinien ?


Les modernes sectateurs d'un hyper augustinisme, augustinisme exacerbé qui emprunte bien plus à l'"Augustinus" de Jansénius qu'à saint Augustin lui-même, professent et proclament, tels des prophètes hagards, une exécration de la matière, donc de la chair, donc du corps humain, qui va jusqu'à une extrémité telle que, selon eux, cette matière, cette chair, ce corps humain sont voués à l'annihilation, à l'anéantissement : leur fin dernière, c'est le néant. 

Cette doctrine n'est pas si éloignée que cela de celle des cathares. Même s'ils n'enseignent pas comme ces derniers que la création est l'oeuvre du Dieu malin, ils affirment que la matière, la chair, le corps, sont à ce point gangrenés par le mal, à ce point devenus mauvais par nature, que cela revient exactement au même. 

Cette matière que Dieu déclara bonne quand il la créa, elle est devenue mauvaise, malgré Lui. Cette chair dont Il se revêtit, elle est péché. Ce corps qu'Il ressuscita, son sort véritable est la destruction.

Ces gens-là se prétendent bons chrétiens, et même meilleurs chrétiens que les autres, plus "illuminés". Tout de même que les cathares !

Mais qui ne voit qu'ils réduisent à rien, qu'ils nient, en somme, et la création, et l'incarnation, et la résurrection ? c'est-à-dire les fondements mêmes de la foi et de l'espérance chrétiennes ? Qu'ils réduisent à rien, qu'ils nient l'oeuvre salvifique de notre Seigneur Jésus-Christ ? Qu'ils pervertissent le christianisme ?

Je ne réclame pas qu'on rallume des bûchers pour y réduire en cendres les hérétiques. Je les laisse à leurs flammes intérieures, celles de la déraison et de l'orgueil.

Et je leur dédie ce poème de Baudelaire. Il  fait sarcastiquement 
écho à la même haine de la matière vouée à la putréfaction, mais dans un langage autrement résonnant que leur prose insipide !

 

Charles Baudelaire 



L’EXAMEN DE MINUIT

La pendule, sonnant minuit,
Ironiquement nous engage
À nous rappeler quel usage
Nous fîmes du jour qui s’enfuit :
— Aujourd’hui, date fatidique,
Vendredi, treize, nous avons,
Malgré tout ce que nous savons,
Mené le train d’un hérétique.

Nous avons blasphémé Jésus,
Des Dieux le plus incontestable !
Comme un parasite à la table
De quelque monstrueux Crésus,
Nous avons, pour plaire à la brute,
Digne vassale des Démons,
Insulté ce que nous aimons,
Et flatté ce qui nous rebute ;

Contristé, servile bourreau,
Le faible qu’à tort on méprise ;
Salué l’énorme Bêtise,
La Bêtise au front de taureau ;
Baisé la stupide Matière
Avec grande dévotion,
Et de la putréfaction
Béni la blafarde lumière.

Enfin, nous avons, pour noyer
Le vertige dans le délire,
Nous, prêtre orgueilleux de la Lyre,
Dont la gloire est de déployer
L’ivresse des choses funèbres,
Bu sans soif et mangé sans faim !…

— Vite soufflons la lampe, afin
De nous cacher dans les ténèbres !

dimanche 4 novembre 2012

L'image de Dieu en l'homme


Saint Jean de Cronstadt: L'image de Dieu en l'homme



Ne confondez pas la personne, formée à l'image de Dieu, avec le mal qui est en elle; car le mal est une infortune du hasard, une maladie, une rêverie diabolique.

Mais l'essence-même de la personne est l'image de Dieu, et celle-ci demeure en dépit de toute déformation.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Rev. A. James Bernstein
Surprised by Christ
Conciliar Press Ministries
Ben Lomond, California,
USA
2008