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lundi 22 septembre 2014

saint Jean de Shangaï et de San Francisco


Saint Archevêque Jean de Shanghai et de San Francisco

(4 juin 1896 - 2 juillet 1966)

Réjouis-toi, Saint Hiérarque Jean,
toi qui allas vers tous les méprisés,


et tous les ignorés,
toi qui t’es approché
des enfants abandonnés et délaissés
pour les accueillir
et leur offrir ta protection.

  
Parler du Père Jean semble facile pour autant que l’on n’entre pas dans le détail des évènements de sa vie, car les actions miraculeuses et les lignes forces de sa passion évangélique et christologique étaient caractéristiques de sa vie unique et resplendissante. Mais combien difficile est-il, par contre, de s’efforcer de s’approcher de la profondeur exceptionnelle et de la ténacité inégalée qu’il déployait dans ses activités.

Pour la petite histoire il est toujours agréable de rappeler l’irritation de la noblesse, qui n’hésitait pas à s’adresser à la hiérarchie ecclésiale pour ordonner à ce « va-nu-pieds » d’évêque, de se chausser. Dans la plus parfaite obéissance Vladika accepta les chaussures qu’on lui offrit pour les emporter sous ses bras, déclenchant ainsi l’hilarité de certains mais surtout l’irascibilité d’autres qui n’y comprenaient rien.

Tout aussi plaisante est l’histoire de l’invitation à dîner qu’il avait reçue et où il avait été placé en tête de table, près de l’épouse de l’hôte qui s’était ornée les lèvres du rouge le plus flamboyant, alors qu’il était bien connu que Vladika avait une sainte horreur du rouge à lèvre. Il feignit ne pas réagir à cet éblouissant spectacle coloré mais au moment où la soupe fut servie, il la porta à sa bouche et la versa sur ses lèvres d’où elle dégoulinait dans sa barbe, la décorant ainsi de vermicelles. Soudain, la dame comprit la raison du comportement étrange de l’évêque et s’empressa, aussitôt, d’essuyer son rouge à lèvre, sur quoi l’évêque poursuivit normalement son repas.

Il n’avait nullement l’intention de se rendre intéressant, ce qu’il faisait, en revanche, c’était de rendre l’assistance attentive à l’importance de vivre sa vie en Christ ; il voulait être un véritable évêque, un berger pour son troupeau, un père pour ses prêtres, un successeur et épigone du Christ, le Bon Pasteur. Et nous savons tous que Vladika Jean fut cet évêque, une icône en chair et en os de son Maître.

Après son sacre, dans sa première homélie comme évêque, il témoigna en paroles de ce qu’il ferait, magistralement, en actes plus tard : il aspirait à se donner à sa tâche corps et âme, afin de, pour reprendre ses propres paroles, achever la mission du Christ : Le Christ est descendu sur la terre pour rétablir en l’homme l’icône de Dieu qui avait été dénaturée ; pour appeler les hommes afin de les ramener à l’unité. Il appartient au berger de renouveler et d’éclairer les hommes. Que peut-il y avoir de plus grand que de recréer la Création de Dieu ? Que peut-on offrir de mieux à son prochain que la préparation à la vie éternelle ? C’est de cela, précisément, qu’il avait fait sa mission : ouvrir à tous les portes du Royaume de Dieu, sans distinction de race, de couleur ou de langue, en disant : Pénétré de l’universalité de l’Eglise, le soin du berger ne saurait se limiter aux seules brebis qui lui ont été confiées, mais il doit porter les yeux de son cœur sur la totalité de l’Eglise du Christ.

Vladika Jean n’appréciait pas le luxe, ni la pompe ni l’éclat. Jamais il ne s’y était associé en donnant pompeusement des ordres depuis les hauteurs de son trône épiscopal. Jamais il ne cherchait à se faire remarquer ou à impressionner, il s’opposait violemment à pareil comportement. Il avait en horreur ceux qui jouent la comédie et il ne supportait pas les ecclésiastiques paradant à l’autel. La vanité dont un éventuel évêque ou archimandrite pouvait se rendre coupable déclenchait inévitablement une réaction ferme de la part de Vladika Jean. Dans ce contexte, le récit cocasse suivant est d’ailleurs bien connu : un évêque que je ne nommerai pas était tellement fier de sa nouvelle mitre que Vladika se rua sur lui et la lui enfonça de ses deux mains jusqu’au narines… la petite taille de Vladika et l’imposante stature de ce grand évêque ne faisait qu’ajouter au tableau… L’évêque était ainsi obligé de continuer à célébrer l’office à l’autel littéralement à « l’aveuglette », aveuglé qu’il était de vanité. Pour Vladika Jean, il n’y avait pas de place pour les honneurs humains ou l’orgueil à l’autel où l’on servait Dieu. Il était toujours et partout un serviteur de Dieu et le vivait humblement tous les instants de sa vie. C’est précisément cela qu’il cherchait à enseigner à tous les chrétiens, et en premier aux prêtres, car tous ceux qui se trouvaient, se trouvent ou se trouveront devant l’autel du Christ s’y trouvent en Son Nom et non en leur nom.

Il abhorrait tout signe d’autorité et défendait l’orthodoxie vraie telle qu’il l’avait pratiquée et vue pratiquée, et voulait transmettre ce savoir à tous ceux qu’il rencontrait, où que ce soit, dans tous pays ou régions, partout où il passait. Il définissait sa mission à Shanghai ainsi : «C’est pour cela qu’on m’envoie en Orient, dans les contrées dites du soleil levant, mais qui ont surtout besoin du rayonnement spirituel du Soleil de Justice. » Annoncer le Christ en paroles, et humblement le prendre en exemple dans ses propres agissements étaient son but, sa mission sur terre. Rien ni personne ne pouvaient l’en détourner

Le Christianisme véritable ne se résume pas à des considérations intellectuelles mais doit être le cœur de la vie. Le Christ n’est pas descendu sur terre pour donner aux hommes des connaissances nouvelles, mais pour les appeler à une vie nouvelle. Son ascèse et sa vie de prière en étaient des exemples vivants et atteignaient une profondeur inimaginable selon les normes modernes. Vladika ne dormait jamais plus de deux heures par nuit, et jamais dans un lit, soit dans une chaise, soit à genoux devant les icônes. Le reste du temps il priait, car son cœur était tellement grand qu’il vivait la douleur ou la tristesse que les fidèles lui confiaient dans ses propres entrailles. Il n’est donc pas surprenant que Dieu l’ait glorifié par des signes extérieurs visibles. Pendant la proscomédie à laquelle il consacrait toujours énormément de temps, il lui arrivait d’être tellement pris par la prière qu’il s’élevait d’un demi mètre au dessus de la terre sans même qu’il ne s’en rendît compte. En célébrant la Divine Liturgie il lui arrivait souvent d’être illuminé de la lumière incréée à la plus grande stupéfaction de nombreux fidèles bien sûr.





Tout aussi remarquables étaient son amour pour l’homme et sa confiance en Dieu.
Dans une allocution il disait : «Dans son souci du salut des âmes, un berger ne peut ignorer les inévitables besoins physiques de l’homme. Il ne devrait pas être permis de prêcher l’Evangile sans effectivement manifester de l’amour. »

Ce n’était pas parce qu’il était évêque qu’il aurait renoncé à se rendre dans les quartiers les plus mal famés et les ruelles les plus sombres de Shanghai pour aller à la recherche de bébés abandonnés dans les immondices, ou d’enfants handicapés ou mutilés rejetés de la société. Il les accueillait tous dans son cœur, et un grand nombre aussi dans son orphelinat. On pourrait même dire qu’il est miraculeux qu’il n’ait pas été assassiné dans ces endroits qui ne connaissaient pas le luxe de l’électricité ; en effet, c’étaient des endroits obscurs, au propre et au figuré, où se passaient des choses qui ne supportent de toute façon pas la lumière.

Peut-être pensait-on que ce petit homme courbé qui déambulait dans les rues de Shanghai était un pauvre petit évêque dépravé à la recherche de quelque bibelot qu’il vendrait pour avoir de l’argent avec lequel s’acheter de l’alcool ou de l’opium. Les prêtres de l’époque auront sans doute également trouvé ce comportement particulièrement choquant. Mais j’ai quand même beaucoup de peine à comprendre qu’il puisse y avoir eu des prêtres qui n’appréciaient pas leur évêque, pire même, qui voulaient sa mort. Mais comment se peut-il donc, que des personnes qui prétendent annoncer et expliquer l’Evangile à l’Eglise, se permettent, pendant la Nuit Pascale, d’ourdir des complots afin d’empoisonner Vladika Jean en mélangeant du poison au vin qu’il utiliserait pour nettoyer le calice, lui, qui était un Evangile vivant, mais en tous points identique à celui que ses détracteurs proclamaient pompeusement ?

Mais il s’attendait à ce genre d’avatars lorsqu’il disait : La tâche d’un berger n’est pas facile, car il doit lutter contre la nature de l’homme contaminée par le péché; souvent il se heurte à l’incompréhension, ou à l’opposition délibérée, voire à la haine de ceux qu’il aime et qu’il essaie de secourir. Le sens du sacrifice de soi, l’amour qu’il porte à son troupeau doivent être incommensurables.

Vivre réellement et foncièrement l’Evangile dans ces proportions radicales là, ne plaît sans doute pas trop à l’homme parce que cela le force à réfléchir et à méditer sur ses propres actes. Pareille introspection interpelle la conscience et suscite des interrogations et des défis que l’on préfère esquiver. Des déclarations grandiloquentes et ronflantes à propos du « multiculturalisme » et de « l’inter religiosité » ne lui étaient pas réservées. Seul comptait son amour chaleureux et cordial pour ceux qui étaient marqués par la vie ou ployaient sous la tristesse et l’échec. C’est à eux que s’adressaient toute son attention et ses soins, sans distinction de race, de couleur, de sexe, d’origine, ou de confession. Entendons ses propres paroles : Le berger doit sentir la douleur de ses brebis. Sa vie ne lui appartient pas, il doit être capable de subir toute vexation ou persécution, voire la mort, pour les guérir..

Quand Vladika Jean agissait, il le faisait dans la plus grande simplicité, comme simple serviteur de Dieu. Lorsqu’un jour il alla, au vu et au su de tout le monde, dans un grand hôpital de Shanghai, il s’y rendit d’abord, à la consternation générale, dans une chambre où une mère juive soignait son fils qui fut guéri par la prière de Vladika, sans qu’il ait tenu compte de la confession de cette personne. Pour Vladika Jean, toute personne, quelle qu’elle soit, était un enfant de Dieu et une icône du Christ. Là où régnait la misère, il était le premier arrivé pour apporter réconfort et consolation. L’Archevêque Jacques, de bienheureuse mémoire, racontait comment, lors du retour de Vladika Jean aux Etats-Unis après une tournée en Europe, il refusa obstinément de prendre la route de l’aéroport de Schiphol où l’avion était prêt pour le départ, pour aller, à la stupéfaction générale, au chevet d’un mourant inconnu dont il avait entendu intérieurement l’appel à l’aide. Le Père Adrien lui dit : « Vladika, vous allez rater l’avion ! » D’un mouvement brusque, il se retourna et répondit sèchement : « Est-ce que c’est vous qui assumerez les conséquences s’il devait mourir …? » Vladika s’est donc rendu à l’hôpital, a prié et entendu la confession du mourant. L’avion, toujours prêt pour le départ, n’a décollé que lorsque Vladika Jean s’était enregistré et était monté à bord.

Vladika Jean répondait aux besoins des hommes et ne permettait jamais que la moindre préoccupation sociale empêchât un prêtre de remplir ses fonctions ecclésiales. A son esprit étaient toujours présentes ces paroles de l’Ecriture Sainte : « Il ne convient pas que nous délaissions la parole de Dieu pour le service des tables. » ( Actes 6,2)

Très chers frères et sœurs, la vie de Vladika Jean est truffée de scènes miraculeuses qui faisaient et font encore toujours le tour du monde, même sur l’internet maintenant. Exemplaires et réputés étaient l’élan foncièrement chrétien et la passion évangélique de son parcours de vie : une vie d’humilité dans son amour énorme et à la fois noble pour Dieu, pour l’homme, et pour la vérité de la Foi Orthodoxe. N’est-il pas regrettable que ceux qui suivent son exemple soient si rares?
Archimandrite Thomas
( Publié avec la bénédiction de l'Archimandrite Thomas)


Source: http://orthodox.be/PRE0016F.html

jeudi 1 mai 2014

le saint archevêque Jean de San Francisco, prophète et thaumaturg







Parler de Monseigneur  Jean semble facile pour autant que l’on n’entre pas dans le détail des évènements de sa vie, car les actions miraculeuses et les lignes forces de sa passion évangélique et christologique étaient caractéristiques de sa vie unique et resplendissante. Mais combien difficile est-il, par contre, de s’efforcer de s’approcher de la profondeur exceptionnelle et de la ténacité inégalée qu’il déployait dans ses activités.

Pour la petite histoire il est toujours agréable de rappeler l’irritation de la noblesse, qui n’hésitait pas à s’adresser à la hiérarchie ecclésiale pour ordonner à ce « va-nu-pieds » d’évêque, de se chausser. Dans la plus parfaite obéissance Vladika accepta les chaussures qu’on lui offrit pour les emporter sous ses bras, déclenchant ainsi l’hilarité de certains mais surtout l’irascibilité d’autres qui n’y comprenaient rien.

Tout aussi plaisante est l’histoire de l’invitation à dîner qu’il avait reçue et où il avait été placé en tête de table, près de l’épouse de l’hôte qui s’était ornée les lèvres du rouge le plus flamboyant, alors qu’il était bien connu que Vladika avait une sainte horreur du rouge à lèvre. Il feignit ne pas réagir à cet éblouissant spectacle coloré mais au moment où la soupe fut servie, il la porta à sa bouche et la versa sur ses lèvres d’où elle dégoulinait dans sa barbe, la décorant ainsi de vermicelles. Soudain, la dame comprit la raison du comportement étrange de l’évêque et s’empressa, aussitôt, d’essuyer son rouge à lèvre, sur quoi l’évêque poursuivit normalement son repas.

Il n’avait nullement l’intention de se rendre intéressant, ce qu’il faisait, en revanche, c’était de rendre l’assistance attentive à l’importance de vivre sa vie en Christ ; il voulait être un véritable évêque, un berger pour son troupeau, un père pour ses prêtres, un successeur et épigone du Christ, le Bon Pasteur. Et nous savons tous que Vladika Jean fut cet évêque, une icône en chair et en os de son Maître.

Après son sacre, dans sa première homélie comme évêque, il témoigna en paroles de ce qu’il ferait, magistralement, en actes plus tard : il aspirait à se donner à sa tâche corps et âme, afin de, pour reprendre ses propres paroles, achever la mission du Christ : Le Christ est descendu sur la terre pour rétablir en l’homme l’icône de Dieu qui avait été dénaturée ; pour appeler les hommes afin de les ramener à l’unité. Il appartient au berger de renouveler et d’éclairer les hommes. Que peut-il y avoir de plus grand que de recréer la Création de Dieu ? Que peut-on offrir de mieux à son prochain que la préparation à la vie éternelle ? C’est de cela, précisément, qu’il avait fait sa mission : ouvrir à tous les portes du Royaume de Dieu, sans distinction de race, de couleur ou de langue, en disant : Pénétré de l’universalité de l’Eglise, le soin du berger ne saurait se limiter aux seules brebis qui lui ont été confiées, mais il doit porter les yeux de son cœur sur la totalité de l’Eglise du Christ.

Vladika Jean n’appréciait pas le luxe, ni la pompe ni l’éclat. Jamais il ne s’y était associé en donnant pompeusement des ordres depuis les hauteurs de son trône épiscopal. Jamais il ne cherchait à se faire remarquer ou à impressionner, il s’opposait violemment à pareil comportement. Il avait en horreur ceux qui jouent la comédie et il ne supportait pas les ecclésiastiques paradant à l’autel. La vanité dont un éventuel évêque ou archimandrite pouvait se rendre coupable déclenchait inévitablement une réaction ferme de la part de Vladika Jean. Dans ce contexte, le récit cocasse suivant est d’ailleurs bien connu : un évêque que je ne nommerai pas était tellement fier de sa nouvelle mitre que Vladika se rua sur lui et la lui enfonça de ses deux mains jusqu’aux narines… la petite taille de Vladika et l’imposante stature de ce grand évêque ne faisait qu’ajouter au tableau… L’évêque était ainsi obligé de continuer à célébrer l’office à l’autel littéralement à « l’aveuglette », aveuglé qu’il était de vanité. Pour Vladika Jean, il n’y avait pas de place pour les honneurs humains ou l’orgueil à l’autel où l’on servait Dieu. Il était toujours et partout un serviteur de Dieu et le vivait humblement tous les instants de sa vie. C’est précisément cela qu’il cherchait à enseigner à tous les chrétiens, et en premier aux prêtres, car tous ceux qui se trouvaient, se trouvent ou se trouveront devant l’autel du Christ s’y trouvent en Son Nom et non en leur nom.

Il abhorrait tout signe d’autorité et défendait l’orthodoxie vraie telle qu’il l’avait pratiquée et vue pratiquée, et voulait transmettre ce savoir à tous ceux qu’il rencontrait, où que ce soit, dans tous pays ou régions, partout où il passait. Il définissait sa mission à Shanghai ainsi : «C’est pour cela qu’on m’envoie en Orient, dans les contrées dites du soleil levant, mais qui ont surtout besoin du rayonnement spirituel du Soleil de Justice. » Annoncer le Christ en paroles, et humblement le prendre en exemple dans ses propres agissements étaient son but, sa mission sur terre. Rien ni personne ne pouvaient l’en détourner

Le Christianisme véritable ne se résume pas à des considérations intellectuelles mais doit être le cœur de la vie. Le Christ n’est pas descendu sur terre pour donner aux hommes des connaissances nouvelles, mais pour les appeler à une vie nouvelle. Son ascèse et sa vie de prière en étaient des exemples vivants et atteignaient une profondeur inimaginable selon les normes modernes. Vladika ne dormait jamais plus de deux heures par nuit, et jamais dans un lit, soit dans une chaise, soit à genoux devant les icônes. Le reste du temps il priait, car son cœur était tellement grand qu’il vivait la douleur ou la tristesse que les fidèles lui confiaient dans ses propres entrailles. Il n’est donc pas surprenant que Dieu l’ait glorifié par des signes extérieurs visibles. Pendant la proscomédie à laquelle il consacrait toujours énormément de temps, il lui arrivait d’être tellement pris par la prière qu’il s’élevait d’un demi mètre au dessus de la terre sans même qu’il ne s’en rendît compte. En célébrant la Divine Liturgie il lui arrivait souvent d’être illuminé de la lumière incréée à la plus grande stupéfaction de nombreux fidèles bien sûr.

Tout aussi remarquables étaient son amour pour l’homme et sa confiance en Dieu.
Dans une allocution il disait : «Dans son souci du salut des âmes, un berger ne peut ignorer les inévitables besoins physiques de l’homme. Il ne devrait pas être permis de prêcher l’Evangile sans effectivement manifester de l’amour. »

Ce n’était pas parce qu’il était évêque qu’il aurait renoncé à se rendre dans les quartiers les plus mal famés et les ruelles les plus sombres de Shanghai pour aller à la recherche de bébés abandonnés dans les immondices, ou d’enfants handicapés ou mutilés rejetés de la société. Il les accueillait tous dans son cœur, et un grand nombre aussi dans son orphelinat. On pourrait même dire qu’il est miraculeux qu’il n’ait pas été assassiné dans ces endroits qui ne connaissaient pas le luxe de l’électricité ; en effet, c’étaient des endroits obscurs, au propre et au figuré, où se passaient des choses qui ne supportent de toute façon pas la lumière.

Peut-être pensait-on que ce petit homme courbé qui déambulait dans les rues de Shanghai était un pauvre petit évêque dépravé à la recherche de quelque bibelot qu’il vendrait pour avoir de l’argent avec lequel s’acheter de l’alcool ou de l’opium. Les prêtres de l’époque auront sans doute également trouvé ce comportement particulièrement choquant. Mais j’ai quand même beaucoup de peine à comprendre qu’il puisse y avoir eu des prêtres qui n’appréciaient pas leur évêque, pire même, qui voulaient sa mort. Mais comment se peut-il donc, que des personnes qui prétendent annoncer et expliquer l’Evangile à l’Eglise, se permettent, pendant la Nuit Pascale, d’ourdir des complots afin d’empoisonner Vladika Jean en mélangeant du poison au vin qu’il utiliserait pour nettoyer le calice, lui, qui était un Evangile vivant, mais en tous points identique à celui que ses détracteurs proclamaient pompeusement ?

Mais il s’attendait à ce genre d’avatars lorsqu’il disait : La tâche d’un berger n’est pas facile, car il doit lutter contre la nature de l’homme contaminée par le péché; souvent il se heurte à l’incompréhension, ou à l’opposition délibérée, voire à la haine de ceux qu’il aime et qu’il essaie de secourir. Le sens du sacrifice de soi, l’amour qu’il porte à son troupeau doivent être incommensurables.

Vivre réellement et foncièrement l’Evangile dans ces proportions radicales là, ne plaît sans doute pas trop à l’homme parce que cela le force à réfléchir et à méditer sur ses propres actes. Pareille introspection interpelle la conscience et suscite des interrogations et des défis que l’on préfère esquiver. Des déclarations grandiloquentes et ronflantes à propos du « multiculturalisme » et de « l’inter religiosité » ne lui étaient pas réservées. Seul comptait son amour chaleureux et cordial pour ceux qui étaient marqués par la vie ou ployaient sous la tristesse et l’échec. C’est à eux que s’adressaient toute son attention et ses soins, sans distinction de race, de couleur, de sexe, d’origine, ou de confession. Entendons ses propres paroles : Le berger doit sentir la douleur de ses brebis. Sa vie ne lui appartient pas, il doit être capable de subir toute vexation ou persécution, voire la mort, pour les guérir..

Quand Vladika Jean agissait, il le faisait dans la plus grande simplicité, comme simple serviteur de Dieu. Lorsqu’un jour il alla, au vu et au su de tout le monde, dans un grand hôpital de Shanghai, il s’y rendit d’abord, à la consternation générale, dans une chambre où une mère juive soignait son fils qui fut guéri par la prière de Vladika, sans qu’il ait tenu compte de la confession de cette personne. Pour Vladika Jean, toute personne, quelle qu’elle soit, était un enfant de Dieu et une icône du Christ. Là où régnait la misère, il était le premier arrivé pour apporter réconfort et consolation. L’Archevêque Jacques, de bienheureuse mémoire, racontait comment, lors du retour de Vladika Jean aux Etats-Unis après une tournée en Europe, il refusa obstinément de prendre la route de l’aéroport de Schiphol où l’avion était prêt pour le départ, pour aller, à la stupéfaction générale, au chevet d’un mourant inconnu dont il avait entendu intérieurement l’appel à l’aide. Le Père Adrien lui dit : « Vladika, vous allez rater l’avion ! » D’un mouvement brusque, il se retourna et répondit sèchement : « Est-ce que c’est vous qui assumerez les conséquences s’il devait mourir …? » Vladika s’est donc rendu à l’hôpital, a prié et entendu la confession du mourant. L’avion, toujours prêt pour le départ, n’a décollé que lorsque Vladika Jean s’était enregistré et était monté à bord.

Vladika Jean répondait aux besoins des hommes et ne permettait jamais que la moindre préoccupation sociale empêchât un prêtre de remplir ses fonctions ecclésiales. A son esprit étaient toujours présentes ces paroles de l’Ecriture Sainte : « Il ne convient pas que nous délaissions la parole de Dieu pour le service des tables. » ( Actes 6,2)

Très chers frères et sœurs, la vie de Vladika Jean est truffée de scènes miraculeuses qui faisaient et font encore toujours le tour du monde, même sur l’internet maintenant. Exemplaires et réputés étaient l’élan foncièrement chrétien et la passion évangélique de son parcours de vie : une vie d’humilité dans son amour énorme et à la fois noble pour Dieu, pour l’homme, et pour la vérité de la Foi Orthodoxe. N’est-il pas regrettable que ceux qui suivent son exemple soient si rares?

Archimandrite Thomas


Source: http://orthodox.be/PRE0016F.html

dimanche 9 février 2014

Des reliques et de la sainteté du corps

Les saintes reliques
(Père Edward Pehanich)

le tombeau de saint Jean de San Francisco

les reliques de saint Jean de San Francisco


Si vous entrez dans la cathédrale orthodoxe située sur Geary Boulevard à San Francisco, vous remarquerez des gens qui allument des cierges devant un petit reliquaire en forme de pavillon sur le côté droit de l'église. En regardant de près, vous verrez des gens se pencher pour embrasser le verre recouvrant le cercueil de l'archevêque de la cathédrale qui est mort en 1966. Ils vénèrent les saintes reliques de saint Jean le Thaumaturge, archevêque de San Francisco. Pourquoi cette vénération d'un corps mort? Est-ce une pratique superstitieuse ou païenne qui s'est glissée dans l'Église chrétienne?

Témoignage biblique

L'honneur et la vénération des restes des saints hommes et femmes peuvent être trouvés dans la Bible, et dans la pratique des premiers chrétiens. L'exemple le plus spectaculaire est enregistré dans l'Ancien Testament et raconte l'histoire d'un miracle accompli par le contact avec les os du Saint Prophète Elisée :

Élisée mourut, et on l'enterra. L'année suivante, des troupes de Moabites pénétrèrent dans le pays. Et comme on enterrait un homme, voici, on aperçut une de ces troupes, et l'on jeta l'homme dans le sépulcre d'Élisée. L'homme alla toucher les os d'Élisée, et il reprit vie et se leva sur ses pieds. (2 Rois:13:21 )

Le livre de la Sagesse de Sirach de l'Ancien Testament rappelle ce miracle accompli par les os d'Elisée :

Elisée fut couvert par le tourbillon,
Et Élisée fut rempli de son esprit (Elie).
Et dans ses jours, il ne tremblait devant aucun gouvernant, et personne ne l'opprimait.
Aucune parole ne pouvait le vaincre,
Et après la mort, son corps prophétisa, comme dans sa vie, il faisait des miracles,
Ainsi, même dans la mort ses œuvres étaient incroyables. (Sagesse de Sirach 48:12-14)

Dans le Nouveau Testament, les premiers chrétiens ont trouvé qu'il y avait un pouvoir miraculeux dans des mouchoirs qui avaient été en contact avec les apôtres, et même simplement l'ombre de l'apôtre Pierre était suffisante pour effectuer une guérison:

Et Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul, au point qu'on appliquait sur les malades des linges ou des mouchoirs qui avaient touché son corps, et les maladies les quittaient, et les esprits malins sortaient. (Actes 19:12)

Le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur, hommes et femmes, s'augmentait de plus en plus; en sorte qu'on apportait les malades dans les rues et qu'on les plaçait sur des lits et des couchettes, afin que, lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvrît quelqu'un d'eux. La multitude accourait aussi des villes voisines à Jérusalem, amenant des malades et des gens tourmentés par des esprits impurs; et tous étaient guéris. (Actes 5:15)



Les premiers chrétiens

Comme lors de ces expériences avec les saints apôtres, les premiers chrétiens accordaient un honneur spécial aux corps des saints martyrs, ces hommes et ces femmes qui donnèrent leur vie pour le Seigneur. L'un des premiers documents chrétiens, datant d'environ l'an du Seigneur 155, est intitulé Le Martyre de Polycarpe. Ce document primitif raconte l'histoire du martyre de l'évêque âgé saint Polycarpe. Il nous donne un aperçu de la façon dont l'Église primitive a honoré les reliques de ses martyrs:

Et ainsi, après, nous avons pris ses os, plus précieux que des pierres précieuses et plusfines que l'or, et les avons mis dans un endroit approprié. Là, dans la mesure où nous nous le pourrons, le Seigneur nous permettra de nous réunir dans l'allégresse et la joie et de célébrer l'anniversaire de son martyre, à la fois dans la mémoire de ceux qui ont combattu ce combat, et pour la formation et la préparation de ceux qui vont combattre. (Martyre de Polycarpe, chapitre 18)


Beaucoup de Pères de l'Église ont écrit sur cette vénération des reliques des martyrs, dont saint Jean Chrysostome, saint Grégoire de Nysse, saint Jérôme et saint Grégoire de Nazianze. Saint Grégoire de Nysse, au 4ème siècle, dans son Sermon sur le saint martyr Théodore dit:

[…] s'approcher de la tombe (du martyr), nous croyons que c'est à la fois une bénédiction et une sanctification. Si quelqu'un prend de la poussière du lieu de repos de martyr, c'est un présent et un trésor méritoires. Si une personne a, à la fois la chance et la permission de toucher les reliques, cette expérience est un prix de grande valeur et semble comme un rêve à la fois à ceux qui ont été guéris et dont le vœu a été accompli […] On implore le martyr qui intercède pour nous, et c'est un préposé de Dieu pour communiquer ces faveurs et ces bénédictions que les gens recherchent.

Théologie du corps

La vénération des reliques des saints est clairement une pratique chrétienne attestée, tant par le témoignage de la Bible que par les pratiques de l'Eglise primitive. Nous honorons les reliques des saints parce que notre foi a toujours cru et enseigné que le salut ne concerne pas seulement de notre âme, mais que notre corps participe à ce salut.

Notre corps et notre âme sont baptisés, notre corps et notre âme reçoivent l'onction dans la Chrismation, notre corps et notre âme reçoivent le Seigneur dans la Sainte Eucharistie.

Tandis qu'à la mort notre corps et l'âme sont séparés, au Jour Dernier nos corps se lèveront de terre et rejoindront nos âmes pour recevoir le salut ou la damnation. Notre Seigneur Jésus est monté au ciel avec un corps humain, par conséquent, nos corps sont sanctifiés et saints.

La grâce de l'Esprit Saint qui a rempli ces saints alors qu'ils étaient en vie, continue à être présente dans leur corps qui ont été et sont les temples du Saint Esprit. Comme saint Paul l'explique dans la Bible :

Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? (1 Corinthiens 6:19)

Le philosophe grec Platon ne croyait pas que le corps soit un temple, mais plutôt une prison ou une cage pour l'âme. Beaucoup d'Américains, alors qu'ils professent croire en la Bible, agissent comme si la philosophie de Platon était vraie.

Il est de plus en plus courant pour les familles de renoncer à des services funéraires pour leurs proches et d'opter plutôt pour la crémation directe suivie par un "service commémoratif" ou une "célébration de la vie" pour le défunt.

Le corps est sans importance et n'est même plus nécessaire pour les funérailles!

Il est assez fréquent d'entendre, lors des funérailles, des déclarations telles que : Ce n'est pas l'oncle Charlie dans ce cercueil, c'est seulement sa coquille. Les chrétiens orthodoxes honorent et respectent le corps humain à la fois avant et après la mort.

Ce corps d'une mère qui a élevé des enfants ou le corps d'un mari qui a travaillé pour subvenir aux besoins d'une femme et d'enfants demeure saint et honoré.

Cet organisme qui a reçu le baptême et a été nourri par l'Eucharistie demeure saint et c'est un temple sacré, même après la mort et il est traité avec honneur et respect, amené dans église et béni avec de l'eau bénite et de l'encens.

Reliques séculières

Alors que de nombreux Américains, en particulier les protestants, abhorrent la vénération des reliques des saints, notre culture américaine embrasse facilement la vénération des reliques des saints laïques. Les musées à Washington DC montrent des reliques associées à l'assassinat d'Abraham Lincoln: les gants teintés de sang qu'il portait le soir de son assassinat, des morceaux de son crâne prélevés lors de l'autopsie, la balle de plomb qui l'a tué.

Sur votre ordinateur, Ebay vous vend des reliques sacrées: récemment étaient à vendre des mèches de cheveux d'Elvis, et même une couronne de porcelaine d'une de ses dents!

J'ai vu des brochures dans les salons funéraires offrant à la vente des colliers avec de petits flacons en cristal dans lequel vous pouviez placer certains des restes incinérés d'un être cher.

Comme des miracles ont été accomplis par les reliques du saint prophète Elisée, les miracles ont lieu aujourd'hui dans les sanctuaires contenant les reliques des saints.

Parmi les endroits les plus populaires et bien connus comme lieux de guérisons miraculeuses, sont, sur l'île grecque d'Egine, les reliques de saint Nectaire, à Bari en Italie les reliques de saint Nicolas, et en Amérique, et à San Francisco les reliques de saint Jean le Thaumaturge.

Extrait de http://orthodoxologie.blogspot.fr/
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

American Carpatho-Russian Orthodox Diocese of the USA

mercredi 11 décembre 2013

S'il n'y avait la vie éternelle...

S'il n'y avait la vie éternelle, notre chagrin serait sans limite

Sans limite et sans consolation serait notre chagrin lors de la perte d'êtres chers, si le Seigneur ne nous avait donné la vie éternelle. Notre vie serait sans but si elle se terminait par la mort. Quel bénéfice y aurait-il alors à la vertu et aux bonnes œuvres ? Alors il serait plus approprié de dire : « Buvons et mangeons, car demain nous mourrons ! »

Mais l'homme a été créé pour l'immortalité, et par sa résurrection le Christ a ouvert les portes du royaume céleste, de la béatitude éternelle pour ceux qui auront cru en Lui et auront vécu dans la droiture. Notre vie terrestre est une préparation pour la vie future, et cette préparation s'achève avec notre mort. "Les hommes ne meurent qu’une fois, après quoi il y a un jugement" (Héb. 9,27). 

Alors l'homme quitte tous ses soucis terrestres ; le corps se désagrège, afin de se relever à la résurrection universelle. Souvent cette vision spirituelle commence chez les mourants même avant leur mort, et tout en voyant encore ceux qui les entourent et même en parlant avec eux, ils voient ce que les autres ne peuvent voir.

Saint Jean de San Francisco (Maximovitch)


Repris (avec modifications) de http://stmaterne.blogspot.fr


lundi 15 juillet 2013

saint Jean de Shanghaï et de San Francisco

Magnifique hommage à  ce prophète et thaumaturge des temps modernes, égal des Pères de l'Eglise des premiers siècles. Guidé par l'Esprit-Saint, il comprit la nécessité pour les temps modernes de la liturgie de rite orthodoxe occidental, liturgie antique et renouvelée, adaptée depuis des siècles à l'esprit et aux mœurs de l'Occident chrétien. Il fut jusqu'à sa mort en 1966 le protecteur canonique de l'Eglise catholique orthodoxe de France (ECOF) qui pratique ce rite, et il sacra le II novembre 1964 à San Francisco le premier évêque de cette Eglise, l'évêque Jean de Saint-Denis.

Son héritage, contesté dès sa mort par les hiérarques orientaux, est aujourd'hui encore contesté par eux (voir mon billet d'hier 14 juillet). Mais il n'est pas dissipé, et il se répand un peu partout en France par delà les barrières juridictionnelles.  


Saint Jean Maximovitch (fête selon l'ancien calendrier russe)


Le bienheureux Jean de Shangaï et San Francisco [Et Bruxelles! ndt] fut reconnu saint par l'Église de Russie le 2 juillet 1994. Ce fut un vénénement merveilleux et inoubliable auquel des centaines de clercs et milliers de fidèles venus de partout dans le monde ont participé!

L'importance de saint Jean pour le peuple du 20ème siècle ne saurait être sous-estimée. Ceux qui l'ont personnellement connu ou ont lu à propos de sa vie et de ses miracles ont appris connaître l'incroyable puissance spirituelle qui était contenue dans ce petit homme frèle.  Dieu a été attiré par le coeur brûlant d'amour de Vladyka Jean, qui devint un vase d'élection de Sa grâce. Il confia au saint des secrets célestes, et la capacité de transcender les lois physiques, en faisant un point de contact entre Lui-même, le Créateur, et nous, Ses créatures.

Il ne fait aucun doute que Vladyka Jean avait été envoyé par Dieu comme un don de sainteté pour le peuple en ces derniers jours. En une époque où l'imitation est devenue la norme dans tous les aspects de la vie, un temps où l'authentique esprit de la Foi Chrétienne a été si caché que la plupart des gens ignorent jusqu'à son existence, on peut voir saint Jean comme un modèle de ce qu'il convient de devenir.

Vladyka Jean a joué la "bonne note" du véritable apostolat dans le monde moderne. Alors que nombre de gens sont attirés vers l'Église Orthodoxe du Christ avant le déchaînement final du mal, puissent-ils aussi regarder vers saint Jean comme étant leur guide plein d'amour et un pasteur qui ne connaît pas la mort. Il est une sorte "d'étalon-mètre" qui indique qui est réel et ce qui est vrai en notre époque de confusion. L'unité de mesure n'est rien d'autre que le pur amour Chrétien, qu'il possédait et distribuait en abondance. Avec cet amour, l'intense lutte de la vie spirituelle se met à valoir l'effort.

Par les prières de saint Jean, que Dieu nous bénisse et nous sauve. Amen!
Évêque Alexander (Mileant)


Holy Fathers
 

repris de stmaterne.blogspot





dimanche 14 juillet 2013

Fin du rite orthodoxe occidental dans l'Eglise russe hors frontières ?

Repris de l'excellent site stmaterne.blogspot.fr

Mon commentaire :

Comme quoi l'esprit borné, ennemi de la vie, est également partagé par toutes les confessions chrétiennes, quelle que soit par ailleurs leur foi.

Un tel événement, c'est la victoire des scribes et des pharisiens.






Fin du Rite Orthodoxe Occidental dans l'EORHF? (Synode 10/7/13)
"Deus in adjutorium meum intende, Domine ad adjuvandum me festina!" (Ps 69)

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http://www.synod.com/synod/eng2013/20130712_ensynodmeeting.html 



NEW YORK: 12 juillet 2013 - Tenue d'une session extraordinaire du Synode des Évêques

Mercredi 10 juillet 2013, une session extraordinaire du Synode des Évêques de l'Église Orthodoxe Russe hors frontières a eu lieu, présidée par son premier hiérarque, son éminence le métropolite Hilarion de l'Est de l'Amérique et de New York. Les participants à la réunion étaient les membres permanents du Synode des évêques : son éminence l'archevêque Mark de Berlin et d'Allemagne; son éminence l'archevêque Kyrill de San Franciso et de l'Ouest de l'Amérique; son éminence l'archevêque Gabriel de Montréal et du Canada; et sa grâce l'évêque Peter de Cleveland, administrateur du diocèse de Chicago et du centre de l'Amérique.

Délibérant sur le dossier de l'évêque Jérôme de Manhattan, le Synode des évêques a pris la décision suivante :

"Au cours d'une réunion du Synode des évêques le mercredi 10 juillet 2013, présidée par le premier hiérarque de l'Église Russe hors frontières, UNE DÉCISION A ÉTÉ PRISE : concernant les activités de l'évêque Jérôme de Manhattan, vicaire du président pour l'administration des paroisses de Rite occidental.

Après une délibération exhaustive, IL A ÉTÉ DÉCRÉTÉ:

1) D'arrêter l'ordination de nouveaux clercs pour les paroisses suivant le Rite occidental.

2) De censurer l'évêque Jérôme pour son attitude délibérée dans l'administration des paroisses suivant le Rite occidental, et pour avoir célébré divers offices ecclésiaux non-approuvés par le Synode des évêques, et pour avoir critiqué ses frères dans des lettres adressées au clergé et aux fidèles.

3) De refuser de reconnaître l'ordination d'un groupe d'individus par l'évêque Jérôme, qui a eu lieu en une seule divine liturgie, et de régulariser les candidats après un examen approfondi.

4) De relever l'évêque Jérôme de toutes ses responsabilités, y compris celle de vicaire du président dans l'administration des paroisses de Rite occidental, le déclarant retraité, sans le droit de service à la cathédrale synodale du Signe à New York, ou d'accomplir des ordinations ou de récompenser des clercs, et désignant son lieu de résidence à l'église-mémorial Saint Vladimir commémorant le 1000ème anniversaire du baptême de la Russie, à Jackson, NJ.

5) De bénir l'évêque Jérôme pour célébrer les divins offices au sein du diocèse de l'Est de l'Amérique avec le consentement de son évêque diocésain.

6) De relever le moine Anthony (Bondi) de toutes ses responsabilités administratives et du ministère spirituel auprès du vicariat des paroisses de Rite occidental.

7) D'établir une commission pour examiner les moyens d'intégration des clercs et communautés de Rite occidental dans la vie liturgique de l'Église Orthodoxe Russe, constituée de : métropolite Hilarion de l'Est de l'Amérique et New York, président; évêque George de Mayfield, vicaire du diocèse de l'Est de l'Amérique; protopresbytre David Straut, du diocèse de l'Est de l'Amérique; et protopresbytre Anthony Nelson, du diocèse du centre de l'Amérique.

8) D'adresser une épître aux clercs et communautés de Rite occidental concernant leur besoin d'adopter l'ordo des divins offices de l'Église Orthodoxe Catholique orientale, tout en préservant, lorsque nécessaire, certaines particularités du Rite occidental.

9) D'insister sur notre adhésion aux règles et traditions de l'Église Orthodoxe Catholique orientale en général, et de l'Église Orthodoxe Russe en particulier.

10) De déclarer ce décret d'application immédiate et de le soumettre aux membres du concile des évêques sous la forme d'un questionnaire pour confirmation."

La réunion s'est conclue en chantant "Il est digne en vérité."






NEW YORK: July 12, 2013
An Extraordinary Session of the Synod of Bishops is Held

On Wednesday, July 10, 2013, an extraordinary session of the Synod of Bishops of the Russian Orthodox Church Outside of Russia was held, presided over by its First Hierarch, His Eminence Metropolitan Hilarion of Eastern America and New York. Participating in the meeting were permanent members of the Synod of Bishops: His Eminence Archbishop Mark of Berlin and Germany; His Eminence Archbishop Kyrill of San Francisco and Western America; His Eminence Archbishop Gabriel of Montreal and Canada, and His Grace Bishop Peter of Cleveland, Administrator of the Diocese of Chicago and Mid-America. 
 

Deliberating on the matter of Bishop Jerome of Manhattan, the Synod of Bishops made a decision as follows:
 

"During a meeting of the Synod of Bishops on Wednesday, July 10, 2013, presided over by the First Hierarch of the Russian Church Abroad, A DECISION WAS MADE: on the activities of Bishop Jerome of Manhattan, Vicar of the President for the Administration of Western Rite Parishes. 
 

After exhaustive deliberation, IT WAS DECREED: 
 

1) To halt the ordination of new clergymen for parishes adhering to the Western Rite. 
 

2) To censure Bishop Jerome for his willfulness in administering the parishes adhering to the Western Rite, and in performing various ecclesial services not approved by the Synod of Bishops, and for criticizing his brethren in letters to clergy and laity. 
 

3) To deny recognition of the ordination of a group of individuals by Bishop Jerome during a single divine service, and to regularize them following a thorough examination of the candidates.
 

4) To release Bishop Jerome from all duties, including those of Vicar of the President in administering Western Rite parishes, designating him as retired without the right to serve in the Synodal Cathedral "of the Sign" in New York, or to perform ordinations or award clergymen, and designating his place of residence at St Vladimir Memorial Church of the 1000th Anniversary of the Baptism of Russia in Jackson, NJ.
 

5) To bless Bishop Jerome to perform divine services within the confines of the Eastern American Diocese with the consent of its Ruling Bishop. 
 

6) To release Monk Anthony (Bondi) from all of his administrative duties and from the spiritual ministry to the Vicariate of Western Rite Parishes. 
 

7) To establish a commission to examine the means of integrating clergymen and communities of the Western Rite into the liturgical life of the Russian Orthodox Church, consisting of: Metropolitan Hilarion of Eastern America and New York, President; Bishop George of Mayfield, Vicar of the Eastern American Diocese; Protopriest David Straut of the Eastern American Diocese, and Protopriest Anthony Nelson of the Mid-American Diocese. 
 

8) To address an epistle to the clergymen and communities of the Western Rite regarding the need for them to adopt the order of divine services of the Eastern Orthodox Catholic Church, while preserving, when necessary, certain particularities of the Western Rite. 
 

9) To emphasize our adherence to the rules and traditions of the Eastern Orthodox Catholic Church in general and of the Russian Orthodox Church in particular. 
 

10) To deem this decree immediately valid and to submit it to the members of the Council of Bishops in the form of a questionnaire for confirmation."

The meeting concluded with the singing of "it is Truly Meet."



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NDT : il faudra donc attendre la fameuse épître pour savoir à quelle sauce seront dévorées les communautés de rite orthodoxe occidental qui fonctionnaient dans l'ERHF en conformité avec le tomos du Saint Synode de l'Église Orthodoxe de Russie de 1871. Je ne vois pas du tout les Bénédictins orthodoxes, qui ont consacré toute leur vie à suivre le Christ selon la voie de saint Benoît de Nursie, se mettre à tout renier de ce chemin authentiquement Orthodoxe, alors qu'ils le suivaient avec la bénédiction du métropolite Hilarion et qu'on ne peut RIEN leur reprocher dans les histoires dudit vicariat. Si seulement on y avait gardé comme vicaire pour le WR ce bon vieux père Michael, ils n'en seraient pas là... Antioche va ramasser un paquet de fidèles en plus aux USA & Grande Bretagne, ça c'est garanti. Le jusqu'auboutisme ritualiste, l'ethno-phylétisme, le manque de discernement pour le choix de certains clercs aux postes-clés et pour l'acceptation de nouveaux clercs dans l'Église "sans garantie d'origine contrôlée", et l'intolérance envers l'Occident, voilà où ça mène. C'est mon opinion et je la partage. Saint Jean Maximovitch [saint Jean de Shanghaï et de San Francisco] ne doit pas être fier de ses "successeurs.

vendredi 30 mars 2012

Saint Jean de San Francisco à Moscou


Les habitants de Moscou pourront vénérer les reliques de saint Jean de Changhaï


Jeudi dernier, un fragment des reliques de saint Jean de Changhaï et de San Francisco a été apporté depuis San Francisco à Moscou, où il pourra être vénéré par les fidèles en l’église dédiée à la Déposition de la précieuse robe de la très sainte Mère de Dieu, dans le quartier de Leonovo. Après la liturgie, le père Pierre Perekrestov, secrétaire du conseil diocésain de la cathédrale de la Très-sainte-Mère de Dieu «Joie de tous les affligés » à San Francisco, qui accompagnait la relique, s’est adressé aux paroissiens par une homélie, dans laquelle, il mentionna, entre autres, que « que ce n’est pas seulement une parcelle des reliques qui est arrivée dans cette église, mais c’est le saint lui-même qui est venu ». Le père Georges Goutorov, recteur de la paroisse de Leonovo a chaleureusement remercié le père Pierre et raconté les miracles qui se sont produits par la prière de saint Jean de Changhaï, et dont il a lui-même fait l’expérience.

C’est ainsi que lorsqu’il lut l’article décrivant la cérémonie au cours de laquelle les saintes reliques ont été revêtues de nouveaux ornements liturgiques en 2011, il eut le sentiment de se trouver en présence d’un homme vivant. Cet article l’incita à demander une parcelle des reliques, et un contact fut établi par un paroissien entre le recteur et le père Pierre. À la fin de la liturgie, le père Pierre a oint tous les fidèles présents avec de l’huile de la veilleuse du saint à San Francisco.

Saint Jean de Changhaï et de San Francisco a été le protecteur canonique de l'Eglise orthodoxe de France.

Mon épouse et moi avons vénéré le tombeau du saint dans sa cathédrale à San Francisco, et tous deux avons été saisis par une puissante et suave "odeur de sainteté".

vendredi 27 janvier 2012

Les saints latins du patriarcat othodoxe de Rome

Cette page du site "orthodoxengland" est une curiosité, que je livre comme telle à mes visiteurs. 

Les hiérarques orthodoxes orientaux ont manifesté, et continuent souvent de manifester, une regrettable incuriosité à l'égard des saints occidentaux du premier millénaire. Pourtant, avant le Grand Schisme de 1054, le corps de l'Eglise du Christ était demeuré unique. Mais on a projeté sur cette Eglise de Rome orthodoxe une ombre rétrospective. Pourtant, durant la grande crise arienne, elle est demeurée intrépide, résistant aux pressions et aux menaces des empereurs. On ne devrait pas oublier, par exemple, que c'est auprès d'elle que saint Athanase est venu se réfugier. Et surtout que la proclamation dogmatique de Chalcédoine sur les deux natures du Christ unies en son unique hypostase sans confusion ni séparation est issue du "tome de Léon", c'est-à-dire le traité que saint Léon le Grand fit parvenir au concile. Oui, Rome a longtemps été le refuge de la foi orthodoxe.

Il y a eu en Occident pléthore de saints à l'égal de l'Orient, mais négligés, oubliés par l'orthodoxie patentée. A la seule exception du saint archevêque Jean (Maximovitch) de Shanghaï et de San Francisco (dans le texte auquel je renvoie : saint John the Wondermaker, saint Jean le Thaumaturge), qui était dans des sentiments tout différents. Mais il ne vécut  pas assez longtemps pour redresser la tendance.

D'où l'intérêt de cette entreprise anglaise : Our task here then is to present a catalogue of Latin Orthodox saints, from North-West Africa to the Canary Islands, from Ireland to the Hebrides, from Scandinavia to Poland, from Czechia to Hungary, from Dalmatia to Istria, from Sicily to Malta and all the lands inbetween, including all the lands which then did not exist and were known by different names from those today. Pourquoi "latins" ? Parce qu'entre ces hommes et femmes de tant d'horizons divers, la langue de communication comme aussi de célébration liturgique était le latin.

Si judicieuse que soit cette entreprise, elle a ses défauts. Le principal est de choisir comme limite temporelle la date de 1054 bien que l'auteur du texte souligne son cacactère arbitraire. Or le schisme, quoi que pensent les extrémistes, n'entraîne pas fatalement l'hérésie. Ainsi, pour parler clair, le fait d'adhérer au filioquisme, qui est indubitablement une erreur ecclésiologique et même théologique, ne fait nullement obstacle à la sainteté personnelle. C'est là une opinion personnelle que beaucoup ne partagent pas, mais qui est pour moi une certitude. L'amour et la défense de la vérité ne doivent pas stériliser la charité, ce don suprême de la grâce divine qui s'exerce envers tous sans acception de personne, comme il est dit dans l'Ecriture.

Cela pour expliquer que mon propre catalogue franchit hardiment la barrière de 1054.

Ce texte est intéressant aussi bien qu'utopique par sa proposition de substituer à l'actuelle constitution de l'Europe une autre fondée sur la communions des saints. En voici la conclusion, à laquelle tout le monde n'adhérera pas mais qui mérite attention :

The choice before us is now clear:


A Secular Europe, divorced from God, built on the failed thousand-year experiment of the fallen humanist ruins of Catholicism/Protestantism, in communion with the rest of modern secularism.
An Orthodox Europe, partaking of the Holy Trinity, renewed on the holy two-thousand year reality of the risen spiritual heritage of the Saints of Latin Orthodoxy, in communion with the rest of the Orthodox Church.

We long ago made our choice and pray that others will follow us.